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Mercredi 14 mai 2008

Dans un contexte où les divisions de la majorité, en particulier sur le dossier environnmental (récent camouflet sur le projet OGM), sont de plus en plus saillantes, la rediffusion de cet article de Florence Damiens, déjà diffusé dans le dernier numéro d'Allons voir si la rose, permet d'expliquer les raisons fondamentales de ce couac général qu'est le Grenelle de l'environnement.


On a beau être de gauche, être militant on est également citoyen.
On a beau s'engager pour des principes, des valeurs, on vise et désire avant tout le bien commun. Dès lors, lorsque le président de la République N. Sarkozy a annoncé que la question environnementale devait prendre toute sa place dans la politique française et décidait pour cela la réunion d'un « Grenelle de l'environnement »,on ne pouvait qu'espérer sa réussite. Malheureusement, le Grenelle n'a été que de la poudre aux yeux, qu'un amas de propositions floues, décevantes et peu convaincantes. Voici pourquoi.

 

Tout d'abord et avant tout, le Grenelle déçoit par son contenu même. Les journalistes auront beau s'extasier sur le processus, sur son caractère novateur, il n'en reste pas moins vrai que ses propositions sont floues ou, quand elles ne le sont pas, restent bien en deçà des exigences minimales qu'il faut avoir pour faire face aux enjeux environnementaux. Nous pouvons diviser cet amas de propositions en trois catégorie :

- la première serait celle des propositions « art du vague et du vide » qui nécessiteraient d'importantes précisions (sur leur contenu, leur organisation, leur financements -vu que les caisses de l'Etat sont vides selon le président- etc.). Ces mesures, comme la « 
Création d’une Haute autorité indépendante de médiation des conflits sur l’expertise et l’alerte », sont majoritaires et ne sont soumises à aucune contrainte, comme un calendrier de réalisation ;

- le second type de propositions est celui des propositions qui « s'auto annulent », donc non contraignantes, à l'instar d'une réduction de 50% de l'utilisation des insecticides... Si nous trouvons une technologie alternative (sûrement grâce au fantastique budget de la recherche française...). Ainsi, après les belles phrases du Grenelle, l'Etat peut sans soucis autoriser la commercialisation de l'insecticide Cruiser qui représente pourtant un danger grave pour la survie des abeilles, à la grande joie des apiculteurs français ;

- la troisième catégorie serait celle des mesures molles, en deçà des exigences. Là, les mesures sont plus précises (si on omet de considérer l'invisible budget) avec un calendrier. C'est bien. Si elles respectaient les conditions indispensables pour lutter efficacement contre les pollutions et le réchauffement climatique (en suivant par exemple rapport du GIEC) cela serait mieux. Par exemple, une des mesures phare était l'amélioration de l'isolement des bâtiments (premier émetteur de CO2 à Paris, donc avant les transports, selon le bilan carbone de la ville). Cependant, seuls les bâtiments publics et les bâtiments neufs sont véritablement concernés alors que le privé ne serait soumis qu’à de vagues « 
mécanismes incitatifs puissants ». Ainsi, dans les plans pour 2020, seraient visés seulement 20 % des les bâtiments tertiaires, 12 % des les bâtiments résidentiels et un tiers des bâtiments neufs. En réalité, il faudrait isoler au grand minimum 20% de l’ensemble des bâtiments.

 

Ainsi, dans ses propositions même, le Grenelle de l'environnement paraît déjà bien flou et bien peu réalisable. Soyons cependant indulgents et considérons que ce rapport constitue seulement la première étape. Soit, regardons alors l'étape 2: sa réalisation, sa transformation en lois et actions concrètes. Et là malheureusement, c'est pire. Deux arguments jouaient en faveur du Grenelle. Le premier était son caractère novateur, son esprit même, c'est-à-dire la capacité de réunir autour de la table différents acteurs en vue de trouver la meilleure solution possible (hommes politiques, associations, entreprises, experts etc.). Or cet esprit, un fois la vague médiatique passée, s'est retrouvé bien asséché. La suite du Grenelle se caractérise plus par un non respect et le mépris des conclusions, comme le moratoire sur les Organismes génétiquement modifiés (OGM), valide jusqu'en avril 2008 soit jusqu'au début des ensemencements (et non après). Le deuxième argument en faveur du Grenelle était son caractère éducatif,« sensibilisateur » auprès de la population. Je répondrai que, concrètement, la plupart des Français n'ont qu'une vague idée de ce qu'est le Grenelle et que son poids pèse peu face à l'image d'un président qui consomme, aime le « toujours plus » et les voyages en jet privé. 

