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Mardi 29 janvier 2008
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Les publications de nos correspondants à l'étranger continuent. Après le Canada, merci à Elsa Foucraut de nous fournir ce 5ème numéro. S'il y a bien une problématique que permet le recul de l'étranger, a fortiori depuis un pays comme l'Egypte, c'est celui de l'é-/imm- igration. Prochains départs imminents : Italie, Etats-Unis, Chine...



Pour penser « l'immigration subie », prenons une terre d'émigration et d'immigration à la fois grâce à sa position stratégique, où l'émigration est essentiellement économique. Nous sommes en Egypte. Ici aussi, les flux migratoires dans la Méditerranée occupent le débat public. Récemment, le naufrage de plusieurs embarcations de clandestins a fait la une des journaux, et le phénomène continue d'alimenter les colonnes des journaux.


Ils sont jeunes, célibataires et peu qualifiés, et subissent chômage, salaires bas (1) et faibles perspectives de développement. Ceux qui ont réussi à émigrer rapatrient des revenus, construisent de grandes maisons, adoptent une attitude consumériste à leur retour et deviennent des modèles. Chaque village a sa destination, ce qui crée des réseaux sur place. Un expatrié peut mettre de côté 40 000 livres Emigration.JPGégyptiennes par an (5000€), soit plus que ce qu'il aurait économisé en une vie. L'immigration actuelle vers l'Europe est récente en Egypte, et reproduit le modèle des pères, qui s'expatriaient dans le Golfe par centaines de milliers dans les années 70, avant de rentrer au pays.


Les riches s'offrent l'avion et un faux visa Schengen avec l'intention de le dépasser, les pauvres paient environ 25 000 livres égyptiennes (3000€) à des passeurs. Le système rapporte au passage un revenu significatif aux pêcheurs... qui sont de plus en plus nombreux en prison. Selon Ayman Zohry (2) , chacun connaît les risques et conséquences de l'émigration clandestine. Lorsqu'un partenariat a été lancé avec l'Italie pour permettre à 7000 Egyptiens de décrocher des contrats légaux, la demande a été très forte. Trop. Au final, la voie légale semble longue et impossible. Entre le légal et le possible, la contradiction est donc trop forte.

Ici, un étudiant en informatique décroche un stage en France mais préfère abandonner ses études pour y rester. Ailleurs, des familles sont sans nouvelles de leur fils depuis des mois, sans avoir s'il est mort. Lorsque les clandestins sont interceptés par la police, ils se font passer pour des réfugiés irakiens ou palestiniens, pour obtenir un sursis pendant lequel ils n'auront aucun contact avec l'Egypte, par peur d'être démasqués.


Quant au gouvernement, il est trop occupé à maîtriser sa propre démographie
Egypte.JPGpour s'occuper de celle de l'Europe. Le Caire, plus grande ville d'Afrique, se développe de manière anarchique, et 80 millions d'égyptiens s'entassent sur moins de 5% du territoire, ce qui entraîne des densités de population supérieures à celles de Singapour. Parallèlement, l'Egypte accueille plus de réfugiés irakiens et soudanais que l'Europe, bien que pas toujours de bon coeur. Pour parler codéveloppement et réfugiés, citons donc Michel Rocard dans sa totalité : la France « ne peut pas accueillir toute la misère du monde, mais elle doit y prendre sa part ».


Les média jouent un rôle marginal, et on se méfie tellement des informations officielles qu'elles permettent surtout aux rumeurs de se répandre. La principale source d'information reste les parents déjà installés en Europe. Lorsqu'on est prêt à sacrifier ses études, à investir des sommes colossales malgré le risque de finir en prison, à accepter des conditions de travail déplorables en connaissance de cause, et surtout à risquer sa vie, quel obstacle sera suffisamment fort pour stopper les migrants ? Les gouvernements européens peuvent donc durcir leurs lois, on appelle cela la démocratie. Cela n'aura que très peu d'effet sur le nombre de migrants, on appelle cela la réalité.

