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Jeudi 20 mars 2008

Lors de la dernière campagne municipale à Paris, plusieurs militants de la section Sciences Po se sont fortement investis pour soutenir Laurence Girard, tête de liste "Paris, un temps d'avance" dans le 7ème arrondissement. La droite a malheureusement atteint son seul objectif : remporter cinq sièges de conseillers de Paris sur cinq. Cela ne nous pas empêché (et le résultat s'en ressent malgré tout !) d'avoir mené un campagne de terrain extrêmement dynamique, faite de propositions plus que de critiques, reposant en outre sur une véritable vision de l'arrondissement.

Faire campagne dans le 7ème arrondissement de Paris (une pensée à nos camarades du 16ème ou de Neuilly...) est toutefois loin d'être évident pour tout socialiste. Récit de deux militants récemment engagés dans la section et déjà pleinement impliqués.

 

Vous méprisez les grasses matinées ? Vous ne voulez décidément pas commencer ce fichu exposé à rendre le lendemain ? Vous espérez à rencontrer des gens ? Ou alors, plus philosophiquement, vous pensez que le monde (et la mairie de Paris) appartient à ceux qui se lèvent tôt ? Alors rendez-vous rue Cler dans le 7ème arrondissement. Une matinée militante pleine de joie et de rencontres autant inattendues qu’inoubliables vous attend.

 

11h dans LA rue marchande de cet arrondissement. Foulards roses (ou rouges ? la question reste ouverte) savamment noués autour du cou, badge ‘Laurence Girard’ king size étincelant à la boutonnière, et les bras chargés d’une pile de magnifiques tracts que l’UMP même nous envie, nous montons au front dans cette terre de mission (75% de votes Sarkozy le 6 Mai). Il s’agit de tenter de convaincre le plus d’électeurs qu’il est temps que le 7ème s’inscrive lui aussi dans l’ambition parisienne portée par Bertrand Delanoë depuis 2001. Les troupes socialistes sont nombre, mais la concurrence est rude, la rue Cler étant le champ de bataille principal de la campagne ; on y retrouve ainsi tout le spectre politique, du PCF (allié par ailleurs de la liste de Mme Girard) au FN.

 

Militer à gauche dans le 7ème c’est tout d’abord laisser son amour-propre au vestiaire. Démonstration par l’étonnant panel de stratégies d’esquive que les habitants bien-aimés déploient pour éviter d’avoir les bras submergés (pour certains, ‘souillés’) de tracts socialistes. Du plus répandu ‘je-ne-croise-surtout-pas-ton-regard (on n’est jamais trop prudent) et-je-t’ignore-quand-tu-me-dis-bonjour’ à la moins généralisée sonnerie de portable qui sonne à pic, les occasions de se décourager ne manquent pas. Que répondre à un lapidaire « mon vote est acquis » ? Que dire à un habitant qui décline votre offre en clamant, un programme UMP à la main (oui oui ils ont un programme), « non merci je l’ai déjà » ? Mais nous ne sommes pas au bout de nos peines et certains refus sont bien plus explicites et catégoriques.

 

Militer dans le 7ème en effet, c’est aussi parfois savoir faire face à une hostilité non entièrement imputable à l’heure matinale (il est 11h tout de même). Certains manques de tolérance tels  que « ah non, pas un homosexuel ! » ou « Delanoë c’est la mort ! » nous laissent perplexes. Il est évident en outre que chez une partie de l’électorat, la gauche ne jouit pas d’une réputation conforme à ce qu’elle est réellement et objectivement. Ainsi des cris « anarchistes ! » ou « fainéants ! » que le militant endurci doit savoir affronter (par la débat, non par un « casse toi, pauv’con »). D’autres tentent également de nous piéger : « Et le PCF, il existe encore, il fait une liste ? –Oui, il fait partie de la liste ‘Paris un temps d’avance’ –Ah bah, je sais pour qui il ne faut surtout pas voter alors. ».

