Quand l'agitation prend le pas sur la stratégie : 1,3 milliards perdus

Publié le par Section socialiste de Sciences-Po

Lors de sa récente interview télévisée, par sa volonté de faire des coups médiatiques permanents, le Président a fait perdre plus de 1,3 milliards aux contribuables. Ajoutés au 15 milliards annuels de cadeaux fiscaux votés en juillet, la facture de l'incompétence sarkozyste est déjà lourde au bout de quelques mois. Malheureusement, l'actualité très chargée a totalement fait l'impasse sur l'échec réelle de cette opération, due précisément à l'agitation au plus haut sommet de l'Etat.

Fran--ois-Brottes.JPGFrançois Brottes, député de l’Isère et vice-président du groupe socialiste chargé des Affaires économiques, rappelle ici les détails de l'opération.


La vente de 3% d'EDF, l'opération « choc » annoncée par le Président Sarkozy pour relancer...le pouvoir d'achat, se solde par un zéro pointé : entre « gribouille et embrouille », on est loin de la politique industrielle d'envergure que commande l'avenir énergétique français et la maîtrise publique de nos outils industriels.

 

La gribouille
 

  Le choc espéré a produit l'effet inverse pour les finances publiques :

   

-        en deux séances, la capitalisation boursière d'EDF a fondu de 6,4 milliards d'euros, à l'heure où EDF doit faire face à des nécessités d'investissement considérables.

 

-         la baisse du titre, qui a suivi l'annonce du Président, a aussi coûté 200 millions à l'Etat, à déduire des gains attendus de la vente.

 

-         le gain final a rapporté autant que 2 ans de dividendes pour l'Etat, au cours actuel.

 

L'embrouille

 

Les 5 milliards promis pour les universités ont eux aussi fondu, à 3,7 milliards d'euros.EDF---logo.JPG

Echec financier, c'est aussi et surtout le reniement des engagements pris par le Gouvernement vis à vis des Français et de Bruxelles, selon lesquels toute cession d'actifs publics doit financer le désendettement de l'Etat.

 


Sans compter que pour que l'Etat récupère autant de dividendes qu'avant, il faudra augmenter les prix de l'énergie pour les ménages. Une mesure en faveur du pouvoir d'achat? cherchez l'erreur! C'est donc bien une mesure gribouille-embrouille contre le pouvoir d'achat des Français.

 
 

Au final, ce « coup » médiatique compulsif coûte cher aux contribuables, pour un plan de financement des universités au rabais et absolument pas pérenne, qui méritent tout de même mieux que cette gribouille-embrouille financière.

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ALC 24/12/2007 07:56

@ John
J'essaierai de vous envoyer un ou deux articles en janvier ou en février, reprenant le contenu de ces posts de manière un peu plus élaborée.

Brièvement, sur la sélection:
Je ne soutiens pas actuellement la sélection à l'entrée des universités, car c'est à mon avis politiquement impossible à mettre en oeuvre. Il est plus judicieux de recourir à des mesures telles que la réforme du baccalauréat, ou bien la possibilité pour les universités d'imposer une année de mise à niveau pour les étudiants les plus faibles.

Je précise que mettre en place une sélection n'est pas motivé par un quelconque élitisme ou une vision conservatrice de la société. J'ai pu constater de visu l'effet dévastateur que peut avoir l'absence de sélection. Cela pourrit complètement les premières années universitaires. Non seulement les plus faibles ne peuvent qu'échouer, et il est un peu risible de prétendre donner une seconde chance à ceux qui n'en n'ont au départ aucune, mais surtout cela crée un climat qui fait échouer beaucoup d'étudiant qui aurait réussit, même péniblement, à avoir leur licence. Les professeurs sont totalement démotivés d'avoir des étudiants médiocre, et souvent, ils transforment la première année en une sorte de sélection naturelle qui permet de réaliser la sélection que l'on refuse de mettre en place. Et on les comprend: comment pourrait-on vouloir s'impliquer pour faire réussir des étudiants très faibles, absolument pas motivés, absentéistes, sans projets, qui ne savent pas pourquoi ils ont dans cette formation plutôt que dans une autre? Sans compter quelques cas assez scandaleux d'étudiant totalement désinvolte et irrespectueux.

