M. Rocard, M. Pezet : décrispons la gauche

Publié le par Section socialiste de Sciences-Po

Dans une tribune publiée dans Libération en juin et relayée sur le blog de Michel Pezet, vice-président du Conseil Général des Bouches-du-Rhône, MM. Rocard et Pezet en appellent à "un PS qui prône un progrès social en commençant par se défaire du dogmatisme économique". Voici leur texte :

La social-démocratie intègre dans sa pratique historique deux idées qui ont été placées par le vote des Français au cœur des enjeux de modernisation de la gauche et de ses futures stratégies de reconquête du pouvoir : la reconnaissance du caractère incontournable du marché pour obtenir les résultats économiques qui permettent d’engager une action sociale efficace, et l’ouverture politique que cette évolution rend possible, vers les citoyens qui souhaitent le progrès social mais qui rejettent le dogme de l’économie dirigiste pour y parvenir.

L’importante adhésion reçue par le projet du candidat de l’UDF au premier tour de l’élection présidentielle a révélé l’existence d’un électorat massivement orienté dans une telle logique. Elle offre l’opportunité pour une gauche décomplexée de rechercher ses futures alliances dans ce nouvel espace politique.

Les premiers tirs de barrage organisés depuis la gauche du parti socialiste contre la social-démocratie ont d’abord ceci de pathétique qu’ils tentent de la faire apparaître comme une réponse politique complaisante à la mystification que constitue l’idée d’une droitisation de l’électorat français.

Si les échecs successifs de la gauche sont la manifestation d’une forme de rejet, ce n’est pas parce que les Français sont plus de droite, mais parce que la gauche n’a pas su porter un espoir suffisamment crédible à leurs yeux.

Ces mêmes tirs de barrage ont aussi ceci d’étonnant qu’ils érigent les questions de l’ouverture politique et de l’économie en interdits infranchissables. L’identité de gauche serait-elle donc à ce point fragile que ces seuls pas suffiraient à lui faire perdre son sens ?

Une gauche qui se propose de répondre aux conséquences néfastes d’un marché dont elle reconnaît par ailleurs les qualités est pourtant bien à l’œuvre, ce faisant, pour atteindre les objectifs politiques qu’elle s’est fixés.
Et il en est de même lorsqu’elle considère l’individualisation des comportements, non comme un phénomène qu’il faudrait terrasser, mais comme une aspiration de nos concitoyens à laquelle il convient de répondre en accompagnant et en dynamisant les nouvelles formes de socialisation qu’elle va immanquablement générer.

En se défaisant des oripeaux du dogme, la gauche peut être enfin libre d’explorer les voies nouvelles de régulations efficaces.
Elle devient, ce faisant, plus apte à répondre à ces grands maux qui, ne nous faisons aucune illusion, ne seront jamais au cœur des préoccupations de la droite, et que constituent notamment la persistance de la pauvreté dans un pays riche, l’instabilité organisée de l’emploi, la crise du logement, l’abandon des banlieues, le pillage des ressources naturelles ou la pollution de l’environnement.

S’il veut être à l’avant-garde de ce combat, le socialisme français doit commencer par cesser d’agir sous le doigt accusateur de ceux qui s’arrogent une sorte de droit à dire ce qui est, et ce qui n’est pas, « de gauche ».

Trop longtemps, la gauche et le parti socialiste ont entretenu leur déconnexion avec les logiques de l’initiative économique privée, par culture, par incompréhension ou par calcul.
Et le parti socialiste pourrait même puiser ce renversement positif dans ses propres racines, à l’époque où, défendant déjà la dignité du travail, il animait des sections d’entreprises, où naissait en lui une vision positive et assumée de cet objet social, placé au cœur d’un débat prenant pour donnée l’aspiration fondamentale de l’individu au travail pour gagner sa vie.

Il n’existe évidemment pas de modèle social démocrate sur étagère qu’il suffirait d’adopter et d’appliquer pour en retirer des effets magiques. Les démocraties sociales de l’Europe du nord sont peut-être des exemples intéressants, mais elles ne constituent en rien des livres de recettes.

Ce qui est à inventer, c’est une social-démocratie française, fondée sur ses valeurs humanistes, crédibilisée par le réalisme économique qui nous fait encore défaut et dynamisée par l’audace politique. Car la justice sociale doit être portée dans le mouvement si elle veut être efficace, et le conservatisme social ne peut être que tactique et ponctuel. Institué en méthode, il est inefficace et constitue d’ailleurs une négation de nos valeurs fondamentales.

Pour ouvrir ce chemin, le parti socialiste doit commencer par constater que le cycle politique d’Epinay, débuté en 1971, est arrivé à son terme et qu’il n’a plus, depuis longtemps, rien de vertueux.
Dans son fonctionnement, le parti socialiste s’est progressivement rapproché de celui de cette SFIO vieillissante dont il a un jour incarné le dépassement : des valses-hésitations idéologiques qui divisent son pouvoir entre des grandes fédérations, et la dérive conséquente vers un parti d’élus qui ramène progressivement la logique militante à une seule addition numérique dédiée aux investitures.