 

Car c'est en effet cette image, ce slogan du « travailler plus pour gagner plus » comme la question actuelle du pouvoir d'achat qui nous montrent à quel point le Grenelle n'a été que vent. Le Grenelle aurait valu la peine, aurait été une véritable avancée pour la France et le monde, s'il avait provoqué un véritable débat, une véritable réflexion sur notre société suivie de mesures fortes comme la taxe carbone. Ce que nombre de nos politiques dont les membres du gouvernement n'ont pas compris c'est que l'urgence environnementale et, en particulier climatique, nécessite plus qu'un paquet de mesures floues sans budget alloué. Comment une même présidence aidée d'un même gouvernement peut-elle  juxtaposer en huit mois la question de la croissance en prônant un « travailler plus pour gagner plus pour consommer plus », la question du pouvoir d'achat et celle de l'environnement sans même poser la question de la viabilité de notre modèle? Le Grenelle ni les pouvoirs ne proposent une réflexion globale sur une refonte du système afin d'assurer une meilleure répartition des richesses tout en préservant l'environnement. C'est donc sur la base d'un « meilleur » bien être, pas nécessairement synonyme de « toujours plus », que la société doit fonder sa réflexion. Le Parti Socialiste a ici un rôle majeur à jouer en continuant à prôner une politique du progrès tout en renforçant la place de la question environnementale qui doit intervenir au centre de toute politique. L’impulsion donnée par la candidate socialiste Ségolène Royal lors des présidentielles comme la création d'un pôle écologique au sein du parti ( http://poleecologiquedups.typepad.fr) constituent une véritable chance pour le parti pour qu'il se décide définitivement à prendre le problème à bras le corps: proposer une vision différente de la société, où le collectif et le bien-être physique et moral sont placés avant la consommation individuelle, avant le plus.

 

Voilà ce que le parti peut, doit faire et fera je pense, s'il réussit sa rénovation, loin de la zappette médiatique et peu réfléchie du président et de son équipe. 

Florence Damiens

par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Energie - Environnement
Dimanche 11 mai 2008
Comment ne pas voir dans Mai 68 un moment d’une importance cruciale pour le mouvement de libération desfemmes qui a suivi et qui n’est pas terminé ? Comment peut-on déclarer vouloir « liquider » cet héritage ?


Voilà une chose que je ne comprends pas… Pour les femmes, il fait meilleur vivre en 2008 qu’avant 1968 et je défis quiconque de me dire le contraire.

Il n’y avait soit disant « plus de valeur »  dans le mouvement de 68 (dixit M. Sarkozy). Et l’égalité hommes- femmes alors ? Ca ne compte pas dans les valeurs peut être…

 

Petit retour sur la situation de la femme dans la société française à cette époque :   le droit de vote des femmes a été instauré en France en 1944 ; en 1965, la femme est libre de travailler sans l’autorisation de son mari ; en 1967 avec la loi Neuwirth, la contraception est autorisée mais n’est pas remboursée par la sécurité sociale.

Mais dans les faits, la pilule n’est pas facilement prescrite et l’avortement est un délit. Les grossesses non désirées sont nombreuses et les femmes qui refusent la maternité avortent dans des conditions dramatiques. Dans le couple, l’autorité revient entièrement au père. Dans le travail, les femmes occupent des fonctions peu importantes. Les concours d’entrée à certaines grandes écoles leur sont fermés.

 


Mai 68 change la donne. Pendant le mouvement, les femmes sont là. Elles se posent en symbole de Marianne et manifestent, comme les hommes. Elles descendent dans la rue pour dire non à une société qui semble les ignorer. Les femmes rompent avec leur image de gardienne du foyer et d’obéissantes épouses. Elles revendiquent de prendre en main leur destin. Ces femmes sont malheureusement souvent restées anonymes pendant le conflit, « sous-entendue » plutôt qu’entendue. Les leaders restaient des hommes. Mais c’est tout de même une bouffée d’espoir.


Mai 68, marque pour les femmes le début du féminisme. Il y des droits à acquérir : salaire – les femmes gagnent en moyenne 1/3 de moins que les hommes à travail égal- droit à l’avortement … et tout un modèle social à faire évoluer.

Le MLF, Mouvement pour la Libération des Femmes, se crée à la suite de mai 68. Ce fameux MLF n’est en effet pas tombé du ciel en 1970. .. Mai 68 a été l’aube qui l’annonçait.

Mai 68 a été un creuset. Il a favorisé l’émergence des principaux mouvements contestataires de notre époque. Un des héritages les plus visibles et les plus réussis est du côté de la libération des femmes, qui marque dans l’histoire du XXe siècle un tournant.

  

Les lendemains du mois de mai ont été chantants : remaniement du code civil en 70, dans lequel il est désormais écrit que « les deux époux assurent ensemble la direction morale et matérielle de la famille », décrets de l’application de la loi Neuwirth en 73 facilitant l’accès à la contraception, création d’un secrétariat d’Etat à la condition féminine en 74, loi Veil sur l’avortement en 75…Sans oublier tous les petits changements dans la société : l’autorisation du port du pantalon pour les filles dans les écoles, la création du jean unisexe, mixité des classes…


En mai 68, la rue a bougé et les femmes aussi. Même si aujourd’hui, il reste encore à jeter de nouveaux pavés dans la mare !

