Tintin au pays de la Fonction publique*

Publié le par Section socialiste de Sciences-Po

* Tout d’abord, rendons à César… C’est Christian Martin, secrétaire national du PS à la Fonction publique, qui a trouvé cette formule qui décrit parfaitement la tonalité de l’énième discours élyséen prononcé hier sur l’ « avenir de la Fonction publique ».

Certains ont voulu y voir un révolution, une transformation radicale de la façon de concevoir la fonction publique en France. En réalité, il ne s’agit ni plus ni moins que du discours éculé de la droite sur ce sujet. Et surtout du même discours que l’on entend depuis cinq ans. En revanche, au-delà de la flatterie convenue, c’est sans doute le sous-jacent, l’implicite qui sont bien plus inquiétants. Y a-t-il fondamentalement remise en cause ou non du statut du fonctionnaire ? Y a-t-il réellement une suppression progressive du système de recrutement par concours ? Tout cela n’est pas dit. La droite « décomplexée » aura des complexes au moins jusqu’aux municipales…


L’écueil à éviter pour nous socialistes serait de donner l’impression d’être le creuset des corporatismes. Ceci alors que c’est le gouvernement Jospin, (certes à l’unanimité du Parlement mais avec une majorité nettement de gauche), a fait voter en 2001 une véritable loi « révolutionnaire » qu’était celle de la LOLF (Loi Organique relative aux Lois de Finances). C’est cet outil indispensable qui a permis d’instiller une dynamique de la recherche de la performance au sein des administrations. Nous l’avons voulu mais nous n’avons malheureusement pas eu l’occasion de la mettre réellement en application puisqu’elle n’est entrée en pleine application que pour la loi de finances 2006.

 

Les gouvernements de droite en ont malheureusement eu une lecture maximaliste et idéologique qui a conduit à certaines dérives soit dangereuses (les « indicateurs individuels » de performance dans les commissariats par exemple) soit ridicules (les indicateurs bidons dans certains Ministères). Les fonctionnaires n’ont en outre pas été associés à la mise en place de ces outils, privilégiant le top-down au bottom-up.

La méthode de la LOLF visait à la réforme incrémentale (que Bastien développait ici), sur la longueur, en infusant les esprits petit à petit. Comme le reconnaissent la plupart des économistes et sociologues, seule cette démarche conduit à des résultats probants. En somme, nous n’avons encore aujourd’hui pas tiré tous les bénéfices de la LOLF et en avons cerné ses limites dans sa lecture trop rigide. Or, à quoi correspondent les annonces faites hier ?

1. Le choix entre contrat privé et statut de fonctionnaire à l’embauche

D’ores et déjà, de nombreuses directions de Ministères accueillent dans leurs effectifs au moins un tiers de contractuels. Ces pratiques ont aussi lieu dans la fonction hospitalière. Un grand nombre d’entre-eux ont été titularisés et confirmés en CDI de droit public, ce qui équivaut à une forme de fonctionnarisation. Il ne paraît pas aberrant que certains appuis épisodiques des Ministères et autres collectivités territoriales soient recrutés de manière contractuelle (pour une mission spécifique par exemple). Mais il s'agirait de ne pas créer une rupture d'égalités, comme le suggère la proposition élyséenne, entre deux personnes qui effectuent le même travail et disposent de conditions salariales totalement différentes.

En revanche, il serait très dangereux de revenir sur le statut général de la fonction publique. Ce statut, s’il protège le fonctionnaire, protège aussi le citoyen. Imaginons un inspecteur des impôts provenant d’une entreprise dont il aura en charge le contrôle fiscal ou un responsable des questions d’urbanisme soumis à un licenciement s’il ne donne pas la « bonne » décision. Ce sont des questions sérieuses et la réponse apportée par Sarkozy, sous des apparats de bon sens, est profondément idéologique.

