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Dimanche 5 août 2007
Nicolas Sarkozy a annoncé le 31 juillet dernier « un plan pour trouver les moyens de guérir la maladie d’Alzheimer ». Il s’agirait notamment de créer ou d’augmenter la franchise sur les boîtes de médicaments, les actes paramédicaux et les transports sanitaires, dans le but affiché de financer la recherche médicale et d’aider à développer les soins palliatifs. Des mécanismes de plafonnement (à 50€) et d’exonération de la franchise devraient être mis en place – sans que l’on sache bien comment cela va se faire. Je n’ai pas réussi à en trouver les détails, bien que les communiqués de presse abondent. Je suis donc preneur si quelqu’un a le texte du discours prononcé.

Mettre en place un « plan Alzheimer » plus conséquent que ce qui est fait actuellement est sans doute une priorité. La maladie d’Alzheimer, « Grande Cause Nationale » déjà identifiée comme telle par des gouvernements avec lequel notre PDLR se veut en rupture, est douloureuse pour les malades comme pour leurs proches, je ne le sais que trop. Mais ce plan est bien parti pour être une escroquerie : la solidarité face à Alzheimer doit concerner l’ensemble des Français ; le financement de la recherche contre la maladie d’Alzheimer devrait se faire par d’autres moyens ; ce plan n’est donc qu’un affichage politique. Comme toujours.

Les malades doivent-ils être les seuls à participer au financement des efforts de recherche ? C’est contraire à l’esprit porté par le système de Sécurité Sociale. La solidarité entre malades et bien-portants a vocation à être respectée, en particulier en ce qui concerne la maladie d’Alzheimer : sauf cas exceptionnels, on ne la développe qu’à partir d’un âge avancé, sans signes avant-coureurs, et les antécédents familiaux ne constituent qu’un indice supplémentaire de risque. Les « bien-portants » d’aujourd’hui pourront être les bénéficiaires du plan Alzheimer de demain, sans avoir participé à son financement. Quelle injustice, nous diraient les partisans du principe du « pollueur-payeur ». Au contraire, on ne choisit pas d’être malade. Et la lutte contre les dépenses de santé devrait passer par d’autres mesures. Celle-ci n’est en effet que peu responsabilisante.

Alzheimer reste un problème majeur, et la recherche en ce domaine doit être encouragée. Mais pas comme l’a proposé M. Sarkozy. En effet, des fondations, comme par exemple France Alzheimer, sont habilitées à recevoir des dons en grande partie défiscalisés. De la sorte, l’Etat participe ainsi largement au financement de la recherche et à la formation spécifique des soignants. L’Etat, pas la Sécu : ce n’est de toute façon pas à elle, pas plus à mon sens qu’à une assurance privée, de financer la recherche ! Et chacun peut choisir de donner, soit par altruisme, soit parce qu’il craint d’être un jour malade, soit parce qu’il a un proche qui souffre de cette maladie. Qui plus est, Alzheimer, en tant que « maladie de masse », intéresse les laboratoires : celui qui trouvera un médicament miracle ou un vaccin bénéficiera d’une rente extraordinaire. Tant mieux, d’ailleurs. Mais alors, pourquoi verser encore plus d’argent public dans ce domaine ? Ne vaudrait-il pas mieux concentrer les aides dans la recherche sur les maladies orphelines, par exemple ? celles qui laissent indifférents les financiers des laboratoires pharmaceutiques ?

Comme d’habitude, notre PDLR est en train de nous faire des effets de manche et de brasser pas mal de vent. Oui, il faut agir contre Alzheimer. Mais pas comme on nous le propose, pas uniquement ainsi, et pas quel qu’en soit le coût pour le reste du système. Quels sont donc les détails concrets de ce « grand plan » ? Ou est donc passée la lutte contre le trou de la Sécurité sociale ? Pourquoi les dons à la recherche n’ont-ils pas été mieux pris en charge, dans le cadre par exemple de la loi TEPA, qui a pourtant servi de phénoménal fourre-tout ? Comment se fera la répartition entre recherche publique et privée, et quel statut auront les unités de soins palliatifs ? Sur d’autres « grands projets », comme le service minimum, on a déjà vu l’hypocrisie maximum de notre nouvelle équipe dirigeante. M. Sarkozy ne semble pas parti, sur ce sujet, pour faire l’étalage de sa plus grande franchise.