 

Ainsi, il n’est pas normal que professionnellement une femme éprouve plus de difficultés à s’affirmer, notamment au niveau du salaire qu’elles perçoivent, en moyenne 20% moins élevé que les hommes avec les mêmes qualifications… Après mai 68, la femme a gagné le droit d’exister et d’être reconnue professionnellement. Et pourtant, elle reste parfois conditionnée à son rôle de femme au foyer avec en prime un métier. Et c’est pour cela que les femmes militent encore pour acquérir les mêmes droits que les hommes et pour que les hommes assument les mêmes devoirs que les femmes.

 

Tant qu’il existera une journée de la femme qui nous rappelle que nous « sommes tous égaux, mais certains plus que d’autres », alors le féminisme aura toujours une raison d’exister et le mouvement amorcé en 68 continuera… Jusqu’au jour où il y aura 365 journées de la femme et 365 journées de l’homme…et plus besoin d’un 8 mars.

 

Alors, que reste-t-il sous les pavés de 68 ? Au moins un mouvement bien amorcé : le féminisme…

 

Camille Spire

par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Contre l'esprit de repentance sur Mai 68 !
Vendredi 9 mai 2008


Les louvoiements permanents auxquels s’adonne l’UMP depuis 2002 en matière de politique économique et sociale, faute de cap politique clair, ont une traduction particulièrement nette à travers la politique de l’emploi. Si bien que l’aller-retour incessant entre abandon et reprise des contrats aidés semble bien faire figure d’unique esprit de suite, à défaut de cohérence d’ensemble. L’actuelle réduction drastique du recours aux contrats aidés en constitue le dernier épisode. Malheureusement, outre les bénéficiaires eux-mêmes de ces contrats, c’est le secteur associatif qui paie le prix fort de cette inconstance…

   

« Souvent, politique de l’emploi varie » : chronique d’une pièce en trois actes…

 

Les hésitations de l’UMP depuis 2002 en matière de politique de l’emploi sont sans doute une des meilleures illustrations de l’ambiguïté des orientations économiques de la droite, derrière l’apparente cohérence des programmes sur lesquels elle a été portée au pouvoir en 2002 puis reconduite en 2007.

  

Sur fond de critique permanente de la réduction du temps de travail – et d’embarras manifeste quant à l’idée de l’abrogation pure et simple des lois Aubry – les gouvernements qui se sont succédés depuis 2002 n’ont en effet cessé de louvoyer quant à la question du recours aux emplois aidés.

 

Ainsi, après avoir tenu, de 2002 à 2005, une position dogmatique de refus des emplois aidés, la droite a fini par y avoir massivement recours à travers la loi de cohésion sociale. Aujourd’hui, elle semble une nouvelle fois pencher pour leur abandon. Résumé des trois actes de cette pièce à l’intrigue pour le moins emmêlée…

 

 

Acte I (2002-2005) – la remise en cause des contrats aidés ou la victoire de l’aile « néolibérale » de l’UMP

 

Victorieuse dans un contexte ambigu en 2002, la droite s’était appuyée, sous le gouvernement Jospin et pendant la campagne, sur une critique sans concession des emplois aidés, à travers les emplois jeunes, accusés d’être un instrument artificiel de création d’emplois par les pouvoirs publics.

 

Du fait de l’arrivée à échéance du dispositif des « emplois jeunes », la politique de l’emploi conduite à partir de 2002 a été ainsi caractérisée, dans un premier temps tout du moins, par un recours bien moindre aux contrats aidés. Tout au plus, des dispositifs d’emplois aidés destinés aux jeunes ont été mis en place à travers le contrat « jeunes en entreprises », lancé en juillet 2002 par François Fillon. Ils s’adressaient, non plus à des collectivités ou à des structures associatives mais au secteur marchand. Ce contrat vit sa portée limitée par son échec patent : 120 000 contrats de ce type ont été signés alors que le gouvernement tablait sur un chiffre de 250 000.

 

En réalité, un affrontement discret à l’intérieur de la droite s’est engagé dès 2002 entre ceux qui souhaitaient que soit presque totalement abandonné le recours à des contrats aidés financés par l’Etat, et les autres, plus pragmatiques, qui voyaient dans ces contrats un instrument nécessaire s’agissant des publics les plus en difficulté.

