Communiqué ravi mercredi matin de la
Ministre des Finances et de l'Emploi, Christine Lagarde, célèbre pour ses petites phrases fortes à propos (du type : "il n'y a plus d'essence - abordable - faites du vélo !"). Elle
annonce que la mesure phare du paquet fiscal, au coût estimé entre 6 et 9 milliards € (à nombre d'heures supplémentaires équivalent à celui de 2006), autrement dit la défiscalisation des heures
supplémentaires porterait ses fruits, puisque : "40% des entreprises de plus de 10 salariés auraient déclaré utiliser le nouveau dispositif gouvernemental".
Totalement enferrée dans ses gimmicks de campagne, la Ministre poursuit même en déclarant : Nous avons voulu créer un dispositif pour
redonner du pouvoir d’achat en permettant aux Français de travailler plus pour gagner plus ; les heures supplémentaires, ça marche !".
La ficelle est tellement énorme qu'on est toujours effarés qu'aucun journaliste n'ait saisi la moindre occasion de contre-carrer cette affirmation qui serait simplement culottée si elle
n'était pas à ce point trompeuse.
Toute la journée, les différents media ont repris l'information tronquée selon laquelle "40% des entreprises françaises y auraient recours", ce qui peut s'apparenter à un relatif succès.
Or, pourquoi le gouvernement précise-t-il dans son communiqué que ce chiffre ne concerne que "les entreprises de plus de 10 salariés" ? Peut-être, parce que les entreprises de
moins de 10 salariés représentent 91% du total des 2,4 millions d'entreprises répertoriées en France et plus du tiers de l'emploi total ?
Du coup, si l'on raisonne avec ce chiffre en tête, cela signifie que le dispositif mis en place par la loi TEPA ne concerne que 40% de 9% du total des entreprises françaises. Autrement dit,
3,6% des entreprises françaises ont eu recours au dispositif gouvernemental de défiscalisation des heures supplémentaires. Effectivement, ça change la perspective et
démontre à quel point cette mesure est d'une inanité économique sans nom alors qu'elle devait être la clef du "choc de confiance".
Pourtant, le gouvernement ne s'arrête pas en si bon chemin : de nouveaux tuyaux d'une longueur inégalée sont même en train d'être montés avec la monétisation des RTT pour mettre un terme
(provisoire) à la plus gigantesque usine à gaz qu'il nous était donné de connaître. Le "Président du pouvoir d'achat", vous y aviez cru ? Vous auriez du savoir avant que la personne
l'ayant dit aimait les contes de Disney...




