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Vendredi 23 février 2007
Madelin discret conseiller de Bayrou

Lu sur Le Monde.fr: François Bayrou, a bénéficié des conseils d'Alain Madelin pour son programme économique. L'ancien président de Démocratie libérale se sent plus proche, sur bon nombre de points, du candidat de l'UDF que de celui de l'UMP. Son ancien bras droit, Hervé Novelli, doit déjeuner avec le député (UMP) d'Ille-et-Vilaine en début de semaine pour tenter de le ramener à de meilleures dispositions.

M. Bayrou serait-il encore plus libéral que M. Sarkozy pour avoir à ce point séduit M. Madelin? Autre hypothèse, mais nous n'y croyons guère: M. Madelin a lui aussi "changé"... Non, restons sérieux...
par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Opposition
Vendredi 23 février 2007

Invité du 13h de France 2, pour débattre avec Philippe Tesson, le professeur d'Institution Politique pour les 1ères années à Sciences Po, Olivier Duhamel, s'est insurgé contre la présentatrice qui ne cessait de rapeller que Royal avait fait revenir "les éléphants". On notera que, pour bien des sites web de droite - formation politique de Sciences Po comprises - cette bestialisation revient souvent.

 

Quelques extraits de l'intervention d'Olivier Duhamel

 

"C'est une manière de disqualifier et d'agglomérer des personalités qui existent, qui ont leur histoire, qui ont leur avenir, qui ont leur mot à dire [...] Jospin, ce n'est pas la même chose que Strauss-Kahn, qui n'est pas la même chose que Martine Aubry, qui n'est pas la même chose que Laurent Fabius. Il n'y a aucune raison de les mettre comme ça dans un espèce de grossier bestiaire."

 

"Encore une fois, c'est le deux poids deux mesures. Personne ne dit les "chameaux" quand on parle du retour de tel ou tel UMP [...] on n'a pas recours au bestiaire. Et puis on dit: "Formidable, Nicolas Sarkozy a fait l'unanimité de son camp"

 

- C Laborde: En même temps Lionel Jospin n'avait pas marqué un enthousiasme fou à l'idée de soutenir Ségolène Royal.

 

" Mais est-ce que Alain Juppé avait marqué un ethousiasme fou à soutenir Nicolas Sarkozy? Evidemment que NON! La droite dispose de plusieurs tendances, personalités, talents, et c'est la même chose au parti socialiste. [...] Tant mieux pour la démocratie"

 

Retrouvez l'interview de Duhamel, après 21minutes dans le journal de 13h de France 2

par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Campagne 2007
Vendredi 23 février 2007

Après Nicolas Sarkozy, c'est  François Bayrou qui estime "intéressante" et à suivre l'idée d'une TVA sociale. La TVA sociale consisterait à financer la protection sociale par des points de TVA supplémentaires et non plus par les cotisations salariales et patronales.

"La TVA sociale est une idée intéressante, a déclaré le candidat UDF à la présidentielle lors d'une conférence de presse. Les Allemands viennent de faire un petit pas dans cette direction. Ça n'a pas entraîné de hausse des prix en Allemagne. Même pour le mois de janvier, les prix ont baissé. Cette expérience mérite d'être suivie."

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Le PS Sciences Po avait déjà réfléchi à cette question et avait publié en janvier une étude sur la fiscalité que vous pouvez retrouver ICI

Voici un extrait de ce que dit cette analyse, concernant la TVA sociale:

Une « TVA sociale » pas si sociale... : trois arguments à retenir

Voulue par le candidat Sarkozy (et maintenant Bayrou), la TVA sociale est injuste socialement, nuisible économiquement et relève d’une illusion car ses éventuels effets positifs ne seraient que temporaires.

-Injuste socialement car elle conduit à déplacer le poids du financement de la protection sociale vers la consommation des ménages, au premier rang desquels les ménages les plus modestes (le poids de la TVA est logiquement plus important pour les  ménages à bas revenus). La baisse du pouvoir d’achat qui en découlerait serait en complète contradiction avec les récentes déclarations de Nicolas Sarkozy sur le pouvoir d’achat.

-Nuisible économiquement car, en réduisant le pouvoir d’achat des ménages, elle freinerait brutalement la demande intérieure, moteur essentiel de la croissance en France.

-Ses effets positifs ne seraient, au mieux, que temporaires. Dans la mesure où il y a fort à parier que cette stratégie risque d’être adoptée par de nombreux pays de l’UE, cette mesure n’aura les effets positifs escomptés sur notre compétitivité que lorsqu’il existera un décalage d’ajustement en notre faveur. Nous rentrerons dans un jeu de concurrence entre les pays de l’UE au détriment de l’équité fiscale et de la solidarité à l’intérieur de ces pays.

par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Questions économiques et sociales
Vendredi 23 février 2007

    Pour compléter l'article de Bastien sur la "numérologie programmatique", nous vous donnons à lire un interview de Xavier Timbeau, membre de l'OFCE. Un manifeste va être lancé pour dénoncer la frénésie du chiffrage...

L'OFCE lancera jeudi un manifeste pour dénoncer la frénésie du chiffrage qui a fait irruption dans la campagne présidentielle. Son directeur adjoint, Xavier Timbeau, explique le sens de sa démarche.

 

 

    Jean-Paul Fitoussi, président de l'Observatoire français des conjonctures économiques, (OFCE) et l'un de ses directeurs, Xavier Timbeau, lanceront jeudi un manifeste pour dénoncer la frénésie du chiffrage qui a fait irruption dans la campagne présidentielle. Interview.

