On peut, pourquoi pas, nous accuser de gauchisme, mais on peut difficilement faire de même avec Alain Finkielkraut.
L'état de disgrâce, par Alain Finkielkraut
LE MONDE , édition du 11.05.07
On ne peut pas se réclamer du général de Gaulle et se comporter comme Silvio Berlusconi. On ne peut pas en appeler à Michelet, à Péguy, à Malraux et barboter dans le mauvais goût d'une quelconque
célébrité de la jet-set ou du show-biz. On ne peut pas prononcer des odes à l'Etat impartial et inaugurer son mandat en acceptant les très dispendieuses faveurs d'un magnat des affaires.
Contrairement à ce qu'il avait annoncé sur un ton grave, Nicolas Sarkozy ne s'est pas retiré du monde pour habiter la fonction présidentielle : entre le Fouquet's, Falcon et palace flottant, il a
oublié qu'il venait d'être élu président de la République. Il avait peut-être ses raisons que la raison ignore. Espérons cependant qu'il s'en souviendra, une fois de retour sur le plancher des
vaches, et qu'il saura, comme il l'avait promis dans des discours de très haute tenue, incarner la France. Pendant trois jours, il nous a fait honte.
Ce 18 Mars avait lieu à la porte de Versailles un rassemblement des élus socialistes. Ségolène Royal a esquissé devant eux les contours la république nouvelle qu’elle souhaite mettre en œuvre lorsqu’elle sera élue.
Cette VIe République se fonde sur quatre grands piliers :
1. Une démocratie parlementaire revivifiée
La démocratie parlementaire française souffre aujourd’hui d’un désintérêt grandissant des citoyens car ils ont le sentiment que les parlementaires ne sont pas représentatifs, que ce sont les mêmes têtes depuis plus de trente ans, ou encore qu’ils ne pensent qu’à leurs intérêts propres avant de se préoccuper des Français. Il ne faut certes pas tomber dans la critique facile et la démagogie, mais force est de reconnaître que la démocratie parlementaire souffre d’un déficit de reconnaissance. C’est pourquoi Ségolène Royal propose :
- L’introduction d’une part de proportionnelle à l’Assemblée Nationale pour que celle-ci soit plus représentative de la population.
En effet le système majoritaire actuel a montré ses limites par exemple au moment du traité établissant une constitution pour l’Europe, quand plus de 80% des députés étaient pour, alors que plus de 56% des citoyens français étaient contre. L’introduction d’une dose de proportionnelle permettra de remédier à cette crise démocratique, tout en permettant à de vraies majorités de se dégager pour gouverner le pays.
- La réforme du mode de scrutin pour l’élection des sénateurs.
Aujourd’hui, les sénateurs sont élus au suffrage universel indirect, par les élus locaux. Cela pose un vrai problème démocratique, dans la mesure où les citoyens ne sont pas associés directement à la désignation de ceux qui sont censés être les garants des territoires locaux.
Par ailleurs, le mode de scrutin actuel est injuste car il ne permet l’alternance au Sénat. En effet, l’élection faite par les conseillers municipaux donne autant de pouvoir aux élus des petites villes des campagnes, qui sont élus par peu d’habitants, qu’aux élus de ville comme Paris ou Marseille, qui représentent une part bien plus importante de la population. Les votes des élus ruraux sont donc survalorisés dans l’élection actuelle des sénateurs, et comme ils ont toujours été majoritairement de droite, alors le sénat a toujours été majoritairement de droite.
- La suppression du droit de veto du Sénat en matière institutionnelle
- L’interdiction du cumul des mandats pour les Parlementaires, et une limitation à trois mandats consécutifs.
Certains députés et sénateurs – de gauche comme de droite - sont là depuis plus de 40 ans, il concentre entre leur main tous les mandats : Maires – ou adjoint -, président d’intercommunalité, membre du conseil général, député ou sénateur, si ce n’est ministre. Cette situation n’est plus tolérable, car elle se fait aux dépends des Français. Les parlementaires ne peuvent faire leur métier sérieusement que s’ils y consacrent 100% de leur temps, leur tâche est suffisamment compliquée pour ne pas leur en ajouter une supplémentaire. C’est pourquoi la fin du cumul des mandats s’impose.
De plus, la limite à trois mêmes mandats successifs semble importante pour assurer un plus grand renouvellement des personnalités et des idées politiques et pour empêcher une professionnalisation à vie de la politique.
