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Mercredi 13 décembre 2006

Notre prochaine AG aura lieu mercredi 20 décembre à 19h15 dans une salle qui me sera communiquée aujourd'hui normalement. ..

Voici l'ordre du jour. Les sympathisants et militants peuvent proposer des amendements dans les commentaires.


* Dans le cadre du plan de campagne proposé par la section ENS et acté par les représentants des trois sections universitaires jeudi 7 décembre, présentation des actions possibles en 2007 et de l'organisation de la campagne  ;

* Présentation et vote d'un texte de coordination officialisant les relations dans le cadre de la future campagne entre notre section et l'association Génération Ségolène

* Point d'avancement pour le groupe de travail sur le système carcéral français.

Manifestement, l'échéance pour contribuer au complément au Projet est plutôt la fin janvier (dixit la responsable de Désirs d'avenir Paris) ;

* Présentation des thèmes de réflexion pour 2007

Des groupes de travail qui seront constitués dans cette perspective ;

* Le reste du temps sera consacré à un débat d'actualité qui portera probablement sur le Proche-Orient suite au voyage de notre candidate (vous pouvez proposer un autre thème sur le blog en commentaire au post sur l'ordre du jour).

par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Vie de la section socialiste de Sciences-Po
Lundi 11 décembre 2006
Augusto Pinochet est mort d'une crise cardiaque hier, le 10 décembre 2006, jour anniversaire de la déclaration universelle des droits de l'homme. Libre, ou presque.

Pourtant ce fils de militaire chilien est bien l'homme du coup d'Etat du 11 septembre 1973, qui a entraîné la chute du gouvernement démocratique de gauche d'Allende, et la mort de celui-ci. Soutenu par les Etats-Unis, il s'auto-proclame président, et se fait passer pour le seul rempart contre le communisme. S'en suivent arrestations, exécutions, et "disparitions" d'opposants au nouveau régime, auxquelles s'ajoute la mise en place d'un dictature militaire. La chasse aux opposants s'étend à toute l'Amérique Latine (opération "Condor"), et des nombreux chiliens sont contraints à l'exil. Amnesty International parle notament de 100 000 personnes torturées ; les chiffres officiels font état d'au moins 3000 morts. En 1988, les chiliens refusent qu'il soit reconduit au pouvoir par voie de référendum. En 1999, il devient sénateur à vie (grâce à une réforme constitutionnelle qu'il avait lui-même fait passer), ce qui le place sous immunité judiciaire au Chili ! Toutefois, il est arrêté à Londres et détenu pendant un an et demi, jusqu'à ce que ses avocats le fassent sortir de prison à cause de son état de santé qui l'empêcherait soit-disant de participer au procès. En 2000, il retourne au Chili où une plainte a été déposée contre lui pour la première fois, dans une affaire prise en charge par le juge Guzman.
 


Il est clair et incontestable que Pinochet a mis en place une dictature militaire sur le Chili, qui s'est prolongée plusieurs années après son départ du pouvoir. Il est tout aussi clair et incontestable que les droits de l'homme ont été massivement bafoués au Chili de 1973 à 1988, et que Pinochet est directement responsable de nombreux crimes perpétrés contre ses opposants politiques. Pourtant il est mort sans avoir été complètement jugé.
Au Chili, les réactions ne sont pas univoques. Ainsi, selon le sondage du journal chilien La Tercera, seuls 55% des chiliens sont opposés à lui donner les honneurs d'ex-président, bien que 72% d'entre eux sont opposés au deuil national. Nombreux sont les indifférents. Dimanche, sa mort ne faisait même pas la une de toute la presse chilienne. Plusieurs de ses partisans se sont même rassemblés devant l'hôpital militaire où il est décédé. Grossièrement, il semble que la gauche le condamne unanimement, tandis que la droite (bien qu'embarrassée) rappelle qu'il est l'homme du redressement économique. "Lo que perturba a la derecha es cómo abjurar de un régimen que mordenizó la economia et violó los derechos humanos. ¿ Es posible rechazar esto y suscribir aquello ?", comme l'écrit Héctor Soto, journaliste du même journal (ce qui perturbe la droite c'est comment renoncer à un régime qui a modernisé l'économie et violé les droits de l'homme. Est-il possible de rejeter ceci et d'adhérer à cela ?)
 


