Bref, là n'est pas la question : revenons au coup d'éclat permanent. Encore un "coup", ces derniers temps : la récupération de l'affaire des infirmières. Le nombre de bêtises qu'on a pu entendre sur cette affaire (dont je me réjouis du dénouement heureux - le plus heureux possible en tous cas) est hallucinant. Heureusement, à l'heure où je n'ai pas le temps de détailler, d'autres le font, très bien - et sans doute mieux que moi). Je vous propose par exemple la lecture du blog de Pierre Catalan, qu'on ne peut franchement pas accuser d'être au PS... Sérieusement, allez y jeter un coup d'oeil.
Si les Français sont des veaux (ah non, j'ai le droit de dire ça, je cite de Gaulle, comme notre PDLR, donc circulez....), nos voisins européens et du reste du monde ne le sont peut etre pas, eux.
Info ou intox, on disait?
Les cours d'éducation civique forment les citoyens de demain répètent inlassablement chaque Ministre de l'Education nationale. La Constitution, notre loi
fondamentale, doit effectivement être connue par tous. C'est également vrai. On explique même que la Constitution reste supérieure à tout traité international, y compris au droit communautaire.
Elle doit donc être respectée.
Pour autant, si la pédagogie est l'art de la
répétition, c'est aussi et sans doute l'art de la preuve. Je pense déjà à ces valeureux enseignants d'éducation civique, dont les cours ont du être animés en cette année électorale charnière,
qui ont taché d'expliquer à leurs élèves notamment l'article 20 ("le gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation") ou encore mieux, l'article 21 ("le
Premier ministre dirige l'action du gouvernement").
Quand les élèves vont raconter cela à leurs parents, ces derniers ne vont pas manquer de s'interroger : mais qui sont ces profs gaucho-marxistes qui n'ont pas compris que tous les
pouvoirs appartiennent au président de la République ? Ils auront alors raison de souligner le manque de regard éclairé de ces professeurs sur la pratique institutionnelle, de
dire que décidément ces professeurs sont bien "coupés de la réalité". Et le niveau baissera ma bonne dame, puisque ces élèves, après un tel discrédit de la parole professorale, ne vont pas
manquer de ne pas apprendre leurs leçons. A quoi ça sert d'apprendre, si la télé contredit le prof ?
On l'aura compris, François Fillon a un problème avec l'Education nationale. Depuis son passage remarqué rue de Grenelle avec une réforme funeste heureusement rejetée (pourtant "la seule chose
qui restera des deux mandats de Jacques Chirac" selon notre fort modeste édile sarthoise), le "Premier ministre" a donc décidé de se venger. Suppressions purement comptables de postes de
professeurs, suppression de la carte scolaire sans la supprimer ou encore dernière idée saugrenue, le "service minimum" à l'école. Le problème c'est qu'une fois de plus, le mauvais
élève Fillon s'est fait taper sur les doigts.
Selon une procédure désormais bien établie, Fillon balance une pseudo "bombe" inutile à la télé pour que l'on soit sûr de voir sa raie de côté au Zapping, ensuite le
Ministre concerné dément formellement le lendemain puis le surlendemain, il Professore, le vrai Premier ministre, l'ineffable conseiller spécial élyséen Henri Guaino renvoit
tout le monde à ses cahiers en expliquant qu'il n'y aura pas je cite de "service minimum dans l'éducation nationale". En deux jours, c'était plié, la personne censée diriger l'action du
gouvernement et conduire la politique de la Nation s'était fait mettre un zéro pointé par l'un des sous-fifres (mais en réalité, où se situe-t-il ?) avant d'être mis au coin avec un bonnet
d'âne par le flingueur en chef de l'Empereur.
Henri Guaino a donc fait aujourd'hui un coup d'Etat (de velours). Alors qu'on nous expliquait que les membres du gouvernement, et notamment le "premier" d'entre-eux, devaient
se présenter aux élections législatives pour bénéficier d'une légitimité démocratique, voilà qu'un obscur rédacteur de discours, jamais élu, peut-être même pas membre de l'UMP, vient contredire
totalement et donner les orientations à son subalterne qu'est donc le Premier ministre de la France.