- Le droit de vote pour les élections locales aux étrangers séjournant régulièrement en France depuis plus de cinq ans.
Les citoyens de l’Union Européenne dispose déjà de ce droit. Il semble logique, en terme d’égalité des droits, que les personnes qui résident légalement en France, et qui travaillent dans ce pays depuis plus de cinq ans, aient un droit de vote pour l’élection de leur maire par exemple.
2. Une plus grande démocratie sociale
Pour que la démocratie puisse s’exercer, il faut qu’elle soit forte. Elle doit être fondée sur la négociation. Ce que propose Ségolène Royal
- La représentativité des syndicats fondée sur l’élection et le principe majoritaire pour les accords sociaux
Pour que la négociation se passe dans de bonnes conditions, il faut que les syndicats soient écoutés et respectés, et pour cela, il faut nécessairement qu’ils soient représentatifs de la population. Ainsi, les relations sociales pourront se fonder sur la négociation plutôt que sur la confrontation et cela reviendra à un système gagnant-gagnant. Les entreprises seront gagnantes car cela diminuera le risque de grève et augmentera la confiance des employés, confiance indispensable pour que le travail soit productif. Les salariés seront gagnants car ils seront entendus par les entreprises qui seront contraintes de tenir compte de leur avis.
- La présence de salariés élus dans les conseils d’administration des entreprises
Cela rejoint le point précédent. Pour travailler en confiance, et pour que les salariés puissent influer sur les décisions de l’entreprise, ils doivent être nécessairement présents en conseil d’administration.
Cela permettra également plus d’anticipation en cas de difficultés économiques des entreprises. Parfois, l’entreprise est forcée de se délocaliser pour survivre. Mais les difficultés économiques n’apparaissent pas du jour au lendemain. Les salariés élus en conseil d’administration connaîtront les problèmes de l’entreprise en amont et les salariés pourront donc les anticiper et se reformer avant la suppression des emplois, afin d’en retrouver un plus facilement.
3. Une démocratie participative.
Ségolène Royal a construit son pacte sur l’écoute des Français. Nombreuses sont les crises qui peuvent s’expliquer en partie par la défiance de la population vis-à-vis de la classe politique (21 avril, 29 mai…). Ainsi, en replaçant les citoyens au cœur de sa démarche, Ségolène Royal veut redonner espoir en la politique. Ce qu’elle propose
- L’examen obligatoire par le Parlement de toute proposition de loi signée par un million de pétitionnaire.
Cette proposition s’inscrit dans la croyance de Ségolène Royal dans l’intelligence collective. Souvent les parlementaires parfois déconnectés des réalités ne voient pas ce qui peut paraître essentiel à la population. En permettant aux citoyens de faire des propositions de loi, Ségolène Royal réassocie les Français à la politique. C’est un système qui a déjà fait ses preuves dans d’autres pays. En revanche, elle ne tombe pas dans le risque de soumettre toutes ses propositions à referendum, dans la mesure où certaines d’entre elles pourraient être dangereuses pour le respect des droits ou la démocratie. Ce sera le rôle du parlement d’examiner ses propositions et de les adopter ou non.
- Le droit de saisine par les citoyens du Conseil Constitutionnel.
Actuellement, le Conseil Constitutionnel peut être saisi par le Président de
De plus, certaines lois sont inconstitutionnelles mais aucun parti ne les soumet au Conseil Constitutionnel de peur de s’aliéner une partie des voix lors des élections. Par exemple les lois mémorielles ne sont forcément constitutionnelles (elles ne produisent pas de normes), mais pourtant, saisir le CC sur cette question reviendrait à s’exposer à des représailles lors des élections suivantes. La saisine par la population permettra ainsi une plus grande démocratie et permettra d’assurer une complète constitutionalité des lois.
- La démocratie participative dans toutes les collectivités publiques (jurys citoyens, budgets participatifs…)
Il s’agit là aussi d’associer les citoyens aux élus locaux afin d’améliorer les attentes de la population auprès de leurs élus ; il ne s’agit non pas de juger les élus de
Le budget participatif pourrait être mis en place particulièrement en ce qui concerne l’environnement, domaine dans lequel la population française est largement en avance par rapport à la classe politique.
