Aujourd'hui, huit candidats à l'élection présidentielle ont été invités à Sciences Po pour parler aux lectrices et lecteurs de "elle", et aux étudiants de Sciences-Po. La candidate du parti socialiste Ségolène Royal était présente et a fait une prestation remarquable, en fondant son discours sur ses propositions, alors que le candidat de l'UMP ne cessait de proférer des attaques personnelles.
Toutefois, ce qui a fait l'actualité est la venue de Jean-Marie Le Pen à Sciences-Po. Les étudiants de l'IEP ont été nombreux à se mobiliser pour manifester contre les idées du FN. Le PS de Sciences Po, qui était présent, s'en félicite.
Il faut bien comprendre que ces manifestations n'avaient pas pour but d'empêcher à Le Pen de tenir sa conférence. Nous vivons en France dans une démocratie, et chacun a le droit d'exprimer ses idées, aussi horribles soient-elles.
En revanche, la démocratie, c'est également accepter que les gens ne partagent pas vos idées, vos déclarations et vos valeurs. Les manifestants n'ont pas contesté le fait que Le Pen a le droit de s'exprimer. Ils ont manifesté contre les idées que développe le Pen et qu'ils jugent haineuses.
C'est ça aussi la démocratie: Le droit de dire que l'on n'est pas d'accord avec les idées qu'expriment certaines personnes. En espérant qu'il n'y aura pas de manipulation dans le traitement de l'information et que c'est bien cette idée qui sera véhiculée ce soir à la télévision.
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EDIT: Un journaliste blessé par le FN, hier à Sciences Po?
"Tout s'était bien passé. Trop bien. Dans la grande tradition de l'extrême droite, il y a la provocation et il ya aussi l'agression. Le service d'ordre du candidat du Front National n'avait pas pu démontrer ses talents physiques lorsque Jean-Marie Le Pen a quitté Sciences Po. C'est sur le trottoir, dans la rue, qu'un caméraman a payé : 3 secondes d'une violence réfléchie, expérimentée, efficace. Il est resté sur le carreau, les pompiers l'ont emmené.
Leçon de démocratie."
Richard Descoings, directeur de Sciences Po sur son BLOG
Les socialistes de Sciences Po et l'association Nous Français Issus de l'Immigration, initiatrice de la rencontre, ont organisé hier soir une rencontre en salle Eichtal avec des responsables d’associations travaillant en banlieue, parmi lesquelles « AC le feu », créée à Clichy-sous-Bois à l’issue des évènements de novembre 2005. Ce nouveau rendez-vous, après celui au cours duquel nous avions invité Mohamed Bouqriti (city reporter à Orléans) avait pour but de mettre à l’honneur des citoyens actifs qui agissent au service de la Cité en dehors des microcosmes habituels. L’occasion d’une discussion sincère et enrichissante sur la démarche de ces associations et les difficultés auxquelles est confronté aujourd’hui le monde associatif.
- Hajid Kabdani représentait l’association « A chacun ses vacances », qui prend en charge des enfants et adultes handicapés mentaux. Employant 23 salariés, elle existe depuis 3 ans. Elle propose des services périscolaires pour les personnes handicapées.
- Palmyre Vincent a présenté « Entraide Scolaire Amicale » qui compte 1750 bénévoles proposant des activités périscolaires gratuites depuis plus de 20 ans, à domicile, en région parisienne et en province, auprès d’enfants défavorisés. Le fait d’intervenir en dehors de l’école permet ainsi d’apporter en plus du soutien scolaire, une ouverture culturelle.
- Ibn Sacah Lyazid était présent pour l’association AMDR (Association des Marocains des Deux Rives), créée en 1992 et qui vise au rapprochement et à la lutte contre les préjugés sur les populations issues de l’immigration.
- Eros N’Simba représentait l’Association audonienne pour l’éducation à la citoyenneté qui se mobilise à Saint-Ouen avec pour leitmotiv que l’intégration nous concerne tous en tant que processus social au sens large, y compris les « Français de souche ». Elle lutte contre le racisme et promeut la laïcité. Elle a développé différents projets avec des villes d’Afrique du Nord ainsi qu’en Allemagne et en Italie. Eros N’Simba insiste sur l’idée que, en matière de lutte contre les inégalités sociales, tout ne viendra pas de la politique mais que les citoyens eux-mêmes doivent en être acteurs.