En quoi tout cela nous concerne-t-il et doit nous interroger sur notre propre politique nationale ? Certes, le travail de mémoire appartient aux chiliens, et à eux seuls. Mais se pose la question de l'ingérence internationale en matière de crimes contre l'humanité, ou du moins de violations des droits de l'homme perpétrées par un gouvernement. A mon sens, les Cours Pénales Internationales sont légitimes. Si l'on considère les droits de l'homme comme universels, alors la souveraineté juridique des Etats doit s'arrêter là où commencent les violations massives de droits humains, perpétrées par ou sous la complicité des gouvernements. Sans cela, l'individu vivant sous dictature ne dispose d'aucune protection. Il est vrai que les droits de l'homme restent un concept occidental, mais ce genre de critiques ne s'appliquent pas à un pays comme le Chili, dont l'histoire et la culture restent étroitement liées à celles de l'Occident.

Ensuite, il est temps de rappeler que la dignitié de la personne humaine est d'une manière générale supérieure aux intérêts économiques, quels qu'ils soient. Certes, les droits économiques, sociaux et culturels font partie des droits de l'homme dits de nouvelle génération, et il est noble et légitime de les défendre... à condition que les droits de première génération soient d'abord défendus et respectés, à commencer par la liberté d'expression, l'égalité en droit, le droit à la justice et le droit à la sûreté. Cela sonne comme une évidence, pourtant toutes les réactions ne vont pas dans ce sens, y compris en Europe. Dans certains esprits, Pinochet reste avant tout l'homme du redressement économique. 
Derrière les discours et les déclarations de principe, se trame donc l'éternelle question : un pays en voie peut-il concilier démocratie et développement économique ? Par exemple, Singapour, qui fait aujourd'hui partie des pays "développés", l'aurait-il été sans le régime autoritaire des années 70 et 80 ? Oui, selon moi. Un pays impregné de culture démocratique permet d'instaurer un libéralisme régulé et un système de justice indépendant, condition sine que non au développement humain. Voyez l'Inde, voyez à l'inverse la Syrie, par exemple. En revanche, on ne peut jamais savoir ce que donnera une dictature militaire : si certaines redressent un pays, nombreuses sont celles qui le ruinent un peu plus. En tout état de cause, la justice internationale doit pouvoir protéger chaque individu dont les droits de l'homme seraient violés, lorsque de telles exactions sont couvertes par un gouvernement, et quels que soient les "impératifs" pour le justifier.
 

Deuxièmement, il est grand temps que la politique étrangère des démocraties soit placée sous le contrôle de l'opinion publique, comme l'est déjà la politique intérieure. Pour cela, les média ont un rôle énorme à jouer ; il n'y a pas que le conflit israélo-arabe qui mérite les gros titres. Tout comme les Etats-Unis doivent se pencher sur leur propre histoire, qui a conduit le gouvernement à soutenir des coups d'Etats et des dictatures, de même nous devons nous pencher sérieusement sur l'action de la France à l'étranger. Il est facile de fustiger les Etats-Unis, mais combien de dictateurs africains sont en place grâce à la France ? Par exemple, François-Xavier Vershave, dans Noir Silence, tenait les "trois E" pour responsables des "évènements" du Congo : Etat français, Etat-major, Elf. D'accord, c'est l'Afrique, d'accord c'est compliqué, d'accord on ne peut pas appliquer dans ces pays les mêmes recettes que chez nous. Il n'est dans l'intérêt de personne que nous restions immobiles face à des situations politiques tragiques à l'étranger. Dès lors, toute action diplomatique ou militaire française à l'étranger est une forme d'interventionnisme. Certes, mais il s'agit de trouver les limites à ne pas franchir. N'est-ce pas là que commmence "l'ordre international juste" ?

Le premier objectif de toute politique étrangère est d'oeuvrer pour la paix internationale, et de contribuer à cet "ordre juste". Ca n'est pas qu'une question de beaux discours naïfs ; c'est tout simplement l'intérêt, à long-terme, de n'importe quelle nation libre. Il est temps de cesser les politiques étrangères de très court terme, au nom d'intérêts immédiats ; elles se retournent trop souvent contre nous. Il est dans l'intérêt de tous les peuples que ses voisins vivent également en paix, dans des Etats de droit. Lutter contre l'impunité, à Santiago, Paris ou Kinshasa, est un devoir.

