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En 2012, faisons gagner la gauche.
Les médecins n’y viennent plus tous. La Poste aurait démissionné. Les bons professeurs s’enfuient… Certains quartiers, sous prétexte d’être appauvris et délaissés, au lieu d’être au centre des aides, sont des repoussoirs pour les services publics, les politiques et les entreprises. Si c'est bien dommage, c'est surtout scandaleux.
Lorsque nous chanterons la Marseillaise le 11 novembre près des monuments aux morts pour célébrer la fin de la Première guerre mondiale, nous chanterons aussi ce qui représente la France dans le monde et ce qui annonce que nous sommes dans un pays de liberté, d’égalité et de fraternité. Qu’en est-il dans certains quartiers ? Certains, ceux urbains, se sont révoltés en 2005. D’autres, plus ruraux, se sont encore plus paupérisés depuis ces quelques années où tout le monde n’a eu cesse de dire qu’on allait tout faire pour les désenclaver tout en ne les considérant en fait jamais, dans les faits. Il suffit de voir le taux d’emploi dans certaines banlieues de la région parisienne et la détresse du monde agricole, délaissé par un gouvernement qui ne cesse de dire depuis plus de 8 ans que c’est la faute de « ceux d’avant ». On pourrait parier que dans 30 ans, ils diront que c’est de la faute de ceux d’il y a 38 ans… Et puis quoi encore ? N’ont-ils pas eu d’autres idées ? Si, peut être… Mais pour quels résultats ? Car les constats empirent très clairement.
Le document préparatoire à la convention du PS sur l’égalité réelle[1] rendu public le 2 novembre et soumis au vote des militants le 2 décembre pose les premières pistes d’une politique sociale dans des zones de plus en plus marginalisées, entre autres. Tout commence par l’école. Si on peut y repérer les talents, les former et les mettre en avant, les gens des cités auront leurs porte-paroles, leurs nouveaux leaders et finalement des modèles de réussite. Si on peut aider les plus faibles au travers d’un système éducatif performant, alors certainement que les situations d’échec diminueront et les problèmes qui vont avec, du chômage à la délinquance. Et peut être que ces quartiers redeviendront enfin attractifs et moins caricaturés !
Ce document de fond (qu'on ne dise plus que le PS n'a pas d'idées...) propose par exemple de limiter à 15 élèves les effectifs dans les classes des établissements scolaires en ZEP. Personne ne note qu'il s'agit là d'une proposition du Haut Conseil à l'Education, que ce dernier avait lui même repris d'une idée développée par les socialistes allemands dans certains Länders, et que c’est une idée qui marche (et qui n'est reprise in fine que par le PS) !
Bruno Julliard, secrétaire national en charge de l’éducation de la rue Solférino, souhaitait aussi mettre en place des bourses d’excellence et annonçait vouloir réfléchir aux différents dispositifs sociaux qui pourraient permettre aux élèves des quartiers de pouvoir s’en sortir. On pense tout de suite, sur ce blog, à l’exemple de Sciences Po Paris et aux conventions d’éducation prioritaire. On peut aussi penser à cette formidable initiative de la fondation Euris, qui, sous l'égide de la Fondation de France et de Jean-Charles Naouri, le PDG entrepreneur de Casino (ancien directeur de cabinet de Pierre Beregovoy !) attribue plusieurs dizaines de bourses, chaque année, à des bacheliers issus de zones d'éducation prioritaire ou ayant effectué une partie de leur scolarité en zone sensible à condition qu'ils aient un projet professionnel en tête. La région Ile-de-France, sous l’égide du socialiste Jean-Paul Huchon, est en train de mettre en place un système d’aide aux familles qui veulent accompagner financièrement la formation de leurs enfants pour leur aider à payer le séjour d’échange linguistique ou les cours particuliers par exemple.
Les projets politiques, associatifs, ou privés ne manquent pas pour essayer d’en venir à bout des difficultés ancestrales des banlieues, plus particulièrement ceux liés à la formation initiale. Pourquoi donc n’en voit-on aucun repris par le gouvernement ? Une chose est plus importante que celle d’aider les jeunes des cités : s’opposer dogmatiquement au PS. Les Français trancheront…
J Thiboult
[1] Site de la Convention égalité réelle
Mardi 02 novembre, a été adopté par l’Assemblée nationale un amendement au Projet de Loi de Finances pour 2011, qui rend l’admission au bénéfice de l’Aide Médicale d’Etat (AME) payante, à hauteur de 30 euros par an et par personne majeure. Cette AME permet aux étrangers en situation irrégulière de bénéficier de soins médicaux entièrement remboursés par la Sécurité sociale, ce qui est une aide très importante dans leur situation précaire. Les conséquences de cet amendement risquent donc de s’avérer dramatiques.