2. La remise en cause du pacte républicain : vous vouliez le mérite, vous aurez le clientélisme

En se gardant de relents boutiquiers, on peut s’interroger sur le fait que le Président de la République se félicite du caractère de plus en plus malthusien du concours de l’ENA. 40 places au concours externe cette année, 30 places au concours externe (vive la promotion interne !), 8 places seulement au troisième concours, créé par la gauche précisément pour diversifier le profil des énarques. Au contraire, si l’ENA demande à être réformée, ce n’est certainement pas en en faisant une forme de super-élite. Elle doit au contraire s’ouvrir, se diversifier, former pourquoi pas aussi bien des administrateurs civils que des secrétaires ! Elle ne doit plus être un statut, mais un label d’exigence, de qualité de formation. En la matière, regardons l’évolution de Sciences Po qui a réussi à le faire sans se dénaturer.

Alors que le terme de « mérite » est prononcé à tout bout de champ, quel est le meilleur exemple du réel mérite républicain, si ce n’est le concours ? Et quel est son contraire absolu si ce n’est le clientélisme que risque de provoquer un recrutement à la solde du bon-vouloir des directeurs d’administration centrale ?

 

3. La « rémunération au mérite » : entre art de réinventer l’eau chaude et idéologie cachée

 

La LOLF a conduit à la mise en place dans de nombreuses directions de la rémunération au mérite. De nombreux cadres du Ministère de l’Economie et des Finances sont ainsi déjà concernés par ces dispositifs qui demanderaient à être évalués.


En revanche, la généralisation de la rémunération au mérite est tout proprement dangereuse. Comment envisager de rémunérer au mérite un professeur, un juge ou un policier (même si cela est déjà malheureusement en partie fait ?) ? L’Etat n’est pas une entreprise, répète Sarkozy. Ces quelques exemples en sont la meilleure illustration.

 

4. Vous ne savez pas quoi faire, auditer, évaluer !

 

La dynamique de la performance a conduit aux audits de modernisation dont on peut critiquer la méthode mais qui ont néanmoins existé. Plus de 200 audits ont été menés, souvent à des coûts prohibitifs puisqu’ils mêlaient des fonctionnaires à des consultants privés. Eh bien, puisque Copé avait promis qu’il arrêtait la langue de bois (sic), il ferait bien de le rappeler à son cher Président qui vient une nouvelle fois de promettre une « évaluation des politiques publiques ». La méthode est la suivante : on fait un premier audit relevant une situation difficile, on laisse la situation se dégrader et on en fait un deuxième pour montrer que la situation serait catastrophique. C’est tout de même embêtant quand on a été au pouvoir à ce moment-là…

 

Face à ce discours lénifiant, maintes fois entendu, les socialistes doivent à la fois résister et proposer.

Résister parce que c’est le CNR qui le premier a perçu la nécessité de la mise en place du statut de la fonction publique et du recrutement par concours pour éviter les dérives clientélistes du passé.

Proposer parce que nous avions commencé à porter la réforme de l’administration qui reste nécessaire, celle d’un meilleur service aux citoyens, plus efficace, plus lisible. Une réforme qui s’adresse aussi aux fonctionnaires qui leur explique à quel point la mobilité ne pourra se faire que par une suppression drastique du nombre de corps de la Fonction publique, par une ouverture de l’ensemble des écoles de formation destinées à les former et par une volonté de redonner ses lettres de noblesse à une administration dont la France a tant besoin pour fonctionner correctement.

 

Jonathan Gindt

EDIT : Nous avions également évoqué cette problématique dans un article de la Rose au Poing de février 2007 intitulé "Comment tuer la LOLF" (pp.10-11)

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John_G 27/09/2007 02:17

@ Sharky,

pas de chance mais tu sais je sais lire, y compris en anglais. Or, que dit ce gentil document de nos amis de l'OCDE ??

Exactement ce que je dis, à savoir que les fonctionnaires stricto sensu ne représentent que 18,3% de la population active, ce qui n'est que très légèrement au-dessus de la moyenne mondiale et n'est pas certainement pas l'explication de nos maux.