 

Acte II (2005-2007) – la loi de cohésion sociale ou le retour en force des contrats aidés

 

Alors que premier camp s’est imposé en 2002 avec la non reconduction des emplois jeunes, la très rapide dégradation du marché du travail – notamment en 2003 – a permis au deuxième de l’emporter. Après avoir décrié l’emploi aidé, la droite lui permettait de revenir par la grande porte, en l’occurrence, celle de la loi de programmation pour la cohésion sociale en janvier 2005. Ordonnant quelque peu le maquis des multiples dispositifs en matière de politique de l’emploi, cette loi prévoyait la création de nombreux contrats aidés, en contradiction totale avec les discours tenus depuis 2002, rétablissant ainsi la place importante de ces dispositifs.

 

Si la droite a souvent rétrospectivement imputé le « trou d’air » dans les créations de contrats aidés entre 2002 et 2004 à l’absence d’anticipation par le gouvernement Jospin de la fin des emplois jeunes, c’est en réalité à un affrontement interne à la droite que l’on doit leur interruption brutale et le revirement qu’a constitué la loi de cohésion sociale. Aucun mythe rétrospectif ne doit à cet égard faire illusion…

 

Acte III (2007- ) – la revanche des adversaires de l’emploi aidé ?

 

Le naturel semble revenu au galop avec l’élection de Nicolas Sarkozy qui a abouti rapidement, à l’été 2007, à l’amorce d’une nette baisse de régime dans la reconduction des contrats aidés, notamment des contrats d’accompagnement dans l’emploi (CAE) et les contrats d’avenir (CAv). Afin de réaliser 600 M€ d’économies, le gouvernement a ainsi annoncé à l’été son intention de ne pas renouveler 185 000 CAE et 55 000 CAv, dans le secteur non-marchand, d’ici la fin 2007.

 

Ce nouveau changement d’orientation a, nous le verrons plus loin, un effet qui se fait largement ressentir depuis début 2008 pour de nombreuses associations, et non des moindres.

  

Ces multiples revirements nuisent clairement à l’efficacité de la politique de l’emploi. Ils procèdent malheureusement d’une inconstance sans doute plus large…

 

Une inconstance peut en cacher une autre…

 

L’inconstance de la droite dans son rapport aux contrats aidés témoigne plus largement – même si ce n’est pas l’objet de cet article – de l’absence de gouvernail dont souffre la politique économique de l’UMP depuis 2002.

 

Le malentendu fiscal sur lequel Nicolas Sarkozy a bâti son programme économique et sa victoire n’est pas pour laisser penser que 2007 a constitué une rupture et une clarification à cet égard. De nombreux analystes ne manquent pas de souligner les hésitations du locataire de l’Elysée depuis son élection entre une voie néolibérale et une ligne aux accents interventionnistes et protectionnistes. Sans parler de l’absence de politique de l’offre au profit d’une politique de la demande qui emprunte largement à ce qu’il faut bien qualifier de « keynésianisme du riche ».

 

A défaut de clarification, la droite revient donc toujours à ses vieux démons : une politique incohérente mêlant des mesures fiscales coûteuses et inutiles à des diatribes néolibérales (dans une version souvent vulgaire qui emprunte à un certain « poujadisme ») et n’hésitant pas par ailleurs à céder aux réflexes clientélistes habituels ou aux discours protectionnistes de circonstance.

 

Les contrats aidés, un objet de débats pourtant légitimes

 

Là où le gouvernement n’a cessé de changer son fusil d’épaule, un débat serait pourtant nécessaire afin clarifier et « stabiliser » l’architecture de la politique de l’emploi. 

 

Le recours aux contrats aidés s’est largement développé face à la crise économique des années 70, au chômage de masse et aux problèmes d’insertion et d’employabilité qui ont affecté un nombre croissant d’individus. Réponse immédiate des gouvernements successifs à ces problèmes, source de main d’œuvre précieuse pour le secteur non marchand et notamment les associations, les contrats aidés ont commencé à faire l’objet de critiques dès lors que leur coût élevé pour les finances publiques a été placé en regard de la montée inexorable du chômage. Revenons sur quelques unes de ces critiques.

 

On pourrait d’abord voir dans la critique de la philosophie même des contrats aidés une critique d’essence néolibérale, contestant l’opportunité pour la collectivité de créer des emplois financés par la dépense publique et jugés déconnectés des besoins réels de l’économie. Une telle politique serait coûteuse et inefficace puisque les prélèvements obligatoires qui la financent seraient autant d’entraves au fonctionnement du marché qui permet seul, par une allocation optimale des ressources, de « révéler » les véritables besoins de l’économie en termes d’emploi.

 

Cette critique ne tient pas compte justement des besoins du secteur associatif, non marchand par définition, et sous-estime l’importance des problèmes d’insertion et d’employabilité engendrés par un chômage de masse prolongé, problèmes qui nécessitent des solutions spécifiques, par l’intervention des pouvoirs publics.