Elsa Foucraut
 

Un jeune, parmi les centaines qui passent leur temps dans le café, interrogé sur le fait de savoir s’il aimerait voyager clandestinement, même après avoir entendu ces incidents dramatiques, a dit sur un ton très ferme : « Oui ». Et d’ajouter : « J’aimerais bien être comme ces clandestins. Mon revenu quotidien ne dépasse pas les 10 L.E., ce qui ne suffit pas pour acheter un paquet de cigarettes ou boire un verre de thé. J’ai entendu dire que mon village va être submergé dans 3 ans, à cause des changements climatiques. S’il faut se noyer pourquoi ne pas prendre le risque et partir ? ».  -  El-Ahram, 5 décembre 2007.



1- 
On estime que le salaire moyen en Egypte oscille entre 30 et 50€ par mois.
  

2- 
Chercheur (American University of Beirut) spécialiste des flux migratoires en Egypte.

Lire l'intégralité de son étude : Egyptian irregular migration to Europe, disponible sur www.migrationletters.com

par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Vu(e) d'ailleurs
Samedi 26 janvier 2008

undefinedLes élections municipales et cantonales des 9 et 16 mars 2008 se dérouleront dans un contexte particulier. L’acte II de la décentralisation est désormais derrière nous. Il a été marqué notamment par la réforme constitutionnelle du 28 mars 2003 et la loi du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales. Les dispositions de cette dernière en matière de transferts de compétences sont pour la plupart entrées en vigueur, au prix d’efforts financiers importants de la part des collectivités. Mais il semble qu’un train de nouvelles réformes soit sur les rails. Les collectivités territoriales, et notamment les communes et départements dont nous nous apprêtons à renouveler les organes délibérants, sont concernées par de nombreuses lois annoncées par le gouvernement ou déjà votées. Elles sont également l’objet de rapports commandés par l’exécutif Sarkozy-Fillon : le rapport Lambert sur les relations entre Etat et Collectivités Territoriales (établi dans le cadre de la révision générale des politiques publiques) et le rapport Attali (qui vise à « libérer » la croissance) en sont deux exemples.

Dans ce cadre les futurs élus auront quatre principaux défis à relever :

 

1) Le défi institutionnel.

Les institutions décentralisées sont au centre des débats actuels. La proposition de Jacques Attali visant à supprimer les départements est d’ores et déjà enterrée par le Président de la République. Les propositions du rapport Lambert ont davantage de chances d’être mises en application : incitation au transfert de services des communes vers les intercommunalités, et suppression de la clause générale de compétence pour le département (les compétences du conseil général seraient désormais strictement limitées).

Il faut ajouter à cela la réforme de l’Etat au niveau local, avec la fusion des services de l’environnement et de l’agriculture, la fusion des trésoreries et des centres des impôts, la suppression de tribunaux, … Les élus devront veiller à ce que ces réformes correspondent à une vraie rationalisation et amélioration des services publics, et non à de simples coupes budgétaires.

 

2) Le défi financier et fiscal.

Le gouvernement Fillon a annoncé sa volonté de limiter la dépense publique, et il veut associer les collectivités territoriales à cet effort. Cela passe par une action sur les dotations versées auxHelene-Mandroux.JPG collectivités. Alors que celles-ci étaient indexées sur l’inflation et sur une part de la croissance du PIB, elles évolueront en 2008 au seul rythme de l’inflation. Cette décision, passée inaperçue en dehors du champ des spécialistes, aura un impact négatif direct sur l’investissement local. Or l’investissement public local représente 72% de l’investissement public, et contribue fortement à la croissance de l’économie française.

Par ailleurs les représentants des communes, des départements et des régions souhaitent une réforme de la fiscalité locale. La taxe d’habitation, la taxe professionnelle et les taxes foncières sont des impositions vieillissantes, injustes et peu dynamiques. Les associations d’élus locaux ont proposé plusieurs pistes qui font consensus, dont la création d’un impôt départemental basé sur les revenus, ou le développement de la fiscalité environnementale. Mais Nicolas Sarkozy n’a visiblement pas pris la peine de lire le rapport rédigé par des élus de tous bords, et a préféré proposer un énième grenelle, le « Grenelle de la fiscalité locale. » Pour le moment l’annonce est restée sans suite.

 

3) Le défi environnemental.