 

Mais au-delà des répliques partisanes, militer dans le 7ème s’est également s’étonner de saillies aussi incongrues qu’apolitiques. Preuve de la diversité de cet arrondissement, nous rencontrons souvent des étrangers qui s’enquièrent de notre activité : « What are you doing ? – Elections – Ahhh okay, good luck ! » et à qui, par solidarité transnationale, nous laissons tout de même un joli tract rose. Nous avons dit ‘rose’ ? Cette couleur n’est pas sans entretenir une certaine ambiguïté dans l’esprit de certains, comme cet habitant qui nous aborde ainsi : « Il est rose votre foulard ? Vous savez ce que ça peut signifier ? ». Un autre, que l’on peut à souhait envisager soit comme quelqu’un d’extrêmement prévenant soit comme un ‘suppôt’ de l’UMP désireux de mettre fin à notre noble entreprise, nous interpelle de la sorte : « Vous n’avez rien de mieux à faire un dimanche matin ? Allez donc voir les filles ! ».L’évènement le plus surprenant fut la rencontre avec un représentant d’une tendance politique que l’on croyait disparue et fossilisée depuis longtemps : «Vous êtes qui vous ? -le Parti socialiste - Ahhh vous êtes socialistes, nous on est royaliste, ce n’est pas vraiment la même chose ». Stupeur ! le fantôme de Louis XIV hante-il encore les rues chargées d’histoire de l’arrondissement ?1

 

Enfin, militer dans le 7ème peut malgré tout apporter des satisfactions indéniables. En dépit de la difficulté de la tâche, les encouragements ne manquent pas ; des phrases telles que « C’est bien les gars, vous au moins vous ne votez pas pour les milliardaires » ou « Ah enfin une liste de gagnants ! » redonnent confiance au militant transi de froid (pourquoi les élections ne seraient-elles pas en juin ?). De même, il n’est pas rare que des passants, sympathisants socialistes pour la plupart, s’arrêtent discuter un moment. Mais ce qui nous conforte dans l’idée que nos efforts n’ont pas été vains, c’est le fait que, de toute évidence, les idées et la personnalité de notre candidate ont progressé de rue en rue et de marché en marché. Il n'était donc pas absurde de penser que tous les espoirs, et notamment une présence socialiste au 2nd tour, était permise le 16 mars.

 

Thomas Baïetto et Michele Ferrari

 

 

: dans un souci d’équité républicaine, nous rappelons, qu’au delà de nos sarcasmes, le parti Alliance Royale présentait effectivement une liste dans le 7ème arrondissement (l'un des trois endroits de France d'ailleurs...).

par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Point de vue militant
Mercredi 19 mars 2008

On nous annonçait une nouvelle vague d'ouverture, la casse une fois de plus du PS, l'arrivée de brillants esprits (il en existe à droite). On se retrouve avec un gouvernement où la fidélité quasi hystérique au sarkozysme est le principal déterminant, en balayant au passage trois engagements de campagne, même si les Français commencent à y être habitués.

- La promotion au mérite :

* Nadine Morano, largement battue à Toul dimanche face à la candidate socialiste Nicole Feidt (réélue) et à un candidat dissident de droite (arrivée devant Mme Morano) ;

* Christian Blanc, qui après avoir fait de grands discours sur le non-cumul des mandats, a perdu sèchement la ville du Chesnay également contre un candidat dissident de droite.

 

- Le gouvernement non pléthorique : 

C’était un autre bel engagement de campagne : 15 Ministres. On se retrouve avec 38 membres du gouvernement, soit presque le record détenu par le gouvernement Juppé en 1995.


- Un redécoupage clair des compétences ministérielles :

L’innovation par rapport à 1995 sont les inventions et retouches de titres ministériels totalement invraisemblables comme le Ministère de Brice Hortefeux qui devient celui du Développement solidaire (codéveloppement était sans doute trop simple) ou pire encore la création d’un secrétaire d’Etat au développement de la « région capitale » (sic !). Pourquoi pas demain un secrétariat d’Etat au Grand Marseille, un autre au Grand Lyon, au Grand Lille ou au Grand Nantes ? Ne parlons même pas des administrations dont les périmètres de compétences  se chevauchent totalement, comme le secrétariat d’Etat à l’Aménagement du territoire (qui disposera de quelle administration d’ailleurs ?) et celui des collectivités territoriales, dont le seul but, compte tenu du profil de son titulaire (Alain Marleix, spécialiste des élections à l’UMP) consistera en fait à charcuter la carte électorale…

Et surtout on a oublié de tirer une leçon de ce nouveau gouvernement : il s’agit d’une prime à la distinction, à l'élégance même (aux convictions peut-être ?)…

par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Opposition
Dimanche 16 mars 2008
undefinedAprès une première analyse des idées issues de rénovation de la gauche italienne dont le PS pourrait se saisir, Diego Melchior nous propose ci-dessous une analyse détaillée du programme du Parti démocrate et de son chef, Walter Veltroni, qui sont engagés dans une bataille électorale particulièrement âpre face à la droite conservatrice et sarkolâtre de Silvio Berlusconi.

