Des socialistes coriaces et unis ce soir au Zénith

Publié le par Section socialiste de Sciences-Po

Le Parti Socialiste est le seul grand parti politique français pleinement démocratique. C’est ainsi que nous ne changeons pas nos statuts au gré des desiderata de certains (cf la modification des statuts de l’UMP) et nous avons réussi en novembre dernier à instaurer une première dans le paysage politique français : des primaires totalement démocratiques pour désigner notre candidat(e) à l’élection présidentielle. Une désignation trop tardive a cependant empêcher de créer les conditions de l’unité.

Nous sommes maintenant à 15 jours du premier tour des élections législatives. Celles-ci sont indispensables, dans la mesure où ce sont elles qui détermineront réellement la politique qui sera menée au cours des cinq prochaines années. Le devoir d’unité était plus que nécessaire et ce soir, les socialistes ont démontré qu’ils étaient en mesure de dépasser leurs légitimes ambitions personnelles pour défendre ensemble les couleurs du socialisme et de la gauche. Etaient donc réunis (par ordre de passage) : Bertrand Delanoë, Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius et François Hollande, avec l’ensemble des candidats à Paris et dans le reste de l’Ile de France.

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Devant plus de 6000 personnes au Zénith, c’est d’abord Bertrand Delanoë qui a pris la parole et a eu ces paroles résumant la tonalité de cette soirée : « Nous ne savons rien faire seuls, mais nous pouvons tout faire quand nous sommes tous ensemble ». Le maire de Paris, malgré sa voix cassée a ensuite appelé un vibrant appel à la mobilisation des Parisiennes et des Parisiens pour qu’ils viennent confirmer et amplifier les bons résultats de la gauche aux dernières présidentielles.

"Tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser - Montesquieu -, surtout quand il est n'est pas simplement président de la République mais président de la République UMP" (S. Royal)

C’est ensuite au tour de Ségolène Royal d’arriver sur scène, ovationnée par la foule pendant de longues minutes, saluée par l’ensemble des candidats présents sur scène. C’était la première apparition dans un meeting de notre ex-candidate à l’élection présidentielle depuis le 6 mai et par ces remerciements, les socialistes ont tenu à la saluer pour cette belle campagne, pour son engagement, sa tenacité, malgré la défaite que nous avons connu. Dans un appel très fort aux 17 millions d’électeurs qui se sont portés sur son nom le 6 mai dernier, et particulièrement aux quartiers populaires où elle a souvent réalisé des scores dépassant les 60%, Ségolène Royal a appelé vivement et à plusieurs reprises l’ensemble de ces électeurs à leur devoir citoyen, aux urnes, afin qu’ils confirment leur engagement des présidentielles et leur volonté de ne pas voir la politique de N. Sarkozy s’appliquer.

Des propositions unanimement rejetées, des solutions proposées

Concernant les heures supplémentaires
, et alors même qu’un nombre grandissant d’économistes, y compris les plus proches du pouvoir (voir le rapport du Conseil d’Analyse Economique rattaché au Premier ministre), remettent en cause les modalités de cette réforme, notamment la défiscalisation de ces heures supplémentaires, S. Royal a rappelé que le mensonge de N. Sarkozy consistait à faire croire que le choix de « travailler plus » pouvait être effectué par le salarié alors que cela relève du patron. Et pourquoi les patrons recouraient-ils magiquement aux heures supplémentaires alors que les contingents d’heures supplémentaires déjà existants ne sont même pas utilisés par les mêmes employeurs ! Comme Dominique Strauss-Kahn l’a ensuite rappelé, les socialistes souhaitent deux choses en la matière, plutôt que cette mesure gadget et dangereuse pour l'équilibre des finances de l'Etat et de la Sécurité sociale :

 

- des heures supplémentaires qui continuent de coûter plus cher que les heures « normales » de travail, afin d’éviter les effets d’aubaine évoqués par tous les rapports ;

 

- une fiscalité du travail qui soit allégée par rapport à celle du capital, l’une des modalités étant de baisser de moitié l’impôt sur les sociétés des entreprises qui embauchent

 

