Pendant ce temps là...

Publié le par Section socialiste de Sciences-Po

Ca y est, nous sommes en août, la France est partie en vacances. Parmi eux le président, mais aussi l'assemblée nationale. Hélas, certains Français devaient déjà avoir oublié depuiis quelques mois que la politique était une affaire de tous les jours, et pas seulement  celle d'une campagne tous les cinq ans.

Le PS a joué son rôle  d'opposition - autant qu'il a pu, au vu de l'étât de grâce (Dieu que le mot est mal choisi pour évoquer la situation de cette UMP refusant de réfléchir à la question carcérale et bavant devant son leader en short sur le perron de l'Elysée!). Le recours contre la loi sur le service minimum en est un exemple.

Nous pouvons donc partir en vacances tranquilles... C'est ce qui semble ressortir de quelques mots de notre camarade François Hollande - et qui me gêne. Son interview est par ailleurs assez bonne. Mais cette phrase a été prononcée un peu tôt à mon goût (le 18 juillet, il restait deux semaines de session extraordinaire !). Et, oui, pour bien s'opposer, il faut bien se reposer. Mais suffit-il de s'opposer? Et à quel point se reposer?

Qu'on me laisse oser un doute : camarade Hollande, toi dont je trouve, en toute sincérité, que tu as fait un travail remarquable pour notre parti et son unité, à quoi avais-tu donc la tête? Est-ce maintenant le moment de calmer le jeu, alors que des questions se posent dans les rangs du PS qui auraient dû être tranchées depuis longtemps? Avais-tu peur pour ton parti ou pour ton poste?

Le PS ne fait plus la une des journaux pour des dissensions internes parfois exagérées. C'est tant mieux. Mais où en sommes nous dans cette rénovation que toi et les autres estimiez si nécessaire ? Je sais qu'il s'agit d'un travail de longue haleine. N'empêche... La Rochelle sera - n'en doutons pas - le moment d'y voir un peu plus clair. Fais-moi ce petit plaisir...

Pendant ce temps là, je regarde un peu ailleurs - les vacances, c'est fait pour. Nos amis de la SPD, le parti social-démocrate allemand, se sont lancés dans une intéressante entreprise de relecture du monde et de réécriture de leur projet (leur "Grundsatzprogramm", terme difficilement traduisible). Les travaux n'ont pas abouti pour l'instant - ce devrait être le cas vers la fin de l'année. Pour en savoir plus, les germanophones peuvent consulter cette page et surtout le "Bremer Entwurf", c'est-à-dire la version de travail pour la rédaction de ce projet. Une version anglaise est également disponible.

Et pendant ce temps la, la France et le PS seraient en vacances?

Néel Travers

NOTA : Cet article est un "point de vue militant" et n'engage donc que son auteur.

Publié dans Point de vue militant

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Sharky 16/08/2007 09:09

Salut les amis!
Est-ce que François et Ségo sont en vacances dans la socialisante cabane de chasse à Mougins avec Arnaud et Julien pour faire un paintball avec des pistolets à clous? ;-)

grutman 13/08/2007 14:27

Et nous socialistes, n'exagérons pas trop. Certes, beaucoup de gens ont la chance de partir en vacances, donnant l'illusion que la "France est en vacances".

Mais au moins 1 Français sur 5 ne part pas en vacances, principalement pour raisons financières. Alors pensons aussi un peu à eux.

Sinon, j'ai hâte de voir ce qui va se passer à La Rochelle. Avec Camba en grand organisateur, je sens que ça promet...

Bastien 13/08/2007 11:53

oui je suis d'accord sur cette approche de l'imputation sur salaire.

mais, entendons-nous bien : ce n'est peut être pas explicite dans mes deux posts mais j'apprécie la proposition de Montebourg en ce qu'elle pose les termes du débat plus clairement plus que pour la solution qu'elle propose.

Néel 12/08/2007 21:57

Bastien, je me permets de te renvoyer au com' 3 du post sur les 1es vacances de sarko, apres bolloré : Emmeline avait déjà posé ces questions...

c'etait ici : http://ps-scpo.over-blog.com/article-10332470-6.html#anchorComment

ceci dit, le conflit d'interets, il passe par des vacances, mais aussi par plein d'autres choses, alors...

ensuite, oui, le PS a un pb avec l'argent - hélas. Ségolene avait changé 2 ou 3 trucs il me semblait (pas sur son patrimoine perso, mais sur les discouirs sur l'entreprise etc)

en passant, si je suis gené par les pratiques douteuses de notre pdlr, je ne suis pas hyper favorable à des "vacances payées par le contribuable" : le président a deja des résidences secondaires (dont, nouvelle tradition republicaine, la lanterne). Et son salaire, c'est de l'argent de poche, il n'a pas a se payer la bouffe que je sache... il peut donc se payer des vacances, et c'est bien sur le salaire qu'il percoit, payé par le contribuable, que cela devrait etre imputé.

mais de toutes facons, on ne fait pas président pour ce genre de choses je pense. meme sarko. lui, en revanche, faire ch..er la gauche, ca doit lui faire plaisir. Au moins, on n'a plus besoins d'aller au theatre de marionnettes pour voir guignol...

panem et circenses : la loi TEPA et les vacances americaines. La France et les Francais ont décidément tout gagné le 6 mai...

Bastien 12/08/2007 17:34

Et pour prolonger mon propos et répondre à ta question Téfy sur le "travail de l'opposition", j'ai trouvé jusqu'à la déclaration de Montebourg le PS pathétique.

Nous nous en sommes tenus à des attaques contre Sarkozy sur le coût de ses vacances (comme pour l'affaire du yacht) alors que c'est moins le coût qui est scandaleux que le "mode de financement"...

La déclaration de Montebourg est assez courageuse car elle tranche avec ce que je crois être un problème du PS dans le rapport à l'argent et au luxe.

Depuis longtemps, le PS entretient un rapport complexé à l'argent : compte tenu du sentiment d'une exigence morale supérieure, il condamne maladroitement la richesse dans le débat public et mène en privé un train de vie confortable pour certains de ses ténors.

L'affaire du patrimoine de Ségolène Royal est assez emblématique de ce complexe : le PS a mal réagi au lieu d'assumer et de dire "oui, moi SR, je suis fière de payer l'ISF au nom de la solidarité".

C'est un complexe et un point faible que la droite sait exploiter à merveille car elle sait aussi que beaucoup de Français placent en la gauche une plus grande exigence morale. Et à côté de la désinvolture de notre Président, le contraste est assez saisissant.