Période de grâce ?

Publié le par Section socialiste de Sciences-Po

Sarkozy, le grand réformateur… Voilà ce qu’on ne cesse d’entendre dans les médias. Sarkozy serait le président de la rupture qui initie des changements bénéfiques pour la société. L’annonce de la suppression de la grâce collective du 14 juillet pour les prisonniers fait partie de ces soit disant ruptures. Derrière cette décision, que se cache-t-il vraiment ?
 
Il ne faut pas nier que l’existence de la grâce collective posait certains problèmes, notamment d’ordre moral. Les prisonniers pouvaient compter sur cette mesure pour ne pas effectuer leur peine entièrement. De plus, les avantages concernant le désengorgement des prisons n’étaient que temporaires.
 
Cependant, cette annonce de Sarkozy ne constitue en réalité absolument pas une rupture. Elle s’inscrit au contraire dans un mouvement qui a consisté à réduire de plus en plus le nombre de délits concernés par la grâce. D’ailleurs, le risque d’émeutes dans les prisons était très faible et la mesure n’a pas semblé émouvoir outre mesure les premiers intéressés.
 
Le principal problème concernant la suppression de la grâce collective est l’idée que cela apporte une quelconque solution au problème des prisons françaises. Il est tout d’abord certain que cette mesure ne va pas régler la question de l’engorgement des prisons, mais plutôt l’aggraver. Une hausse sensible des effectifs dans les prisons a été remarquée. Le taux de détention était au 1er avril 2007 de 100 personnes pour 100 000 habitants, alors qu’il était de 86,5 en 2002. Et cette tendance ne risque pas de s’inverser dans les années à venir si les juges appliquent la nouvelle loi sur la récidive…Or du fait de cette croissance des effectifs, les conditions de détentions se sont fortement dégradées. Des études ont montrés qu’il y avait environ 11500 prisonniers de plus que de places disponibles. L’Observatoire International des Prisons et le Conseil de l’Europe ont rappelé à l’ordre la France plus d’une fois à ce sujet. Le traitement des détenus est jugé dégradant, voire inhumain.
 
Outre ces questions concernant les conditions de vie des prisonniers, il ne faut pas non plus oublier l’absence quasi-totale de dispositifs de réinsertion ces détenus. Ils ressortiront un jour mais rien n’est mis en place pour les aider à se réadapter à la vie civile, ce qui constitue un danger aussi bien pour eux-mêmes que pour la société...
 
 
N’oublions pas les questions d’importance soulevées par les conditions carcérales et ne nous laissons pas berner pas les soit disant rupture de Sarkozy. La suppression de la grâce collective semble donc surtout être un bel effet d’annonce… en pleine période de grâce présdentielle….

Camille Spire

Publié dans Questions de société

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Emmeline 24/07/2007 21:22

Désolée (non, en fait), mais j'ai vraiment eu un mouvement de recul en lisant votre commentaire. Du dégoût.

je m'en fous tant que ces "monstres" sont hors circuit et leurs victimes réelles ou potentielles hors de portée

Pour moi cette phrase n'est pas tolérable. Elle revient à dire que quelqu'un qui un jour a fauté est à jamais perdu et bon à enfermer jusqu'à la fin de ses jours. Oui, c'est... répugnant ! mais vous rendez-vous compte ? Berk, berk, berk...

Et mes questions, vous n'y répondez pas ? (pas plus qu'à mes arguments, commentaires n°6 et 8, que spamy visiblement a lus).

Sinon, pour vous répondre : je ne vous apprendrai pas j'espère que les infractions au code de la route n'ont rien à voir avec les délits dont nous parlons ici.

Pour la peur du gendarme et de la justice, je ne crois pas que la loi changera grand chose, et le plus utile serait peut être de faire en sorte qu'être arrêté (et relâché, ou pas) ne soit plus de quoi se vanter devant ses petits camarades... c'est un phénomène très récent, suffisamment je pense pour le combattre. Et c'est là que la baisse des subventions aux maisons des jeunes, associations... se fait cruellement sentir !

Quant aux "victimes", il s'agit ici de délits, pas de CRIMES ! si on me pique mon sac à main (ça m'est arrivé d'ailleurs), je serai furax, mais je n'aurai nul besoin de "faire mon deuil". A ma connaissance, les violeurs sont déjà punis, merci !

Et je vous invite à nouveau à aller observer le taux de délinquance aux USA. Sinon je peux vous répliquer que Sarkozy n'a pas d'exemple à donner paske hein à Neuilly le taux de détention il est très bas alors c'est un vilain impunitant not'Président chéri...

Je vous ai répondu point par point, non ? soyez gentil, faites-en autant... si vous pouvez !

Sharky 24/07/2007 16:51

Il a raison Spamy, vous faites les questions et les réponses; et en plus vous m'attribuez des idées que je n'ai pas soulevées et sur lesquelles je ne suis pas en accord.