Par conséquent, l'absence de sélection, même si elle semble généreuse, est vraiment un mauvais coup fait aux étudiants, et ce n'est pas leur rendre service que de la défendre. C'est bien parce que je suis en faveur d'une augmentation de l'accès aux études supérieures et de la justice sociale dans les universités que je pense que la sélection (qui n'est pas celle de Sharky: sélectionner ne veut pas dire pour moi éliminer le plus d'étudiant possible pour dégager une petite élite, mais s'assurer que les étudiants sont capable de poursuivre leurs études avec succcès et qu'ils ont un vrai projet) est une bonne chose.

Mais je vois que je recommence à m'étendre un peu trop! Je détaillerais tout ça dans un article à venir, promis

John_G 21/12/2007 15:59

@ ALC,

quel commentaire ! Dis-moi, tu ne voudrais nous fournir un article ? On l'attend avec impatience !

Sur le fond, je ne peux pas te répondre sur tout, mais je suis d'accord sur un certain nombre de points. Quelques remarques cependant :

1. Il faut regrouper les facs (une vingtaine voire une quinzaine au niveau national), ce qui permettrait de faire des économies d'échelle, aurait des avantages environnementaux évidents, donnerait du logement étudiant et permettrait de donner une vraie visibilité au niveau international ;

2. Sur la sélection, je ne comprends pas en définitive si tu es d'accord ou pas avec la mise en place d'une sélection à Bac 0. Pour ma part, j'y reste hostile à partir du moment où l'on met en place sur un an ou deux une formation généraliste qui permet à chacun de se diriger vers la filière qui lui convient le mieux. Encore une fois, le droit à l'erreur, s'il est contrôlé, est la moindre des conditions de la liberté, sans vouloir être lyrique ;

3. Je pense que les régions, en raison de leurs compétences en matière de formation professionnelle et de développement économique, doivent être les fers de lance de la rénovation des bâtiments. Pourquoi ne pas leur transférer la propriété des murs, comme on l'a fait avec succès dans le domaine des lycées par exemple ?

J'aurais encore d'autres remarques, bien évidemment. En attendant ton article en tout cas.

Félicitations transmises à Sandra par ailleurs !

ALC 19/12/2007 11:31

@ Sharky
Le constat est peut-être en partie le même, mais les solutions ne sont certainement pas identiques.

1) On peut dire que tu défend ce que j'appelerais le modèle "germano-suisse" de l'enseignement supérieur. Ses caractéristiques:
- une professionalisation très jeune d'une classe d'âge (souvent dès l'entrée au lycée, avec les Hochschule en Allemagne)
- une étroite collaboration système éducatif/industrie, avec notamment un développement massif de l'apprentissage
- conséquence logique de cela: une fraction très réduite de la population qui accède au études supérieures généralistes (moins de quinze pour cent), ce qui assure un bon niveau moyen dans les universités, et une valeur relativement élevé du diplome sur le monde du travail

Indéniablement, le système est séduisant: peu d'échec, des lycéens rapidement et efficacement formés par les entreprises, une bonne insertion de tous dans le monde du travail. Il y a quelques années, quand je croyais encore que le figaro était un bon journal au dela des pages consacrées à l'international, j'aurais soutenu un tel système