 
Je ne peux que terminer sur la célèbre morale de La Fontaine...
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir


Elsa
 
Lundi 11 décembre 2006

Vous vous êtes certainement rendu compte ce matin qu'il se passait quelque chose d'important, la rue Saint-Guillaume étant complètement fermée, le bâtiment du 27 interdit aux étudiants pas munis du mail de confirmation: Shimon Pérès donnait une conférence à Sciences-Po. Vous pouvez faire part de vos remarques sur ce qu'il a dit dans les commentaires.

 

Dans un premier temps, il a parlé de sa vision du monde d'aujourd'hui. Un monde où les territoires ne revêtent plus vraiment d'importance, et où les sciences et les technologies prennent le dessus. "C'est en fonction du nombre de chercheurs produits par une nation que l'on peut déterminer si celle-ci est riche ou pauvre" déclare t-il, avant de préciser "Nous avons besoin d'une culture mondiale de la prise de risque".

A cela, il faut relier le déclin de l'importance des gouvernements, même si ceux-ci refusent de le voir. "Ce sont les individus qui créent leur propre Etat, en créeant une entreprise mondiale" dit-il précisant qu'"on les appelle souvent companies privées, mais en réalité elles sont publiques car elles influent sur nos vies. Regardez google".

L'importance de l'économie est, à ses yeux, capitale: "On fait trop de diplomacie mais pas assez d'économie" déclare t-il.

 

Le problème israélo-palestinien est ensuite abordé, surtout à travers les questions des étudiants. "Une démocratie moderne correspond au droit égal de chacun d'être différent", déclare t-il. Plus tard, il ajoutera "Il n'y a pas de raison pour laquelle un musulman devrait être inférieur à un juif"

Le problème du conflit israélien n'est selon lui "pas une question de territoire, c'est un problème d'interlocuteur, le Hamas". "Le Hamas veut l'élimination d'Israel, même si on lui donne tous les territoires et toute l'eau. Dans ses conditions, on ne peut pas discuter."

Il est prêt à discuter avec le Fatah: "Vous pouvez être musulman et moderne, il n'y a aucune contradiction à cela" précise t-il.

Il est beaucoup plus gêné sur la construction du mur. Dans son discours introductif, il évoque la nécessité de commercer avec les Palestiniens pour sortir de la guerre ("Vallée économique de la paix"); mais quand on lui demande si ce mur n'empêche pas le commerce, il répond que la sécurité des Israéliens est la priorité. Or depuis que le mur a été construit, la plupart des attentats ont cessé.

Sur l'Iran , il a été très net. Parlant d'Ahmadinejad il demande "Qui est le danger? Nous où lui?"

 

Enfin, il pense que la France a un rôle à joué dans le cadre de l'Union Européenne pour arriver à la paix. En revanche, il ne pense pas que l'ONU, une "organisation lié au monde d'il y a 60 ans", soit encore efficace aujourd'hui. Mais il promet aux étudiants dans la salle "Vous verrez la paix dans le futur, vous la construirez."

                            Etienne Longueville

 

--> Réagissez dans les commentaires!

par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Point de vue militant
Dimanche 10 décembre 2006
Information de dernière minute: le MRC a voté à 84% son ralliement à la candidature de Ségolène Royal.

Après le soutien du PRG, c'est une autre bonne nouvelle pour la gauche...

M. Chevènement a déclaré en substance que, de même que personne ne l'avait forcé à être candidat, personne ne le forçait à retirer sa candidature...
par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Vie de la section socialiste de Sciences-Po
Vendredi 8 décembre 2006

* Arnaud Montebourg: "Changer en France: Des institutions et une pratique politique renouvelée"

* Vincent Peillon: "Changer en Europe: Socialiste pour une nouvelle Europe sociale".

* Jack Lang: "Changer dans le monde: Socialiste pour une mondialisation renouvelée".

 

Inscription obligatoire sur http://www.royalpresidente.fr/inscription-colloque.php 

par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Vie de la section socialiste de Sciences-Po

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-Téléchargez notre contribution au Projet socialiste sur la décentralisation : "Pour une nouvelle ambition socialiste au service de la décentralisation" (juin 2006)


-Téléchargez le compte rendu de notre débat-formation sur la fiscalité et la protection sociale (janvier 2007)
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- Retrouvez l'atelier du changement sur l'ancrage social du Parti Socialiste (Juin 2008) 

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