4. Une démocratie territoriale
Aujourd’hui, à l’heure de l’Europe, les territoires sont de plus en plus importants. Il faut s’organiser en fonction des territoires pour être plus compétitifs. Ce que Ségolène Royal propose :
- Etablir strictement des compétences entre chaque échelon territoriale afin qu’aucun n’effectue la tâche d’un autre
Il est clair qu’aujourd’hui plusieurs fonctionnaires font le même travail à différents étages dans les administrations, et l’admettent eux-mêmes. Alors que l’on en manque dans d’autres secteurs, il faut distinguer clairement qui fait quoi afin d’éviter les gaspillages de l’argent public. Un euro dépensé doit être un euro utile.
- Donner les compétences à l’échelon qui sera le plus à même de les exécuter, et donner à cet échelon les moyens nécessaires de financer les nouvelles compétences
Aujourd’hui, l’Etat est encore très centralisé et certaines tâches qui sont faites par l’Etat sont trop éloignées des préoccupations sur le terrain des citoyens. Ségolène Royal croit en l’intelligence territoriale et veut donner les compétences au plus près des attentes de la population. Les universités passeront par exemple sous la tutelle des régions.
Toutefois, il ne s’agit pas, comme l’a fait la droite, de donner des compétences sans donner les financements qui vont avec pour les mettre en œuvre. L’argent sera distribué aux différents échelon afin qu’ils puissent mettre en œuvre leur nouvelle compétence.
Les moyens : Comment mettre en œuvre cette réforme de
La réforme constitutionnelle ne pourra se faire que par referendum, en utilisant l’article 11 de la constitution. En effet, si l’on utilisait l’article 89, les Sénateurs verrouilleraient toute réforme, et les parlementaires – de gauche comme de droite – serait très réticents à voter une loi mettant en place la fin du cumul des mandats et leur limite à trois mêmes mandats successifs.
Ce referendum aura lieu au tout début de la législature, en septembre ou octobre 2007.
Etienne Longueville
PS : Cet article est écrit sur la base du pacte présidentiel, du discours de S. Royal le 18 Mars à la porte de Versailles, et de ses déclarations dans l’émission France Europe Express du 17 Mars.
Un moi et demi avant l’élection présidentielle, le dernier sondage en date plaçait Ségolène Royal et François Bayrou à égalité avec 23% des intentions de vote. Une déduction rapide : la candidate socialiste et le candidat démocrate-chrétien ont a priori les mêmes chances d’arriver au second tour face à Nicolas Sarkozy. Ségolène Royal a un léger avantage : son électorat potentiel est moins volatile alors que celui de François Bayrou compte en fait beaucoup d’indécis.
Ne nous fions pas aux sondages, ils ne servent que d’indications et ne présagent en rien de la réalité. Néanmoins, nous ne pouvons pas nier une forte remontée de l’UDF dans les sondages et sur le terrain. Par exemple, dans le XIe arrondissement de Paris, où les seuls tractages étaient réalisés par les militants du PS et du PCF, depuis peu, nous avons aussi la concurrence des militants de l’UDF qui semblent bien décidés à toucher l’électorat populaire.
Comment expliquer une telle remontée ?
Il faut être honnête. Le programme de François Bayrou n’est pas un programme de droite. Économiquement et socialement, c’est un programme particulièrement proche de celui de l’Ulivo (alliance des Democratici di Sinistra –ex-communistes italiens, sociaux-démocrates- et de
Le programme de l’UDF est un programme réellement centriste. Si les sujets concernant les mœurs sont clairement connotés à droite, les sujets économiques et sociaux frôlent les idées sociales-démocrates. En ce qui concerne des sujets éminemment politiques comme l’Europe, le programme de l’UDF est bien de gauche. Cela ne sert à rien de dire que l’UDF est de droite si ce n’est à lui offrir des voix et à la rapprocher de l’UMP alors que justement François Bayrou a clairement refusé un rapprochement avec Nicolas Sarkozy. Rappelons d’ailleurs que la nouvelle ligne de l’UDF s’est d’abord constituée en réaction à la droite avant, dans une logique purement centriste, de se mettre en porte-à-faux avec la gauche. Souvenons-nous qu’au moment du CPE, l’UDF s’est fortement fâchée avec l’UMP et que des mains ont été tendues au PS… Toujours rejetées, certes.