J'avoue que je vais peut-être songer à reprendre des cours de droit constitutionnel avec le professeur Edouard Balladur pour mieux comprendre la nouvelle architecture institutionnelle
sarkozyste. Pour ma part, je conseillerai à notre cher gouvernement de prendre rapidement au minimum des cours de... communication.
Selon le SNOP, le syndicat national des officiers de police, 6 millions d'heures sont dues aux officiers de
police.
Heureusement, le gouvernement avait proposé début juin de les payer, enfin, mettant fin à l'incurie du précédent gouvernement et de remédier aux dommages causés par un médiatique ministre de
l'Intérieur qui assume tout, y compris les statistiques défavorables, comme on le sait. Et le dossier a bien avancé...
Tout ça, c'est grâce à notre nouveau Président, celui qui a tant fait pour que les gens puissent travailler plus opur gagner plus ... Et en plus, les heures sup' déjà effectuées seront
payées à un régime particulièrement avantageux
: plus de 60% pourront l'être, dans une limite de 475h, et ce au tarif royal de 9,65€ (contre environ 20 normalement). C'est le luxe des ruptures !
Admettons que l'enjeu financier est important, d'autant qu'il dépasse le cadre de heuress sup'. Admettons que la question n'est pas née avec l'arrivée de M. Sarkozy au ministère de l'Intérieur.
Mais tout de même ! Plutôt qu'un calmant, notre PDLR aurait-il avalé, lors d'une conférence de presse internationale, un quelconque neuroleptique ?
Nous sommes bien habitués, maintenant, à notre nouveau Président et à sa bougeotte permanente. Toute cette agitation est-elle utile, pour
autant ?
Pas la peine de revenir ici sur ce que je pense du fond d’un certain nombre de réformes, et en particulier sur la loi « TEPA », cette invention grandiose qui va sauver
l’emploi et le pouvoir d’achat en défiscalisant des heures supplémentaires rarement choisies et en mettant en place un bouclier fiscal à 50%, soit 10 petits points de plus que le taux marginal
supérieur de l’IRPP.
Certes, un certain nombre de nos concitoyens semblent adhérer – jusqu’à quand ? – au fond parce qu’ils sont conquis par la forme. Nicolas Sarkozy est certes un brillant manipulateur de
symboles. Mais à l’international ? Dans l’Union Européenne, en particulier ? C’est sans doute moins évident - et dès maintenant.
La façon dont s’élabore le droit européen, pour le meilleur comme pour le pire, avec 15 000 lobbyistes à Bruxelles, soit un pour deux fonctionnaires européens, est bien
différente de la stratégie française du « coup de poing sur la table ». M. Sarkozy, qui a si bien manœuvré ces dernières années pour s’imposer le 6 mai, aurait-il oublié ce volet de sa
stratégie personnelle ? Aurait-il oublié l’expérience de « Paris 2012 », à moins qu’il ne se considère comme si fondamentalement supérieur à MM. Delanoë et Chirac réunis que ce
principe de réalité ne doit pas être pris en cause ? Chacun est libre de ses opinions sur une élaboration du droit « à l’anglo-saxonne », à la fois plus proche et plus lointaine
des citoyens que dans la tradition française. Mais peut-on l’ignorer ?
Même chose sur le « mini-traité », dont le contenu, faut-il le rappeler, n’est pas encore arrêté. M. Sarkozy s’est posé comme sauveteur de l’Europe, alors que la présidence allemande a
œuvré pendant six mois à la relance de la discussion européenne. Cette stratégie de mise en avant permanente de sa personne ne risque-telle pas, si elle se répète en permanence,
d’énerver notre voisin germanique, mais aussi les autres pays européens ? d’autant plus que le positionnement du chef de l’Etat français est parfois fluctuant – et irritant pour nos
partenaires. Une poignée de main symbolique avec des porte-drapeaux, le 14 juillet, suffit-elle à effacer cela ?
Idem au niveau symbolique, quoique grave, de « l’affaire des infirmières bulgares » : la visite de Mme Sarkozy en aura surpris plus d’un. Sera-t-elle efficace ? Si l’espoir
grandit d’une libération – justifiée – des infirmières et du médecin, les tractations, transactions et indemnisations y auront, il me semble, l’unique part.
Alors, info ou intox, le sarkozysme international ?