Néel Travers
par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Questions de société
Samedi 4 août 2007
On avait déjà le ticket modérateur, la "piécette" raffarinette pour chaque consultation, le lundi de Pentecôte sacrifié (par qui d'ailleurs ? uniquement les salariés, tous les autres en étant dispensés, les vilains pas solidaires) sur l'autel de la canicule et des vieux - des personnes âgées pardon (qui pourtant n'en méritent pas tant, ayant commis le crime un jour d'avoir élu Mitterrand et précipité la France dans l'abîme gauchiste, mais c'est une autre histoire)... Maintenant, nous aurons les franchises, censées "responsabiliser" les vilains patients gaspilleurs.
 
Je passe sur celles concernant les transports sanitaires, avouant à regret mon ignorance la plus complète de ce que c'est (les trajets en ambulance,sans doute ?), pour ne m'attacher qu'à celles qui pèseront dorénavant sur les médicaments et les actes paramédicaux.
 
Remarquons d'abord le côté assez incitatif au gaspillage (aïe ! c'était précisément censé le combattre). Les gens risquent de réclamer spontanément des grandes boîtes de médicaments : un forfait c'est un forfait, il vaudra donc mieux une boîte de 20 que deux boîtes de 8 quand on veut 9 gélules...

Mais, surtout, je m'interroge sincèrement sur le bien-fondé théorique de ce mécanisme.

 
Car, enfin, lorsque je vais chez le pharmacien, de deux choses l'une :
1. ou je lui extorque en battant des cils des médocs sans ordonnance (dommage que la profession se féminise, soit dit en passant),
2. ou je lui présente, sûre de mon bon droit, une ordonnance dûment paraphée par mon médecin traitant (mais si, vous savez... celui auquel je viens de payer 22 euros pour qu'il m'imprime une feuille disant "Mlle Travers a été 3 fois hospitalisée pour des problèmes de rein, je l'autorise donc à aller voir un urologue").

Dans le premier cas, les médicaments ne sont pas remboursés par la Sécu, le fameux "trou" ne s'aggrave pas et je suis donc déjà entièrement "responsable". Dans le second...

 
Dans le second, à nouveau (j'ai toujours aimé les arbres de probabilité pour résoudre des questions de théorie des jeux) deux cas se présentent :

1. ces médicaments n'étaient pas nécessaires au traitement de ma maladie/mon hypocondrie, puisque comme chacun sait tout malade est un bien portant qui s'ignore et n'aime rien d'autre qu'aller lire "Paris-Match : comment sainte Cécilia a bouté les Bulgares hors de Libye" dans des salles d'attente. Scandale, alors : il y a bel et bien gaspillage d'argent public ! Mais, au fait, qui en est responsable ? est-ce moi, qui n'y connais rien et n'ai pas choisi ce qui est marqué sur l'ordonnance ? non pas, c'est le médecin, qui n'avait pas à prescrire des médicaments inutiles, et c'est lui qu'il faut "responsabiliser" ! C'est (en partie) ce qui se fait depuis des années, au travers de négociations avec les syndicats de médecins et au travers de l'ONDAM, l'objectif national de dépenses de l'assurance maladie. Ces nouvelles franchises ne vont donc rien changer à ma consommation, et il vaut mieux que mon médecin me dise pourquoi je n'ai pas besoin de médicaments pour mon rhume.