Concernant la « franchise » médicale que nous devrions appeler taxe comme le précise Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn a fait par ailleurs un constat implacable. Alors que le déficit de l’assurance-maladie s’élève constamment malgré les réformettes de Xavier Bertrand (toujours Ministre alors qu’il est en grande partie responsable de ce déficit grandissant de la Sécu), cette franchise ne résoudra rien en l’état. Durant la campagne (mais on sait que tout évolue), Sarkozy parlait d’une franchise de 10 € par personne. Comme disait DSK, les Français se sont dit « chiche ! s’il suffit de cela pour sauver la Sécu ! ». Sauf que 10€ multiplié par 60 millions de Français, cela ne fait que 600 millions, à comparer aux 4 milliards d’€ de déficit de la branche maladie. Si cette mesure veut vraiment combler le déficit, la taxe médicale devra donc être au minimum de 70€, soit pour une famille de 4 enfants : 280€. Imaginez-vous ce que représente 280€ pour une famille dont les parents sont au SMIC, soit 18% des Français ? Cette mesure est donc non seulement profondément injuste mais inefficace d’un point de vue sanitaire dans la mesure où elle risque, comme vient de le dénoncer aujourd’hui le principal syndicat des médecins libéraux (CSMF), de détourner durablement certains patients du système médical en raison de son coût d'accès qui deviendrait prohibitif. Elle remettrait ainsi en cause toutes les importantes campagnes de prévention médicales mises en place pour éviter les pathologies lourdes.

Et la gauche, par les voix de Ségolène Royal et de Dominique Strauss-Kahn a tenu à rappeler que ce déficit (alors que les comptes de la Sécu étaient à l’équilibre voire en excédent sous le gouvernement Jospin !) n’aurait pas été possible si la gauche avait gagné, dans la mesure où la gauche se refuse d’accorder des hausses de rémunération (encore 1 € supplémentaire par consultation aux médecins libéraux juste avant le 1er tour des présidentielles, soit un coût de 600 millions €) sans contrepartie de leur part (engagement à prescrire davantage de génériques, à stopper les prescriptions « de confort »…). Pas possible non plus dans la mesure où c’est par la prévention et la mise en place de médecins scolaires, médecins du travail beaucoup plus nombreux (alors que la droite a supprimé des centaines de postes) que nous permettrons à la Sécurité sociale de réaliser d’importantes économies sur le long terme.

Enfin, pour les autres propositions très nombreuses ce soir, nous y reviendrons par d’autres posts.

Eviter la présidence absolue (L. Fabius)

Je rappellerai certainement plusieurs des propos tenus ce soir qui mettent bien en avant l’enjeu des prochaines législatives. Comme l’a dit Laurent Fabius, il faut à tout prix éviter la « présidence absolue » qui est en train de se mettre en place. N. Sarkozy est tellement sans complexes qu’il s’affiche en meeting en dénonçant la « pensée unique » face à lui ? C’est tout de même invraisemblable de tels propos alors qu’il a été élu et qu’il est censé représenter « tous les Français » ou alors l’a-t-il déjà oublié ? C’est en tout cas un devoir impérieux, pour tout socialiste mais au-delà pour tout démocrate progressiste, de voter les 10 et 17 juin prochains pour faire en sorte que N. Sarkozy, qui choisit lui-même jusqu’aux membres des cabinets de ses Ministres (ce n’est pas moi qui le dit, mais le Figaro) ne possède pas à la fois l’Elysée, Matignon, les deux Assemblées, l’ensemble des soi-disants « contre-pouvoirs » (CSA, Conseil constitutionnel…), sans parler des principaux media (ses collaborateurs directs sont nommés à la tête de TF1 et ses amis, que dis-je ses « frères » sont à la tête de Bolloré et de Lagardère).

"Le
socialisme n'est pas soluble dans le sarkozysme" (DSK)

Comme l’a très bien rappelé Dominique Strauss-Kahn, le « socialisme n’est pas soluble dans le sarkozysme » et le débauchage opéré par Sarkozy ne doit pas faire illusion sur ses véritables intentions, celle de mettre en place un véritable parti unique ne souffrant d’aucune opposition, pour ensuite mettre en oeuvre une politique de droite "décomplexée", comme il l'a encore affirmé au Havre. Les socialistes et toutes les personnes de progrès ne doivent pas être trompés par ces ronds de jambe et mettre tout en oeuvre pour défendre leurs idées, leur idéal.