La stratégie de l’aile gauche du PS qui depuis quelques semaines se focalisent sur l’UDF est suicidaire. À faire passer François Bayrou pour un homme de droite, l’aile gauche du PS donne une image du PS totalement archaïque, non-réformiste et incapable d’incarner le changement social. Ne nous trompons pas d’ennemi : l’adversaire de la gauche, c’est l’UMP, pas l’UDF. À ne pas nous concentrer sur un seul adversaire, nous jouons un jeu dangereux, celui de la dispersion et de la confusion. Chaque attaque contre l’UDF est une voix perdue pour la gauche.
Si la percée de l’UDF ne doit pas être négligée, Nicolas Sarkozy et son idéologie sécuritaire et de casse sociale restent le principal danger. N’oublions pas non plus le FN. C’est lorsque nous entendons le moins parler de l’extrême-droite qu’elle est la plus dangereuse. Jean-Marie Le Pen n’est pas encore politiquement mort et il semble bien plus cohérent de mener un combat politique contre le FN que contre l’UDF. Des priorités existent à gauche, et les crispations idéologiques de certaines personnes dans notre parti ne doivent pas nous détourner de notre objectif unique : battre la droite, faire gagner la gauche.
Car rappelons-le, la gauche démocratique joue gros à cette élection. Nous devons gagner ces élections car un gouvernement de droite présidé par Nicolas Sarkozy pendant cinq ans serait pire pour
Enfin, si ces élections sont importantes pour
La gauche a donc un devoir de victoire et ce devoir de victoire passe aussi par la constitution de nouveaux amis, surtout lorsque ceux-ci ont changé. Une France plus juste, c’est une France plus forte. Mais une France plus juste gouvernée par les socialistes passe aussi par un travail de réflexion et de modernisation de nos idées. Aujourd’hui, notamment au regard de la récente expérience italienne, être socialiste n’exige pas un rejet unilatéral du centre politique.
Diego Melchior
Extrapolons ! Le 6 mai 2007, François Bayrou est élu président de
D’abord il nomme un Premier Ministre de gauche. Qui ? « Un Delors jeune ». Pourquoi pas sa fille ? Bon, il forme son gouvernement d’union nationale et crée son grand parti démocrate.
Mais qui le rejoint ? Personne ! Au PS les gens les plus proches de lui, les sociaux-démocrates n’ont aucun intérêt à le suivre. Si François Bayrou a gagné, c’est que Ségolène a perdu, et que le PS est donc à prendre. Les DSK et compagnie préféreront devenir les premiers secrétaires du PS pour pouvoir tenter leurs chances dans cinq ans, que de rejoindre le parti de Bayrou dans lequel ils seront forcément en minorité, face à la base actuelle de l’UDF, à 100% de droite.
Personne à gauche donc. Mais qui à droite ? Les Chiraquiens ? Ils haïssent Bayrou depuis qu'il a refusé d'intégrer l'UMP ! Les quelques ex-UDF qui ont quitté le parti il y a cinq ans ? Ils seront considérés comme des traîtres et des opportunistes s’ils reviennent. Les libéraux ? Bayrou les a petit à petit marginalisés à l’UDF, au point d’en arriver à la scission.
Donc à part deux-trois figures à gauche et à droite très marginales, très opportunistes, et pas forcément très compétentes, qui veulent un poste de ministre, le parti de Bayrou ne s’élargit pas énormément.
Les législatives dans ces conditions ne peuvent pas être remportées par l’UDF. C’est triste pour Bayrou, mais c’est le système actuel qui veut ça. Et avant de mettre de la proportionnelle, il faudra bien qu’il gagne l’élection législative. Or, on sait bien que le système actuel bipolarise l’élection. Jean-Marie Le Pen a obtenu 0 député en 2002, après avoir réuni un peu moins de 20% à l’élection présidentielle. De même, l'UDF n’a remporté que 26 députés en 2002, et ce score aussi élevé vient du fait que 25 d'entre eux n’avaient pas de concurrents UMP face à eux dès le premier tour. Alors bien sur, si François Bayrou est élu, il y aura un effet d’aubaine, mais il ne sera pas suffisant pour dégager une majorité pour l’UDF.
L’élection sera donc remportée par l’UMP ou le PS
Si l’UMP gagne l’élection, elle vote logiquement une motion de censure au gouvernement dirigé par un Premier Ministre de gauche. Bayrou est contraint de nommer un UMP Premier Ministre et l’UMP ayant la majorité à l’Assemblée Nationale, le gouvernement sera 100% UMP.