De nombreuses décisions prises lors du Grenelle de l’Environnement concernent les collectivités territoriales : tous les bâtiments publics devront être rapidement mis aux normes en matière de Pierre-Cohen.JPGconsommation d’énergie, des milliers de lignes de tramways et de bus doivent être construites, et les documents d’urbanisme pourraient être modifiés pour donner une place plus importante aux données environnementales. Les élus devront veiller à ce que l’Etat respecte ses engagements, en particulier en termes de financement.

 

4) Le défi social.

Plan pour les banlieues, mise en place du service minimum dans les entreprises de transport, création d’un service d’accueil dans les écoles en cas de grève, mise en place du droit opposable au logement, création d’un « cinquième risque » (le risque dépendance, qui concerne les personnes âgées et handicapées, aujourd’hui prises en charge par les conseils généraux), expérimentation du revenu de solidarité active (simplification des minima sociaux et incitation à la reprise d’un emploi) … : les élus locaux auront un rôle clef dans les réformes sociales à venir, et dans le renouvellement des politiques de solidarité imposé par le vieillissement démographique.

Adrien Brun
par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Campagne 2008
Mercredi 23 janvier 2008

undefinedArrondissement huppé, bastion imprenable, totalement acquis à la droite, le 7ème ? Les élections municipales des 9 et 16 mars seront peut-être l’occasion de réviser quelque peu les jugements portés habituellement sur le 7ème arrondissement. Le parachutage, très contesté par les habitants, de Rachida Dati, garde des Sceaux, intervient au moment même où le discours frileux et conservateur de la mairie d’arrondissement semble en perte de vitesse… Les résultats des prochaines municipales pourraient ainsi réserver quelques surprises. Dans ce contexte, la gauche se doit de porter un projet constructif et une ambition au service d’un arrondissement confronté à des difficultés économiques et démographiques importantes.

 

 

Arrondissement huppé, traversé par de larges avenues austères et rectilignes, réputé pour être un des plus riches de Paris, le 7ème arrondissement pâtit bien souvent, dans les représentations les plus répandues et les discours extérieurs, d’une identité négative : « reproduction sociale », « entre-soi » sont des notions souvent associées à cet arrondissement. Peu de ces discours saisissent pourtant la réalité de la situation du 7ème arrondissement, celle du déclin tant économique que démographique auquel il est confronté.

 

Les indicateurs sont préoccupants : alors que Paris est parvenue300px-Invalides_aerial_view.jpg à inverser la tendance à la baisse de sa population, le 7ème continue de perdre des habitants. Le rythme de l’hémorragie a été particulièrement soutenu entre 1990 et 1999 : la population du 7ème a chuté de 10%. Avec un solde migratoire déficitaire et un solde naturel tout juste positif, il s’ensuit donc un vieillissement de la population.

 

En matière économique, le bilan n’est guère plus enviable : la pérennité du commerce de proximité est menacée, particulièrement dans le quartier du Gros Caillou et la très forte dépendance de l’arrondissement à l’emploi public (du fait de la présence de nombreux ministères) est en train de se retourner contre lui. En effet, du fait de la rationalisation récente de la politique immobilière de l’Etat, on ne compte plus les administrations qui quittent leurs locaux depuis plusieurs mois.

 

Le logement constitue un sujet d’inquiétude pour de nombreux habitants : outre l’insuffisance de logements sociaux malgré les efforts accomplis sous la mandature, les logiques du marché immobilier ont considérablement réduit l’offre locative. L’augmentation des loyers a par ailleurs été aggravée par les logiques spéculatives et les ventes à la découpe qui ont affecté l’arrondissement.

 

 

« Cachez ce déclin que je ne saurais voir ! »

 

L’évocation d’un déclin du 7ème peut faire sourire tant il est peu courant d’en entendre parler que ce soit dans les discours extérieurs ou même dans celui des habitants et de la mairie d’arrondissement. Ce dernier fait à lui seul est intéressant : le refus d’admettre ce qui est conçu comme un déclassement conduit à la négation des problèmes réels qui affectent l’arrondissement. Apparaît alors le risque d’un repli du 7ème arrondissement, pris dans un cercle vicieux du déclin.

 

La gestion frileuse et pour le moins conservatrice du maire d’arrondissement Michel Dumont (UMP) reflète ce refus de reconnaître la réalité de la situation et de lui apporter des solutions. Cette absence de vision se double par ailleurs d’une attitude souvent dogmatique et sectaire. Le maire UMP s’est ainsi opposé sur tous les dossiers aux politiques impulsées par l’équipe de Bertrand Delanoë alors que ce sont ces mêmes politiques qui auraient pu apporter des réponses aux problèmes du 7ème.