Tes 25% ne veulent absolument rien dire.
La preuve :
1. Tes 3% autres pourcents imaginaires sont donc les "privately owned entities engaged in service provision, concerning mostly education, health and social services". Ce sont donc bien des entités privées, à savoir par exemple les écoles, collèges et lycées privés sous contrat qui représentent à eux seuls près de 200 000 personnes. Si tu veux dire qu'il faut arrêter le financement public de l'enseignement privé, on peut en parler mais il me semble que la gauche est loin d'être responsable en la matière... Elle a essayé !
Ensuite, le reste ce sont notamment les cliniques privées également ou encore diverses associations privées qui oeuvrent pour le compte de l'Etat. Ce nombre plus important que dans les autres pays (notamment les E-U) s'expliquent donc tout simplement par le fait que l'Etat prend en charge ce financement (et pas les familles) et que les soins en cliniques privées sont remboursés.

L'autre catégorie est encore plus incroyable : "Employees engaged in the public corporate provision of services in the public domain (publicly owned entities
providing services on a market-basis". ce sont des entreprises dont le capital est en partie détenu par l'Etat et il se trouve qu'en France, l'Etat a encore un portefeuille assez garni, mais qui lui rapporte des dividendes conséquents tous les ans. En revanche, les agents de Renault (l'Etat en détient encore 15%) sont loin d'être des fonctionnaires. Quant à France Télécom ou à la Poste, la part des fonctionnaires est en régression constante. Je ne parle pas d'EDF, GDF ou Areva.

Donc ce chiffre agrégé ne veut absolument rien dire, sauf à parler de la place de l'Etat dans l'économie et pas d'un statut, celui des fonctionnaires.

Merci de ce document en tout cas Sharky qui permet de démystifier tout ça !

Sur le reste, je t'ai déjà répondu, désolé si tu refuses de lire.

Sharky 26/09/2007 18:04

Mazette, on a lâché sur moi les 2 Yorkshires du 5ème à masque de Pitbull, j’en tremble. Grrrrrr !

« Quand je fais référence à des chiffres, j'ai au moins la décence de ne pas mentir » « C'est sous le gaullisme et le pompidolisme que le nombre de fonctionnaires a le plus augmenté » C’est pas bien de mentir John et ce n’est pas la première fois, on va pas revenir à nos anciennes joutes ou je t’avais déjà pris en flag. Avec toi c’est un peu la force de l’esprit conjugué à l’autosuggestion, cela se soigne, tu sais.

Puis quand tu pars dans tous les sens sauf à l’essentiel, c’est que j’ai du toucher. Je sais que tu es omniscient, pas moi alors oui je cherche, je compare, je trouve, toi tu sais déjà tout ? La citation de ClémEnceau, je ne pouvais pas passer à côté même si comble d’inculture (il faut bien meubler hein Néel), je l’ai écorché. Tu me dédis une citation, je vous en dédis une autre que votre arrogance boutonneuse devrait méditer : « tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien ».

Alors oui le chiffre de 1870 n’est pas celui de l’OCDE, maintenant ce qui m’a fait rire c’est ta mise en garde sur la « neutralité » du site en référence. C’est neutre ici ? Je comprends mieux votre vision du monde, le militant socialiste est neutre et donc respectable, pas les autres ? La citation adéquate se réfère ici au postérieur et aux flatulences. Ce qui est intéressant là c’est la courbe que tu ne remets d’ailleurs pas en cause excepté le dernier chiffre.

