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Mercredi 31 janvier 2007

Depuis le début de l’année, le parti socialiste demande à Nicolas Sarkozy de démissionner de son poste de ministre. A partir du moment, arguait-on, où le ministre de l’Intérieur organise les élections, il semble difficile d’être à la fois juge et parti. Mais assoiffé par le pouvoir pour le pouvoir, le ministre de l’intérieur refuse de démissionner.

Cette attitude, bien que peu légitime, ne suscitait pas de vraie polémique, il y a encore quelques temps. Mais aujourd’hui les choses ont changé. Deux éléments l’attestent.

D’abord l’« affaire du scooter ». Le fils de Nicolas Sarkozy s’est fait volé son scooter la semaine dernière. Soyons clair, tout le monde est d’accord pour dire que le vol est un délit, et il ne s’agit pas de minimiser cet acte.

Néanmoins tous les moyens de l’Etat ont été mis en œuvre pour retrouver le coupable. Des tests ADN ont même été réalisés et ont d’ailleurs parmi de mettre la main sur le malfaiteur. Alors, justice est faite, vous me direz ; où est le problème ?

Le problème, c’est que l’utilisation de ce test a coûté plus cher que le rachat d’un scooter, et au-delà, c’est que l’on n’utilise jamais de si gros moyen pour des affaires de vol. Cette affaire est préoccupante car elle atteste qu’il existe deux justices dans ce pays. Celle de ceux qui ont un père ministre de l’Intérieur, et celle des autres.

Mais ce n’est pas tout ! Vous vous rappelez des bruits nauséabonds et infondés qui avaient circulé sur le patrimoine fiscal de Ségolène Royal. Le Canard Enchaîné explique ce matin que cette histoire a été précédée par une enquête des RG sur le patrimoine du couple Hollande-Royal, peut-être commandée par le ministère de l’Intérieur. Ah ! Qu’elle est belle notre démocratie !

En apprenant ces révélations, toute la gauche s’est indignée. Jack Lang a demandé à Chirac de « révoquer Nicolas Sarkozy qui instrumentalise les services de l’Etat à des fins personnelles. »

 

Mais en plus, la volonté de Nicolas Sarkozy de rester au Ministère de l’Intérieur est critiquée au sein de même de son propre camp, par des journalistes politiques.

Alain Duhamel – connu pour avoir volontairement oublié Ségolène Royal dans son livre « Les prétendants 2007 – soulignait ce matin que le résidant de la place Beauvau, « à chaque fois qu’il est candidat, est un moins bon ministre de l’Intérieur ».

            Le parti socialiste a demandé à Jacques Chirac de remplacer Nicolas Sarkozy, pour assurer la neutralité de la campagne ; il a refusé. Aujourd’hui le parti de la rose se tourne vers les sages du Conseil Constitutionnel par dépit, avec autant d’espoirs d’obtenir la victoire, que ceux des supporters du PSG lorsque leur équipe joue en championnat.

 

            Alain Duhamel se demandait ce matin si c’était par « fétichisme » que le candidat de l’UMP se maintenait au ministère. Il expliquait que Nicolas Sarkozy demeurait place Beauvau car il aime rester tout près de l’endroit où vit Jacques Chirac (non, ce n’est pas son amant…quoique…).

Heureusement pour la gauche, dans quelques mois, Sarkozy sera très loin de l’Elysée, quand Ségolène sera devenue Présidente de la République. Il retournera peut-être à Neuilly…où il sera obliger d’appliquer la loi SRU sur le 20% de logements sociaux. Hihi. Vivement mai !

                                  

               Etienne Longueville

par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Institutions et pratique du pouvoir
Mardi 30 janvier 2007

La presse s’est relativement peu fait l’écho des récents « réajustements » de deux propositions phares du projet de Nicolas Sarkozy opérés par la voix de Xavier Bertrand.

 

Contrat unique : « Employeurs, tout ne sera pas possible avec Nicolas Sarkozy... »

 

Ce dernier vient d’indiquer, prenant ainsi le contre-pied de son nouveau mentor, que le fameux contrat unique promis par l’UMP ne serait plus calqué sur le contrat nouvelles embauches (CNE) mais sur un nouveau dispositif qui rappellerait un peu moins le funeste CPE.

 

La période d’essai (dites plutôt de consolidation) serait ainsi comprise entre 3 et 6 mois au lieu de 2 ans et toute rupture au cours de cette période devrait être motivée, ce qui n’est pas le cas avec le CNE (ainsi qu’avec feu le CPE). L’insécurité juridique créée par cette disposition assez ahurissante du point de vue des conventions de l’OIT et dénoncée par le MEDEF n’est pas étrangère à ce recadrage de dernière minute.