 

Exemple de cette obstruction stérile : alors que les militants UMP distribuent sur les marchés depuis plusieurs semaines un tract de Françoise de Panafieu dénonçant la bilan de Bertrand Delanoë en matière de propreté, Michel Dumont est le seul maire qui a refusé de signer le contrat d’objectifs propreté avec la mairie centrale !

 

Cette opposition est préoccupante lorsqu’elle fait obstacle à la transparence et à l’émergence d’une véritable démocratie locale. A titre d’exemple, le 7ème ne dispose pas, contrairement aux autres arrondissements, d’une commission pluraliste d’attribution des logements sociaux…

 

 

Une conception minimaliste de la démocratie locale

 

Le refus d’instituer cette commission n’est pas le seul emblème du dogmatisme de l’équipe sortante. Les conseils de quartiers, introduits par Bertrand Delanoë, sont plus que délaissés. Réunis au mieux une fois par an, ils sont présidés par le maire et font figure, au mieux, de caisse de résonance de la désinformation savamment orchestrée par la mairie d’arrondissement. Le 7ème apparaît comme la lanterne rouge dans ce domaine aussi. A l’évidence, il mérite mieux.

 

246901679_ffece76b76.jpgLe mépris de l’opposition est également monnaie courante. Les humiliations sont fréquentes en conseil d’arrondissement. Les objectifs de l’UMP à l’approche des municipales reflètent à cet égard assez bien le peu de cas que la droite fait du pluralisme : Michel Dumont n’a pas hésité à appeler ces derniers jours ses troupes à se battre pour récupérer le seul siège de conseiller de Paris détenu par la gauche, « perdu bêtement » (sic) en 2001 à la faveur d’une triangulaire.

 

Mais, au-delà de la configuration inédite qui avait abouti en 2001 à ce que la gauche, avec les listes « Changeons d’ère », conquière ce siège, cette perte pour la droite n’est peut être pas un accident. Le discours frileux et conservateur de l’équipe locale perd en effet du terrain et une prise de conscience des problèmes posés par cet immobilisme émerge.

 

 

De la prise de conscience de l’impasse de l’immobilisme à une nouvelle ambition pour le 7ème

 

Dans ce contexte, le parachutage de Rachida Dati au bon vouloir du Prince apparaît, aux yeux de beaucoup d’habitants, comme une preuve de mépris plus que comme l’opportunité d’un renouvellement profond d’autant plus que l’intéressée refuse toujours de se prononcer clairement sur son intention ou non de devenir effectivement maire d’arrondissement en cas de victoire de sa liste.

 

Si l’annonce de ce parachutage a semé le trouble au sein de la droite et a donné lieu à des échanges d’arguments parfois mal inspirés, la gauche, derrière Laurence Girard, investie suite au vote des militants socialistes, aurait tort de faire de cette élection un combat dirigé contre Rachida Dati. Au nom du respect des électeurs du 7ème, nous devons au contraire voir dans la campagne à venir l’occasion d’un dialogue constructif sur notre bilan et notre projet avec les habitants.

 

C’est ce choix qui a été fait par Laurence Girard, à la tête de la liste « Paris, un temps d’avance » dans l’arrondissement.

 

 

Avec Laurence Girard, une éthique démocratique et un projet au service du 7ème

 

A 39 ans, Laurence Girard, diplômée d’HEC et exerçant d’importantes responsabilités dans une association de microcrédit, connaît bien le 7ème arrondissement où elle réside. Candidate aux législatives en juin dernier dans ce qui constitue toujours pour la gauche une « terre de mission », elle a souhaité placer son projet pour le 7ème au cœur de sa campagne comme elle a eu l’occasion de le rappeler lors d’une réunion publique devant 150 personnes au Musée social le 17 janvier dernier.

