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Dimanche 25 février 2007

C'était il y a douze ans. A peu près à la même époque de l'année. Le Monde titrait: "Pour l'opinion, l'élection présidentielle est jouée". L'article expliquait qu'Edouard Balladur était le seul candidat crédible et qu'il allait sans aucun doute succéder à François Mitterrand à la présidence de la République, quelques mois plus tard.

Nous voilà de retour, en 2007, il y a une dizaine de jours. Nicolas Sarkozy triomphe dans un sondage, où il est crédité de 55% d'intentions de vote au deuxième tour de l'élection présidentielle face à Ségolène Royal. Celui qui ne cache pas son attirance pour le pouvoir, déclare alors "Cette élection, je commence à pas trop mal la sentir".

 Dans la presse, les commentaires sont encore plus dithyrambiques. Tout le monde évoque l'effondrement de Ségolène Royal. Nombreux sont les journalistes qui parlent d'"erreur de casting" concernant la nomination de la candidate du PS, et qui déroulent déjà le tapis rouge au candidat de l'UMP. Histoire d'être bien vu par celui qui, selon eux, sera le prochain président?

Oui mais voilà, ce ne sont pas uniquement les journalistes qui votent le jour de l'élection présidentielle, ce ne sont pas seulement les étudiants de sciences-po, les intellectuels, et tous ces gens qui refusent que l'on puisse s'adresser au peuple sans passer par les élites.

Car les personnes qui soutenaient Balladur en 1995, celles qui hurlent et aboient dès que Ségolène Royal parle, sont exactement celles qui, au lendemain du rejet du traité établissant une constitution pour l'Europe, expliquaient que c'était une erreur d'avoir soumis un tel texte à l'approbation du peuple, qu'il s'agissait d'un traité bien trop important pour laisser des personnes incompétentes décider de leur avenir, et qu'il aurait fallu confier la tâche au Parlement. Comme ça, il l'aurait ratifié.

Cette analyse qui consiste implicitement à souhaiter un retour du suffrage censitaire en France est absolument contraire à notre démocratie. Et les Français ne sont pas des veaux. Ils l'ont bien compris. En 1995, on a voulu leur imposer un choix qui n'était pas le leur. Ils l'ont montré en ne sélectionnant paas Edouard Balladur pour le second tour de l'élection présidentielle. En 2005, on a diabolisé le "non", on ne lui a pas laissé les mêmes moyens que le "oui" pour se défendre dans la presse. On a voulu imposer ce traité aux Français. Ils ont montré qu'ils pouvaient dire "NON" quand ce qui était mis en oeuvre ne leurs convenaient pas.

Aujourd'hui, on veut leur imposer un choix qui ne ferait pas de doute, celui de Nicolas Sarkozy. Ils disent NON. N'en déplaise aux médias, aux intellectuels et aux étudiants de Sciences Po, qui majoritairement rejettent la méthode de Ségolène Royal, les Français veulent avoir un vrai choix. Et quand ils examinent et comparent les programmes, ils comprennent immédiatement l'imposture de Nicolas Sarkozy comme ils avaient compris celle d'Edouard Balladur. Reste à savoir s'il connaîtra ou pas le même destin que son mentor.

Dimanche 25 février 2007

Ségolène Royal  donne une interview, ce matin dans le Parisien. Vous pouvez retrouver intégralement l'interview ICI. Extraits.

Rassemblement 

 

"J'ai, depuis le début, le souci du rassemblement de toute la famille socialiste. Je crois que c'est ce qu'attendaient et espéraient nos électeurs. Voilà qui est fait, et c'est bien." 

 

"Lionel Jospin a accepté chaleureusement. Je suis respectueuse des tempéraments de chacun et, en même temps, tenace pour réunir" 

 

Médias 

 

"Je me suis rendu compte qu'il fallait beaucoup de temps pour que ce qu'on dit touche le maximum de citoyens. Sur le fond, il y a une formidable soif de comprendre quel est le nouveau modèle de société que je propose" 

 

Sarkozy

Nicolas Sarkozy annonce déjà ce qu'il ferait dans les cent premiers jours de sa présidence ; "il reste 71 jours avant l'élection. S'il a de bonnes idées, qu'il commence à les mettre en œuvre" 

 

Bayrou et Le Pen

 

"On le connaît, François Bayrou. Il fait cela à chaque campagne. Quelles sont ses propositions, à part s'autoproclamer « ni de droite ni de gauche » ? Le ni-ni, cela n'a jamais fait un projet. Décidément, le centre est partout et sa circonférence, nulle part. (Sourire.) A la base, il n'y a aucune ambiguïté puisque dans toutes les collectivités, il gouverne et vote avec l'UMP, sans aucune exception. "

 

"Qui est le troisième homme, honnêtement ? Allons, on sait très bien que c'est Le Pen. Et tout ce qui contribue à disperser les voix de gauche au premier tour favorise l'émergence de ce troisième homme" 

 

Logement 

 

"La construction de 120 000 logements sociaux, Ce n'est pas une promesse, c'est un engagement. L'Etat se substituera aux communes qui ne respecteraient pas cet engagement en réquisitionnant les terrains et en construisant à leur place les logements sociaux nécessaires." 