Cet amendement n°11[1], soutenu par le gouvernement, a été présenté par un groupe de députés UMP, menés par Dominique Tian, député des Bouches-du-Rhône, et certains de ses camarades du courant de la « Droite populaire », parmi lesquels Thierry Mariani, Lionnel Luca ou encore Elie Aboud. Alors que les députés de droite modérés, comme Guy Lefrand ou Etienne Pinte, souhaitaient attendre les conclusions d’un rapport de l’Inspection Générale de Affaires Sociales (IGAS) demandé par la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, et devant être rendu fin novembre, la frange la plus droitière des députés a réussi à s’imposer. Une source au sein de l’UMP que nous avons interrogée a exprimé sa déception : « en Commission, on pensait avoir convaincu la ministre d'attendre au moins le rapport de l'IGAS, mais les pressions des droitistes ont été plus fortes ». Cela illustre la division, de plus en plus criante, au sein de la majorité UMP, alors qu’un climat malsain s’installe dans le débat politique avec les propositions aux relents xénophobes que font des députés comme MM. Tian ou Mariani.
DISTORSION DE CHIFFRES
Un des arguments avancés par ses auteurs pour justifier l’amendement n°11 a été celui du coût de ce dispositif, qui « dérape », selon Dominique Tian. Le député UMP a produit des chiffres pour appuyer son argumentation[2] : « augmentation de plus de 13% pour la seule année 2009 », qui ferait que le coût de l’AME progresserait « quatre fois plus que l’ensemble des dépenses de santé ». C’est la ministre de la Santé elle-même qui a démontré la vacuité de cet argumentaire en répondant aux affirmations inexactes du député. Roselyne Bachelot a indiqué qu’il n’y avait « pas de dérive financière de l’AME », et que son coût « évolue de la même façon que les dépenses de santé », l’augmentation des dépenses étant due à « l’évolution du nombre de bénéficiaires, qui a progressé de 40% depuis 2002 ».
Un autre argument avancé, tout aussi fallacieux, était l’idée reçue selon laquelle l’AME « donne plus de droits à un étranger en situation irrégulière qu’à un étranger en situation régulière ou à un Français qui cotise à la Sécurité sociale », Dominique Tian ajoutant que les premiers sont « remboursés à 100% » alors que les seconds ne le sont « qu’à hauteur de 70% ». Réponse de Roselyne Bachelot : « à niveau de ressources égal, les bénéficiaires de la Couverture Maladie Universelle Complémentaire (CMU-c) sont mieux protégés », notamment pour les soins dentaires et optiques. Que M. Tian ait eu l’idée d’utiliser un tel argument en dit long sur sa distance vis-à-vis des réalités : le but de l’AME est bien d’assurer aux sans-papiers, dont la situation est évidemment précaire et entraîne de grandes difficultés à trouver une source de revenus, les soins médicaux minimaux. La protection de la santé a été, rappelons-le, un des droits explicités dans le Préambule de la Constitution de 1946.
Troisième argument : il y aurait près de 50% de fraudes lors des demandes d’admission au bénéfice de l’AME. C’est en fait 49% des personnes effectivement contrôlées qui s’avèrent coupables de fraude, et non pas 49% du nombre total de bénéficiaires de l’AME, comme l’a souligné la ministre.
SURENCHÈRE
L’amendement n°11 s’est accompagné d’un amendement n°8[3], également adopté ce mardi, affirmant la volonté de ses auteurs de renforcer les contraintes sur les personnes adultes demandant à bénéficier de l’AME, en vérifiant systématiquement la condition de « stabilité de résidence » de ces personnes depuis plus de trois mois. Or, pour un étranger en situation irrégulière, il est évidemment très difficile de produire des documents justifiant de sa résidence, lorsqu’il est parvenu à obtenir un logement décent. Cette mesure va donc aboutir à faire peser un poids supplémentaire sur les épaules de ces personnes.
