"Les généraux birmans ne domineront jamais nos coeurs!"

Publié le par Section socialiste de Sciences-Po

Voici la traduction (faite par un militant dévoué) d'un article paru dans le South China Morning Post, dans son édition de jeudi dernier. Il a été rédigé par U Gambira et Ashin Nayaka
U Gambira est le pseudonyme de l'un des dirigeants de la All Burma Sangha Coalition. Ashin Nayaka est fondateur de la Société missionnaire bouddhiste.


"L'ordre religieux des Bonzes a été une vitrine de la Birmanie depuis que le Bouddhisme y a été introduit il y a plus d'un millénaire. Pour un Bonze, s'impliquer en politique ou tenir un discours politisé est interdit par le code éthique du bouddhisme theravâda. Mais aujourd'hui, en Birmanie, cette philosophie spirituelle - fondée sur les principes de compassion et de non-violence, assume des champs d'action inattendus, de défiance et de récalcitrance: Les Bonzes contestent l'hégémonie de la junte militaire qui dirige notre pays. Bonzes-birmans.JPG

En tant que Bonzes, nous souhaitons soulager les douleurs quand nous les voyions. Nous ne pouvons pas ignorer les souffrances de notre peuple. Nous avons formé la coalition des Sangha quand nous avons vu que les Bonzes du pays étaient unis. Et ce ne sont pas les seuls. Quand nous avons commencé nos marches pacifiques pour le changement, étudiants, jeunes, intellectuels et gens ordinaires nous ont rejoint dans les rues.

Nous pensions que nous pouvions obtenir le soutien de certains généraux - eux-mêmes Bouddhistes - afin qu'ils nous rejoignent dans nos revendications pour moins de souffrance. Au début, nous leurs avons montré notre rejet des règles militaires en refusant leur aumône. 

Nous n'avons pas perdu notre tendre affection pour les soldats ordinaires, ni même pour les leaders qui leurs ordonnent de brutaliser la population. Mais nous voulions les encourager au changement pendant qu'il en est encore temps. 

Nous savons que certaines personnes dans l'armée et dans les organisations proches du régime sont hésitants à utiliser la violence contre les Bonzes. Certains soldats, qui avaient recu l'ordre de nous battre et de nous arrêter ont refusé car ils ne comprenaient pas pourquoi ils devaient agir ainsi.

Nous avons espéré créér un chemin différent de celui des chefs militaires, une route pour commencer un véritable dialogue avec les leaders de la population, pour l'unité de la nation. Mais cet espoir fut de courte durée. Le régime traque désormais tous ceux qui particient aux manifestations et commet d'innomables actes de violence.

Ils ont attaqué des monastères, arrêté des Bonzes et des Soeurs par la force. Nous avons entendu des témoignages selon lesquels des manifestants blessés auraient été enterrés
vivants dans des tombes massives ; et des rapports ont confirmé que des corps ont été engloutis dans des canalisations à Rangoun. 

Le général brigadier Kyaw Hsan, un représentant des militaires, a récemment déclaré a l'envoyé spécial des Nations Unis, Ibrahim Gambari, que les manifestants dans la rue n'étaient pas des Bonzes mais des escrocs. Pourtant nous sommes des milliers de Bonzes, tous authentiques qui manifestons pour la paix. 

La junte veut que le monde croit que le soulèvement est terminé. Mais nous pensons au contraire que ce soulèvement marque le début de la fin du regne militaire sur notre pays. 

Le gouvernement militaire fera tout pour rester au pouvoir. Mais leurs actes de violence doivent etre montré au reste du monde. Peut-être pourront-ils encore pour un temps contrôler les rues et les monastères, mais ils ne pourront jamais dominer nos coeurs et notre détermination".  

 

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Yves 06/11/2007 13:13

L’ancien communiste Alexandre Adler, toujours dans ce formidable numéro du Nouvel Observateur, en profite même pour lancer un appel vibrant à son ami : « Alain Minc, Alain Finkelkraut ,Kourchner , Strauss-Kahn ,André Glucksmann et moi-même, nous soutenons vigoureusement Sarkozy, et tous nous venons des profondeurs du Komintern. Allez Bernard (BHL), rejoins ta vraie famille. Car il faut combattre beaucoup d’ennemis qui nous ont pris la gauche et s’en servent avec ténacité. »

NDLR : Il oublie que BHL est le petit télégraphe de l'empire et qu'il se doit de garder un pied au PS au cas où ..