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Dimanche 16 décembre 2007

Après les "cinq piteuses", autrement dit les cinq jours de la visite de Kadhafi en France, cette semaine marque de manière assez évidente une profonde évolution, sept mois après l'élection de Nicolas Sarkozy.

Même si certains n'ont certainement pas tort en percevant une forme de manipulation dans les déclarations - un peu trop franches pour ne pas être coordonnées - de Rama Yade, on sent bien que cela a en partie échappé à l'Elysée. Contrairement au fantasme de certains commentateurs et d'Opinionway, l'opposition a eu la possibilité de reprendre le dessus, et elle l'a prise.

Face à cela, et afin de brouiller encore davantage les cartes, un prochain remaniement serait envisagé. Il donnerait lieu à de nouveaux débauchages, témoignant si l'en était besoin du simple caractère stratégique de cette opération.

Tout cela doit être fait pour respecter le tempo des municipales, qui commence à s'accélérer. Patrick Devedjian n'a pas hésité à dire qu'il s'agissait d'un vote à signification nationale. François Hollande, lui répondant, lui a emboîté le pas en disant qu'il s'agissait d'un référendum anti-Sarkozy. On peut apprécier la franchise de ces deux analyses, les deux grands partis rejetant souvent cette interprétation, au gré il est vrai des résultats obtenus. D'autres pourront objecter que les élections municipales portent sur des enjeux locaux, des hommes plutôt que des idées voire des projets "apolitiques" si l'on rentre dans le conception bisounourso-bayrouïste.


Paris vaut bien une... remise en cause de la fonction présidentielle !


En réalité, cette deuxième interprétation des élections municipales n'est plus possible. Rachida Dati, candidate parachutée dans le VIIème arrondissement de Paris (face à l'excellente candidate socialiste Laurence Girard) vient d'indiquer que le Président de la République s'impliquerait personnellement dans la Sarkozy-UMP.JPGbataille des municipales, viendrait même sur les marchés (sic), voire participerait à des meetings de campagne. Voici donc tout le sens de la rupture : la campagne permanente. Sauf que si on ne peut pas empêcher Nicolas Sarkozy de continuer à faire des discours de campagne quand il intervient en tant que chef de l'Etat, on s'étonne fortement qu'il oublie ce que cette fonction lui incombe comme positionnement "au-delà des partis". Il est incompréhensible par ailleurs qu'un Président se vantant d'avoir pratiqué une "ouverture" explique ensuite que tous les pouvoirs devraient être concentrés dans les mains d'un seul parti (l'UMP) et des groupuscules l'entourant qui lui ont fait allégeance.

C'est à ce niveau qu'intervient la déclaration de Bernard Kouchner, qui ne sait plus quoi dire pour tenter d'exister. Il a déclaré dans une phrase alambiquée dont il a le secret : "que la victoire de Bertrand Delanoë ne lui déplairaît pas", rajoutant, in extremis, que cela ne signifiait pas que Françoise de Panafieu lui déplaisait. Cette réaction a immédiatement donné l'occasion à certains féodaux parisiens de l'UMP de se payer le soldat Kouchner, notamment les inénarables anciens compétiteurs à la désignation face à Panafieu, à savoir Goasguen et Lellouche. La candidate UMP a elle, feint de jouer la grande joueuse. On craint en réalité qu'elle n'ait soit pas compris soit apprécié le simple fait que Kouchner parle au moins d'elle. Cette déclaration a pu faire croire certains au génie sarkozyste tentant de faire croire à une volonté élyséenne de faire perdre l'UMP à Paris et de porter Bertrand Delanoë aux nues pour plus tard. Cette lecture est totalement fausse. Plus que jamais, Nicolas Sarkozy veut la victoire de chacun des candidats UMP. Il s'agit d'un test national, dont il n'hésitera pas à exploiter les résultats s'ils lui sont favorables.


La contre-attaque plutôt que la résistance

Cette manoeuvre témoigne d'une chose : ces élections municipales mettront chaque Français devant un choix à double facette. Bien sûr, il s'agit de choisir des orientations d'une politique locale et bien entendu, comme le rappelle à juste titre Bertrand Delanoë notamment à qui l'on demande souvent de réparer tous les dégâts causés par la politique gouvernementale, la municipalité dispose de compétences précises et limitées. Mais il ne faut pas perdre de vue qu'au-delà de la lecture politicienne qui en sera faite, le seul moyen pour les Français de créer des ilôts non pas de résistance mais de contre-attaque à la politique menée au niveau national se trouve d'ici les régionales de 2010, au niveau municipal (et cantonal). Dans de nombreux domaines (économie, petite enfance et écoles primaires, environnement...), les municipalités peuvent pallier les carences étatiques et proposer de véritables contre-propositions concrètes. C'est aussi avec ces laboratoires de terrain que le PS pourra construire l'alternative nationale.