Il faut de plus un peu de constance, toi John t’appuyer un temps avec raison sur des chiffres de l’OCDE quand ils t’arrangent, puis ailleurs dénigrer ceux-ci quand ils ne vont pas dans ton sens montre une certaine immaturité capricieuse de surcroit. Néel, peut être est-ce ton niveau d’anglais (comme la plupart de nos politiciens preuve s’il en est que le niveau scolaire même des grandes écoles laisse à désirer) qui t’empêche de surfer sur des sites autres que franco-français mais la vérité est globale. On ne peut regarder son seul nombril (spécialité socialiste), la clé est dans le benchmark international qui montre les vrais échecs et succès et donc la voie.
Sur notre chiffre de 25% vs 18% largement étayé d’ailleurs. L’OCDE a un Panorama des Administrations destiné à mettre en place des outils de mesure communs.
Ses premiers travaux ainsi que la France sur le sujet qui nous intéresse sont disponibles pour 2005 en anglais (désolé) : http://titania.sourceoecd.org/vl=927282/cl=22/nw=1/rpsv/cgi-bin/wppdf?file=5l4s3mmwbl0r.pdf. Je recommande particulièrement les pages 64 à 65 de ce pré-rapport qui montre le poids des emplois directs et indirects étatiques (en charge pour faire simple) qu’il chiffre à 25,2% pour la France. Rassure toi on trouve bien le 18,8% dont tu parles mais qui est incomplet. (page 80 est hors sujet mais recommandée également).

Trêve de bavardage, plus d’1/4 de la population active est payée par l’Etat, ce qui est monstrueux. Dans votre délire schizophrénique, vous accordez enfin que des réformes sont nécessaires mais sans fixer d’objectifs et de l’autre vous défendez bec et ongle que tous les chiffres sont faux, que ce n’est pas si dramatique, que c’est normal, qu’il faut même en rajouter. En gros ne faisons rien, comme d’habitude et relevé précédemment!
Pour ce qui est des disparités salariales sur les fonctionnaires, clap, clap, clap. Là tu balayes d’un arrogant revers de main tout comparatif international forcément fallacieux et nous sors l’Insee ou la doc Fran qui ne corrigent ni le mix, ni le temps de travail. Il est vrai que ce sont vos pairs Enarques ou assimilés qui pondent ces rapports indigestes, pas forcément très neutres et sans analyse. On sait que la rémunération a fortement plus progressé que dans le Privé ces dernières années, ça non plus on ne le compare pas. L’avantage de l’Insee est qu’il ne compare rien à rien et surtout pas aux autres pays, ouf sauvé!
Hors non seulement on en a plus mais en plus ils sont sur-payés comparativement au marché « mondial », heureusement non concurrentiel dans un pays qui vit à crédit. L’objectif de s’aligner sur un coût/performance politique attendue/hab est donc vital pour le pays.

Je suis habitué maintenant avec vous à ce traitement sélectif de l’information (ou sont vos avis éclairés sur l’évolution de l’éducation publique, autres avantages des fonctionnaires, la paupérisation des classes moyennes, la stratégie électorale du PS de fonctionnarisation, la tactique du statu quo permanent… ?),et des chiffres mais que des Européens convaincus comme vous refusent systématiquement le benchmark est dommage (regardez l’Italie de Prodi sur le sujet et la continuité de la réforme, voilà des socialistes responsables). Votre politique de l’autruche revient à se tirer une balle dans les 2 pieds et dans les 2 genoux, c’est tout, même Néel y va en chantant, ses gamins lui cracheraient à la gueule dans 25 ans et ils auraient raison si on ne faisait rien. Néel la stigmatisation via un pathos larmoyant et mensonger sur ma vision des fonctionnaires a déjà été dénoncée et n’est pas un argument pertinent. Idem en comparant les RH d’un Total (ou autre GE) dont je n’ai rien à foutre, je n’y travaille plus et cela m’est financièrement totalement étranger, pas l’Etat.

Pour ne pas faire comme vous, je vais une fois de plus vous répondre et vous faire hurler sur le « cadeau » des 15 milliards redistribués aux « riches ». C’est pour moi, comparativement au benchmark international qui m’est cher un retour vers une normalité. On redonne d’une certaine façon ce qui n’aurait jamais du être pris aux seuls capables de relancer la croissance, un investissement productif en quelque sorte. Allez hurlez, Ouaf, Ouaf !

