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Jeudi 6 décembre 2007
En complément de l'article d'Etienne Longueville ci-dessous, rappelons simplement que parfois, Sarkozy arrive à oublier qu'il a été un jour candidat. "Je ferai tout ce que j'ai dit"...

 



par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Questions internationales
Jeudi 6 décembre 2007
Le Général de Gaulle apprenait une poésie par jour selon la légende. Nicolas Sarkozy s’est arrêté à la fable du Corbeau et du Renard. Il a bien retenu la morale: “Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute”. Comme cette tactique s’est révélée payante lors de la dernière élection présidentielle, le Président cherche désormais à l’appliquer a sa politique internationale.
 
La tactique est simple. Aller voir les hommes politiques les moins fréquentables, souvent isolés sur la scène internationale, vanter leur talent, les féliciter et enfin ramasser le fromage en guise de remerciement. Cette politique a été amorcée dès le début du mandat de Sarkozy lorsque celui-ci est allé rendre visite à Khadafi.
 
Récemment, deux exemples attestent de cette « politique du renard » de Sarkozy :


Quand Sarkozy ne vise même pas le juste (empire du) milieu entre flagornerie et réserves sur la Chine
 
Chine.JPG-  D’abord en Chine. Ah oui, j’allais oublier, Sarkozy a abordé la question des droits de l’homme ! Oui. Sauf que la secrétaire d’Etat aux droits de l’homme n’a pas eu le droit de faire le voyage et que l’intervention concernant les droits de l’homme fut particulièrement brève. En revanche Sarkozy a beaucoup plus insisté sur des sujets qui ont fait très plaisir aux petits hommes en cravates rouges.
 
Il a précisé à de nombreuses reprises qu’il existe une seule Chine, et a vivement critiqué l’organisation d’un referendum à Taiwan pour savoir si l’île devait devenir un membre de l’ONU. Arrêtons-nous un instant sur ce point :  ce référendum est évidemment surtout symbolique puisque même si le oui l’emporte, la Chine mettra son veto pour bloquer l’entrée de Taiwan. Mais l’important n’est pas la. A l’ONU, seuls des Etats peuvent être membres. La question de ce referendum, de façon plus directe, correspond à demander aux Taïwanais s’ils veulent être Chinois ou bien indépendants. Voilà donc un pays avec des leaders élus démocratiquement, qui demande à son peuple de dire quelle voie il souhaite prendre. Evidemment, ça ne plait pas au gouvernement chinois, qui réclame la souveraineté sur Taiwan.
Mais est-ce vraiment le rôle du Président français d’aller prendre position en faveur du parti unique et totalitaire, plutôt que de laisser le peuple choisir ? Les 20 milliards d’euros de contrat sont à ce prix…
 
Insistant sur “une seule Chine”, Sarkozy a évidemment précisé que le Tibet faisait partie intégrante de la Chine. Adieu les principes de non-violence, adieu l’eldorado dont ont rêvé tant d’Occidentaux. Le Tibet est aujourd’hui une occupation militaire de la Chine. Pour avoir croisé plusieurs personnes s’y étant rendue récemment, leurs témoignages sont clairs:
“La Chine fait au Tibet ce qu’elle reproche au Japon de lui avoir fait pendant la Seconde Guerre mondiale. C’est une occupation” m’indique ainsi Thomas, un voyageur français revenant du Tibet.
“Aujourd’hui il n’y a rien à voir au Tibet, à part les soldats chinois”, rajoute Fatima, une Marocaine qui s’y est également rendue.
 
Le Dalaï-lama a fait récemment une grande tournée. En Allemagne, en Australie, au Canada et même aux Etats-Unis, il a été reçu par les Présidents ou les chefs de gouvernement avec tous les honneurs. La Chine se retrouvait isolée sur cette question. Heureusement, l’ami français est là pour la secourir. Le Dalaï-lama est donc la nouvelle grande figure de la voyoucratie internationale? Les 20 milliards d’euros de contrats sont à ce prix.