Pourquoi François Bayrou aurait du refuser de monter dans l'appartement... d'Alain Juppé


Par ailleurs, comme nous l'avions déjà écrit ici, il est illusoire, pour les électeurs du Modem comme pour toutes personnes souhaitant créer des alternatives au sarkozysme, de croire à une schizophrénie entre l'UMP nationale et ses équipes locales. Le troc politicien organisé entre François Bayrou et Alain Juppé (craignant la panne électorale à Pau, Bayrou a cédé aux avances d'Alain Juppé lui promettant d'user de son influence...) est l'exemple caractéristique des dérives de l'absence d'une consigne nationale.

On ne peut pas prétendre, comme le Modem mais aussi comme toute organisation politique
Bayrou---cart.JPG proposant la remise en cause du sarkozysme (pensons à la LCR par exemple), vouloir éviter la concentration des pouvoirs, être en désaccord profond avec la plupart des actions du gouvernement et de la majorité actuels et dans le même temps, s'allier en fonction des circonstances.

On peut le regretter, mais ces élections locales auront valeur de validation grandeur nature de la fin de cet "état d'apesanteur" de la majorité présidentielle qui a  tenté de brouiller les cartes pour mieux rafler la mise finale. Essayons de remettre de l'ordre et montrons que des victoires nettes de la gauche, sur des projets solides, c'est loin d'être du bluff.

 

 
par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Campagne 2008
Vendredi 7 décembre 2007
Bonjour à tous,

les 9 et 16 mars prochains, les Français vont choisir la politique qu'ils souhaitent voir mener dans leurs villes. A Paris notamment, il s'agit d'un véritable choix de société, quand on connaît l'ampleur de la différence entre le clientélisme, l'affairisme et le déclin économique auxquels a conduit la gestion de la bande Chirac-Tibéri-Panafieu pendant 25 ans et la ville dynamique, durable et attractive qu'a commencé à bâtir l'équipe de Bertrand Delanoë depuis 6 ans. Afin que tout le monde ait voix au chapitre, afin que l'élan démocratique qui s'est levé lors de l'élection présidentielle se confirme, la section des socialistes de Sciences Po vous encourage d'ici le 31 décembre à vous inscrire massivement sur les listes électorales !

Inscription.JPGL'équipe du PS Sciences Po
par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Campagne 2008
Jeudi 15 novembre 2007
Une réunion a été organisée mardi dernier autour de Bertrand Delanoë dans le Ve  arrondissement de Paris.  Elle avait pour thème "les Parisiens, acteurs de nouvelles pratiques démocratiques".

La droite parisienne, elle aussi, s'est saisie de cet enjeu. La preuve :


envoyé par iPolTV

Certes, à ma connaissance, les responsables de cette opération com' ne prétendaient pas avoir sélectionné des passants au hasard. Mais ils sont trop heureux d'exploiter ce présupposé (encore que le premier intervenant a même uin style particulièrement reconnaissable...). Et ce n'est pas sans faire penser à d'autres pratiques de l'ancienne majorité municipale...

Pendant ce temps, si vous voulez poser des qusetions à Bertrand Delanoë, lui proposer des pistes de réflexion, rien de plus simple : il suffit de vous rendre à la réunion thématique qui vous intéresse. La salle a (vraiment) la parole!
par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Campagne 2008
Vendredi 12 octobre 2007

On glose souvent sur les investitures, les synthèses, les motions ou encore les congrès, parfois à juste titre. Mais on oublie souvent que tout cela est la condition du fonctionnement parfaitement démocratique du Parti Socialiste. Au-delà des limites évidentes de ce qui constituait une première, tout les observateurs ont d’ailleurs souligné le caractère démocratiquement incontestable des primaires organisées par le PS en novembre dernier, seul parti de France à l’avoir fait.


Face à cela, l’UMP est en progrès tout relatif, certains de ses candidats (même si cela ne leur porte pas toujours chance…) étant désormais, comme à Paris, désignés par les militants.

Vous avez dit "Mouvement" quoi déjà ?  


On pouvait alors se dire, au vu de la jeunesse et de la prétendue fraîcheur qui anime celui qui se réclame comme la « seule nouvelle formation politique française », qui porte en étendard, dans son propre nom, la revendication « démocrate », qu’il fasse de même.
Puisque ce parti nouvellement constitué prétend faire de la politique autrement, créer une « force politique nouvelle », qu’il le fasse en prenant le meilleur du fonctionnement d'un parti moderne !


Jean Arthuis (président du groupe UDF au Sénat) déclarait récemment qu’on ne « dirigeait pas un parti comme une secte » en visant explicitement ce qui ou est pas son parti, that’s [an other] question. Or, la façon dont le Modem vient de procéder au désignation à l’investiture des candidats aux municipales dans de nombreuses villes de France témoigne au contraire du caractère extraordinairement passéiste et anti-démocratique de sa démarche.


Dans ce qui est présenté comme une première vague d’investitures, c’est une « commission électorale nationale », composée de 12 membres, qui a procédé à la désignation de 41 têtes de listes, dont, rien que ça, la tête de liste aux municipales de Paris, bien entendu Marielle de Sarnez. Ajoutons à cela que, force politique nouvelle s’il en est, 17 candidats sur les 41 d’ores et déjà investis sont des sortants…

 

Outre que cette commission fédérale n’a pas de légitimité puisqu’elle n’a pas été désignée par les adhérents du Modem, elle est en contradiction avec l’exigence démocratique dont ne devrait s’affranchir aucun parti politique d’importance, d’autant plus s’il est aussi jeune que le Modem.