Néel 25/09/2007 10:21

marrant, ca, j'allais repondre a sharky, et le temps de trouve rles 2 ou 3 liens que je voulais lui donner, John avait deja repondu.

je complete donc, meme si je ne peux pas m'empecher d'insister sur les "chiffres OCDE" de sharky, qui, aveuuglé par la colere, n'a meme pas su recopier proprement le nom de "ClemAnceau" ;-)

Ajoutons aux remarques de John le fait que ce qui est demandé à chaque "fonction publique nationale" differe. non, la France avec ses 20% (chiffre plus ouvent avancé par les rapports que les 25 de sharky, dot j'accepte qu'il se rattrappe en nous fournissant les references de ses chiffres dans une publication de l'OCDE), avec ses 20%, donc, la France ne produit pas les memes choses que des pys qui (vertueux, bien sur) n'ont "que" 10% de fonctionnaires...

sharky, si tu aimes les chiffres, je te conseille de faire ton marché dans des documents un peu serieux. par exemple http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/064000573/0000.pdf. rassure toi, tu y trouveras du grain a moudre...

Car, en effet, une reforme est nécessaire. Mais balancer 3 generalités (les fonctionnaires, tous des fénéants gauchos surpayés, en substance) n'aide en rien. Il suffit de voir comment les grandes entreprises peinent a gerer leurs RH, pourtant bien moins lourdes.

pour que sharky puisse continuer de s'informer, il existe d'autres possibilités : la plus simple, c'est
http://www.fonction-publique.gouv.fr/

ensuite, oui, je l'ai deja dit, je ne veux pas faire partie de la génération qui autorisera l'euthanasie de ses parents juste pour se débarasser des "surcouts" (vieillesse, mauvaise gestion) auxquels on ne se prépare pas bien actuellement.

John_G 24/09/2007 16:59

@ Sharky,

tu deviens de plus en plus pathétique. Quand je fais référence à des chiffres, j'ai au moins la décence de ne pas mentir. Or, les chiffres que tu avances dont celui de 1870 qui doit être d'une crédibilité insoupçconnable, ne sont certainement pas issus de l'OCDE mais du délire d'un site Internet que tu as trouvé en tapotant sur Google ! Malheureusement, je sais aussi faire Sharky.

Tu y as tout repris d'ailleurs, même la citation de Clémenceau. Connais-tu un proverbe d'ailleurs avec les mots culture et confiture. Il s'applique parfaitement à toi dans ce cas.

Je laisse à tout le monde le soin de constater les "chiffres" de Sharky à l'adresse suivante :
http://www.conscience-politique.org/2005/muratdossierfonctionnaire.htm

Vous pourrez à cette occasion observer la "neutralité" générale de ce site.

Ceci étant, puisque tu veux des chiffres, on va alors les évoquer. Les voici : En résumé, la population active française comptait 27 637 000 personnes en 2005. L'administration d'Etat s'élevait alors à 1 970 820 fonctionnaires (titulaires et non titulaires), soit 7,1%. En y ajoutant la territoriale et la fonction publique hospitalière (au total, 5 031 834 fonctionnaires en 2003), on obtient un ratio de 18% de la population active.

Alors, ensuite les comparaisons internationales. Tu le dis toi-même, en moyenne, dans les autres pays, on se situe entre à 15% de la PA qui est fonctionnaire. Mais comme le dit l'OCDE elle-même, je cite, "ces comparaisons sont difficiles en raison des modes de calcul différents". Et de fait, rien que le chiffre allemand est totalement faussé par le fait que les fonctionnaires des anciens monopoles nationaux (Poste, ferroviaire, télécoms) n'ont jamais été comptabilisés. On peut reprendre ce type de raisonnement avec l'Angleterre où de très nombreuses agences (qui ont remplacé de nombreux Ministères dans leur action opérationnelle) ne sont pas comptabilisées.

Dans les deux cas, quel que soit le statut des personnels concernés, c'est tout de même l'Etat qui paie. Donc ces comparaisons ne veulent proprement rien dire.

Ou alors on affine le chiffre en France où près de 800 000 agents sur le total sont déjà des contractuels pour la plupart en CDD. Mais ceux-ci sont néanmoins inclus dans les 18%.