Dominique Tian a proposé un autre amendement, le n°7[4], heureusement rejeté par l’Assemblée, amendement qui comportait des restrictions extrêmement importantes à l’AME : resserrement de la période d’admission au bénéfice de l’AME à trois mois au lieu d’un an auparavant ; resserrement des soins concernés par l’AME aux seuls « soins urgents vitaux au sein des établissements hospitaliers » pour les adultes ; et enfin resserrement de la procédure d’octroi de l’AME, avec l’impossibilité pour le préfet de déléguer cette compétence au directeur de la CPAM concernée, comme cela se fait actuellement.
Rémi Delatte, rapporteur de la Commission des Affaires Sociales, a souligné l’absurdité et les conséquences négatives de cet amendement. Tout d’abord, il aurait abouti à l’exclusion de l’AME des maladies infectieuses graves que sont le VIH, l’hépatite C ou encore la tuberculose, qui sont surreprésentées chez les bénéficiaires de l’AME ; une telle limitation du panier de soins aurait des conséquences dévastatrices sur la prévention de ces maladies. D’autre part, l’argument financier, dont les incohérences ont été pointées plus haut, s’avère inopérant ici : le retard dans l’accès aux soins que ces mesures entraîneraient aurait sans doute pour conséquence, in fine, des soins plus lourds et donc plus coûteux. Le rapporteur a également souligné les nombreux problèmes administratifs qu’entraînerait la réduction de la durée de validité de l’AME à trois mois, avec une multiplication des démarches.
DES CONSÉQUENCES GRAVES
Cependant, si l’amendement n°7 n’a pas été adopté, et ce notamment grâce à la demande du groupe SRC d’un scrutin public sur cet amendement, les nouvelles dispositions issues des amendements n°11 et 8 vont sans doute pousser de nombreux bénéficiaires actuels de l’AME à attendre plutôt que de se soigner, pour ne pas avoir à payer 30 euros, ce qui risque d’aboutir à des situations humaines dramatiques. En effet, le revenu mensuel maximum permettant de bénéficier de l’AME est de 634 euros par mois seulement, ce qui rend difficile à justifier la caricature des bénéficiaires de ce système en profiteurs sans scrupules. Les associations membres de l’Observatoire du Droit à la Santé des Etrangers (ODSE) ont exprimé leur profonde préoccupation, face à ces mesures qui aboutiront sans doute à des situations dans lesquelles les soins nécessaires seront toujours plus lourds et compliqués.
Les députés socialistes ne sont pas restés silencieux devant ces atteintes graves et indignes aux droits des sans-papiers. Jean Mallot, député PS de l’Allier, a ainsi dénoncé la « tentative d’une bonne partie de l’UMP de faire de l’étranger en situation irrégulière le bouc émissaire des déficits des régimes d’assurance maladie », ainsi que les « relents d’extrême droite » présents dans les exposés sommaires des amendements proposés. On ne peut qu’approuver les propos de Jean Mallot : l’exposé sommaire de l’amendement n°7, consultable sur le site de l’Assemblée nationale, contient notamment l’expression « un étranger en situation irrégulière, donc délinquant ». Son rédacteur, Dominique Tian, n’a ainsi pas hésité à utiliser des mots très lourds et connotés.
Catherine Génisson, députée PS du Pas-de-Calais, a rappelé que certains traitements duraient plus de trois mois, comme par exemple celui de la tuberculose : cela rend absurde une réduction à trois mois de la durée pour laquelle est accordée l’AME.
Enfin, Catherine Lemorton, députée PS de Haute-Garonne, a insisté sur le fait que l’AME, dont ne bénéficiaient que 215000 personnes environ en 2009, ne représente que 540 millions d’euros, c’est-à-dire moins de 0,3% des biens médicaux consommables en France, dont la valeur s’élève à 160 milliards d’euros. Elle a également souligné que, loin d’être privilégiées, les personnes bénéficiaires de l’AME se voient plus souvent refuser des soins en médecine libérale, ces refus concernant 30% d’entre elles, contre 17% des bénéficiaires de la CMU.
Tous les socialistes ne peuvent que s’indigner de cette nouvelle stigmatisation des sans-papiers de la part des députés les plus droitistes qui, par des amalgames douteux entre sans-papiers et délinquants, veulent justifier leurs propositions qui, une fois de plus, s’attaquent aux plus précaires. Ces propositions portent, en creux, le refus de l’Autre, le rejet de l’étranger, que l’on veut dépeindre comme un parasite, qui profiterait d’avantages inconsidérés et inacceptables. On retrouve ici la volonté, de la part d’une bonne partie de la majorité, de diviser les Français, en insistant sur des thèmes qui se veulent clivants, dans la continuité de la séquence « sécuritaire » honteuse de l’été dernier, et ce à des fins purement électoralistes, au mépris des situations de détresse humaine que cette chasse aux voix de l’extrême-droite va entraîner.