"Face à cette droite vorace, il faut une gauche coriace" (F. Hollande)

Comme le résumait François Hollande, face à cette droite « vorace », il faut une gauche « coriace » que nous devons à tout prix incarner lors des prochaines législatives. Nous devons êtres combattifs et unis, comme l'a résumé L. Fabius, "La gauche le mérite, la France le mérite, la République le mérite!".

ll ne cesse de courir, pour quoi faire ?


Pour finir ce billet d'impression de campagne, je rappelerai l'une des phrases de François Hollande, également très chaleureusement applaudi par la salle. Il a rappelé les talents de "joggueur" de N. Sarkozy : "Je cours. Je cours sans cesse. Je cours toujours comme pour dire 'courez. Courez encore. Courez, il ne vous sera fait aucun mal'. Mais si on ne veut pas courir, nous? Et même pas marcher dans cette direction? On en a bien le droit."

"Si on ne veut pas courir, on nous dit de dormir. Dormez profondément jusqu'au 10 juin et même jusqu'au 17, il ne vous sera fait aucun mal... mais après le 17, l'anesthésie s'arrête et la chirurgie lourde commence", a prévenu François Hollande. "Evitez ces dépenses de santé inutiles!". En toute franchise...

Jonathan Gindt

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PAUL 05/06/2007 02:50

si tu tiens tellement a conavincre tu pourras evangeliser les electeurs FN dans le Charter pour Bamako :P (t'inquites toi tu auras un billet aller retour;))

PAUL 05/06/2007 02:47

pour ce qui est de modem est LOLO ne veut aps etre au gouvernement et se contenterai bien de bloquer Sarkozy meme si il afllait accepter des misnitres MoDem.Un MoDem qui comprendrai qu'on lui fait une fleur apres tourt est se rangerai plus a gauche qu'il ne le ferai de lui-meme. Je pense qu'avec une bonne alliance bien marquer o peut inverser al tendance et se partgaer  le gros de l'assemblee en on pouurait proposer au MoDem pres de 40 deputes

PAUL 05/06/2007 02:03

vraie question:
on dit que la cohabitation c'est le blocage politique mais n'est-ce pas pluitot la transfer du pouvoir du president au premier mnistre qu'il doit choisir en accord avec lea nouvelle majorite a l'assemblee?
La je m'adress aux pro de science Po

Néel 05/06/2007 01:38

pas si simple, pour plusieurs raisons, notamment- sarko a été habile dans son "ouverture" a l'extreme droite- d'autres clivages pesent lourd (comment concilier modem et LO, par exemple?)- peur des francais pour la cohabitation (sans vraie raison à mon sens)- systeme electoral qui accentue les victoires et les defaites et les legislatives-bcp d'autres sans doute, mais la je vais franchement aler me coucher...--> je suis d'accord avec l'idée de facon générale (dissuader ceux qui vont trop chercher a l'extreme droite) mais mitigé sur sa faisabilité, en gros... et puis je maintiens (bete idealiste que je suis) qu'il s'agit de CONVAINCRE, pas d'interdire ou de punir.

PAUL 05/06/2007 00:14

de toute maniere je ne proposais pas que l'on enleve le droit de vote au electuers FN (quoique...si c'etait moi c'est eux qui finiraient dans les charters a la place des sans-papiers.Quoique ce serait cruel pour Bamako de leur infliger cela...) mais qu'on leur tourne le dos et qu'au dela des clivages politques on punisse ceux qui s'accoquinent avec eux en priorite sur tout autre consideration:d'ou l'idee d'une aliance allant du centre MoDem a l'extreme gauche pour installer une cohabitation et de fait castrer la presidence Sarkozy.Faire de lui un example de ce qui arrive quand on franchit la ligne rouge pour dissuadait tous ceux qui a l'avenir voudarient suivre la meme stategie.