- « AC le feu » était également présente. Cette association a été créée suite aux évènements de novembre 2005 afin de « jauger ce qui se passe en France » à travers un premier tour de France et la rédaction d’un cahier de doléances à partir des 20 000 doléances recueillies dans les banlieues. Une marche silencieuse a été organisée le 25 octobre pour sensibiliser le politique. Une action pour l’inscription sur les listes électorales a été organisée le 6 décembre. Le cahier de doléances a débouché sur un Contrat social et citoyen qui s’adresse aux présidentiables. Il a été notamment signé par Ségolène Royal. Mais « AC le feu » veillera à ce que les engagements pris soient respectés. Un nouveau tour de France sera organisé et se terminera le 12 décembre. Enfin, une « marche des oubliés » sera organisée aussi le 14 avril. AC le feu insiste sur la nécessité de comparer les programmes dans cette élection sur des thèmes concrets. Le débat politique est aujourd’hui très pauvre et nous devons, alors que le monde nous regarde, redonner à la politique ses lettres de noblesse. Ses deux représentants insistent au passage sur l’idée que si des réponses satisfaisantes aux problèmes soulevés étaient apportées, leur association aurait vocation à disparaître.
Les associations présentes ont eu ensuite l’occasion d’évoquer leurs difficultés.
Palmyre Vincent a d’abord évoqué des problèmes de reconnaissance par les pouvoirs publics, renforcés par le fait que son association agit hors des circuits habituels de l’école. Pour elle, les politiques doivent reconnaître que l’on peut faire autrement, sans attendre tout de l’Etat.
Certaines associations comme « Entraide Scolaire Amicale » ne perçoivent pas de subventions mais des financements extérieurs (par la CAF et la DDASS). Le système de financement reste très complexe et demande du temps aux associations qui cherchent à collecter des fonds.
Quelques changements récents pourraient avoir des effets négatifs en matière de subventions. Ainsi les mairies jouent-elles un rôle important désormais dans le cadre des CUCS (Contrats Urbains de Cohésion Sociale). L’attribution de subventions peut donc dépendre des relations entretenues avec les municipalités.
Toutes les associations présentes soulignent un problème de double non pérennité qui les place dans l’incertitude. D’une part, les subventions ne sont pas forcément renouvelées et, d’autre part, la succession de dispositifs de contrats aidés qui apportent aux associations des moyens humains mais dont le périmètre peut varier, peut aboutir à ce que des associations soient brutalement privés de moyens humains.
Pour cette raison « A chacun ses vacances » a limité le nombre de ses adhérents, face à ces problèmes de pérennité.
Un ancien directeur d’école, pendant 25 ans dans une ZEP à Paris, prend la parole. Pour lui, ce n’est pas l’école qui va transformer la vie et la ville mais c’est le mieux vivre ensemble qui est essentiel. C’est la raison pour laquelle il a créé une association (« Rungis-Brillat-Peupliers »). Il dénonce la ghettoïsation opérée par la bourgeoisie au XXème siècle et affirme que c’est au titre du refus des cloisonnements qu’il s’est battu jusqu’en 1988 contre la création d’une ZEP dans son quartier. Il estime que « c’est aux frontières qu’il faut se battre ». Il plaide pour une vision sans zones et sans frontières, pour qu’on abatte les cloisons au profit de quartiers métissés. Il a vu dans l’émergence des contrats de ville en 1995 une volonté positive de « travailler à la frontière », en franchissant les barrières. Le « mieux vivre ensemble » doit ainsi primer sur cette logique de cloisons et de frontières.
En écho, « AC le feu » rappelle la nécessité de garantir la mixité sociale et ce dans les deux sens. Parfois l’administration contribue avec les bailleurs sociaux, dans l’attribution des logements sociaux, à l’absence de mixité.
Pour « AC le feu », le principal problème aujourd’hui en politique est un problème de communication. Les politiques, quelle que soit leur couleur, doivent rendre des comptes et présenter des bilans de leurs actions. La concertation fait cruellement défaut aujourd’hui. Mais, elle ne doit pas procéder que d’un affichage au moment des élections mais doit être permanente. Personne n’est dupe. Il faut donc discuter et introduire une vraie communication aujourd’hui.