 

500 signatures 

 

"C'est toujours ennuyeux dans une démocratie quand des citoyens qui veulent voter pour tel ou tel candidat ne peuvent pas le faire. Et en même temps, une démocratie, ce sont des règles. Il appartient à ces candidats d'être suffisamment convaincants auprès de 500 élus."

par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Campagne 2007
Samedi 24 février 2007
Plus de six mille personnes environ étaient réunis samedi au Grand-Quevilly, près de Rouen, pour un meeting commun de Ségolène Royal et de Laurent Fabius.

2 000 sympathisants n'ont pu pénétrer dans le Zénith local.

Laurent Fabius, membre de "l'équipe du pacte présidentiel" de Ségolène Royal a affirmé un net soutien à la candidate socialiste.

"Nous sommes ici rassemblés pour dire notre souhait que d'ici quelques semaines, la présidente de la République s'appelle Ségolène Royal.
Désormais, chère Ségolène, c'est une pour tous et tous pour une !

Le vote anti-Sarkozy, c'est le vote Ségolène Royal".

"On a besoin que la gauche gagne pour redonner du dynamisme au pays. Ça ne peut venir que du rassemblement de la gauche et d'abord du rassemblement des socialistes", a ajouté Laurent Fabius.
 
EDIT Ségolène royal a déclaré à l'occasion de ce meeting qu'elle voulait bâtir "la gauche du XXIe siècle", sans oublier son héritage politique. Citant Blum et Jospin, la candidate socialiste a affirmé que la gauche moderne ne devait pas oublier les ouvriers, les conquêtes sociales, les services publics ou encore la laïcité.
 
par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Campagne 2007
Samedi 24 février 2007
LA BOUILLE, Seine-Maritime (Reuters) - Ségolène Royal et Laurent Fabius se sont retrouvés samedi en Seine-Maritime, dans le fief de l'ancien Premier ministre socialiste, pour marquer le "rassemblement" du PS dans la perspective de l'élection présidentielle.

 

"C'est une journée de rassemblement et de contact avec la population", a déclaré la candidate socialiste à des journalistes avant un déjeuner à La Bouille avec Laurent Fabius, Alain Le Vern, président de la région Haute-Normandie, Didier Marie, président du Conseil général de Seine-Maritime, et d'autres responsables locaux.

Priée de dire si les divergences internes au Parti socialiste appartenaient désormais au passé, Ségolène Royal a répondu : "Oui, je le pense vraiment". "J'ai besoin de tous les talents, de toutes les énergies".

"On a besoin que la gauche gagne pour redonner du dynamisme au pays. Ça ne peut venir que du rassemblement de la gauche et d'abord du rassemblement des socialistes", a renchéri Laurent Fabius.

"On peut avoir des différences et en même temps travailler ensemble et tendre vers le même objectif", a-t-il ajouté, deux jours après la décision de Ségolène Royal d'intégrer dans son équipe ses anciens rivaux Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn et l'ancien Premier ministre Lionel Jospin.

Ségolène Royal et Laurent Fabius devaient tenir un meeting commun dans l'après-midi au Grand-Quevilly.

par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Avec toutes ces voix, on ne peut que gagner!
Samedi 24 février 2007

Douze ans de règne, et bientôt la fin. Trois mois avant de quitter l'Elysée, le Président Chirac place tous ses amis à des postes importants, pour assurer à la "chiraquie" encore quelques années d'existence. Après les nominations du CSA, avant la nomination de son poulain François Baroin au ministère de l'intérieur, Jacques Chirac a désigné le "fidèle parmi les fidèles", Jean-Louis Debré, à la présidence du Conseil Constitutionnel.

 

 

 

Cet homme qui n'est pas connu pour être un spécialiste de droit, et qui doit essuyer les critiques de son futur-prédécesseur, Pierre Mazeaud, lui aussi très chiraquien (ça par exemple!!!), accède donc à la plus haute fonction pour le juge constitutionnel. Mais cet article n'a pas vocation à mettre en doute ses capacités. Il note simplement à quel point un homme très partisan et qui s'assume comme tel, est nommé à la tête d'une fonction qui nécessite une neutralité. Debré reproche par exemple à Sarkozy, qu'il déteste, une "logique d'affrontement" susceptible de conduire à "une crise de régime". Soyons en rassuré, Jean-Louis Debré sera là pour protéger la constitution rédigé par son papa. Et de toute façon, c'est Ségolène Royal qui sera élue.

 

 

 

Au-delà de ces nominations dont le principal critère est plus l'amitié avec le président que la compétence, la question des nominations de l'Elysée se pose. Et les socialistes ne doivent pas se voiler la face: Le même phénomène se produisait déjà du temps du fin de règne de Mitterrand.

 

 

 

Il n'empêche que les institutions qui se doivent d'être neutres ne le sont plus. L'exemple du conseil constitutionnel est un bon exemple. A partir de mai, le conseil constitutionnel sera composé de neuf membres nommés. Huit seront de droite, pour un seul de gauche. A cela, il faudra ajouter les deux anciens présidents de la République, membres de droit. VGE et Chirac (ils se retrouvent!), tout deux de droite. Il y aura donc onze membres dont dix de droite.

 

 

 

Ne serait-il pas temps de songer à un nouveau système, par exemple avec des nominations partagées entre majorité, opposition, et juristes universitaires? En tous les cas, il faut mettre fin à la "République des copains" du Président, car cela ne renforce que les extrêmes qui ont l'occasion de taper sur la classe politique, et de la définir comme "corrompue".

par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Institutions et pratique du pouvoir

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