La rénovation du parti socialiste est urgente, mais elle doit, pour s’engager, respecter l’ordre des priorités en plaçant la définition de son orientation politique en préalable au choix de ceux qui auront la tâche de la conduire.

Cette rénovation du parti socialiste constitue le premier pas d’une aventure créatrice à laquelle nous savons déjà que les Français porteront une attention soutenue puisqu’ils ont aussi par leur vote désigné le parti socialiste comme celui qui porte en premier la responsabilité de construire une future alternance politique.

Cette aventure créatrice peut prendre le nom de projet social-démocrate, sans doute, puisqu’elle y ressemble. Ce qui est plus important, c’est qu’elle constitue un projet dans lequel la gauche aura l’ambition de ne pas être seule à se reconnaître, parce que chaque Français pourra voir qu’il est porteur de cette crédibilité d’où seule peut naître un espoir nouveau.

Le supplément d’âme et d’inventivité que nous saurons lui donner lui permettra alors un jour de constituer une pierre nouvelle à l’édifice des sociétés plus justes.

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Le Cochon Hallal 24/08/2007 22:01

Voilà la vérité :

http://www.europe1.fr/informations/articles/733153/des-policiers-francais-molestes-en-guinee-pendant-une-expulsion.html

Ramener ( aux frais de la Princesse) des ILLEGAUX , ça ne plait pas vraiment à ceux qui les ont envoyer coloniser l'Europe.

@Sharky , faudra t'il désormais des milices FN en guinée ?
Tiens à propos , savais tu que Sarko avait plus régularisé à l'Intérieur que son prédécesseur ?
Tiens vlà du boudin :
http://www.fdesouche.com/Politique/Reconduites-a-la-frontiere-Hortefeux-en-dessous-des-objectifs.html

même pas 25 000 alors que de l'aveu des officiels algériens le SEUL nombre de ressortissants algériens en situation irrégulière en France serait de 400 000 personnes !

Moi je je dis qu'il faut couper les pompes aspirantes .C'est tout. Et l'UMPS ne le fera jamais

Le cochon Hallal 24/08/2007 21:39

Allez mec va dormir ,

A l'etranger , on a pas besoin de milice pour la simple raison que la police fait son boulot et qu'il n'y a pas une kyrielle d'officine collabo... c'est aussi simple que ça .
Les milices FN ? Quoi . Lesquelles . CElles qui se font agresser par la racaille et dont les merdias parlent de "provocation" (au processus d'invasion légiferé ) ? Parce que j'en connais pas d'autre

Pour parler programme , peut-être que celui du FN te semble réduit (normale tu sais pas lire plus de 2 pages ) mais t'étais tu déjà posé la question de savoir pourquoi les plateaux télé posait à JMLP justement toujours les mêmes questions ?

Crois tu , qu'une fois le FN au pouvoir , il ira chercher à tout foirer , à se discréditer ??? Dans quel dessein ? 30 années d'isolement et de conqête électorale (depuis peu), ça permet de se préparer au pouvoir non ?
Car , jusqu'à preuve du contraire , " l'incapacité " du FN , n'est qu'une promesse faite aux français par les enarques au pouvoir. Et ils ont bien compris qu'en France ils pouvaient compter sur d'innombrables veaux de ton espèce fidèle à leur 15 heures semaines TV à la solde ..de ...de
Chose assez amusante , ils dénient à la vraie opposition
la capacité de diriger sans entrer en KO , en parfaite contradiction avec l'idée " totalitaristement - over - contrôle " qu'il leur prête à longueur de journée.
Peut-être que LEUR France rentrerait en KO ..?
..Ce qui est préocuppant, n'est ce pas ?
De toute façon c'est en secouant le prunier que les plus pourris finissnet par tomber. Une petite cure quoi

Ecoute , on verra dans 30 ans . OK ? D'ailleurs imagine la gueule de de Funès si on le ressucitait du cerceuil .. pour lui montrez ce triste spectacle. Mais en attendant , je suis fatigué de parler avec des lobotomisés INCAPABLE de rebondir sur les chiffres qui j'avance.

P.S : le site FDS ne développe pas le programme FN , ni de réflexions . Je l'ai déjà dit , ça sert à éveiller les consciences à travers des faits REELS.
Et je ne suis pas un RedSkin , tu pouvais t'en douter non ?


Alors Salut

Néel 24/08/2007 17:54

machiavelien, mon cher, machiavelien...

;-)

Sharky 24/08/2007 14:57

L'ennemi de mon pire ennemi est mon ami?

Néel 24/08/2007 13:57

mince, je suis d'accord avec sharky....sauf l'avant dernier paragraphe, tiens....