 

Ce projet devra répondre à deux exigences fondamentales qui se dégagent du diagnostic qui peut être fait de la situationDSC_0106.jpg de l’arrondissement : celle d’une véritable éthique démocratique redonnant notamment la place qu’ils méritent aux conseils de quartiers et mettant fin aux pratiques politiques qui ont eu cours jusqu’à présent ; celle, par ailleurs, de proposer un projet à long terme au 7ème lui permettant de ne plus être prisonnier de la logique « d’arrondissement-musée » dans laquelle il semble engagé.

La mise en mouvement du 7ème, objectif de notre projet d’arrondissement, passera notamment, outre la déclinaison locale du projet de Bertrand Delanoë, par la protection du commerce de proximité (par une politique de préemption des locaux commerciaux telle que celle engagée par la SEMAEST) et la création d’un réseau et de synergies entre les professionnels du commerce et de l’artisanat d’art. Il s’agira, en matière économique toujours, de développer des liens plus étroits entre le commerce local et le tourisme dont le potentiel est largement sous-exploité à travers le développement d’un hébergement de qualité et de proximité (chambres d’hôtes) qui permettra de fixer les flux touristiques, notamment dans le quartier du Gros Caillou. Notre projet laissera par ailleurs une place importante à des équipements culturels.

 

En matière de logement, outre la protection des locataires exposés aux ventes à la découpe prévue par le projet de Bertrand Delanoë (ce qui ne dispense d’une plus grande protection de la part du législateur…), 500 logements sociaux seront créés, accentuant ainsi l’effort impulsé sous la précédente mandature (224 contre 0 entre 1995 et 2001). Les logements intermédiaires occuperont une part significative dans cet objectif qui concerne autant les classes moyennes que les populations défavorisées, rappelons-le.

 

P1170328.jpgEn matière de solidarité et de santé, la couverture sanitaire sera renforcée par la construction d’un nouveau centre de santé et de lieux de prise en charge des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Le défi intergénérationnel sera ainsi au cœur de notre projet à travers notamment la création d’un lieu de rencontre et d’un café social au 12 rue Oudinot.

 

En matière d’urbanisme, des réflexions sur l’aménagement et la valorisation de certains espaces tels que le Champ de Mars ou les Invalides seront engagées ainsi qu’une reconquête progressive des berges de la Seine. La révision prochaine du Plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV) qui encadre étroitement sous l’autorité de l’Etat l’urbanisme dans toute la partie Est du 7ème sera l’occasion, d’une part, d’associer, par la concertation, les habitants et de jeter, d’autre part, les bases d’une ambition urbaine pour un arrondissement qui dispose d’espaces à valoriser mais qui reste paradoxalement largement prisonnier des cadres juridiques ou de la logique du marché.

 

Développer de façon exhaustive le projet de Laurence et son équipe pour le 7ème demanderait sans doute beaucoup de lignes supplémentaires. Toujours est-il que ces quelques pistes témoignent de notre détermination à porter un projet ambitieux qui permettra de valoriser les nombreux atouts de l’arrondissement.

 

 

Le 7ème s’offrira-t-il le luxe d’un « Grand soir » municipal ?

 

Nul doute que le parachutage de Rachida Dati a semé le trouble au moment même où la posture conservatrice de l’équipe sortante est en perte de vitesse. Si, d’aventure, la nouvelle de tête de liste de l’UMP avait l’audace de sortir de cet immobilisme, elle devrait répondre des contradictions d’un gouvernement auquel elle appartient qui a longtemps refusé d’appliquer les dispositions de la loi Dutreil en faveur du commerce de proximité et attaqué le PLU de Bertrand Delanoë sur cet aspect. Un gouvernement qui vend par ailleurs au prix fort des locaux ministériels qui pourraient être utilisés au service des Parisiens.

 

Pour l’instant peu impliquée dans la campagne, Rachida Dati n’a choisi aucune de ces options et demeure très contestée dans son camp. La curieuse investiture de Véronique Delvolvé-Rosset actuelle adjointe UMP aux affaires scolaires, bien implantée dans le 7ème, comme tête de liste du Modem pourrait, en plus, compliquer la tâche de la droite.

 

Sur le terrain, l’accueil réservé à la candidature de Laurence et aux militants est très encourageant, ce qui est suffisamment exceptionnel pour être signalé.

 

Sans doute y a-t-il quelque chose de provocateur et d’exagéré dans ce dernier sous-titre mais une chose est sûre : quelque chose est en train de changer dans le 7ème. Alors rendez-vous les 9 et 16 mars !