2. Ces médicaments étaient nécessaires. Il n'y a pas gaspillage d'argent public, il y a simplement maladie. Maladie que je n'ai pas choisie davantage (je ne fume pas - ni l'un ni l'autre -, ne bois pas, ne lis pas Paris Match, et pourtant...). Et je ne vois pas en quoi me faire payer 50 centimes (ou plus, d'ailleurs), outre les cotisations que je paye déjà à la Sécurité Sociale, m'empêchera d'être malade à nouveau la prochaine fois (si saint Nicolas fait en sorte que ça marche, grâces lui soient rendues). Où est la responsabilisation ?
 
Non, franchement, je ne comprends pas...
 
NB 1 : le raisonnement vaut également pour les actes paramédicaux, qui sont remboursés également uniquement sur prescription médicale.
NB  2 :  incidemment, subrepticement, on s'écarte de la logique à la base du système de sécurité sociale à la française. ce sera l'objet d'un autre article

Emmeline Travers
Emmeline est membre de la section PS ENS, une des sections universitaires socialistes
par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Questions de société
Samedi 21 juillet 2007
Sarkozy, le grand réformateur… Voilà ce qu’on ne cesse d’entendre dans les médias. Sarkozy serait le président de la rupture qui initie des changements bénéfiques pour la société. L’annonce de la suppression de la grâce collective du 14 juillet pour les prisonniers fait partie de ces soit disant ruptures. Derrière cette décision, que se cache-t-il vraiment ?
 
Il ne faut pas nier que l’existence de la grâce collective posait certains problèmes, notamment d’ordre moral. Les prisonniers pouvaient compter sur cette mesure pour ne pas effectuer leur peine entièrement. De plus, les avantages concernant le désengorgement des prisons n’étaient que temporaires.
 
Cependant, cette annonce de Sarkozy ne constitue en réalité absolument pas une rupture. Elle s’inscrit au contraire dans un mouvement qui a consisté à réduire de plus en plus le nombre de délits concernés par la grâce. D’ailleurs, le risque d’émeutes dans les prisons était très faible et la mesure n’a pas semblé émouvoir outre mesure les premiers intéressés.
 
Le principal problème concernant la suppression de la grâce collective est l’idée que cela apporte une quelconque solution au problème des prisons françaises. Il est tout d’abord certain que cette mesure ne va pas régler la question de l’engorgement des prisons, mais plutôt l’aggraver. Une hausse sensible des effectifs dans les prisons a été remarquée. Le taux de détention était au 1er avril 2007 de 100 personnes pour 100 000 habitants, alors qu’il était de 86,5 en 2002. Et cette tendance ne risque pas de s’inverser dans les années à venir si les juges appliquent la nouvelle loi sur la récidive…Or du fait de cette croissance des effectifs, les conditions de détentions se sont fortement dégradées. Des études ont montrés qu’il y avait environ 11500 prisonniers de plus que de places disponibles. L’Observatoire International des Prisons et le Conseil de l’Europe ont rappelé à l’ordre la France plus d’une fois à ce sujet. Le traitement des détenus est jugé dégradant, voire inhumain.
 
Outre ces questions concernant les conditions de vie des prisonniers, il ne faut pas non plus oublier l’absence quasi-totale de dispositifs de réinsertion ces détenus. Ils ressortiront un jour mais rien n’est mis en place pour les aider à se réadapter à la vie civile, ce qui constitue un danger aussi bien pour eux-mêmes que pour la société...
 
 
N’oublions pas les questions d’importance soulevées par les conditions carcérales et ne nous laissons pas berner pas les soit disant rupture de Sarkozy. La suppression de la grâce collective semble donc surtout être un bel effet d’annonce… en pleine période de grâce présdentielle….

Camille Spire
par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Questions de société
Samedi 30 juin 2007
Aujourd'hui a lieu la Gay Pride, ou  Marche des Fiertés parisienne, la dernière d'un mois de marches à travers la France.