 

Malgré ces petits ajustements, on peut toujours reprocher à l’UMP à l’inverse du PS de vouloir calquer son « contrat unique » sur un contrat précaire, au rabais.

 

Et ces petits ajustements ne sont pas innocents. En filigrane apparaît un aveu qui rejoint les études publiées au sujet du CNE : ce contrat tant vanté par la droite a comporté beaucoup d’effets d’aubaine et de substitution et a abouti, au final, à un nombre de créations réelles d’emplois minime au regard du risque auquel sont exposés ses titulaires...et les employeurs qui sont assez surpris une fois condamnés devant les prud’hommes.

 

Droit de grève : déception au programme pour le lecteur assidu du Figaro

 

Le vote à bulletins secrets pour la poursuite de toute grève au bout de huit jours vient de confirmer qu’il est, au même rang que le service minimum, l’arlésienne de la droite française : on nous en parle depuis des années mais rien ne voit le jour... Tant mieux. Peut-être parce que la mise en œuvre de ces mesures s’avère bien plus compliquée qu’Ivan Rioufol ne pourrait le penser chaque vendredi dans les colonnes du quotidien préféré de la bourgeoisie française.

 

C’est dans ce sens en tout cas que va le deuxième ajustement opéré par Xavier Bertrand. La généralisation de ce vote à bulletin secrets, annoncée par Nicolas Sarkozy lors de son intronisation, attendra : elle sera finalement limitée « aux entreprises en charge d’un service public, aux universités et aux administrations ».

 

A quand la généralisation du CDI comme contrat unique et l’abandon du gadget du vote à bulletins secrets par la voix du candidat-ministre Sarkozy ? A ce rythme, on peut être optimiste...

                                                                        Bastien Taloc

par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Questions économiques et sociales
Samedi 27 janvier 2007
par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Avec toutes ces voix, on ne peut que gagner!
Samedi 27 janvier 2007

 I. La grande parade

Ø      « L’entreprise m’a tout donné »

 

 

L’AG s’ouvre sur le témoignage de chefs d’entreprises dévots qui font état de leur adoration pour « l’entreprise qui m’a tout donné ». Ainsi, le président de la chambre de commerce de Rhône-Alpes décrit-il sa vision de l’entreprise, lieu de l’ascension sociale : comment de petit employé, on devient employeur : « l’homme est libre grâce à la libre entreprise ». Les métaphores laudatives manquent pour décrire l’entreprise : « source de vie », « poumon de la nation », « l’entreprise, c’est la vie ; la vie c’est l’entreprise »…Mais le principe fondamental, c’est que : « quand l’entreprise va bien, la société va mieux ».

 

Ø      Le génie des entrepreneurs français

 Les entrepreneurs français sont des êtres exceptionnels. Sept d’entre eux sont invités à présenter leur activité. Ils sont ambitieux et ouverts sur le monde et, en plus, ils sont solidaires : Total apporte ainsi un appui à des PME pour développer leurs activités à l’étranger.

Leurs entreprises sont à l’image des entreprises françaises : innovantes, en forte croissance, investissant fortement dans la recherche, très compétitives à l’exportation et produisant exclusivement de la haute qualité. Le directeur d’Alter Eco vient même expliquer comment les entreprises sont à la pointe du développement durable.

 

 

Ceci contredit en filigrane les discours sur l’asphyxie des entreprises françaises, le fameux carcan fiscalo-administratif n’empêche visiblement pas certaines de se développer.

 

Ø      Le MEDEF, c’est formidable

 Depuis l’arrivée de Laurence Parisot à sa tête, le MEDEF a décidé de renforcer son ancrage dans la société. Pour ce faire, deux nouvelles commissions ont été crées.

 

 

La commission « nouvelles générations » a pour objectif de nouer le dialogue entre l’entreprise et les jeunes afin de favoriser leur insertion. Cette commission est présidée par Laurence Danon, PDG du Printemps et auteur d’une charte des stages en entreprise proprement révolutionnaire. Celle-ci affirme grosso modo que le stage doit être utile à la fois au jeune et à l’employeur.

