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Mardi 24 juillet 2007
François Hollande nous a gratifiés d'un nouveau jeu de mots dans une interview ces derniers jours : Sarkozy, c'est le coup d'éclat permanent. Je trouve ça franchement excellent, d'autant plus qu'on peut avoir plusieurs niveaux de lectures de ces quelques mots. Evidemment - hélas - ce genre de remarques parle d'abord à ceux qui ont déjà un certain intéret pour la politique qui les pousse à aller au-delà des flash-info de la radio ou des JT de 13 sur ...  "bip, censuré, l'hébergeur de ce blog appartient au groupe propriétaire de cette chaîne".  Pour les autres, la stratégie de Nico le jardinier semble encore marcher... Communication : voilà un mot que le PS a encore à apprendre...

Bref, là n'est pas la question : revenons au coup d'éclat permanent. Encore un "coup", ces derniers temps :  la récupération de l'affaire des infirmières. Le nombre de bêtises qu'on a pu entendre sur cette affaire (dont je me réjouis du dénouement heureux - le plus heureux possible en tous cas) est hallucinant. Heureusement, à l'heure où je n'ai pas le temps de détailler, d'autres le font, très bien - et sans doute mieux que moi). Je vous propose par exemple la lecture du blog de Pierre Catalan,  qu'on ne peut franchement pas accuser d'être au PS... Sérieusement, allez y jeter un coup d'oeil.

Si les Français sont des veaux (ah non, j'ai le droit de dire ça, je cite de Gaulle, comme notre PDLR, donc circulez....), nos voisins européens et du reste du monde ne le sont peut etre pas, eux.

Info ou intox, on disait?

Néel Travers
par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Opposition
Samedi 21 juillet 2007

Les cours d'éducation civique forment les citoyens de demain répètent inlassablement chaque Ministre de l'Education nationale. La Constitution, notre loi fondamentale, doit effectivement être connue par tous. C'est également vrai. On explique même que la Constitution reste supérieure à tout traité international, y compris au droit communautaire. Elle doit donc être respectée. 

Guaino-Fillon---oui.JPGPour autant, si la pédagogie est l'art de la répétition, c'est aussi et sans doute l'art de la preuve. Je pense déjà à ces valeureux enseignants d'éducation civique, dont les cours ont du être animés en cette année électorale charnière, qui ont taché d'expliquer à leurs élèves notamment l'article 20 ("le gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation") ou encore mieux, l'article 21 ("le Premier ministre dirige l'action du gouvernement").

Quand les élèves vont raconter cela à leurs parents, ces derniers ne vont pas manquer de s'interroger : mais qui sont ces profs gaucho-marxistes qui n'ont pas compris que tous les pouvoirs appartiennent au président de la République ? Ils auront alors raison de souligner le manque de regard éclairé de ces professeurs sur la pratique institutionnelle, de dire que décidément ces professeurs sont bien "coupés de la réalité". Et le niveau baissera ma bonne dame, puisque ces élèves, après un tel discrédit de la parole professorale, ne vont pas manquer de ne pas apprendre leurs leçons. A quoi ça sert d'apprendre, si la télé contredit le prof ?

On l'aura compris, François Fillon a un problème avec l'Education nationale. Depuis son passage remarqué rue de Grenelle avec une réforme funeste heureusement rejetée (pourtant "la seule chose qui restera des deux mandats de Jacques Chirac" selon notre fort modeste édile sarthoise), le "Premier ministre" a donc décidé de se venger. Suppressions purement comptables de postes de professeurs, suppression de la carte scolaire sans la supprimer ou encore dernière idée saugrenue, le "service minimum" à l'école. Le problème c'est qu'une fois de plus, le mauvais élève Fillon s'est fait taper sur les doigts.