 

Bastien Taloc

par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Campagne 2008
Mardi 22 janvier 2008

On pourrait en rire, s'en satisfaire en tenant un raisonnement purement cynique et électoraliste. Mais le spectacle donné au plus haut sommet de l'Etat est tellement consternant qu'on pense aussi et avant tout à notre pays, à son avenir, quand on sait que les rênes ont été confiés à une véritable bande de guignols, qui en plus, sont satisfaits.

Prenons le simple déroulement de cette journée pour tenter d'illustrer - à nouveau - l'incurie et l'amateurisme qui caractèrisent l'équipe "gouvernante".

Une chose est sûre : il s'e(m)mêle !

Tout d'abord, l'exemple de la cacophonie malheureusement reproduit, vient bien sûr d'en haut. Dans ce cas, on a même droit à un multi-récidiviste. Sarkozy a effectivement d'abord déclaré, tout de go, qu'il allait s'engager dans la campagne des municipales, puisque une "électionSarkozy-municipales.JPG non-politisée, c'est une aberration". Au passage, n'était-ce sa phrase qui était une aberration : comment une élection ne peut pas être politique ? Mais voilà qu'aujourd'hui, après des sondages calamiteux (pour la majorité) dans la plupart des villes et au niveau national, après sa propre chute spectaculaire de popularité, qu'il déclare, toute honte bue ne plus vouloir désormais s'"engager dans les batailles municipales". Il le déclare dans une ville d'autant plus symbolique qu'il s'agissait de Pau, où il aurait pourtant pu illustrer sa prétendue réussite de l'"ouverture" qu'il avait imposée à l'UMP aux municipales, au prix de toutes les contorsions.

Par charité... laïque, ne tirons pas sur l'ambulance mais ces contradictions multiples sont préjudiciables à la qualité du débat démocratique, dans la mesure où aucune cohérence politique ne se dégage. Sarkozy ne sait plus sur ce quel pied danser. Heureusement que la gauche est "convalescente", qu'est-ce que ce serait si elle était en pleine forme...

Fadela, casse-toi de là !

De la même manière, on ne va pas trop avoir de compassion à l'égard de Fadela Amara, puisqu'elle est finalement totalement responsable de la situation dans laquelle elle se trouve, mais tout de même...

Aujourd'hui, après moult hésitations sur la venue ou non du Président puis du Premier ministre puis de... personne, Fadela Amara était heureuse d'annoncer enfin sont fameux plan "anti-glandouille". Des annonces assez plates, la réinvention de l'eau chaude, bref des mesures bien éloignées de l'ambition du "plan Marshall" évoqué pendant la campagne mais quelques pistes à creuser. Comme l'a bien résumé Aurélie Filippetti, porte-parole du groupe PS à l'Assemblée Nationale, on est passé au plan du plan "anti-glandouille" à la "maxi-embrouille".

Quelques heures plus tard, Christine Boutin, Ministre du Logement, n'hésitait, pas dans le petit jeu de p
Amara-Boutin.JPGing-pong médiatique qu'elle impose à Fadela Amara depuis plusieurs semaines, à déclarer que le plan présenté "manquait de prudence" et que "le temps des annonces, c'est terminé : les Français veulent du concret". Non, loin de là, Christine Boutin n'a pas rejoint le PS. Ses critiques sur le plan d'Amara n'ont d'ailleurs rien à voir avec celles que pourrait faire la gauche. Mais voilà simplement une Ministre de tutelle qui vient contredire quelques heures plus tard sa propre secrétaire d'Etat.

 

Christine Boutin a d'ailleurs déclaré qu'il n'y avait pas eu de concertation avec une secrétaire d'Etat censée être sous sa responsabilité et qu'elle avait plus ou moins "découvert" les annonces faites. Sans entrer dans un cours de science administrative, cette annonce est plus que préoccupante. L'Etat est-il gouverné ? Une équipe gouvernementale est telle une agrégation d'individualités ou un collectif ? Puisque l'on parle de notations, l'un des principaux critères devrait être le management de l'équipe, sans laquelle aucune cohérence ne se dégage. Assurément, Christine Boutin mais Nicolas Sarkozy également méritent un bon petit zéro pointé.