Le chiffrage des programmes présidentiels n'est-il pas nécessaire pour éviter la démagogie ?

Xavier Timbeau. Bien sûr, il est important d'évaluer les mesures proposées par les candidats. Mais ce n'est pas toujours facile. Les économistes qui se lancent dans cette aventure cherchent le coût de mesures dont on ne connaît pas le détail. Prenez l'exemple de la sécurité sociale professionnelle. C'est une réforme qui devra impérativement être négociée avec les partenaires sociaux, puisqu'elle doit s'articuler avec une refonte de l'assurance chômage. Or on ne sait pas ce qui va sortir de cette négociation. Cela donne toujours des ordres de grandeur…

 

Parce que c'est difficile, il faudrait renoncer ?

La difficulté d'évaluer financièrement les propositions n'est pas le plus important dans nos réserves à l'égard de cette mode du chiffrage. Même si ce n'est pas toujours apparent, les propositions des candidats ne peuvent pas être davantage que des orientations, car elles seront mises en œuvre dans un contexte qui n'est pas prévisible. En 1981, la rigueur ne faisait pas partie des 110 propositions du candidat Mitterrand. Ce fut pourtant la mesure la plus importante de son premier mandat. Les candidats sont unanimes à vouloir s'attaquer à la dette. Très bien. Mais si on ne sait pas quelle sera la croissance dans les années qui viennent, il est impossible de savoir de quelle marge de manœuvre on va disposer, et donc de dire par avance quelles seront les priorités.

 

Quel peut être le rôle des économistes dans la campagne, si on les empêche de chiffrer les programmes ?

    Il ne faut pas confondre l'élection présidentielle et le vote d'un budget. L'élection présidentielle, c'est le choix d'une société. Un candidat est sur une ligne plutôt libérale, basée sur la baisse des prélèvements obligatoires pour les entreprises comme pour les particuliers. L'autre met l'accent sur l'accompagnement social des personnes sans emploi, sur le pouvoir d'achat, la relance par la consommation. Ce n'est pas la même chose. Mais là dessus, les économistes sont tout sauf unanimes. Il y a de grands débats entre nous pour savoir si telle ou telle philosophie est efficace. Il ne faut pas escamoter ces débats et laisser croire, en ne disant rien de compliqué, que tout est contraint. Le chiffrage actuel, c'est le retour de la pensée unique. Sous couvert d'objectivité, on s'interdit d'essayer de nouvelles politiques. C'est une attitude très conservatrice. En gros, les chiffreurs sont là pour dire aux candidats qu'ils n'ont qu'une petite marge de manœuvre et leur demander ce qu'ils comptent en faire. En sortant des coûts astronomiques, ils décrédibilisent les programmes et occultent les vrais débats sur le choix de la société que nous voulons. Or c'est ce choix qui va peser sur la croissance. Ils veulent nous faire croire qu'il y a une vérité révélée en économie. Ce n'est pas vrai.

                      Propos recueillis par Thomas Bronnec pour l'Express

par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Questions économiques et sociales
Vendredi 23 février 2007
    La mode semble être à la calculette en cette campagne. Estimations de l’Institut de l’entreprise (que l’auteur de ce post porte peu dans son cœur par ailleurs), contestations, rectifications, mises à jour : chaque jour apporte son lot d’estimations du coût supposé du programme de chaque candidat(e).

Si la transparence sur la faisabilité des projets de chaque prétendant à l’Elysée est plus que souhaitable et s’il semble légitime d’informer les citoyens sur l’impact des programmes sur les finances publiques, il n’en demeure pas moins que la tendance actuelle confine plus qu’à l’excès...

Habilement instrumentalisée par l’UMP pour tenter de « noyer » les 100 propositions faites par Ségolène Royal à Villepinte, ce qui s’apparente à de la « numérologie programmatique » tend à se substituer aujourd’hui au fond du débat.

Pourtant, ces chiffrages ont quelque chose de troublant : alors même que le périmètre des mesures proposées n’a pas été arbitré, certains « experts » sont capables de chiffrer les programmes des candidats. Extraordinaire performance qui peut laisser songeur car ces estimations ne tiennent aucunement compte de l’impact économique de chaque mesure.

Cela n’empêche pas les dits « experts » de venir présenter sur les plateaux de télévisions leurs « chiffrages ». Et l’on est stupéfait de voir que lorsqu’ils sont interrogés sur le périmètre des propositions et la pertinence de chaque mesure, ils se lancent dans des réponses hasardeuses qui cachent mal leur ignorance.

    Non, la numérologie programmatique est une science très inexacte qu’il faut remettre à sa juste place. L’invasion des chiffrages dans la campagne et la focalisation sur ces « estimations au doigt mouillé » a quelque chose de révélateur sur le plan idéologique : elle révèle une tendance, d’imprégnation néolibérale, à ne juger une proposition politique comme bonne ou mauvaise qu’à l'aune de sa neutralité ou non sur les finances publiques. Et devinez, ce qu’est, dans cette approche, une bonne mesure politique... Le problème, c’est qu’une proposition peut avoir un impact faible voire nul sur les finances publiques est être en même temps très peu efficace voire très mal inspirée au regard d’autres critères (efficacité économique, équité et cohésion sociales, etc.). Et revoilà le spectre de la dépolitisation...

Bastien Taloc
par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Questions économiques et sociales

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