Pour « AC le feu », nous devons tous être unis pour porter un message sur l’égalité des droits. Il faut aujourd’hui plus de volonté politique et de représentativité (générationnelle notamment).
Eros N’Simba pointe quant à lui du doigt la banalisation actuelle du racisme et rappelle la nécessité de lutter contre les discriminations géographiques et raciales qui sont bien réelles (ce que rappelle aussi « AC le feu »). A cet égard, pour lui, la création de la HALDE ne servira à rien si elle ne s’accompagne pas d’un « changement dans les têtes ».
Par ailleurs, selon Eros N’Simba, les questions internationales jouent un rôle crucial dans les quartiers. Tout le monde parle du conflit israëlo-palestinien. Il faut un partage et une politique juste à travers le monde. Alors que la situation internationale est inquiétante, le discours politique gagnerait à être moins ambigu et plus clair sur ces questions ainsi que sur les relations avec les pays africains.
Plus largement, il ressort de cet échange que ce qui demeure central aujourd’hui, c’est la question sociale et qu’il faut résister à toute tentation de l’ethniciser et de favoriser le communautarisme (l’appel à des religieux extrémistes en cas de tensions n’est pas une bonne solution). La question des banlieues est donc sociale avant tout, elle n’est pas ethnique.
[Nous remercions chaleureusement les associations d’avoir accepté de venir nous rencontrer à Sciences Po. Nous rappelons qu’elles ne sont en aucun cas venues à Sciences Po dans l’esprit de soutenir un quelconque parti politique mais pour sensibiliser le public à leur action. Cet évènement ne saurait donc être lié à la campagne que nous conduisons pour la présidentielle.
Nos remerciements vont bien sûr à Rabah Labied dont la détermination nous a permis d’entrer en contact avec ces associations et sans qui cet évènement n’aurait pu avoir lieu.]
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Le PS Sciences Po a toujours été ouvert au débat et a toujours laissé les différentes opinions s'exprimer. Mais les "délinquants" du web, malgré les avertissements à répétition, n'ont pas cessé de pourrir le blog.
Nous voulons assurer à tout le monde (en particulier aux personnes n'étant pas d'accord avec nos idées) que nous ne censurerons pas leurs messages (nous ne l'avons jamais fait) s'ils ne sont pas racistes ou violents. Nous sommes attachés aux débats démocratiques, mais ceux-ci ne pouvaient plus s'effectuer normalement. Nous espérons que la situation s'améliorera avec ce nouvel ordre du blog juste.
Désolé d'avance pour ce dérangement
Etienne Longueville.
edit : compte tenu de la façon dont est conçu le système de validation des messages, il arrive que nous passions à coté de certains d'entre eux. Nous vous prions de nous en excuser.
N'hésitez pas à poster à nouveau si votre message n'est pas apparu dans les 24h.
Dimanche, on célébrera les 50 ans du traité de Rome, signé le 25 Mars 1957 par la Belgique, le Luxembourg, les Pays-Bas, l'Allemagne de l'Ouest, l'Italie et la France.
Alors que l'Europe est aujourd'hui au point mort, cet anniversaire doit marquer le début du renouveau de l'Europe.
Dimanche 25 Mars, nous vous préparons une journée spéciale sur le blog pour fêter l'Europe! Nous vous attendons très nombreux dimanche!
Plus de cinquante étudiants (venus pour la première fois à une réunion du PS Sciences Po pour la plupart) étaient rassemblés à cette occasion dans une salle comble. Cinquante étudiants déterminés, mobilisés, qui ont fait le choix de s’investir dans la campagne de Ségolène Royal et auxquels il faut ajouter une trentaine de militants qui Fort de cet engagement qui dépasse nos espérances, les socialistes seront très présents à Sciences Po et à l’extérieur par les tractages et collages organisés. La campagne s’intensifiera aussi sur notre blog autour des propositions de notre candidate.
C’est déterminés et résolus à conduire la gauche à la victoire derrière Ségolène Royal que nous nous lançons dans l’aventure de la campagne présidentielle. C’est animés par de grandes espérances que nous gagnerons !
Et maintenant, accomplissons notre devoir de victoire. En avant !
A un mois du premier tour de la présidentielle, les socialistes de Sciences Po sont officiellement entrés en campagne hier après-midi lors d’une réunion exceptionnelle de mobilisation.
n’ont pu assister à la réunion.