Le combat des titans : Christine Albanel vs Luc Chatel (waouh !)

Christine Albanel, déjà futur ex-Ministre de la Culture, ne sait plus comment faire pour combler les trous que le chef de l'Etat s'amuse à faire dans les budgets de la Culture sans même la prévenir (cf suppression de la publicité sur les chaînes publiques qu'elle a apprise... à la télé...). Pour financer les impératifs travaux de rénovation et d'entretien du patrimoine, la Ministre a donc pensé à créer une taxeCarlton.JPG sur les nuitées passées dans les hôtels de luxe. On ne jugera pas ici de l'idée de la Ministre en tant que telle, qui mérite peut-être d'être étudiée mais on est toujours surpris d'observer que cette idée n'a fait l'objet d'aucune concertation gouvernementale, alors qu'on nous répétait (c'était jadis, il y a quelques mois) que le "Conseil des ministres était un lieu d'expression libre comme jamais".

Si elle n'a fait l'objet d'aucune concertation, c'est parce que Luc Chatel, secrétaire d'Etat au commerce et au tourisme (si si, on vous jure) a déclaré quelques heures plus tard, en toute nuance (après, on va encore nous dire que la gauche est "agressive") : "
Au moment où nous voulons attirer une nouvelle clientèle à forte contribution, car si elle ne vient pas en France elle ira ailleurs, je ne suis pas sûr que ce soit le meilleur message à envoyer". 

Cette pratique du pouvoir pose un authentique problème de lisibilité de l'action publique. Finalement, on se rend compte à quel point nous avions encore surestimé le sarkozysme. Au départ, ces guéguerres picochrolines entre Ministres paraissaient organisées de l'intérieur, comme pour mieux phagocyter l'opposition réelle en en intégrant une factice au gouvernement. En réalité, ce n'est même pas un coup tactique magistral, c'est simplement le résultat d'un coup médiatique tellement grossier que la bulle a fini par éclater. Rassembler des personnalités inexpérimentées, des profils totalement incompatibles, des débauchés peu recommandables ne fait pas un esprit d'équipe. Encore moins quand ces mêmes Ministres n'ont plus de pouvoirs et que leur seule façon d'exister est de céder à la mode des petites phrases assassines pour se sentir exister.

Plus que la saugrenue idées des notes, face aux défis importants auxquels est confronté le pays (crise financière, économie atone, problème des banlieues...), c'est pourtant d'une équipe sérieuse dont ont besoin les citoyens. Une petite dissolution ? Allez, faisons en tout cas confince à des équipes sérieuses aux prochaines municipales.

 

par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Institutions et pratique du pouvoir
Dimanche 20 janvier 2008

Le navire elyséen prend l'eau de toutes parts, allant même jusqu'au fait, déshonneur suprême et première historique après à peine 7 mois de mandat, que le Premier ministre dépasse le Président de la République dans les sondages.

Cependant, la tour elyséenne ne sait plus du tout où il faut désormais atterir. Après plusieurs discours soit dangereux (laïcite) soit plats (les différentes cérémonies de voeux) soit totalement contradictoires, voire les trois en même temps, on entre désormais dans l'ère du grand n'importe quoi.


Un quota minimal de Sarkozy à imposer d'urgence à la France !

Puisque le premier déplacement avait été rude malgré les trésors de démagogie déployés, la stratégie du pire continue. Nicolas Sarkozy, qui est officiellement Président de la République, vient effectivement de se déplacer à Boulogne-sur-mer pour s'en prendre aux "quotas européens". Cette fois-ci encore, comme sur les 35 heures ou sur la laïcité, Sarkozy ne pourra pas dire demain qu'il n'a pas dit la chose suivante, que tout le monde a pu lire dans les dépêches : "La première chose (pour aider la pêche), c'est l'affaire des quotas: il faut qu'on en sorte et on a une opportunité pour en sortir, c'est que la France va présider l'Union européenne du 1er juillet au 31 décembre". Deux énormités en une seule phrase, et ce n'est pas fini.