Selon une procédure désormais bien établie, Fillon balance une pseudo "bombe" inutile à la télé pour que l'on soit sûr de voir sa raie de côté au Zapping, ensuite le Ministre concerné dément formellement le lendemain puis le surlendemain, il Professore, le vrai Premier ministre, l'ineffable conseiller spécial élyséen Henri Guaino renvoit tout le monde à ses cahiers en expliquant qu'il n'y aura pas je cite de "service minimum dans l'éducation nationale". En deux jours, c'était plié, la personne censée diriger l'action du gouvernement et conduire la politique de la Nation s'était fait mettre un zéro pointé par l'un des sous-fifres (mais en réalité, où se situe-t-il ?) avant d'être mis au coin avec un bonnet d'âne par le flingueur en chef de l'Empereur.

Henri Guaino a donc fait aujourd'hui un coup d'Etat (de velours). Alors qu'on nous expliquait que les membres du gouvernement, et notamment le "premier" d'entre-eux, devaient se présenter aux élections législatives pour bénéficier d'une légitimité démocratique, voilà qu'un obscur rédacteur de discours, jamais élu, peut-être même pas membre de l'UMP, vient contredire totalement et donner les orientations à son subalterne qu'est donc le Premier ministre de la France.

J'avoue que je vais peut-être songer à reprendre des cours de droit constitutionnel avec le professeur Edouard Balladur pour mieux comprendre la nouvelle architecture institutionnelle sarkozyste. Pour ma part, je conseillerai à notre cher gouvernement de prendre rapidement au minimum des cours de... communication.

Jonathan Gindt

 

 

par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Institutions et pratique du pouvoir
Samedi 21 juillet 2007
Sarkozy, le grand réformateur… Voilà ce qu’on ne cesse d’entendre dans les médias. Sarkozy serait le président de la rupture qui initie des changements bénéfiques pour la société. L’annonce de la suppression de la grâce collective du 14 juillet pour les prisonniers fait partie de ces soit disant ruptures. Derrière cette décision, que se cache-t-il vraiment ?
 
Il ne faut pas nier que l’existence de la grâce collective posait certains problèmes, notamment d’ordre moral. Les prisonniers pouvaient compter sur cette mesure pour ne pas effectuer leur peine entièrement. De plus, les avantages concernant le désengorgement des prisons n’étaient que temporaires.
 
Cependant, cette annonce de Sarkozy ne constitue en réalité absolument pas une rupture. Elle s’inscrit au contraire dans un mouvement qui a consisté à réduire de plus en plus le nombre de délits concernés par la grâce. D’ailleurs, le risque d’émeutes dans les prisons était très faible et la mesure n’a pas semblé émouvoir outre mesure les premiers intéressés.
 
Le principal problème concernant la suppression de la grâce collective est l’idée que cela apporte une quelconque solution au problème des prisons françaises. Il est tout d’abord certain que cette mesure ne va pas régler la question de l’engorgement des prisons, mais plutôt l’aggraver. Une hausse sensible des effectifs dans les prisons a été remarquée. Le taux de détention était au 1er avril 2007 de 100 personnes pour 100 000 habitants, alors qu’il était de 86,5 en 2002. Et cette tendance ne risque pas de s’inverser dans les années à venir si les juges appliquent la nouvelle loi sur la récidive…Or du fait de cette croissance des effectifs, les conditions de détentions se sont fortement dégradées. Des études ont montrés qu’il y avait environ 11500 prisonniers de plus que de places disponibles. L’Observatoire International des Prisons et le Conseil de l’Europe ont rappelé à l’ordre la France plus d’une fois à ce sujet. Le traitement des détenus est jugé dégradant, voire inhumain.
 
Outre ces questions concernant les conditions de vie des prisonniers, il ne faut pas non plus oublier l’absence quasi-totale de dispositifs de réinsertion ces détenus. Ils ressortiront un jour mais rien n’est mis en place pour les aider à se réadapter à la vie civile, ce qui constitue un danger aussi bien pour eux-mêmes que pour la société...
 
 
N’oublions pas les questions d’importance soulevées par les conditions carcérales et ne nous laissons pas berner pas les soit disant rupture de Sarkozy. La suppression de la grâce collective semble donc surtout être un bel effet d’annonce… en pleine période de grâce présdentielle….

Camille Spire
par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Questions de société
Mardi 17 juillet 2007

Selon le SNOP, le syndicat national des officiers de police, 6 millions d'heures sont dues aux  officiers de police.