Sarkouztine
 
- Il y a quelques jours ont eu lieu les élections législatives russes. La liste emmenée par Vladimir Poutine a évidemment été “élue”. La communauté internationale s’est indignée de ce semblant d’élection. Les observateurs européens ont noté que l’élection n’avait pas été équitable. Des images de bourrages d’urnes apparaissent même sur des vidéos sur Internet:
 
Sarkozy---Poutine.JPG Deux chefs d’Etat dans le monde ont appelé Poutine pour le féliciter, devinez lesquels:
Nazarbaïev, Président du Kazakhstan et…Nicolas Sarkozy…
Président, on gagne combien cette fois?
 
 
A court terme, cette stratégie est peut-être économiquement payante: on obtient de bons contrats de pays qui ont du fric à dépenser. Pourtant, la France elle aussi avait dans son bec un fromage. Il avait été construit avec le temps, depuis la Révolution Française jusqu’a Jaques Chirac et se fondait sur certains principes moraux comme le droit des peoples à disposer d’eux-mêmes par exemple. Bien sur, les écarts avaient déjà été nombreux. Mais jamais autant en si peu de temps.
 
A l’étranger d’ou je suis, la France jouit encore de cette réputation d’Etat moral, qui respecte avant tout la liberté, l’égalité, la paix, la démocratie, et en particulier avant les intérêts économiques. Ce “fromage” français vaut à la France une image inégalée qui permet par ailleurs d’obtenir des retombées économiques indirectes, via un très fort tourisme par exemple.
 
Ce fromage, il a bien fallu que Sarkozy le lâche, pour pouvoir ouvrir sa bouche et flatter Kadhafi, Hu et Poutine. C’est bien triste.  

Etienne Longueville (depuis Hong-Kong)
par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Questions internationales
Lundi 5 novembre 2007
Voici la traduction (faite par un militant dévoué) d'un article paru dans le South China Morning Post, dans son édition de jeudi dernier. Il a été rédigé par U Gambira et Ashin Nayaka
U Gambira est le pseudonyme de l'un des dirigeants de la All Burma Sangha Coalition. Ashin Nayaka est fondateur de la Société missionnaire bouddhiste.


"L'ordre religieux des Bonzes a été une vitrine de la Birmanie depuis que le Bouddhisme y a été introduit il y a plus d'un millénaire. Pour un Bonze, s'impliquer en politique ou tenir un discours politisé est interdit par le code éthique du bouddhisme theravâda. Mais aujourd'hui, en Birmanie, cette philosophie spirituelle - fondée sur les principes de compassion et de non-violence, assume des champs d'action inattendus, de défiance et de récalcitrance: Les Bonzes contestent l'hégémonie de la junte militaire qui dirige notre pays. Bonzes-birmans.JPG

En tant que Bonzes, nous souhaitons soulager les douleurs quand nous les voyions. Nous ne pouvons pas ignorer les souffrances de notre peuple. Nous avons formé la coalition des Sangha quand nous avons vu que les Bonzes du pays étaient unis. Et ce ne sont pas les seuls. Quand nous avons commencé nos marches pacifiques pour le changement, étudiants, jeunes, intellectuels et gens ordinaires nous ont rejoint dans les rues.

Nous pensions que nous pouvions obtenir le soutien de certains généraux - eux-mêmes Bouddhistes - afin qu'ils nous rejoignent dans nos revendications pour moins de souffrance. Au début, nous leurs avons montré notre rejet des règles militaires en refusant leur aumône. 

Nous n'avons pas perdu notre tendre affection pour les soldats ordinaires, ni même pour les leaders qui leurs ordonnent de brutaliser la population. Mais nous voulions les encourager au changement pendant qu'il en est encore temps. 

Nous savons que certaines personnes dans l'armée et dans les organisations proches du régime sont hésitants à utiliser la violence contre les Bonzes. Certains soldats, qui avaient recu l'ordre de nous battre et de nous arrêter ont refusé car ils ne comprenaient pas pourquoi ils devaient agir ainsi.

Nous avons espéré créér un chemin différent de celui des chefs militaires, une route pour commencer un véritable dialogue avec les leaders de la population, pour l'unité de la nation. Mais cet espoir fut de courte durée. Le régime traque désormais tous ceux qui particient aux manifestations et commet d'innomables actes de violence.