Commençons par la première partie de la phrase. Sarkozy n'hésite pas à attiser la haine entre scientifiques et pêcheurs en expliquant : "Il faut arrêter d'avoir d'un côté les scientifiques, et les pêcheurs de l'autre, parce que les premiers qui ont intérêt à sauver la ressource, ce sont les pêcheurs". Autrement dit, entre les scientifiques, qui passent leur temps à évaleur la ressource effective des poissons et les pêcheurs qui certes fréquentent la mer tous les jours mais dans le même temps vivent de cela (d'où une objectivité disons... réduite), il n'hésite pas à choisir, mettant en doute la crédibilité-même des mesures scientifiques qui sont établies. Il remet en cause par ailleurs l'accord sur les quotas pour 2008 négocié par les Ministres européens et dont son propre Ministre, Michel Barnier, à ses côtés, s'était à l'époque, il y a un peine un mois (le 19 décembre) félicité !

Rappelons simplement que les quotas ont été mis en oeuvre par l'UE pour stopper la surpêcheundefined dramatique qui allait non seulement finir inexorablement par détruire toute une partie de la pêche en tant qu'activité économique mais aussi et surtout qui remet en cause la biodiversité voire la chaîne du vivant. Thon rouge et autres maquereau allaient complètement disparaître si nous continuions dans cette voie. Quant à l'argument de la pluriannulité des quotas, il n'a aucun sens : comment juger en 10 ans de l'évolution de l'espèce dont la seule variable, même si elle a été malheureusement largament prédominante ces dernières années, n'est pas l'activité humaine ?


Un quota de Sarkozy que les Européens vont finir par nous imposer

Revenons enfin sur le deuxième élément de la phrase où le matador Sarkozy n'a visiblement pas tout compris au sens de la "présidence de l'UE". Il explique effectivement : "on a une opportunité pour en sortir [des quotas], c'est que la France va présider l'Union européenne du 1er juillet au 31 décembre". Autrement dit, "je décide, ils [nos 26 partenaires européens] exécutent", comme n'aurait pas manqué de dire son père en politique.

Après s'être attribués systématiquement les moindres avancées communes (traité "simplifié" fruit du travail d'Angela Merkel, libération des infirmières bulgares après 8 ans de négociations menée par la Commission...), Sarkozy donne donc le la de "sa" prochaine "présidence" de l'UE. Ce qu'il n'a peut-être pas compris, c'est que l'UE n'a pas encore été transformé en monarchie élective et qu'il existe de vrais journalistes en dehors de France.


Et si on songeait à l'impeachment ?


Plutôt que des propositions aussi stupides que démagogiques, une véritable proposition audacieuse pour réformer les institutions françaises serait d'introduire une procédure d'impeachment qui pourrait être utilisée à bon escient aujourd'hui. Les Français semblent se réveiller, il est grand temps. Avouons tous que nous n'aurions jamais penser que la "fiction" que nous évoquions pendant la campagne sur la politique menée par cet individu ne se transforme en une "réalité" plus accablante chaque jour.  Au fait, qui parlait de "bourdes" ?


Au passage, petit cours de presse Pravda. Tous les journaux semblent avoir compris de quoi il en retournait, autrement dit de la remise en cause des quotas, exprimé clairement par Sarkozy. Tous sauf un...

Les trois articles du Monde, de Libé et du Nouvel Obs sont clairs, conformes aux propos de Sarkozy. Le Figaro, qui fut un grand journal de droite, est désormais la gazette de l'Elysée. Martinon ne ferait pas mieux dans l'atténuation et la déformation en titrant (sic) : "Sarkozy pour le dialgoue avec Bruxelles"...
par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Opposition

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Numéro 8
  (Mars-avril 2008)

Numéro 7
(Novembre 2007)
Numéro 6 (Octobre 2007)
Numéro 5
(Avril 2007)
Numéro 4 (Février 2007)
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(Novembre 2006)
Numéro 2 (Octobre 2006)
Numéro 1
(Juin 2006)

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-Téléchargez notre contribution au Pacte présidentiel sur les prisons : "Politique carcérale, un devoir de changement pour les socialistes" (février 2007)

projet_so.jpg

-Téléchargez notre contribution au Projet socialiste sur la décentralisation : "Pour une nouvelle ambition socialiste au service de la décentralisation" (juin 2006)


-Téléchargez le compte rendu de notre débat-formation sur la fiscalité et la protection sociale (janvier 2007)
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