 

Une autre critique, largement recevable, concerne les problèmes liés au périmètre du ciblage des contrats aidés. Cette critique avait été forte – à juste titre – l’occasion de la mise en place des emplois jeunes en 1997, accusés de bénéficier à des jeunes déjà titulaires de diplômes d’enseignement supérieur et donc moins dans le besoin de solutions d’insertion telles que les contrats aidés, destinés aux publics en difficultés ou nécessitant une formation complémentaire telle qu’un apprentissage. Au passage, on peut également et, plus largement, émettre de nombreuses réserves sur le ciblage générationnel des politiques de l’emploi comme quelques camarades – dont l’auteur de cet article – avaient eu l’occasion de le faire dans une note adressée à l’équipe d’un candidat malheureux à l’investiture socialiste pour la présidentielle en 2006, suite à ses propositions en matière d’emploi, dans un contexte marqué par le retrait du CPE.

 

La complexité des dispositifs mis en place et leur enchevêtrement sont par ailleurs souvent mis en avant. S’il est sans doute vrai que l’on a pu constater un enchevêtrement des différents dispositifs de contrats aidés au fil du temps (quand certains contrats ne font pas doublons dans leurs finalités avec d’autres…), la complexité ne saurait être, comme souvent, l’alibi de politiques d’inspiration néolibérale consistant à faire table rase d’outils politiques parfois utiles pour peu qu’ils soient utilisés efficacement. Un toilettage est sans doute nécessaire, même s’il a été engagé par loi de cohésion sociale en 2005, mais il serait lâche politiquement de faire de la complexité le seul fondement d’une remise en cause radicale et sans discernement des contrats aidés.

 

L’autre critique essentielle des contrats aidés concerne le fait qu’en ne permettant pas à leurs bénéficiaires de rentrer réellement dans une logique d’insertion, ils engendrent ce que l’on pourrait qualifier de « trappes à contrats aidés ». Les bénéficiaires ne parvenant pas à trouver, à l’issue d’un contrat aidé, un emploi stable, ils rentrent alors dans une spirale d’enchaînement des contrats spécifiques sans perspective d’en sortir. C’est alors l’échec même des contrats aidés qu’il faut constater.

 

Enfin, comme tout dispositif d’emploi aidé, les contrats aidés, s’ils concernent le secteur marchand, peuvent comporter des effets d’aubaine ou de substitution (en fonction du public cible) importants. Ils profitent alors à des entreprises qui auraient pu réaliser ces embauches sous formes de contrats « de droit commun ».

 

En définitive, si toutes ces questions étaient clairement posées dans le débat public, l’empressement avec lequel des contrats aidés ont été créés, tout comme la précipitation avec laquelle ils ont parfois été purement et simplement supprimés, par non renouvellement, pourraient être évités.

 

C’est faute de visibilité quant à leur utilité réelle que le gouvernement s’est autorisé à des revirements incessants. Il eut été préférable d’examiner cette donnée plus en détail et de donner plus de stabilité à l’architecture de la politique de l’emploi. En effet, entendons-nous bien, cet article n’est pas tant un plaidoyer pour le tout « contrats aidés » comme solution aux problèmes de chômage et d’insertion qu’un plaidoyer pour une cohérence et une continuité minimales dans la conduite de la politique de l’emploi 1


Les associations, victimes collatérales des revirements gouvernementaux

 

La pièce en trois actes que nous avons présentée plus haut pourrait n’être qu’un vaudeville de mauvaise facture si elle n’avait pas des conséquences très dommageables pour les bénéficiaires des contrats aidés et pour les associations qui en sont utilisatrices.

 

En effet, nombre de contrats aidés concernent le secteur non-marchand. Or le non renouvellement massif des contrats aidés – comme c’est le cas actuellement avec les CAE – est un facteur de déstabilisation préoccupant pour l’activité de ces associations. Depuis quelques mois, de nombreuses associations caritatives ainsi que des centres sociaux sont mis en difficulté par la politique gouvernementale. Ces associations combinent en effet souvent le bénévolat et le recours à des salariés, très souvent en contrats aidés. De fait, le non renouvellement des CAE risque de les contraindre à réduire le périmètre de leurs activités, au détriment des publics auprès desquels elles interviennent.

 

L’absence de pérennité des emplois aidés, souvent déplorée par les responsables associatifs, s’ajoute ainsi à l’incertitude quant au montant des subventions dont les associations peuvent bénéficier d’une année sur l’autre.