Alors, erreur de jeunesse ou récidive ? On se souvient à Paris de la façon dont Quitterie Delmas (voir son blog), pourtant excellentissime relais de la parole bayrouïste pendant la campagne présidentielle, avait été éjectée de l’investiture aux élections législatives dans le Xème arrondissement, le Modem préférant à la franchise de son engagement une manœuvre politicienne (la candidate finalement investie était un transfuge des Verts).


De nombreux adhérents Modem, qui en sont pour nombre d’entre-eux à leur premier engagement politique, ont réclamé l’organisation de primaires, notamment à Lyon ou à Marseille, où plusieurs candidats à l’investiture pour les municipales s’affrontent. François Bayrou a déclaré qu’il s’y « rendrait »… Pour rendre la justice divine ?

 

On ne peut pas comprendre qu’un mouvement politique qui se réclame comme le parangon de la modernité puisse adopter des méthodes aussi moyen-âgeuses. Cela illustre les difficultés d’un parti concentré autour de la figure d’une seule personne, dont l’anti-sarkozysme est l’unique marque de fabrique au niveau national mais qui n’hésiterait pas, au gré de ses envies princières, et sans consultation de la base, à s’allier avec des listes pourtant soutenues par… Nicolas Sarkozy.

Modem.JPGLe droit d'ingérence démocratique

Mais qu’est-ce qu’un militant PS vient donc faire dans cette galère ? N’a-t-il pas suffisamment à faire avec la rénovation de son propre parti avant d’évoquer les problèmes des autres ?


Tout d'abord, il semble que les militants d'autres partis se sont suffissament prononcés sur l'"avenir" du PS pour que nous puissions en faire autant.


En outre et surtout, il semble que si la parole était réellement donnée à la base militante du Modem, ce serait une ligne politique claire qui se dégagerait visant certes à proposer le maximum de listes indépendantes Modem au premier tour des municipales mais témoignant de sa cohérence au deuxième tour.


Il est effectivement assez rare d’écouter des adhérents Modem encenser le pouvoir national en place. Il est aussi assez peu commun d’entendre des « démocrates » souhaiter le retour du système Chirac-Tibéri-Panafieu à Paris ou du système Perben-Millon à Lyon…

L'illusion de la schizophrénie UMP

L’ « ouverture » fallacieuse menée par Nicolas Sarkozy a déjà suffisamment brouillé inutilement les cartes du jeu politique national transformé en théâtre des ambitions pour que cela ne se reproduise pas au niveau local. Il faut ajouter à cela que la trop forte « concentration des pouvoirs » dénoncée y compris par François Bayrou serait encore renforcée avec des maires UMP.

 

Comme le disait justement Azouz Begag pour Lyon, les villes, les départements (n’oublions pas les cantonales) sont désormais dotés de compétences qui leur permettent dans de nombreux domaines (éducation, insertion, logement…) de remédier aux politiques désastreuses menées par la majorité au pouvoir. Sans n'être que des laboratoires "anti-Sarkozy", ces collectivités territoriales pouraient toutefois éviter de n'être que des laboratoires pro-UMP. Comment imaginer qu’un élu UMP soit d’accord au niveau national avec une forme de politique qu’il ne mettrait pas en œuvre dans sa propre collectivité ?

 

En privant ainsi les jeunes adhérents au Modem de leur expression démocratique, de leur liberté (pourtant deux notions particulièrement revendiquées par eux), François Bayrou continue à ne dessiner qu’une seule perspective… la sienne.

 

Adhérents du Modem, un parti jeune, peu suspect de devoir encore ménager les susceptibilités d’édiles locaux, qui réclame en outre une « nouvelle voie », doit avoir cette exigence, cette cohérence. Soyez libres, soyez démocrates !  

Jonathan Gindt

 

par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Campagne 2008
Lundi 3 septembre 2007
delanoe.jpgIl l'annonce dans une interview qui paraîtra dans le journal Le Parisien de demain (mardi 4 septembre) : Bertrand Delanoë sera candidat à sa succesion à Paris lors des élections municipales de 2008. Fort d'un excellent bilan sur lequel nous reviendrons dans les semaines à venir, Bertrand Delanoë sera opposé à une droite parisienne déchirée et sans véritable projet pour la capitale. 
La section PS de Sciences Po participera bien entendu avec force à sa campagne.

Edit : Pendant cette campagne, Bertrand Delanoë souhaite dialoguer avec les Parisiens, notamment au moyen de son site Internet qui ouvre aujourd'hui : www.bertranddelanoe.net
par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Campagne 2008

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-Téléchargez notre contribution au Projet socialiste sur la décentralisation : "Pour une nouvelle ambition socialiste au service de la décentralisation" (juin 2006)


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