- Sur les exemples historiques. Je veux bien que certains fassent de de Gaulle un démiurge mais il me semble que la reconstruction était déjà bien entamée en 1958...

- Sur le traitement des fonctionnaires, tes chiffres et ta source sont tellement délirantes qu'ils ne méritent même pas d'être pris en considération. Si vous voulez des chiffres réels et tentez de percevoir la réelle situation salariale des fonctionnaires, lire http://www.insee.fr/fr/ffc/ipweb/ip1151/ip1151.html

Ensuite, que le traitement des fonctionnaires repose sur les intérêts de la dette, cela est tout simplement du à une mauvaise gestion de l'administration que personne ne nie.

Puisque tu parles de Jospin, je te rappelle simplement que c'est à cette époque que la dette comme le déficit se stabilisent puis diminuent fortement, ce qui permet d'ailleurs, entre autres, le passage à l'Euro.

Comme dirait Villepin (mais à tort en ce qui le concerne), on vous avait laissé le pays dans un bien meilleur état qu'aujourd'hui.

C'est évident que lorsqu'un Premier ministre ne sait même pas faire la différence entre les comptes de la Nation (effectivement déséquilibrés) et le budget qui doit tous les ans être voté en équilibre (équilibre entre recettes et dépenses), on s'inquiète pour la suite.

On s'inquiète doublement quand ce gouvernement vient de distribuer 15 mds € totalement dans le vent et qu'il vient maintenant nous parler de "faillite". Alors ton courage et ton énergie, peut-être que ça t'émoustille de le voir s'exciter comme une puce tous les jours et distribuer bons et mauvais points, mais les capacités politiques de Sarkozy on les connait, au moins depuis 1993 !

Tu es incapable de parler sereinement de ce sujet (comme de la plupart d'ailleurs). Dommage, parce que le débat peut exister et parce que les réformes sont nécessaires.

Sharky 24/09/2007 12:23

Tu me fais mal John, toi l'homme des chiffres (même choisis), des faits (même interprétés), là tu me fais la danse du ventre avec ton inconscient sarkozien, populisme, poujadisme... pour protéger les électeurs PS chéris. Alors quelques faits et chiffres que tu ne manqueras pas de commenter et de compléter.

Sur la part des emplois publics, 2 secondes d'analyse historique (OCDE):
- 1870 = 2.5%
- 1913 = 3%
- 1937 = 4.4%
- 1962 = 7.4%
- 1980 = 12.5%
- 2002 = 26.3%
- 2007 = 24-25% (estimation)

Tu la vois la tête de la courbe et puis l'objectif n'est pas d'aller à 100%, même si tu en rêves. La moyenne des pays "avancés" tourne autour de 15%.

Je te fais grace de commentaires poussés comme De Gaulle qui avait un pays à reconstruire et à structurer, Pompidou qui avait de grands travaux. Mittérand qui a fait la pyramide et sa bibliothèque tout en étant en plus sur une période ou les outils modernes ont explosés et les moyens de productivité avec.

Mention spéciale à Jospin entre 1997 et 2003 ou les charges de personnel de l'Etat ont cru de 7% avec jusqu'à 44% des dépenses du bugdget de l'Etat en 2003. heureusement qu'il est parti en 2002.

Sur le traitement des fonctionnaires, là aussi on peut y aller les chiffres sont encore plus clairs. Sur le simple traitement (hors avantages sociaux et florilège de prestations particulières ou encore retraite, ou durée hebdo, chomage inconnu...) les fonctionnaires ont un revenu à niveau égal supérieur de 15% à ceux du privé alors qu'il est de 20 à 25% inférieur en Allemagne, aux USA ou au Japon. Un coût délirant mais pour quels résultats au dela des déficits abyssaux sur le dos des salariés actuel mais aussi et surtout des générations futures dont tes enfants pauvre pomme.

Prenons l'exemple ou je suis le plus aigre, l'éducation tu sais là ou tu fantasmes mes échecs personnels comme "habile" pirouette.
Doublement (à prix constant) du coût par élève de 1975 à 2004.
De 1990 à 2001, budget nat pour éduction nat est passé de 18.4% à 22.7% alors que le nombre d'élèves a chuté de 550 000. 30% d'augmentation des effectifs du ministère sur la même période.