Maintenant, ne nous leurrons pas, celui-ci est en crise profonde:
- l'enseignement professionnel par les entreprises ne marchent plus, car celles-ci refusent de former les jeunes (trop cher, trop contraignant); il y a donc des milliers de lycéens qui restent sur le carreau en Allemagne, incapable de trouver une place d'apprenti
- l'Allemagne fait face à une très réelle pénurie de personnel qualifié (il est par rare que de jeunes ingénieurs français se fassent démarcher par téléphone par des boites allemandes), en raison du faible nombre de diplomés du supérieur
- on aboutit à un gachis au niveau de l'orientation: pendant des années, des collégiens relativement fort se sont tourné vers les voies professionnelles, pour toucher un salaire d'apprenti, alors qu'ils auraient sans doute bien réussit à la fac.
- Surtout, le système est hyper rigide: va trouver du boulot une fois viré par VW, alors que la formation reçue t'orientait vers un poste hyper-spécialisé dans l'industrie automobile
- plus généralement, au niveau démocratique et intellectuel, c'est moyen. Avoir des citoyens bien éduqués, c'est une valeur en soi, même s'il ne gagne pas tous cinq mille euros par mois
- le dernier point est lié au précédent: restreindre l'accès au supérieur, c'est, aussi paradoxal que cela puisse paraître, en baisser le niveau (en valeur absolu). En effet, impossible de prédire de manière exacte à dix huit ans qui va réussir ou rater, qui a le potentiel d'un prix nobel ou d'un médiocre (même si, je suis d'accord, pour la plupart des gens, on peut faire des pronostics assez fiables). Avoir une part importante de la population dans l'enseignement supérieur, c'est "laisser la voie ouverte aux inventeurs inconnus" (Hayek, "la constitution de la liberté"; tu vois Sharky, on peux être de gauche et sympathisant PS, et lire les oeuvres de ses ennemis idéologiques). Répandre la connaissance largement dans la société, c'est donner à beaucoup de monde l'opportunité d'en tirer profit pour innover et exceller. La plupart ne tireront pas partie de l'occasion (et en sont d'ailleurs incapable), mais statistiquement, plus tu augmentes le niveau moyen d'étude, plus tu as de chance d'avoir beaucoup de prix nobel, d'entrepreneurs, etc. Combien de futurs excellents chercheurs allemand se sont retrouvés apprenti dans l'industrie et n'ont pas tiré partie de leurs capacités? A mon avis, pas mal.

Par conséquent, il n'est pas réaliste économiquement de se lancer dans des politiques malthusienne dans l'enseignement supérieur. D'ailleurs, la seule méta-étude empirique réalisée sur l'impact des investissements publics sur la croissance (coordonnée par Barro, le père des anticipations rationnelles, qui est plutôt libéral) montre que les investissements dans l'éducation font augmenter la croissance moyenne d'un pays (alors que les autres dépenses publiques la font baisser; mais ça, j'en doute un peu).

2) De plus, l'enseignement supérieur ne répond pas purement à une logique utilitariste. Il y a un vrai enjeu démocratique à former la plus grande partie possible de la population (sous réserve, bien sur, des capacités de chacun) dans l'enseignement supérieur. Tout d'abord, on crée une société plus ouverte, ou les gens ont accès à plus d'opportunité. Peut être que tous les diplomés n'auront pas accès immédiatement à un poste de cadre, mais au moins, ils auront les capacités et les connaissances académiques pour monter dans la hiérarchie (même si, là encore, ils n'en tireront pas forcément partie).

De plus, cela augmente le niveau moyen de la génération future, et donc l'équité sociale du système éducatif (aie, je commence à jargonner.. dsl). En effet, avoir des parents titulaires d'un diplome supérieur augmente considérablement le niveau moyens d'un élève au collège ou au lycée. Donc démocratiser l'enseignement supérieur, c'est à terme permettre une réelle égalité des chances au niveau de l'enseignement primaire et secondaire.

Des citoyens mieux formés sont également plus à même de participer de manière éclairée au débat démocratique. Pour tout ceux un peu familier avec la démocratie délibératie et la rationalité communicationnelle, il est évident que l'éducation est un enjeu démocratique

De plus, et qu'on n'y voit aucun mépris pour ceux qui n'ont pas fait d'étude, faire des études rend réellement moins con. En effet, "l'intelligence" pure et dure, comme substance inégalement répartie et indépendante de tout contexte social n'existe pas. On est d'autant plus "intelligent" (capable d'agir et de penser de manière intelligente, ie. rationnelle et efficace) que l'on a fait des études, qui constitue une indéniable ouverture sur le monde. Ce qui ne signifie pas que les non diplomés sont des abrutis, mais simplement qu'ils ont des perspectives nécessairement plus limitée que ceux qui le sont.