Heureusement, le gouvernement avait proposé début juin de les payer, enfin, mettant fin à l'incurie du précédent gouvernement et de remédier aux dommages causés par un médiatique ministre de l'Intérieur qui assume tout, y compris les statistiques défavorables, comme on le sait. Et
le dossier a bien avancé...

Tout ça, c'est grâce à notre nouveau Président, celui qui a tant fait pour que les gens puissent travailler plus opur gagner plus ...  Et en plus, les heures sup' déjà effectuées seront payées à
un régime particulièrement avantageux : plus de 60% pourront l'être, dans une limite de 475h, et ce au tarif royal de 9,65€ (contre environ  20  normalement).  C'est le luxe des ruptures !

Admettons que l'enjeu financier est important, d'autant qu'il dépasse le cadre de heuress sup'. Admettons que la question n'est pas née avec l'arrivée de M. Sarkozy au ministère de l'Intérieur. Mais tout de même ! Plutôt qu'un calmant,  notre PDLR aurait-il avalé, lors d'une conférence de presse internationale, un  quelconque neuroleptique ?
 

par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Opposition
Lundi 16 juillet 2007

Nous sommes bien habitués, maintenant, à notre nouveau Président et à sa bougeotte permanente. Toute cette agitation est-elle utile, pour autant ?

Pas la peine de revenir ici sur ce que je pense du fond d’un certain nombre de réformes, et en particulier sur la loi « TEPA », cette invention grandiose qui va sauver l’emploi et le pouvoir d’achat en défiscalisant des heures supplémentaires rarement choisies et en mettant en place un bouclier fiscal à 50%, soit 10 petits points de plus que le taux marginal supérieur de l’IRPP.

Certes, un certain nombre de nos concitoyens semblent adhérer – jusqu’à quand ? – au fond parce qu’ils sont conquis par la forme. Nicolas Sarkozy est certes un brillant manipulateur de symboles. Mais à l’international ? Dans l’Union Européenne, en particulier ? C’est sans doute moins évident - et dès maintenant.

La façon dont s’élabore le droit européen, pour le meilleur comme pour le pire, avec 15 000 lobbyistes à Bruxelles, soit un pour deux fonctionnaires européens, est bien différente de la stratégie française du « coup de poing sur la table ». M. Sarkozy, qui a si bien manœuvré ces dernières années pour s’imposer le 6 mai, aurait-il oublié ce volet de sa stratégie personnelle ? Aurait-il oublié l’expérience de « Paris 2012 », à moins qu’il ne se considère comme si fondamentalement supérieur à MM. Delanoë et Chirac réunis que ce principe de réalité ne doit pas être pris en cause ? Chacun est libre de ses opinions sur une élaboration du droit « à l’anglo-saxonne », à la fois plus proche et plus lointaine des citoyens que dans la tradition française. Mais peut-on l’ignorer ?

Même chose sur le « mini-traité », dont le contenu, faut-il le rappeler, n’est pas encore arrêté. M. Sarkozy s’est posé comme sauveteur de l’Europe, alors que la présidence allemande a œuvré pendant six mois à la relance de la discussion européenne. Cette stratégie de mise en avant permanente de sa personne ne risque-telle pas, si elle se répète en permanence, d’énerver notre voisin germanique, mais aussi les autres pays européens ? d’autant plus que le positionnement du chef de l’Etat français est parfois fluctuant – et irritant pour nos partenaires. Une poignée de main symbolique avec des porte-drapeaux, le 14 juillet, suffit-elle à effacer cela ?  

Idem au niveau symbolique, quoique grave, de « l’affaire des infirmières bulgares » : la visite de Mme Sarkozy en aura surpris plus d’un. Sera-t-elle efficace ? Si l’espoir grandit d’une libération – justifiée – des infirmières et du médecin, les tractations, transactions et indemnisations y auront, il me semble, l’unique part.

Alors, info ou intox, le sarkozysme international ?

Néel Travers
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par Section socialiste de Sciences-Po publié dans : Questions internationales

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