Quels résultats OCDE comparés aux autres pays?
Baisse du niveau général avec des performances en mathématique, en sciences, en langue et on ne parle même pas de langues étrangères et des niveaux comparés indignes des moyens supplémentaires mis en place et bien en deça (résultats pas les coûts) de nos voisins. La voilà la réalité crue.
Ah pour la bonne bouche, 20% des élèves du primaires n'ont pas les bases pour entrer au collège.
Quand on dit que l'on peut faire mieux avec moins et que les socialos réclament toujours plus de moyens, pour faire quoi, moins bien?
Sauf que 90% des prof sont censés voter PS et prêcher la bonne parole, ce dont ils ne se privent pas en classe, sauf qu'en plus ils sont tellement mauvais qu'ils ont un taux de lobotomisation de nos petits enfants ridicule (vous exceptés)

Alors à côté de ça tu peux continuer à avancer avec ton caca dans les yeux avec tes piteux, LOLF, POLF, WOLF, fusion DGCP-DGI, tes acte2, tes Paris AAA... c'est de la fumée pour Enarque fumiste. L'histoire ne retiendra que les données que j'ai énoncées qui montrent la réalité des choses et qui sont une honte pour notre pays et nos enfants.
Pour des manoeuvres politiciennes foireuses de chasse aux électeurs ou d'idéologie irresponsable et aveugle, les socialos ont dégradés la situation de la France pour des decennies. Voilà le résultat.

Pour cela tous les autres doivent payer 2 fois, un peu comme la redevance télé. On paye très cher pour le sous-TF1 public que l'on subit et on doit raquer une deuxième fois pour avoir des programmes de qualité, pour ceux qui peuvent. Les autres sont les esclaves toujours tirés vers le bas sans possibilité de s'extraire exsangues qu'ils sont d'un système hors de prix qui ne leur profite même pas.

Clemanceau était loin de penser que son "La France est un pays extrêmement fertile : on y plante des fonctionnaires et il y pousse des impôts" aurait été à ce point décuplé par les socialos.

Enfin je n'ai aucune haine particulière envers les fonctionnaires dont certains sont effectivement brillants comme tu te complets facilement à me faire dire l'inverse, ils n'ont fait que profiter facilement d'une opportunité qui leur était offerte. J'en veux au PS (et même à Chirac qui n'a pas osé s'y attaquer suffisamment) et aux syndicats responsables de cette incurie qui tout en privilégiants des corporations maffieuses de veaux engraissés à qui on a bourré le mou comme dans vos "Grandes Ecoles", ont creusés des écarts insupportables et cassés des valeurs morales et des volontés de responsabilité, d'esprit d'entreprise qui sont les vraies richesses d'un pays.

Il est temps dans l'intérêt de tous les français (pas seulement des socialistes) que cela change si nous ne voulons pas être la Roumanie de l'Europe dans 30 ans, parce que là on ne pourra plus payer la couteuse danseuse Service Public.
Tu ne te rend egoistement (protégé, chanceux, aveugle, les 3?) même pas compte que tu fais partie d'une génération sacrifiée qui paiera toute sa vie la note, sans en récolter aucun fruit, d'une autre qui a vécu au dessus de ses moyens. Tu vois qu'un diplome ne fait pas tout et que la bétise est partout.

PS : Je ne juge pas les gens sur la "valeur" d'un diplome ou sur le bon vieux système gérontocratique à la française, je juge les gens professionnellement sur leur valeur réelle, leur capacité à voir, faire, créer et entrainer et surtout leur courage. Deux exemples pour étayer cela MSR sur diplomée, inculte, incapable; NS de vrais capacités et un vrai courage, son diplome je m'en tape. L'intelligence et les qualités humaines ça ne s'apprends pas à l'école (ça s'y développe au mieux) ou dans un cabinet de chirurgie esthétique.