 

Cathy Kopp, DRH d’Accor, trouve tout cela « absolument formidable » et ce n’est pas Vanessa, 22 ans, en contrat de professionnalisation, ni son patron qui va la démentir. Celui-ci apprécie beaucoup cette opportunité de pouvoir « inculquer des choses » aux jeunes. Enfin, sont mises en avant des expériences d’entrepreneurs qui mettent un point d’honneur à embaucher des jeunes « issus de la diversité ». Et, oh surprise, on se rend compte qu’ils travaillent aussi bien que les autres…

 

            La commission « dialogue économique », présidée par Véronique Morali, accomplit un travail plus formidable encore : établir des passerelles entre les entreprises et le reste de la société. Comme le dépeint bucoliquement le président du MEDEF Nord-Pas-de-Calais, la société, c’est comme un aquarium avec des petits poissons et des gros poissons, de toutes les couleurs. Le MEDEF est là pour veiller à la qualité de l’eau (et peut-être aussi pour être sûr qu’aucun poisson n’ait l’idée de sortir de l’aquarium). En acteur social responsable, le MEDEF dialogue avec tout le monde : enseignants, universités, étudiants, politiques, magistrats, journalistes, etc, l’objectif étant de convaincre ces pauvres gens aveuglés par les stéréotypes des vertus incontestables de l’économie capitaliste et des bienfaits procurés gracieusement à la société par des entrepreneurs emplis d’abnégation.

 

Gaby Bonnand, secrétaire national de la CFDT , qui encourage à essayer d’avoir une « lecture partagée des transformations », est très applaudi par les entrepreneurs qui jubilent « enfin un syndicaliste raisonnable ! ». Seule ombre au tableau, le directeur de l’ENM souligne toutefois que les relations entre les entreprises et la justice restent « complexes »… 

 

 

 

Ø      Pourquoi adhérer au MEDEF ?

 
 

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Mais pourquoi plus de 700 000 entreprises sont-elles adhérentes du MEDEF ? On se le demande. Comme à l’UMP, c’est l’heure de l’adoubement des nouveaux adhérents. De l’éleveuse de taureaux de combat à la jeune directrice ambitieuse d’une agence de communication, ils ont rejoint le MEDEF parce qu’ils apprécient son travail de lobbying efficace, qu’ils se reconnaissent dans les valeurs qu’il défend, qu’ils veulent participer à la gestion paritaire ou encore tout simplement, comme le résume le président du MEDEF Côte-d’Or, parce qu’ « ils aiment l’économie de marché ».

 

Ø      Petite leçon d’économie  

 

Puis est arrivé le moment le plus surréaliste de l’AG : Laurence Parisot, seule en scène, donnant une leçon d’économie aux Français. L’objectif est de montrer que le déficit de croissance tient exclusivement au poids excessif des charges pesant sur les entreprises. Pour y arriver, elle n’hésite pas à manipuler allégrement chiffres et graphiques : comparaison de taux d’imposition sur des bases différentes, déformation de l’étude de l’OCDE sur l’impact des législations protectrices de l’emploi, absence systématique des pays scandinaves dans les comparaisons internationales…

L’exposé se termine sur l’idée que l’on a pu respirer lorsque l’impôt inique sur les portes et fenêtres a été aboli au début du XXe siècle, d’où le titre du livre blanc « besoin d’air » = besoin de moins de fiscalité.

 

Ø      La bonne parole (le livre blanc)  

 

On a ensuite pu assister au ballet des ambassadeurs du livre blanc, décrit comme un « projet participatif ».

1ère idée : il faut rationaliser la gestion de l’Etat sur le modèle de l’entreprise. « Tout ce qui réussit dans les entreprises doit être repris par l’Etat dans son fonctionnement ». « Il faut transformer l’Etat en facilitateur de vie ». Enfin, les départements doivent être supprimés pour réduire l’enchevêtrement des compétences.

2ème idée : Défendre les contribuables. Pour cela, le livre blanc propose d’inscrire dans la Constitution une charte des droits du contribuable et d’instaurer le principe d’équilibre des finances publiques. Dans un grand geste théâtral, deux présidents régionaux du MEDEF s’agenouillent pour réclamer aux candidats à la présidentielle le droit d’augmenter les salaires nets des travailleurs…De manière plus constructive, il est proposé de réserver aux entreprises le financement des retraites et  de l’assurance chômage, les autres risques devant être transférés vers la solidarité nationale.

3ème idée : Abolir les 35h. La durée du travail doit être déterminée par accords en fonction des besoins de chaque entreprise.

            Prochaine étape : les entrepreneurs sont chargés de porter la bonne parole contenue dans le livre blanc à travers toute la France.