3) Par conséquent, ton modèle de société, Sharky, est conservateur. Il repose sur l'idée qu'il existe une hiérarchie naturelle entre les individus, et qu'il serait vain de la remettre en question. Certains sont intelligent et travailleurs, ils méritent donc de faire des études et ensuite d'exercer les fonctions dirigeantes dans la société. Quant aux autres, qu'ils se dirigent donc vers les métiers auxquels ils sont aptes. D'ailleurs, n'existent-il pas une " intelligence de la main" (Raffarin), qui elle aussi doit être respectée? Parfois, on pense très fort à la République de Platon en te lisant, cher Sharky. J'imagine que tu te classes dans les philosophes rois.

Donc non, nos deux visions diffèrent essentiellement. Même je suis d'accord avec toi sur quelques constats et mesures de bon sens, je suis en désaccord sur les caractéristiques les plus fondamentales de l'enseignement supérieur.

@ John
Tout d'abord, transmet mes félicitations à Sandra pour avoir réussi l'ENA. Beaucoup de respect pour une si belle réussite.

Quelques précisions sur la sélection:
J'avais dit, dans mon post précédent, et de manière assez allusive, que "Il faut donc non pas établir une sélection qui existe déjà mais la rationaliser et la rendre plus juste." Précisons:
Rationaliser la sélection: je ne demande pas que l'on rajoute systématiquement une sélection après le bac. De toute manière, c'est infaisable pour des raisons politiques.
Mais:
- on pourrait interdire aux bacheliers professionnels et technologiques (sauf mention bien ou plus) d'entrer dans les filières générales l'université. En effet, le taux d'échec est de 100%, à quelques décimales près pour les premiers, plus de 90% pour les seconds.
- Plutôt que d'atomiser la sélection et de créer un système opaque qui est un obstacle au succès des plus défavorisés, il serait plus judicieux de regrouper les formations sélectives à bac 0 (classes prépas, DUT, école, etc) en créant dans les université des premiers cycles sélectifs se juxtaposant aux premiers cycles non sélectif, et qui donnerait un accès automatique en mastère. Ou, ce qui reviendrait au même (mais serait plus complexe à mettre en oeuvre), en rendant une vingtaine d'université, également réparties sur le territoire français, sélectives sur le modèle de Dauphine. Le système aurait l'avantage d'être lisible, d'inciter les étudiants disposant de moyens modestes à s'engager dans des cursus long au lieu de choisir DUT ou BTS (puisqu'ils auraient l'assurance de ne plus courir de risque d'échec une fois sélectionnés à bac 0), et surtout, de relever fortement la réputation des diplomes universitaires.
- Mettre la sélection en mastère à l'entrée en M1 et, non en M2. Le fait que le gouvernement est renoncé à une réforme aussi évidente est pathétique, et montre la médiocrité, la pusillanimité, la lacheté, le caractère bateleur (je vous laisse continuer avec vos termes préférés) de Nicolas Sarkozy.
- Certaines formations devraient pouvoir sélectionner à bac 0, en raison de leur caractère très peu professionnel, et de la motivation qu'elle demande (ex: art du spectacle, cinéma, musicologie; voir arriver en première année de musicologie des jeunes qui n'ont jamais joué d'un instrument de musique est affligeant)
- J'aurai sans doute des choses à ajouter sur le sujet, mais je vous enverrai un article sur votre blog dans un mois ou deux si j'arrive à me motiver
Rendre la sélection plus juste: je ne développe pas, mais les conventions éducations prioritaires (CEP) à sciences-po ont parfaitement montré que l'on pouvait sélectionner de manière socialement juste.