 

Il apparaît ainsi urgent pour le gouvernement de stabiliser la politique de l’emploi qu’il conduit et, plus largement, de garantir aux associations un cadre sécurisé et stable, en vue de conforter le développement de leur activité, par exemple à travers une logique de contractualisation pluriannuelle. Malheureusement, il semble à l’heure actuelle peu sensible aux considérations développées dans cet article…

 

Bastien Taloc

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 Illustration grotesque de cette instabilité des orientations : le gouvernement Villepin avait en 2006 remplacé par un nouveau contrat de transition professionnelle expérimenté dans quelques bassins d’emploi en difficulté un dispositif remplissant les mêmes fonctions créé quelques mois plus tôt. Il est pourtant trivial d’affirmer que c’est sur la durée seulement que l’on peut apprécier l’efficacité d’un instrument.

par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Questions économiques et sociales
Vendredi 9 mai 2008

 

Pour la première fois, un débat sans vote, faisant suite à une déclaration du gouvernement, au sujet des langues régionales, s’est tenu à l’Assemblée nationale le 7 mai. Une initiative inédite qui annonce peut-être des modifications du cadre juridique en matière de langues régionales. Dans ce débat utile, les députés socialistes entendent notamment porter le projet d’une révision de l’article 2 de la Constitution, préalable à une ratification de la Charte européenne des langues régionales et à des évolutions législatives futures. A cet égard, on ne peut qu’encourager nos parlementaires dans la voie d’une rupture avec l’interprétation rigide et intransigeante des principes républicains qui a prévalu jusqu’alors en la matière…

  

Des réticences injustifiées à une reconnaissance des langues régionales


La place des langues régionales fait incontestablement partie des questions dont l’évocation dans le débat hexagonal suscite des réactions souvent passionnées pour ne pas dire véhémentes.
Et pour cause : l’imprégnation jacobine qui caractérise le système politique français conduit les détracteurs d’une reconnaissance des langues régionales à voir dans les revendications linguistiques un risque d’affaiblissement de l’unité nationale. Quand ces revendications ne sont pas perçues comme l’expression culturelle d’aspirations politiques à l’autonomie et à une partition du territoire national.

 

Les partisans de cette vision qui lie intimement, et de façon fort discutable, unité politique et homogénéité culturelle, se réclament souvent de l’héritage républicain de 1789. Or une analyse historique plus fine met rapidement en lumière que la légitimation par l’héritage révolutionnaire d’une politique linguistique particulièrement rigide est largement spécieuse. En effet, des travaux ont mis en évidence que la politique linguistique conduite dans les années qui ont suivi la Révolution n’était pas seulement accommodante ; elle tendait même à favoriser l’expression de la diversité linguistique locale. C’est essentiellement par la suite et notamment au cours du XIXème, sous la IIIème République, qu’ont été conduites des politiques particulièrement sévères à l’encontre des langues régionales.

 

Cette doctrine maximaliste qui tend à confondre unité politique et homogénéité culturelle, égalité et uniformité, ne trouve pas d’équivalent ailleurs. Nul doute en tout cas que son application a été particulièrement efficace dans la mesure où de nombreuses langues régionales ont quasiment été rayées de la carte. 

 

Une telle approche a été portée à droite comme à gauche de l’échiquier politique. Ainsi, une certaine gauche qui fait une lecture caricaturale et intransigeante des principes républicains a même parlé parfois de « provincialisme fascisant » ou de « fondamentalisme », là où la droite gaulliste puis chiraquienne a soigneusement évité tout crime de  lèse-jacobinisme, comme en témoigne l’exemple navrant du refus par Jacques Chirac de réviser la Constitution en vue de ratifier la Charte européenne des langues régionales, signée le 7 mai 1999 à Bucarest.

 

Or il n’y a pas de contradiction entre le principe unitaire (traduction de l’unité politique à travers l’unicité du cadre juridique) et la reconnaissance de la diversité culturelle. Et cette dernière reconnaissance n’est pas synonyme de communautarisme dans la mesure où la relation établie par certains entre diversité culturelle et repli identitaire ne relève en aucun cas de l’automatisme.

 

En effet, l’exemple breton montre à quel point l’attachement au particularisme régional n’est pas un obstacle à l’ouverture. Au contraire : la Bretagne apparaît aujourd’hui, après de longues décennies d’isolement lié à sa position périphérique, comme une région dynamique et ouverte (les enquêtes d’opinion y mettent en évidence un moindre pessimisme face à la construction européenne et à la mondialisation). Il est même possible d’établir un parallèle entre le décollage économique de la région à partir des années 70 et le renouveau de la culture celtique. Si établir une causalité dans un sens comme dans l’autre serait sans doute audacieux, l’existence d’une corrélation est déjà riche en enseignements.

 

Par ailleurs, il n’est pas établi que le sentiment d’appartenance à la nation soit plus faible dans les régions caractérisées par un fort sentiment de particularisme. A la vérité, là où les gardiens intransigeants du dogme jacobin semblent considérer que le sentiment d’appartenance à un ensemble ne peut être préservé qu’à l’exclusion de tous les autres, il apparaît que les identités sont en réalité surperposables, et ce sans exclusive. Pour dire les choses autrement, on peut tout à fait être corse, se sentir français, européen et citoyen du monde à la fois.