Si le PS gagne l’élection, le Premier Ministre de gauche présente la démission de son gouvernement. Il impose d’en former un nouveau, avec 100% de ministres socialistes. François Bayrou n’a pas le choix puisqu’il n’a pas de majorité à la chambre. Il doit donc accepter une cohabitation…Qu’il a toujours critiquée avec force. Mais bon, quand il s’agit d’être élu président, il y a certaines convictions que le candidat du centre-droit semble oublier
Ainsi, voter Bayrou, c’est exposer
Les commentaires sur Ségolène Royal dans les médias sont généralement mordants. C'est pure logique que cette candidature perturbe les schémas de la politique traditionnelle en France. En effet, dans notre pays, le monde politique se conjugue au masculin. On voit se dessiner dans cette campagne des mécanismes discriminatoires qui traduisent ces rapports de pouvoir inégaux.
Pour la première fois, 4 femmes aux parcours politiques de premier plan (député, sénatrice, présidente de conseil régional, ancien ministre) sont candidates à la Présidentielle. Or, jusqu’à maintenant, aucun
article de fond n’a encore été consacré à ce sujet par les journalistes politiques ! Ségolène Royal est la plus exposée d'entre elles aux sarcasmes des médias. L'ironie avec laquelle le journal "Le Monde" décrit son positionnement politique de candidate-maman sans complexe est révélatrice. Plutôt que de se demander pourquoi les hommes politiques n’expriment pas leurs sentiments face aux problèmes auxquels les gens sont confrontés, mieux vaut s’interroger sur ce qui fait la différence.
Lorsqu’une femme brigue des responsabilités considérées comme relevant du domaine masculin, on exige d’elle qu’elle accentue le plus possible les caractéristiques et les symboles propres à son sexe. On s'attend à ce qu’elle ne possède pas les qualités requises pour gouverner un pays, agir publiquement sur des sujets concernant l’économie ou l’international, par exemple, ou encore à ce qu’elle continue d’agir d’abord comme une mère et qu’elle s’intéresse en priorité aux sujets de société.
Derrière ces présupposés, se cache une misogynie inavouable selon laquelle les femmes n’arriveraient pas à manier les codes linguistiques, les concepts, avec la même rationalité de pensée que les hommes dans un débat politique !
Pourtant, la vie démocratique ne serait qu’une coquille vide si elle ne répondait pas aux attentes et aux besoins des citoyens, si elle ne préparait pas les personnels de l’administration publique, par exemple, à la compréhension des malades, des handicapés ou à la lutte pour l’inclusion sociale. C’est pourquoi, la notion de genre doit rejaillir dans les débats de cette campagne, notamment en matière de droit civil et politique.
Réaffirmer l’égalité homme/femme dans les compétences doit reposer sur la conscience d’appartenir à un espace humain commun qui n’appartient pas qu’aux hommes.
Le développement économique ne peut se consolider sans le développement humain. Pour vous il s’agit de compassion… pour moi il s’agit d’une autre approche de la politique. Ségolène a crée des ponts entre la démocratie représentative et la démocratie participative. Il s’agit de réconcilier les citoyens et citoyennes avec une classe politique devenue trop professionnelle, trop élitiste, trop éloignée du monde réel.
La démarche de Ségolène redonne du sens à la politique en formulant des repères pour bâtir un mode de gouvernement plus démocratique, avec la participation des acteurs représentatifs de la société civile française.
L’élargissement des champs de la concertation entre les différents acteurs du développement ne doit pas se limiter à la simple consultation des citoyens, mais se construire à partir de leur participation dans la formulation des projets et l’élaboration des prises de décisions.
Apprendre à se concerter dans l’exercice du pouvoir est nécessaire quand la démocratie représentative semble être en panne.
Je pense que Ségolène Royal est la seule candidate capable de garantir l’autonomie du système politique en redonnant une substance à la devise de notre République « Liberté, Egalité, Fraternité » avec des principes politiques, sociaux et moraux. Il est urgent de recomposer l’équilibre entre l’Etat, la société politique et la société civile. Il faut mettre un terme à la conception féodale du pouvoir dont M. Sarkozy est le principal héritier, notamment quand il apporte son soutien au cumul de mandats.
* Marilza de Melo Foucher est de double nationalité brésilienne et française, docteur en économie et consultante international pour le développement intégré et durable.
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