Alors que le débat sur l'alliance possible ou non avec le centre agite et agitera encore le PS, cet article propose un éclairage transalpin sur cette question.

Alors que la gauche radicale de la Sinistra-Arcobaleno était, au début du mois, sur le point de présenter Olivio Diliberto, parlementaire professionnel, plutôt que l’ouvrier de la Thyssen, Ciro Argentino, et que le Parti de la Liberté de Berlusconi plaçait en tête de liste le fasciste Giuseppe Ciarrapico, Walter Veltroni déposait, dimanche dernier, des listes du Parti démocrate, entièrement renouvelées où place avait été faite aux jeunes, aux femmes, aux minorités, à des figures de la société civile, aux salariés, bien sûr, mais aussi aux chefs d’entreprises.

Le clivage entre les deux autres principales forces en présence est d’abord là : dans la conception des listes. Le Parti démocrate a tout fait pour proposer des listes aussi bien à la Chambre des députés qu’au Sénat incarnant le renouveau et la volonté réformiste du centre-gauche. Bien sûr, les uns et les autres ont reproché au Parti démocrate d’être le parti de la contradiction. Le parti de la contradiction, vraiment ? Non, le parti du consensus.

Le consensus est probablement une conception étrangère aussi bien à la gauche radicale qui ne conçoitParti-d-mocrate-italien.JPG la politique qu’en termes de lutte entre un supposé bas et un supposé haut qu’à la droite qui, avec sa rhétorique haineuse, méprisante et paranoïaque, ne conduit qu’à dresser les Italiens les uns contres les autres. Oui, le Pd a su mettre d’accord les Radicaux et les Teodems. Oui, le Pd présente aussi bien l’ouvrier Antonio Boccuzzi, rescapé de l’accident à la Thyssen en décembre dernier que le chef d’entreprise et ancien président de la Fédération patronale de la métallurgie, Massimo Calearo. L’Italie a besoin d’un parti qui représente tous les Italiens, c’est pourquoi, des hommes et des femmes d’horizons différents ont été choisis.

Lundi paraissait le programme définitif du Parti démocrate proposant douze chantiers prioritaires que lancera le Pd s’il gagne la majorité. L’Italie a quatre grands problèmes selon Walter Veltroni : l’inefficacité économique, une inégalité chronique entre les personnes, des limites encore trop fortes au niveau des libertés individuelles et une démocratie de mauvaise qualité.

Walter Veltroni à la tête du Pd s’engage s’il est élu à revoir d’abord entièrement la gestion de l’Etat : dépenser mieux et moins pour réduire le déficit public. À cela devrait s’ajouter une réforme fiscale : réduction de l’impôt sur le revenu pour les salariés, notamment en priorité aux femmes du Mezzogiorno. Les familles se verraient également octroyer une prime de 2 500 euros par enfant. De même, une réduction fiscale sera en mise en place pour les locataires d’appartement afin de faciliter l’accès au logement. Le Pd propose aussi, sans avancer de chiffre néanmoins, de multiplier les logements sociaux.

Au niveau de la sécurité et de la justice, le Pd prévoit de recruter plus de fonctionnaires de police et de veiller à ce que les peines soient réellement exécutées tout en garantissant aux citoyens le droit à une justice impartiale et juste. Les magistrats devront se spécialiser et accepter une gestion plus efficace, voire managériale de la justice.

Walter-Veltroni.JPG Même si ce domaine reste flou, notons aussi quelques avancées finalement à propos des droits de la personne qui ont beaucoup fait débat au sein du parti. Le Pd veillera à éviter que se produise un « acharnement thérapeutique » sur les malades, notamment en autorisant le testament biologique. Un premier pas peut-être vers la légalisation de l’euthanasie ? De même en ce qui concerne l’homosexualité, bien que le mot n’apparaisse pas dans le programme, le Pd s’engage à reconnaître un droit aux personnes vivants ensembles librement.