 

Ø      Discours final 

 

Résolument politique, le discours final de Laurence Parisot n’est toutefois pas dénué d’une certaine subtilité. Son argumentaire est construit sur le double rejet de la figure du déclinologue et de celle du démagogue qui « flatte les désirs d’illusions ». Si Ségolène Royal est largement égratignée (mais jamais nommément), Nicolas Sarkozy n’est pas plébiscité pour autant : le MEDEF l’attend au tournant.

Pour Laurence Parisot, les entrepreneurs incarnent le génie qui doit à nouveau animer la France et elle cite l’exemple de la Marche de l’Empereur, film original et ambitieux qui fut un succès grâce au talent de ses promoteurs.

Elle décline ensuite les trois valeurs qui structurent le livre blanc : prospérité, liberté, durabilité et formule au passage des orientations politiques précises : il faut tout faire pour que le cycle de Doha aboutisse, la hausse du SMIC et l’abrogation de la loi sur les retraites de 2003 seraient mortels…Elle vante également le succès du CNE et fait valoir que les allègements de charge ne sont que la juste compensation du préjudice des 35h et doivent devenir de véritables abattements. Elle termine par sa proposition emblématique : 32 ans après le divorce par consentement mutuel, le MEDEF, dans son infini progressisme, se fait fort d’introduire une « séparabilité à l’amiable » qui permettrait enfin de lever les freins à l’embauche.

Elle achève son discours sur une citation de Jaurès (décidément très à la mode à droite ces jours-ci) : « Celui qui dirige est celui qui risque ce que les dirigés ne veulent pas risquer ».

Laurence Parisot quitte la scène portée par une musique aux accents triomphalistes : le MEDEF est entré en campagne.

 

II. Mais que venaient-ils faire dans cette galère ? 

 

Pour 2007, le MEDEF et sa présidente ont décidé de se faire entendre. Aussi ont-ils vu les choses en grand. 6000 personnes étaient présentes au POPB dont une majorité de chefs d’entreprises venus de toute la France pour l’occasion (DOM-TOM y compris) mais aussi des lycéens et étudiants censés incarner la sollicitude du MEDEF vis-à-vis des jeunes générations.

Eclairages dignes des plus grands dancefloors parisiens, musiques à la mode, multiples écrans géants, le MEDEF bouge et rajeunit, que cela se sache. Au début, on hésite entre la présentation corporate et le meeting électoral. C’est plutôt la deuxième hypothèse qui prévaut. La salle, un peu refroidie d’entrée de jeu par tout ce décorum, s’est vite manifestée, applaudissant chaudement dès qu’il était question d’abolition des 35h ou de baisse de la fiscalité. En revanche, certains sujets ont moins fait recette : les chefs d’entreprises français semblent par exemple assez peu préoccupés par l’échec annoncé des négociations à l’OMC.

L’ensemble de la réunion était animé par la sémillante Emmanuelle Gaume dont les moments de silence ont été très appréciés. Par contraste, l’assemblée a goûté le ton posé de Laurence Parisot qui a été très applaudie, en dépit de ses positions controversées au sein même du MEDEF.

Globalement, l’ambiance était à l’autocélébration. Dans l’univers medefien, tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si l’Etat Léviathan ne s’obstinait pas à opprimer le « génie français ».

             III Les dessous du discours

Ø      La planète MEDEF : un univers harmonieux

En filigrane, se dessine une vision spécifique de l’agrégation d’individus que certains rouges osent nommer « société ». En effet, le discours du MEDEF véhicule l’image d’un espace public imaginaire, débarrassé de tous conflits, où chacun pourrait rechercher son profit personnel sans que cela influe sur le voisin. C’est finalement la représentation traditionnelle, chère à l’économie classique, d’un peuple atomisé composé d’individus rationnels.

Tout au long de l’AG, les intervenants ont insisté sur les valeurs œcuméniques de dialogue et d’échange propres à une organisation patronale qui chercherait à dresser des passerelles entre l’ensemble des acteurs sociaux. Mais ces échanges sont conçus de manière essentiellement unilatérale : étudiants et professeurs sont vivement encouragés à venir faire des stages en entreprise ; en revanche, il ne viendrait pas à l’idée des entrepreneurs de retourner à l’école…

Parallèlement, le MEDEF se cherche tout de même des cautions sociales, d’où la citation de Jaurès. Mais d’autres exemples méritent d’être signalés : l’insistance de Laurence Parisot sur l’apaisement du dialogue social » et le fait qu’elle ait souligné la présence à l’AG de Jacques Voisin et de Bernard Van Craeynest, respectivement n°1 de la CFTC et de la CGC. De plus, le MEDEF rend hommage à l’abbé Pierre à sa façon en mettant à disposition d’Emmaüs des moyens logistiques. Par ailleurs, il a été systématiquement rappelé que c’est l’entreprise et elle seule qui crée les emplois et la richesse du pays. Grâce lui soit rendue.