Ils ont attaqué des monastères, arrêté des Bonzes et des Soeurs par la force. Nous avons entendu des témoignages selon lesquels des manifestants blessés auraient été enterrés
vivants dans des tombes massives ; et des rapports ont confirmé que des corps ont été engloutis dans des canalisations à Rangoun. 

Le général brigadier Kyaw Hsan, un représentant des militaires, a récemment déclaré a l'envoyé spécial des Nations Unis, Ibrahim Gambari, que les manifestants dans la rue n'étaient pas des Bonzes mais des escrocs. Pourtant nous sommes des milliers de Bonzes, tous authentiques qui manifestons pour la paix. 

La junte veut que le monde croit que le soulèvement est terminé. Mais nous pensons au contraire que ce soulèvement marque le début de la fin du regne militaire sur notre pays. 

Le gouvernement militaire fera tout pour rester au pouvoir. Mais leurs actes de violence doivent etre montré au reste du monde. Peut-être pourront-ils encore pour un temps contrôler les rues et les monastères, mais ils ne pourront jamais dominer nos coeurs et notre détermination".  

 

par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Questions internationales
Mardi 2 octobre 2007
En tant qu'ancienne candidate socialiste à l'élection présidentielle, Ségolène Royal souligne, dans Le Monde, les contradictions entre la ligne de politique internationale qui semble être celle de Nicolas Sarkozy et ses discours de campagne. L'occasion de revenir sur quatre mois de confusion permanente et de reniements.


Paris, le 27 août 2007, Conférence des ambassadeurs. Abordant l'épineuse question de la Turquie, Nicolas Sarkozy tient des propos qui, dans sa bouche, prennent une résonance singulière. "La France ne s'opposera pas à ce que de nouveaux chapitres de la négociation entre l'Union et la Turquie soient ouverts" dit-il devant une assistance médusée.

 

Le refus de l'entrée de la Turquie dans l'Union semblait pourtant réglé. Association oui, adhésion non : Nicolas Sarkozy en avait fait une question de principe, lors de notre débat. Quelques mois plus tard, frappé par un principe de réalité jusqu'alors soigneusement nié, il dessine une perspective radicalement différente. La fermeture qu'il prônait se voit du jour au lendemain disqualifiée. On pense même à supprimer le referendum obligatoire préalable à une éventuelle adhésion. Pour la Turquie, tout redevient possible !

Ce revirement n'est pas isolé. 14 Juillet 2007 : les principales forces politiques libanaises dont le Hezbollah sont invitées à dialoguer à la Celle Saint Cloud, dans la résidence du ministre des Affaires étrangères. "Le Hezbollah est un acteur politique important au Liban. Il est l'une des composante du dialogue national et à ce titre, il est invité aux rencontres inter-libanaises" affirme ce jour là le porte-parole de l'Elysée. Oubliée la déclaration de Nicolas Sarkozy lors du forum de l'UMP du 12 décembre 2006 à propos d'une candidate qui avait rencontré la commission des affaires étrangères du Liban en présence de l'ambassadeur de France et dans laquelle ne siégeait qu'un seul député du Hezbollah : "le fait d'être un élu ne suffit pas pour discuter. Hitler avait été élu, ça n'en fait pas un interlocuteur respectable et responsable". La polémique fut entretenue une bonne semaine : faute lourde, inexcusable, inqualifiable, méconnaissance des questions internationales, et pour tout dire, incompétence.

Et que dire du dossier iranien et de l'accès à la filière nucléaire qui inclut la maîtrise de l'enrichissement de l'uranium ? Je m'y suis toujours opposée tant que les garanties de contrôle n'étaient pas apportéesSR-Bachelet.JPG. Aujourd'hui, faute de n'avoir pas défendu cette attitude préventive et responsable, on nous exhorte par la voix du ministre des affaires étrangères à "nous préparer au pire", à la guerre, ne faisant d'ailleurs que traduire l'incroyable déclaration de Nicolas Sarkozy devant les ambassadeurs, évoquant une alternative menaçante entre "la bombe iranienne ou le bombardement de l'Iran".