Alors technique de provoc ou coup de la vierge effarouchée en mal d'arguments?

Très beau le : "Vous me dégoûtez profondément" un ! à la fin aurait été encore plus radical. Moi, je vous aime bien même si l'on n'est pas d'accord...

Emmeline 24/07/2007 16:23

Vous êtes contre la lecture des arguments des autres, je suppose ? (= ça marche pas pour les délinquants comme pour les automobilistes parce que la plupart ont un système de référence complètement brouillé, etc).

Pour le test de délinquance à l'âge de 3 ans ?

Pour le rétablissement de la peine de mort (dont la suppression n'a aucunement conduit à une baisse de la criminalité, contre exemple flagrant de ce que vous avancez) ?

Pour l'envoi direct en prison sur dénonciation anonyme, "des fois que", pour la "prévention" ?

Vous me dégoûtez profondément.

Sharky 24/07/2007 15:27

@Emmeline, en verve!


Je vais répondre dans le désordre pour essayer de conserver une ligne de pensée.
Mon exemple des PV sur lequel vous vous accordez n'est ni plus ni moins que l'oeuf (de l'oeuf et du boeuf) dans l'échelle de la délinquance à laquelle nous pouvons être tous confrontés.

Si on sait que dans 6 mois il y aura une amnistie des infractions routière, le taux de délinquance routière va considérablement augmenter et générer au mieux une explosion des PV, au pire des accidents mortels. Cela s'appelle le sentiment d'impunité. Maintenant que l'on sait que la mode de l'amnistie est passée, bien moins de personnes y joueront la prochaine fois.
A l'échelle du boeuf, c'est exactement la même mécanique. Aussi je ne comprends pas que d'un coté vous soyez d'accord et pas de l'autre.


Après votre laius dépassé sur c'est la faute de la société, on en fait des monstres, des chomeurs... je m'en fous tant que ces "monstres" sont hors circuit et leurs victimes réelles ou potentielles hors de portée. Alors oui je suis inhumain parce que certains auraient pu être sauvés mais au prix de combien de vraies victimes innocentes par ceux qui ne seraient pas sauvables?
Malheureusement, ce n'est pas inscrit sur leur tête, donc je préfére sacrifier quelques "pêcheurs" au tître du devoir de précaution.


Autre effet bénéfique (pour moi) de cette inhumanité, la preuve par l'exemple. Aujourd'hui chez certains jeunes, c'est un sport national, de celui qui se fera arrêter puis relacher le plus de fois, les flics les font marrer, ils les insultent et les caillassent (de même que les pompiers ou les médecins ce qui reste encore une grande interrogation pour moi, si quelqu'un à une réponse?). Même si je schématise un peu je vous l'accorde c'est une vraie tendance et évolution de fond. Le jour ou le jeu n'en vaudra plus la chandelle, il s'arretera peut être et sauvera quelques petits cons plus craintifs que les autres. Là est le vrai départ de la prévention, la peur du gendarme et de la justice qui n'existent plus (de mon temps c'est le garde champêtre qui nous faisait peur, c'est pour dire).


Vous qui faites parti selon vos dires de milieux informés et autorisé, je vous trouve légère sur le traitement des victimes que vous balayés d'un : "et à quoi cela sert-il aux "victimes"?". Cela leur sert tout simplement à faire un deuil réel ou moral après une agression, de se reconstruire, de ne pas vivre dans la peur ou la honte, de ne pas craindre que leur bourreau reviendra ou recommencera avec d'autres, et qu'enfin ils vivent dans un Etat de droit qui punit les hors la loi... c'est déjà pas mal et je les soumet à votre reflexion.


Enfin, je savais qu'en citant USA ça vous tendrait tous comme des strings, je cite aussi le reste de l'Europe et surtout mon propos était une réponse à Etienne qui voyait déjà un régime policier se mettre en place. De mémoire (John me tombera dessus rapidement) les taux de détention sont de l'ordre de 1 à 10 entre les US et la France, l'écart est dans tous les cas colossal. Il est significatif entre la France et nombre de ses voisins. Il faut donc souffler, relativiser la "fascisation" de notre démocratie et regarder les faits.

Emmeline 24/07/2007 09:46

Oubli : le tout-sécuritaire n'ayant pas eu la même place dans la campagne en 2007 qu'en 2002, je ne pense pas que la loi Dati soit une des mesures phares du programme Sarkozy. Je crois que les gens ont voté pour "travailler plus pour gagner plus". Mais là, je me trompe peut-être...

C'est un des grands problèmes des programmes "kits" : on peut aimer une mesure (+100) et en détester une autre (-99), mais on vote pour le programme global (+1) et on les aura toutes les 2 quand même... ici, au PS, on en sait quelque chose :) (attention, la référence est au "programme du PS", pas au "pacte présidentiel").