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Malgré les avancées importantes au profit de l'égalité des droits et des considérations pour les "LGBT", beaucoup reste à faire, d'où le mot d'ordre de la marche d'aujourd'hui : "égalité : ne transigeons pas!"

Ce combat est sociétal, mais aussi politique. Aussi, c'est l'occasion de découvrir  l'association HES, Homosexualités et Socialisme.

logo-HES.gif
"Créée en 1983, Homosexualités et Socialisme (HES) est une association de réflexions et de propositions sur les questions lesbiennes, gaies, bi et trans (LGBT). HES est une association nationale dont l’objet est de promouvoir les questions LGBT au sein du Parti socialiste. Elle rassemble des militant-e-s et sympathisant-e-s de toute la gauche républicaine et démocrate, proches ou membres du Parti Socialiste, intéressés par les questions LGBT. Elle lutte et milite afin que ses revendications soient portées par tou-te-s les militant-e-s socialistes, en leur proposant des conseils et formations. Ses représentants interviennent régulièrement à la demande d’autres associations, de sections, de fédérations, de commissions de travail en animant des temps de formations et d’informations. [...] HES aborde tous les sujets qui concernent directement ou non les personnes LGBT : éducation, familles, la question des prisons, droit d’asile et au séjour, santé, spécificités lesbiennes, lutte contre les discriminations, PACS, questions trans, droits européens et harmonisation positive..."

Plus de détails sur le site de l'association
par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Questions de société
Lundi 18 juin 2007

EDIT le 22/06: Une pétition circule sur internet pour demander le retour à l'antenne de l'émission. Déjà plus de 30000 signatures! http://arret-sur-images.heraut.eu/index.php

 

 

schneidermann.jpgLibération, Le Monde, et Le Figaro évoquent aujourd'hui la fin de l'émission "Arrêt sur Image" sur France 5, et le licenciement de son présentateur, Daniel Schneidermann

Le principe de l'émission repose sur le décryptage des images de télévision et des médias en général. C'était l'une des émissions les plus critiques de la télévision. Mais voilà, les animateurs ont eu le culot de consacrer des émissions à Nicolas Sarkozy durant la campagne. 

Voilà ce qu'écrit Schneidermann sur son blog:

"L’important n’est pas que Carolis et ses hommes décident, sans l’ombre d’une explication, de tuer Arrêt sur images.
L’important, c’est qu’ils ne sont pas effleurés par l’idée que cette émission remplissait une mission indispensable de service public.
L’important, c’est qu’ils renoncent impunément, sans un soupir, à cette mission : critiquer à la télévision, avec les armes de la télévision, le pouvoir des images."

Il est bon également de préciser que l'émission faisait des reproches tout autant à Ségolène Royal que Nicolas Sarkozy. C'était une émission critique. Une émission qui prouvait qu'il n'y avait pas de contrôle des médias.

Voici par exemple un extrait d'une émission sur Sarkozy:



Une autre sur Ségolène Royal


Vu nulle part ailleurs: Chirac remet la légion d'honneur à Poutine:




Nous tenons à apporter notre soutien à Daniel Schneidermann, à l'équipe de l'émission Arrêt sur Image, et nous demandons à France 5 de prouver qu'il n'y a pas de contrôle des médias, et de revenir sur sa décision.
par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Questions de société

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Le livret d'accueil du PS Sciences Po

Notre profession de foi pour la procédure 2007-2008 de reconnaissance des associations à Sciences Po

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-Téléchargez notre contribution au Pacte présidentiel sur les prisons : "Politique carcérale, un devoir de changement pour les socialistes" (février 2007)

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-Téléchargez notre contribution au Projet socialiste sur la décentralisation : "Pour une nouvelle ambition socialiste au service de la décentralisation" (juin 2006)


-Téléchargez le compte rendu de notre débat-formation sur la fiscalité et la protection sociale (janvier 2007)
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- Retrouvez l'atelier du changement sur l'ancrage social du Parti Socialiste (Juin 2008) 

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