Cette succession de retournements inspire de l'inquiétude et pose la question de la crédibilité de la parole de la France. Récemment nos partenaires se sont encore demandé s'il s'agissait d'improvisation ou de provocation lorsque le Président a fait du nucléaire civil, à la tribune des Nations-Unies "la meilleure réponse à ceux qui veulent, en violation des traités se doter de l'arme nucléaire" confondant, une nouvelle fois, l'achat d'électricité et la maîtrise de la totalité de la filière avec l'enrichissement de l'uranium qui permet, tôt ou tard, de passer du civil au militaire.

De tels revirements, soudains et imprévisibles, soulèvent des questions aujourd'hui sans réponses. Pourquoi cette navigation à vue, cette gestion erratique du dossier iranien ? Comment le Hezbollah infréquentable du mois de décembre 2006 est-il devenu l'interlocuteur acceptable du mois de juillet 2007 ? Que s'est-il passé pour que Nicolas Sarkozy change son fusil d'épaule sur la Turquie ?

A aucun moment le Président ne s'en est expliqué. A t-il péché par ignorance des contraintes internationales ? A-t-il délibérément oublié de révéler ses intentions ? Se doutait-il que certains de ses choix ne seraient pas tenables ? Si oui, pourquoi n'a t-il rien dit ? Chauffer l'opinion, donner l'apparence de la fermeté puis se dédire face aux risques d'isolement : serait-ce cela la nouvelle diplomatie de rupture ? C'est la perte de crédibilité de la France qui est en jeu aujourd'hui, et ce qui la menace c'est la banalisation de sa parole, une marginalisation très difficilement récupérable par la suite.

Dans le "concert des nations", notre pays apportait traditionnellement un contrepoint salutaire. Elle faisait entendre une musique différente, parfois mezzo voce, parfois fortissimo, mais toujours en harmonie avec deux valeurs cardinales : le sens du bien commun et l'éthique de la responsabilité qui interdisait d'utiliser la politique étrangère à des fins de politique intérieure.

Ex-Yougoslavie, Irak, Liban, Darfour, conflit israélo-palestinien : autant de théâtres sur lesquels la France récusait les fausses évidences et les manichéismes simplificateurs. A l'idéologie facile, à l'intérêt étroit, elle préférait l'analyse rationnelle des faits, ultime boussole d'un monde singulièrement complexe, ultime condition à une action crédible et respectée.

Or quel spectacle la Fra
SR-Merkel.JPGnce donne-t-elle depuis quatre mois ? En Europe, celui d'un président qui tire la couverture à lui, exaspérant nos plus fidèles partenaires et notemment l'Allemagne, ahurie par la dramatisation du dossier iranien, agacée par la récupération du traité, choquée par l'ingérence sur l'abandon du nucléaire, et blessée d'entendre Nicolas Sarkozy appeler Angela Merkel, "cette femme de l'est" ! Bourde sur bourde. En Afrique, celui d'un président qui dénonce avec brutalité ce continent comme "absent de l'histoire, empêtré dans l'éternel recommencement où jamais l'homme ne s'élance vers l'avenir", pour ensuite s'afficher avec les chefs d'Etat gabonais ou libyen. Où est la cohérence, où est le message, où est la dignité ?

Au fond, seul le rapprochement avec Washington donne à la diplomatie de Nicolas Sarkozy un semblant de cohérence. A l'heure où l'Amérique remet en cause ses choix de politique étrangère, à l'heure où le rapport Baker prône une nouvelle approche fondée sur le dialogue plutôt que sur le rapport de force militaire, à l'heure où même nos amis britanniques marquent leurs distances, Nicolas Sarkozy fait le choix de l'atlantisme. C'est une décision lourde de conséquence et pourtant, là encore nulle explication, aucun débat au Parlement.

Le Président de la République serait bien avisé de se ressaisir et de s'inspirer de cette sage recommandation du rapport Védrine : amis, alliés mais pas alignés. C'est en ne cédant pas à la tentation des surenchères et de la politique spectacle que la France, dont la crédibilité est indispensable à la paix du monde, disposera d'une diplomatie forte et écoutée, avant qu'il ne soit trop tard .