David Guilbaud
[1] : voir le texte de l’amendement n°11 sur le site de l’Assemblée nationale
http://www.assemblee-nationale.fr/13/amendements/2824/2824C0011.asp
[2] : voir le compte-rendu de la deuxième séance du mardi 2 novembre 2010
http://www.assemblee-nationale.fr/13/cri/2010-2011/20110037.asp#P472_89037
[3] : voir le texte de l’amendement n°8 sur le site de l’Assemblée nationale
http://www.assemblee-nationale.fr/13/amendements/2824/2824C0008.asp
[4] : voir le texte de l’amendement n°7 sur le site de l’Assemblée nationale
http://www.assemblee-nationale.fr/13/amendements/2824/2824C0007.asp
Une création originale du PS Sciences-Po
Par Kilian Vivien
Ca y est, la France des travailleurs, celle des opprimés par la politique gouvernementale, s’est (enfin) mis en branle à la faveur d’une hasardeuse réforme des retraites. Partis politiques, syndicats, associations, toute la gauche fait front commun contre la réforme proposée par un Président qui avait pourtant promis que, lui à l’Elysée, l’âge de départ à la retraite ne serait pas repoussé. Mais la crise est passée et les discours ont changé. Ainsi, depuis quelques mois, le gouvernement laisse entendre qu’une telle réforme est “inévitable”, que s’y opposer revient à mettre en péril notre système de retraites par répartition, système né après la Seconde Guerre mondiale et pierre angulaire de la solidarité nationale. Grâce à des médias parfois complices et souvent passifs, beaucoup ont adhéré à ce message gouvernemental : on vit plus longtemps, il est donc normal que l’on travaille plus longtemps.
Mais, attendez, dites-moi où il est écrit que parce que l’on vit plus longtemps, on devrait travailler plus longtemps ? Où il est écrit que les progrès scientifiques qui nous ont permis d’allonger l’espérance de vie devraient être contrastés par une régression sociale ?
Là n’est cependant pas le point. Si je soutiens tout à fait la cause des grévistes d’aujourd’hui et si je me rallie volontiers aux manifestations – sauf les jours, comme aujourd’hui, où j’ai une dissertation sur le droit hindou à pondre !, un autre point me taraude : la méthode. C’est pas nouveau : une grève, c’est (beaucoup) moins de transports en commun, des usagers qui râlent, qui attendent un quart d’heure sur leur quai en rouspétant, qui s’entassent dans un métro bondé et qui, au final, sans même comprendre la portée politique d’une telle action, la méprisent parce qu’elle atteint à leur petit confort quotidien. Ben oui : beaucoup de gens sont “contre la grève” quelque que soit la grève, parce que la grève, ça les emmerde ! Il n’y a qu’à les entendre, les Parisiens dans le métro – “Putain, ils font chier avec leur grève” ; “C’est pas possible, encore en train de protester !?”. C’est triste parce que les grévistes se battent pour une cause juste, importante, primordiale même – se battent aussi pour ceux qui râlent et qui, passagers clandestins sans même le savoir, profitent des avantages sociaux acquis grâce à la lutte de ces “emmerdeurs de grévistes”.
Ne serait-il pas temps, dès lors, d’inventer une nouvelle forme de mouvements sociaux ? La grève comme paralysie des services publics n’est-elle pas démodée à l’heure où de plus en plus de monde voue un culte à son petit confort personnel et dénigre la puissance potentielle de l’action collective ?
Or, sans le soutien de la population, un mouvement social est voué à l’échec ! C’est d’ailleurs sur cette stratégie que Nicolas Sarkozy a construit une partie de sa popularité électorale : certes, il y a quelques millions de personnes dans le pays qui font grève lorsque leurs acquis sociaux sont menacés, qui manifestent quand il faut monter au créneau pour dénoncer tel ou tel projet destructeur ou dangereux. Mais il y a aussi et surtout tout le reste du pays, la “majorité silencieuse”, qui déplore la paralysie engendrée par de tels mouvements sociaux. Et ceux-là, il faut les convaincre du bien-fondé de tels mouvements, il faut se les mettre dans la poche !