 

Dans un contexte de mondialisation, nous pourrions même dire que la capacité des individus à pouvoir aisément et rapidement raisonner à des échelles différentes et à les mobiliser simultanément est un atout précieux. C’est un facteur de stabilité et la garantie de repères dans un contexte de mutation accélérée des territoires. D’où l’idée que le particularisme régional peut même faciliter, dans le cas breton notamment, l’ouverture européenne et internationale. A ce titre, la revendication d’une reconnaissance des langues régionales n’est pas un combat d’arrière-garde ou le fruit d’une volonté passéiste mais s’inscrit bien dans la modernité.

 

Enfin, le discours qui consiste à juger « inutile » l’apprentissage des langues régionales n’est-il pas curieux dans la mesure où ce sont ceux-là mêmes qui portent une vision qui a abouti par le passé à les affaiblir de façon décisive qui les jugent marginales aujourd’hui ? A quoi juge-t-on l’utilité d’apprendre une langue, fût-elle « régionale », si elle participe à l’identité et à la culture d’une région, ce qui constitue un motif déjà suffisant de sa protection et de sa reconnaissance ? Par ailleurs, l’exemple catalan, dans les Pyrénées-Orientales, démontre que parler cette langue revêt un intérêt économique incontestable lorsque l’on sait que la Catalogne toute proche, communauté autonome particulièrement dynamique le parle largement et couramment. Faut-il rappeler par ailleurs que 11 millions de personnes parlent catalan dans le monde ?

  

Du verrouillage constitutionnel inutile de 1992 à la non ratification de la Charte européenne des langues régionales

 

La révision constitutionnelle introduite en 1992 est venue implicitement consacrer cette conception pour le moins monolithique conduisant à refuser de reconnaître de façon satisfaisante la place des langues régionales. C’est ainsi que depuis cette date, l’article 2 de la Constitution dispose que « la langue de la République est le français ».

 

Pour sembler anodine, cette modification dirigée contre l’usage de l’anglais dans le contexte de l’époque n’en est pas moins un verrou constitutionnel potentiel quant à une reconnaissance des langues régionales. Pour le constitutionnaliste Guy Carcassonne, cette disposition pouvait sembler incongrue voire superflue jusqu’à ce que le Conseil constitutionnel en fasse une lecture particulièrement rigide dans une décision de 1999 au sujet de la compatibilité de la Charte européenne des langues régionales signée par la France à Bucarest cette année-là avec la Constitution. Une révision constitutionnelle était donc nécessaire préalablement à la ratification de la Charte.

 

Un bras de fer s’était alors engagé à l’époque, sur fond de cohabitation, entre d’un côté Lionel Jospin et Pierre Moscovici, ministre des Affaires européennes, favorables à une révision, et, de l’autre, Jacques Chirac qui a rapidement condamné toute possibilité de révision, poussé par la vieille garde jacobine du RPR de l’époque.

 

Depuis, le dossier des langues régionales est resté gelé alors que l’éventualité d’une révision présentait l’opportunité d’un débat inédit sur le sujet.

  

Vers une inflexion dans un contexte marqué par les recommandations insistantes de l’ONU ?

 

Le dossier semblait gelé jusqu’à ce que le gouvernement accepte la tenue d’un débat sans vote le 7 mai dernier à l’Assemblée nationale. Si la portée de ce débat peut sembler limitée, sa tenue est suffisamment inédite pour être évoquée. Nombreux sont les parlementaires concernés qui se sont réjouis d’une décision qu’il convient en effet de saluer même si la date retenue n’était pas de nature à remplir les bancs de l’Assemblée…

 

Cette inflexion sensible intervient dans un contexte marqué par la publication le 3 mars 2008 d’un rapport de l’ONU à l’issue de la mission en France d’une experte indépendante, en septembre 2007. Ce rapport relaie largement les critiques évoquées plus haut quant à la politique linguistique de la France. Il insiste sur le déclin des langues régionales, faute de statut officiel, et déplore l’absence de politique cohérente en ce sens ainsi que l’insuffisance des efforts engagés (notamment concernant l’intégration des écoles bilingues indépendantes au système éducatif public, refusée jusqu’à ce jour), en renvoyant à la Déclaration sur les droits des minorités de 1992. Enfin, au paragraphe 93, l’experte recommande à la France de prendre ses dispositions en vue de ratifier la Charte européenne. Elle appelle par ailleurs l’Etat à « favoriser l’enseignement en langue régionale ou minoritaire, dans les premières années du primaire, pour les élèves qui le souhaitent. » Or, comme les acteurs associatifs le déplorent, les établissements publics d’enseignement primaire et secondaire ne proposent pas tous un tel enseignement à option. Il faut noter aussi que les subventions aux écoles indépendantes ont été purement et simplement supprimées.