Ségolène Royal
Le Monde - 1er octobre 2007
par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Questions internationales
Vendredi 28 septembre 2007

On ne sait pas exactement quel est le nombre de morts parmi les manifestations en Birmanie mais on sait que l’agence officielle de presse birmane reconnaît qu’il y en a eu, sans doute a minima. Cela fait plus de 20 ans que cette junte militaire a pris le pouvoir dans ce pays, qu’une autre « Corée du Nord » existe sans que cela ne semble poser de problèmes à personne.

On semble redécouvrir aujourd’hui que cette junte n’hésite pas à réprimer dans le sang, et que la Aung-San-Su-Kyi.JPGrésistante Aung San Suu Kyi, Prix Nobel de la Paix, est en résidence surveillée.

Comme d’habitude, les sanctions maintes fois décidées par le Conseil de sécurité de l’ONU se sont finalement retournées contre la population et ont servi de moyen de mobilisation par la junte des Birmans contre l’ « Occident ».

Par ailleurs, le retrait total de certaines entreprises, notamment françaises (Total) n’aurait pas d’effet, dans la mesure où leur départ serait vite compensé par l’arrivée d’autres investisseurs européens… ou chinois.

Comme dans plusieurs cas diplomatiques majeurs, le rôle de la Chine est effectivement central. C’est la Chine qui soutient le régime à bout de bras, en raison des intérêts détenus par les entreprises chinoises dans le pays. La configuration actuelle du Conseil de sécurité de l’ONU et la menace permanente de l’utilisation du veto chinois pose un problème à l’ensemble du monde, dans la mesure où cela bloque tout processus diplomatique international bénéficiant de la seule légitimité qui vaille, celle du droit international onusien.

 

Toutefois, si une réforme en profondeur de l’ONU doit être envisagée, afin notamment de procéder à une configuration du Conseil de sécurité plus en phase avec le monde actuel (représentation des autres pays émergents notamment), les pays occidentaux ont actuellement des moyens d’agir, en Birmanie bien sûr, mais aussi par extension, au Darfour par exemple.

Si la Chine est une puissance économique et militaire incontestable, le régime chinois continue à vouloir s’acheter une forme de brevet de respectabilité internationale
. L’organisation des Jeux Olympiques de 2008 à Pékin est censée lui apporter cela.

S.-Royal-Birmanie.JPG

Ségolène Royal hier à Paris aux côtés du Premier ministre birman en exil
 
Lors de la campagne électorale, on a remis en cause la volonté affichée par Ségolène Royal de boycotter ces fameux JO au cas où la Chine n’affirmait pas sa volonté claire de régler le problème du Darfour. Invitée hier par le premier ministre birman en exil, Ségolène Royal a participé à la manifestation organisée à Paris. Elle a formulé l’idée selon laquelle l’union de plusieurs pays européens, pourquoi pas par la voix du Haut représentant pour la Politique étrangère et de sécurité commune, M. Javier Solana, pourrait poser la question de la participation des pays démocratiques aux JO de Pékin.

Comme le reconnaît Ségolène Royal, il ne s’agit pas de faire en sorte « que ces Jeux ne se déroulent pas, mais pour que les pressions soient efficaces avant, c'est à dire qu'il y ait une forme de dissuasion (…). Si la Chine sent une détermination de la part des régimes démocratiques par rapport à une événement majeur qui est l'expression de l'échange entre les peuples, elle pourrait sans doute bouger ».

Face à l’autisme de la junte birmane, à la volonté d’inaction de la Chine, cette question doit invariablement être posée. On s’étonne d’ailleurs du silence assourdissant du théoricien du « droit d’ingérence », par ailleurs Ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner… Cela est peut-être du au rapport très controversé rendu en 2003 sur la « bonne gestion » des ressources humaines par Total (accusé d’esclavagisme)… en Birmanie. En tout cas, comme le disait une pancarte hier dans la manifestation parisienne : «Kouchner où est ton ingérence humanitaire?».

Jonathan Gindt
par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Questions internationales

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