A Paris, dans le métro, par exemple, pourquoi ne pas faire des jours de grève des “journées portes ouvertes”, où les tourniquets tourneraient sans tickets et où l’accès serait libre ? Pourquoi les conducteurs ne liraient-ils pas, dans leur métro, un communiqué expliquant leur mécontentement – pourquoi n’expliqueraient-ils pas aux usagers, tout simplement, contre quoi et pourquoi ils protestent ? Beaucoup de gens n’ont malheureusement pas le temps ou pas l’intérêt de s’en informer mais pourraient être convaincus si on prenait un peu de temps pour leur expliquer !
Dans l’Education nationale, pourquoi les maîtresses et les maîtres ne prendraient-ils pas en charge leurs élèves, comme d’habitude, sauf qu’au lieu de leur faire une classe normale, ils ne feraient que des activités culturelles, artistiques, sportives, ludiques – des jeux ?
Alors, bien sûr, tous ces gens là restant au travail, ils ne participeraient pas aux manifestations – changer les mouvements sociaux, c’est peut-être aussi arrêter le culte du chiffre dans les manifestations ? L’autre solution étant de multiplier les manifestations le weekend, afin de permettre à plus de monde d’y participer. Il ne faut en effet pas oublier que beaucoup de travailleurs soutiennent les mouvements sociaux mais ne peuvent faire grève par peur de leur patron ou par nécessité financière.
Ce ne sont que des propositions, des traits de crayons de papier sur l’aquarelle du changement des mouvements sociaux – mais je pense qu’il faudrait prendre le temps, à gauche, d’analyser les forces et faiblesses des mouvements sociaux tels qu’ils sont pratiqués aujourd’hui et de penser de nouvelles actions collectives, qui rallieraient dans une ambiance festive une plus large partie de la population et éviterait l’écueil préjudiciable d’aujourd’hui où le pays se scinde entre grévistes et “victimes” des grèves. Parce qu’il n’y a pas de “victimes” des grèves ; à la gauche de faire comprendre à tous que si des travailleurs se mettent en grève, c’est pour défendre des acquis sociaux, conquérir des droits – et ce au bénéfice de l’ensemble de la population.
Jules Fournier
Les retraites des femmes sont inférieures de 38% à celles des hommes et plus de la moitié des retraitées touchent une pension inférieure à 900€.
Ce décalage prend racine dansles inégalités professionnelles qui se cumulent au long de la carrière : orientation sexuée, précarité, temps partiels subis,
différences de salaires, manque de mesures compensatoires suffisantes ou encore inégalités dans les niveaux de responsabilité…. le gouvernement croit répondre à cela par la prise en compte des
indemnités journalières du congé maternité dans le calcul de la retraite. Mesure compensatoire juste mais qui ne concerne – en moyenne - que 16 ou 32 semaines… sur plus de 2000 semaines
d’activité au total! Par cette mesurette, le gouvernement refuse de voir la réalité en face et essaye de détourner l’attention.
30% des salariées n'ont pas accès à la retraite à taux plein faute d'avoir pu cumuler le nombre de trimestres nécessaires. Le taux d'emploi des femmes de plus de 60
ans est très faible (4,3%), le chômage et la précarité sont donc la norme pour elles. Les hommes, moins touchés par les carrières en dent-de-scie, sont 5% dans ce cas. En reculant l’âge légal de
départ de 60 à 62 ans et l’âge de départ à taux plein de 65 à 67 ans, le gouvernement choisit donc d’allonger cette période de précarité et s’en prend ainsi directement au niveau des
pensions et aux conditions de vie des femmes.
La réforme proposée par le gouvernement s’inscrit dans la suite de celles de 1993 et 2003, qui ont eu comme conséquence non seulement une baisse générale du
niveau des pensions mais également un accroissement des inégalités entre les femmes et les hommes. Laisser passer cette nouvelle étape, c'est ouvrir la voix à de futures régressions.
Le Collectif : La Retraite, une Affaire de Jeunes
Le Parti Socialiste sera dans la rue le samedi 6 novembre pour défendre une réforme juste et la liberté de partir à 60 ans - soyez nombreux à défendre nos retraites. La section Jean Zay sera présente au point fixe (Cirque d'Hiver, m° Filles du Calvaire) dès 14h puis rejoindra le collectif dans le cortège.
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