Sur les moyens et l'état des batiment universitaires:
Pourquoi beaucoup de fac française ont-elles des locaux si délabrés? La réponse se trouve dans la politique d'ouverture d'université dans les années 80/90. A cette époque, poussé par les élus locaux qui voulaient absolument avoir "leur" fac dans leur petite ville moyenne de 30 000 habitants, l'Etat a reconnu la création d'un certains nombres d'université. Celles-ci avaient pour caractéristiques d'être de très petite taille (10 000 étudiants dans les universités de Valencienne, d'Artois,du Littoral, 8000 à La rochelle). Or, le financement des universités est fondés sur le nombre d'étudiant; elles recoivent une dotation calculée à partir d'un coefficient multiplié par le nombre d'inscrits (c'est un peu plus compliqué que ca, mais j'ai oublié comment ca marche exactement). A cela, se rajoute les salaires des enseignants chercheurs, et les subventions accordées aux labos des facs. Ces nouvelles universités ayant peu d'étudiant, peu d'enseignants chercheur, et très peu de laboratoire et d'équipe de recherche (généralement d'un niveau médiocre), elles ont donc logiquement recues des subventions très faibles de l'Etat. Et les collec' loc' n'ont pas comblé le vide par manque de moyen.
On se retrouve donc avec de petites facs, complètement fauchés, délivrant des diplomes peu reconnus (en particulier au niveau mastère), faisant une recherche médiocre, et souvent tombant quasiment en ruine, quand elles ont eu la chance de sortir des ALGECO initiaux. Il y a donc là un effet de taille évident.
L'Etat ne voulant pas - ce qui peut se comprendre - encourager le dvpt de telles universités - bien qu'il ait eu la faiblesse coupable d'accepter leur création - il se garde bien de les financer.
A l'inverse, les universités qui 1) ont une recherche assez développé 2) sont d'une taille respectable 3) ont des formations suffisament reconnu pour attirer la taxe d'apprentissage 4) sont là depuis longtemps ont généralement des locaux d'une qualité acceptable. J'ai étudié à Paris 1, et à part les slogans débiles dans les amphis du à des gauchistes en deuxième année de socio depuis une décennie, les locaux sont honorables.
Un autre facteur entre en ligne de compte: l'amiante. Dans certaine fac, cela a occasionné des couts proprement exorbitants (en particulier à Paris III, VI, VII), totalement imprévisibles, et qui ont asséché les fonds alloués aux batiments, qui autrement auraient été suffisants.
Donc la solution, même si je ne rejette évidemment pas une augmentation des moyens qui est nécessaires, passe aussi par une réorganisation du paysage universitaire francais conduisant les facs soit à disparaître si elles sont trop petites, soit à se regrouper quand cela est pertinent (le regroupement des trois université de Marseille dans le but de briller dans les classements par effet de taille est ainsi pathétique et ridicule), soit à absorber les petites formations (classes prépas, BTS) environnantes pour atteindre une taille critique.
L'autonomie est également importante, pour mieux gérer les moyens à disposition (si vous pouviez entendre le président de P7 clamer à qui veut l'entendre que si on l'avait laisser gérer le chantier de Jussieu lui même, tout serait réglé depuis longtemps, le tout avec des larmes dans la voix, cela vous fendrait le coeur; ceci dit, il a totalement raison).

Sur le financement privé:
J'ai précisé, en parlant de harvard financé à 98% sur fond propre, que j'entendais par privé "venant de l'entreprise". Il va de soi que les universités américaines (du moins les prestigieuses) sont riches en raison des dons qu'elles recoivent de particulier. Harvard a ainsi constitué ses colossaux fonds propres grace à des collectes de fond débutant au XVII siècle.
Cela désigne d'ailleurs une piste interessante de financement des facs. Celles-ci pourrait financer leur recherche grace à des fonds capitalisé, dont le produit permettrait de financer leurs labos. De tels fonds pourraient etre constitué en y affectant le produit de l'impot sur l'héritage (a augmenter fortement; la politique ploutocratique de Sarkozy en matière de droits de successions est répugnante; on devrait taxer ca à 85%). De plus, cela repondrait aux désirs légitimes des légataires de laisser quelques choses d'utile derrière eux. Contribuer au financement du Harvard francais, c'est quand même plus classe que de créer des rentiers à moitié débile à la Lagardère (qui se dit lui même incompétent, et qui en plus est sans doute malhonnete).
De plus, 1) cela renforce l'autonomie des facs et de leur recherche (et la liberté de la recherche est qqch de fondamentale dans son succès) 2) c'est pérenne, puisque l'argent est capitalisé, et que c'est son produit qui est affecté au financement 3) c'est une manière sympathique de subvertir le capaitalisme en affectant les profits a qqch d'utile 4) cela permettrait de faire remonter le niveau des facs francaises en une vingtaine d'année: a raison d'environ de 10 Md de droits de succession par an, d'une rentabilité d'au moins 5% (8% en moyenne pour les action), attribué à une vingtaine de fac, il y a moyen de faire fortement remonter leur niveau en recherche (excuser la construction etrange de cette phrase).
Quand à l'implication des entreprises dans l'université, ne fantasmons pas non plus. Elle a sa place en licence et en mastere pro, dans une certaine mesure, mais l'entreprise n'a pas non plus a coloniser la fac. et n'a certainement pa l'intention d'y mettre beaucoup d'argent. Le modele de scpo est ici ce qui est a suivre. Bigorgne et Descoing gerent tres bien les relations avec les grosses boites.
Par contre, la ou on pourrait rapatrier de l'argent, c'est en reformant la manière dont les sommes pour la formation professionnelle (27 md d'euros !!!) sont utilisées.