Enfin, ce grand show avait aussi pour ambition de mettre en scène l’unité du mouvement patronal. Or, cette unité est largement factice. La sortie du Livre Blanc est ainsi présentée comme « l’entrée en campagne de tous les entrepreneurs », alors que sa rédaction quasi-exclusive par Mme Parisot a fait l’objet de critiques au sein même du MEDEF.

 

Ø      Un bouc émissaire : le carcan fiscalo-administratif  

Certes, les entreprises françaises sont formidables et pourtant, l’économie française est globalement moins performante que celle de ses voisins. Mais ce n’est pas la faute des entreprises. C’est la faute de l’Etat, un Etat vampire qui saigne impitoyablement les entreprises, les empêchant ainsi d’augmenter les salaires. La fiscalité est sans conteste le thème le plus fédérateur au MEDEF. Pour lui, les impôts servent essentiellement à engraisser les fonctionnaires. Mais d’où sortent donc toutes ces infrastructures qu’utilisent les entreprises et qui contribuent fortement à la compétitivité du pays ? Mystère… 

 Ø      Le chef d’entreprise, ce héros

Le MEDEF déploie beaucoup d’efforts pour réhabiliter l’image du PDG. La vision du patron qui fait un saut au bureau, avant d’aller déjeuner copieusement en fumant de gros cigares et qui passe l’après-midi à jouer au golf a été décriée par les intervenants (tandis que certains murmuraient dans le public, « c’est quand même vrai pour certains »).

Pour décrire le chef d’entreprise, on fait beaucoup appel à des métaphores sportives : le patron serait ainsi « un capitaine d’équipe qui fédère plus qu’il ne commande », « celui qui va à la mêlée avec les autres et récolte autant de châtaignes que ses coéquipiers ».

Dans son discours final, Laurence Parisot a clairement affirmé : « on peut être très haut dans l’échelle des salaires et avoir une moralité et une éthique irréprochables ».

A l’heure où les salariés servent de plus en plus de variable d’ajustement, le MEDEF cherche à réhabiliter l’image du patron audacieux qui prend des risques et assume les dangers,  par opposition aux salariés protégés. Le chef d’entreprise est celui qui n’hésite pas à se lancer… avec, de préférence, un parachute doré     

 Ø     La langue à l’état gazeux

Le MEDEF a réussi l’exploit de porter à incandescence la vacuité  du langage à laquelle trop de personnages publics nous ont déjà habitués.

Emblématiques sont les trois slogans qui ont émaillés les discours des orateurs, tous soigneusement conditionnés : « bouger les lignes », « besoin d’air », « l’entreprise c’est la vie ». Voilà un projet de société.

La palme de l’euphémisme revient tout de même au qualificatif utilisé pour décrire tous ceux qui ne sont pas blancs : ceux-là sont désormais « issus de la diversité »…

Plus globalement, ce qui relie l’ensemble des discours, c’est le refus de la complexité, l’idée qu’il n’y aurait que quelques paramètres à modifier pour que tout aille pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Sous couvert de pragmatisme, les véritables débats ne sont jamais abordés. D’ailleurs, pour le MEDEF, il n’y a qu’une seule analyse valable à laquelle répondent solutions simplistes et slogans vides de sens.

Le MEDEF aurait grand intérêt à enrichir quelque peu son discours s’il compte réellement nourrir le débat démocratique. 

                                                                                                  Sandra Desmettre

par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Opposition
Samedi 27 janvier 2007

Gerges Frêche a été viré du Parti Socialiste. Le traitement de la question a révélé la démocratie du PS: Malgré les demandes rapides de renvoi, le parti a choisi de suivre les procédures, en laissant au Président de la région Languedoc-Roussillon la possibilité de se défendre. C'est en toute objectivité que la sanction a été prise, et pas sous le feu des demandes de médias. C'est également une position courageuse car Frêche occupe un poste clé dans une des fédérations socialistes les plus grandes de France.

C'est la preuve que les intérêts électoraux restent inférieurs aux idéaux, et on ne peut que s'en féliciter.

par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Campagne 2007

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