Un ambitieux projet écologique : rompre avec le tout pétrole. Pour le Pd, qui n’oublie pas le combat écologique, l’Italie doit être le pays du soleil. Le Pd s’engage à faire en sorte qu’au moins 20% de l’énergie soit produite grâce aux éoliennes et aux panneaux solaires. Le Pd propose aussi un plan qui permettra en dix ans de transformer les anciennes sources principales de chauffage des lieux publics et privés en sources se fondant sur les énergies renouvelables. Le Pd entend enfin rompre avec l’écologisme du refus en développant des infrastructures écologiquement soutenables, ainsi le Pd ne s’opposera pas à la création de la ligne TGV Lyon-Turin-Trieste.

Au plan strictement social, comme cela avait été déjà annoncé par le gouvernement Prodi à la suite des accidents meurtriers dans les usines Thyssen-Krupp du Nord du pays, le Pd propose trois mesures pour plus de sécurité au travail : la création d’une Agence spéciale dédiée à la sécurité ; primes aux entreprises qui investissent sur la sécurité ; indemnités rehaussées en cas d’accidents du travail. Ensuite, c’est la lutte contre le « piège de la précarité » qui apparaît comme essentiel dans le programme du Pd : toutes les périodes d’essai des contrats de travail seront allongées et l’Etat veillera à inciter les entreprises à embaucher par contrats à durée indéterminée. En outre, sera créé un fond de crédits réservé aux jeunes qui souhaitent créer leur entreprise et des aides de l’Etat seront versées aux PME. Les libéralisations de certains secteurs publics seront enfin envisageables ; de
Berlusconi-Sarkozy.JPGplus la gestion de la TV sera complètement revue pour éviter tout monopole de l’information.

Autre sujet important : l’immigration. Le Pd entend changer clairement la dernière loi sur l’immigration faite par la droite (la Bossi-Fini). Il faut s’engager à multiplier les entrées régulières et lutter contre l’immigration clandestine. Le Pd propose également le droit de vote pour tous les extracommunautaires aux élections municipales.

Enfin, le Pd entend mener une réforme institutionnelle de grande ampleur pour éviter à l’avenir toute crise de gouvernement identique à celle de janvier 2008 : une chambre de 470 députés élus selon des collèges uninominaux à deux tours, les députés seront désignés par des primaires internes aux partis avec une obligation de parité homme/femme ; le Sénat ne comptera plus que 100 membres représentants les régions. Le gouvernement se composera de 12 ministres et  de 60 membres au maximum et n’aura besoin que de la confiance  de la Chambre basse. L’opposition se verra doter d’un statut.  Les jeunes de 16 ans auront le droit de vote aux élections municipales. Et, enfin, préoccupation majeure des Italiens (qu’avait cristallisé Beppe Grillo à l’automne dernier) : les citoyens condamnés pour de graves délits ne pourront pas se présenter aux élections quelles qu’elles soient.

 
Un programme donc qui tente d’apporter des solutions à l’ensemble des préoccupations des citoyens en se focalisant, bien sûr, sur les grands sujets : déficit public, sécurité au travail, droits et sécurité des personnes, environnement, entreprenariat et réforme institutionnelle.
Progressistes-mondiaux.JPGL’alternative réformiste qu’incarne le Pd est une chance. Les sondages donnent encore à l’heure actuelle gagnante la droite de Silvio Berlusconi, mais l’écart se réduit de jours en jours tandis que le nombre d’indécis augmentent. Berlusconi demande à l’Italie de se relever ? Walter Weltroni a répondu que l’Italie ne s’était jamais couchée, mais qu’elle était seulement lasse des mêmes tours de passe-passe politiques par les mêmes personnes depuis des années. L’Italie a besoin que s’ouvre une nouvelle saison politique comme l’a connu l’Espagne avec Zapatero ou la Grande-Bretagne avec Tony Blair. Cette volonté n’est pas une utopie, si può fare!

Diego Melchior

 

par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Vu(e) d'ailleurs
Samedi 15 mars 2008
Nous avions déjà évoqué ici le projet de loi sur la rétentien de sûreté.
Depuis lors, la décision du Conseil constitutionnel a été rendue et le texte a été promulgué. Le problème n'en reste pas moins entier.


« La loi ne doit établir de peine que strictement et évidemment nécessaire, et nul ne peut être puni qu’en vertu d’une loi établie et promulguée antérieurement au délit, et légalement appliquée »

L’article 8 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen du 26 août 1789 a le double mérite de sa simplicité et de la clarté. Il énonce sans ambiguïté le principe de la non-rétroactivité de la loi pénale. Malgré cet impératif le gouvernement a mis toute son énergie à  bafouer l’un des principes fondateurs de notre République ; un principe qui barre la route à l’arbitraire, un principe qui marque la fin des lettres de cachet.