Au sujet des glandeurs et a nouveau de la selection:
Rendre generaliste les premiere années de la fac est une erreur. On le fait dans le premier cycle de scpo, et d'experience, je peux dire que c'est mauvais. De plus, excepté HK, et encore, les prepas ne sont pas généralistes, contrairement à ce qu'on dit. Vous alez en PC, vous vous bouffez uniquement de la physique et des math (qui sont des disciplines tres complementaire). Au lieu de cela, il faudrait instaurer une séparation entre une majeure spécialisé dans un domaine (droit, eco etc..), et une mineure qui comprendrait des langues et des enseignement professionnalisant (par exemple, lettre-com, philo-droit, comme cela existe déja dans certaines facs), et ne serait plus le ramassis d'enseignement bidon qu'elle est souvent, qui vise uniquement à atteindre le quota d'heure prévu par les textes.
Surtout, l'Etat devrait se contenter de fixer un certain nombre d'appellation protégé (un peu sur le modèle du titre d'ingénieur ou de psychologue), et laisser ensuite les fac totalement libre de la maquette de leurs enseignements.
Le redoublement devrait etre bcp plus severement penalisé. Si l'Etat doit financer les etudes des jeunes, il n'a pas a financer les années qu'ils redoublent , et qui devraient rester à leur charge. De même, il faudrait moraliser un peu le système des bourses (les textes existent mais ne sont pas ou mal appliqués), et mettre fin aux inscriptions de convenance pour avoir la mutuelle etudiante. Une reforme simple à realiser: allouer les fonds aux universités sur la base du nombre de dipomé, pas du nombre d'inscrit. Cela éviterait que les presidents de fac fasse gonfler leurs effectifs pour obtenir des moyens.

J'aurais sans doute encore beaucoup de chose à dire sur la reforme des universités (sujet crucial dont je me réjouis qu'il attire autant d'attention sur ce post), mais ce post devient interminable, et je pense avoir repondu de manière relativement détaillée à vos objections et remarques. J'essaierai de vous envoyer quelques articles sur les universités francaises, ce qui est sans doute un moyen plus approprié de s'exprimer.

Egalement: arreter donc de vous envoyez des accusations d'etroitesse d'esprit ou de mediocrité intellectuelle à la face. Quelque soit le contenu de vos propos, vous fournissez tous les deux des arguments valables, ce qui est malheureusement bien rare dans le débat public

Sur ce: bonne nuit ( ou plutot bon matin, je suis à l'heure canadienne)

John_G 17/12/2007 20:19

@ Sharky,

Qui a écrit, entre autres : "pouvoir tordre le Monde à ton image mentale" ? Tu m'as déjà fait le coup de la victimisation il y a quelques temps alors que tu te ne prives pas de remarques vraiment personnelles. Il me semble que je mets au contraire en avant des arguments auxquels tu ne réponds pas.

Sharky 17/12/2007 19:31

Pourquoi faut-il que tu personnalises? A bout d'argument? Pour faire de l'anti-sharky ou anti-autre comme t'a appris ta maitresse avec son anti-sarko et qui se l'ait mangé dans le nez? Tu n'apprends pas vite John!

A ton petit jeu du qui est Sharky? Plouf dans l'eau ni l'un, ni l'autre.