 

Espérons que le débat engagé mercredi sera l’occasion d’apporter ces inflexions nécessaires et de jeter les bases d’un cadre juridique permettant de conduire des politiques cohérentes en vue de la promotion des langues régionales.

 

Au-delà de la ratification de la Charte européenne des langues régionales, quel nouveau cadre juridique pour quelle reconnaissance des langues régionales ?

 

Le contexte de l’inflexion de la position gouvernementale constitue une opportunité de mettre fin à une exception française qui n’est pas acceptable. Il est cependant regrettable de constater que le gouvernement envisage uniquement une modification législative, sans révision préalable de la Constitution, écartant de fait l’hypothèse d’une possible ratification de la Charte européenne. En plus d’être contestable (certains députés avancent l’idée qu’il est préférable de voter une loi conforme à l’esprit de la Charte qui évite ainsi à la France un contrôle des juges de la CJCE), cette position condamne de fait toute proposition législative ambitieuse puisque la nouvelle loi serait élaborée de fait à cadre constitutionnel constant, cadre que l’on sait très rigide. Il est en plus mensonger d’affirmer que, dans ce cadre, cette loi serait aussi ambitieuse que la Charte européenne car, sauf à penser que le juge constitutionnel est dupe, on voit mal comment celui-ci accepterait de voir rentrer par la fenêtre législative des dispositions qu’il a refusé de voir rentrer par la grande porte conventionnelle, en l’état de la Constitution.

 

C’est dans ce contexte que les socialistes doivent proposer une autre démarche, en trois voire quatre temps :

 

1- Dans un premier temps, il s’agirait d’introduire une révision de l’article 2 de la Constitution. Cette idée a déjà fait l’objet d’une proposition qui a reçu le soutien des députés socialistes. L’article 2 serait désormais rédigé comme suit : « La langue de la République est le français, dans le respect des langues régionales, qui font partie de son patrimoine. »

 

2- Cette révision permettrait dès lors de ratifier la Charte européenne des langues régionales, sans courir le risque de l’inconstitutionnalité.

 

3- Afin de se conformer aux obligations de la Charte à laquelle la France serait désormais partie, une loi sur les langues régionales pourrait être adoptée. Elle conférerait des obligations à l’Etat, protégerait les droits linguistiques et constituerait un cadre et une « boîte à outils » pour les collectivités territoriales désireuses d’engager des politiques linguistiques.

 

4- En parallèle, le gouvernement pourrait accorder à des collectivités territoriales qui le désirent (le conseil régional apparaît à ce titre comme le chef de file le plus adapté) le droit à l’expérimentation en matière de politique linguistique (cet instrument existe depuis la révision constitutionnelle du 28 mars 2003 et est mentionné à l’article 72-al.4 de la Constitution). Le Président du conseil régional de Bretagne, Jean-Yves Le Drian (PS) a adressé une demande en ce sens à François Fillon. Elle a surtout pour objectif de lancer le débat dans la mesure où il est peu probable qu’elle aboutisse, au regard du cadre juridique actuel encadrant les transferts de compétences et la définition de la politique linguistique.

 

C’est dans ce nouveau cadre constitutionnel et législatif que pourront être engagées des politiques cohérentes, sur la base d’un partenariat entre l’Etat et les collectivités territoriales. Comme c’est déjà le cas en Corse, un programme d’enseignement pourra être voté par la Région. Il garantira le libre choix de l’élève et de ses parents et donnera la possibilité, dans tous les établissements scolaires du territoire concerné, d’apprendre une langue régionale dans le cadre d’un enseignement bilingue et non plus uniquement optionnel. Le succès des écoles Diwan en Bretagne est là pour rappeler qu’un tel enseignement garantit les mêmes conditions de réussite pour les enfants concernés.   

 

Enfin, l’affichage bilingue ne pouvant se limiter aux panneaux routiers directionnels, l’audiovisuel doit tenir compte de la nécessité de promouvoir les langues régionales. L’audiovisuel local, en plein développement avec la TNT, est concerné mais pas uniquement.

 

Il convient d’appuyer et de renforcer les efforts déjà accomplis dans certaines régions, notamment par des élus la plupart du temps socialistes en Bretagne, où des embryons de politiques linguistiques sont déjà votés par les collectivités. Ces programmes restent embryonnaires pour une raison évidente : il s’agit d’échapper aux foudres d’un contrôle de légalité du préfet qui viendrait rapidement poser des limites à ces initiatives.

 

Une raison de plus pour en appeler à faire sauter les verrous constitutionnel et législatif qui maintiennent la France dans cette exception dont elle n’a pas – en l’occurrence – à être particulièrement fière…

 

Bastien Taloc

par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Point de vue militant
Jeudi 8 mai 2008

par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Opposition

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