La loi Dati prévoit la possibilité de prolonger la détention d’un condamné au-delà de la période prévue par sa peine. La rétention de sureté se veut fondée sur un impératif de sécurité publique selon lequel on ne pourrait mettre fin à la détention d’individus qui seraient jugés dangereux pour la société par un collège de médecins. Non seulement cette mesure constitue une reconnaissance implicite de l’inadéquation du système carcéral pour certains détenus, mais elle n’en tire aucune conséquences.

C-Constit.JPGDans sa décision du 22 février, le Conseil Constitutionnel a validé le projet de loi qui lui a été déféré en jugeant possible une détention sans infraction, et par définition  arbitraire au sens de l’article 66 de la Constitution, violant ainsi le principe de présomption d’innocence et de stricte nécessité des peines.. Cette interprétation particulièrement surprenante en cela qu’elle assimile une privation de liberté à une simple mesure de sureté est également assez illisible dès lors que les juges constitutionnels ont tout fait pour rendre cette loi inapplicable. En effet, le Conseil Constitutionnel a subordonné la validation du texte à trois conditions : la rétention de sureté doit avoir été prévue par la condamnation initiale de la Cour d’assise. Elle n’est envisageable qu’en dernier recours, lorsque toute autre mesure s’avérerait insuffisante. Elle suppose enfin que l’individu concerné ait bénéficié antérieurement d’une prise en charge adaptée aux troubles dont il souffre. Eu égard à l’insuffisance flagrante des moyens dont dispose le système carcéral dans ce domaine, cette dernière mesure revient à rendre la Loi inapplicable. 

Non satisfait de cette décision qui l’empêche d’appliquer immédiatement cette nouvelle loi aux détenus et de profiter rapidement des dividendes médiatiques pour lesquelles ce projet de loi avait en partie été pensé, le Président de la République « ne veut pas en rester là ». Il a demandé l’avis de la Cour de cassation en violant ainsi de façon délibérée et les articles 62 et 5 de la Constitution du 4 octobre 1958 qui prévoient respectivement que : d’une part, les décisions du Conseil Constitutionnel ne sont susceptibles d’aucun recours et qu’elles s’appliquent aux pouvoirs publics, et d’autre part, que le président de la république veille au respect de la Constitution.

Dans cette affaire, le Président de la République et le gouvernement ont doublement démontré leur incapacité à mettre en perspective leur action. D’une part, le garde des Sceaux a choisi de s’attaquer de façon isolée à un symptôme certes regrettable mais néanmoins circonscrit (moins de 3% de récidive des criminels sexuels en 2005) de l’inadéquation de notre système carcéral à certains détenus au lieu d’inscrire son action dans une réforme plus globale du système carcéral.Justice2.JPG D’autre part le Président de la République a manifesté une fois de plus son penchant coupable pour une rupture avec les institutions républicaines qui s’exprime le plus souvent à travers un dilettantisme à peine masqué. Il est en effet regrettable que le président se laisse trop souvent emporté par ses propres mots qu’il ne destine souvent qu’à séduire dans l’instant sans se soucier de leur portée, de leur sens politique et historique en les réduisant à leur simple effet médiatique. Nicolas Sarkozy est un homme comme les autres, mais tout le monde n’est pas Président de la République et il serait temps qu’il prenne toute la mesure des implications de sa fonction, au-delà de celles qui se limitent à  sa seule personne.


Benjamin Lanot

 

par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Questions de société
Mercredi 12 mars 2008

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Jeudi 13 mars à 19h00, Pierre Moscovici, député du Doubs et secrétaire national à l'international vient soutenir  Laurence Girard, tête de liste "Paris, un temps d'avance" dans le VIIème arrondissement.


Rdv école élémentaire de la Motte-Picquet
10, avenue de la Motte-Picquet
Métro Ecole militaire


Venez très nombreux pour soutenir Laurence

Girard et sa liste !

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Pierre Moscovici vous racontera sans doute pourquoi, aujourd'hui, il
ne regrette pas du tout de ne pas avoir recruté Rachida Dati !

par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Campagne 2008

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-Téléchargez notre contribution au Pacte présidentiel sur les prisons : "Politique carcérale, un devoir de changement pour les socialistes" (février 2007)

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-Téléchargez le compte rendu de notre débat-formation sur la fiscalité et la protection sociale (janvier 2007)
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