En économie, si la théorie peut conduire à la réflexion, une anecdote professionnelle mène souvent à la conviction. C'est un cas d'école, mais pourtant rarement étudié dans les cours d'économie
prétendument marxistes que l'on enseignerait. Un marché public devait être attribué dans une grande ville canadienne. Il s’agissait d’un important marché de livraison de matériel ferroviaire pour
la municipalité concernée. Deux entreprises principalement étaient en lice : l’une canadienne, l’autre française. La deuxième, qui avait fourni jadis le matériel qu’il fallait renouveler,
était favorite dans la mesure où son offre était techniquement et financièrement la plus profitable. La logique de l’appel d’offres et de la belle loi de l’offre et de la demande aurait du faire naturelle que l’offre
française l’eut emporté. Or, après une intense campagne de lobbying sur le mode des « produits bien de chez nous » et de la préférence nationale (on pourrait même dire provinciale) et
malgré son surcoût par rapport au projet français, c’est l’entreprise canadienne qui a été choisie, sans même qu’un appel d’offres ait lieu. L’entreprise française a bien essayé de porter
l’affaire devant la justice, y compris devant l’ORD (Organe de Règlement des Différends de l’OMC). Rien n’y fit, puisque le Canada était tout simplement dans son bon droit. Lors des négociations
des accords de Marrakech, acte de naissance de l’OMC, le gouvernement canadien (sans doute anti-capitaliste) de l’époque avait négocié des clauses dérogatoires à la concurrence libre et non
faussée dans un tas de secteurs, dont les transports.
Quelques mois plus tard, la même chose se passa à Toronto. Sans appel d’offres à nouveau, l’entreprise canadienne obtint le marché. Mais le plus invraisemblable est à venir. En 2006 se
négociait un très important appel d’offres, qui cette fois-ci a eu lieu et beaucoup plus important dans son montant que les deux précédents, sur la livraison de nouvelles rames pour le
Transilien, en Ile de France. Cette fois-ci, un appel d’offres est réellement organisé et en partie grâce à des coûts de production réduits en raison de l’obtention des deux précédents
contrats, Bombarbier propose l’offre la moins coûteuse et emporte donc le marché. De son côté, la France et surtout l’Union Européenne (à qui a été déléguée l’ensemble de la négociation en
matière de politique commerciale) n’ont évidemment négocié aucune clause d’opting out en la matière.
Le libre-échange "pur et parfait" n'a jamais existé
Les Français soumettent donc leurs entreprises à des procédures dont peuvent s’affranchir – en toute légalité internationale – leurs concurrentes et cela au détriment des intérêts
français. Il ne s’agit en fait ici nullement de juger si le recours aux appels d’offre est préférable ou non mais d’observer que la dissymétrie dans les règles établies créent une authentique distorsion dans les
conditions d’accès au marché. Le libre échange est donc à géométrie très variable et ce sont les Français et plus largement les Européens qui sont largement les dindons de la farce en la
matière.
Au-delà de ces exemples, cette « pureté » de l’application des théories libre-échangistes dont se prévalent les Européens pose un
authentique problème économique. Au sein des pays développés, l’OMC actuellement ne fait grosso modo peur qu’à l’Union Européenne, dans la mesure où elle seule semble ne jamais vouloir
s’affranchir d’une vision dogmatique et systémique du libre-échange. Pourtant, plusieurs évolutions économiques récentes viennent renforcer l’idée selon laquelle seule une approche
pragmatique du libre-échange, fondée sur un « donnant-donnant » international peut assurer à terme le prospérité de nos pays.
Le « libre-échange » : ils s’en moquent souverainement !
Mais de quoi s’agit-il exactement lors de ces opérations ? Bien évidemment, il ne s’agit pas d’interdire à ces Etats de pouvoir investir dans des entreprises des pays dits
« développés ». En revanche, dans ce cas, les dés sont totalement pipés. Les fonds souverains sont des structures totalement opaques, directement reliées au pouvoir politique
des pays concernés et qui peuvent donc poser de véritables problèmes stratégiques. Le système capitaliste est tellement malade qu’il refuse même de voir que les investissements des fonds
souverains correspondent à une forme de nationalisation partielle des entreprises dans lesquelles ils investissent. Concernant les nationalisations, on autorise donc aux autres ce que
l’on refuse de faire soi-même. Cet aveuglement total sur les règles du jeu commercial international remettent en cause à long terme nos intérêts nationaux. Quelles limites existent-ils
aux investissements des fonds souverains ? Aucune si on applique à la lettre les règles actuelles de l’OMC, alors que la visibilité sur leurs démarches est quasi nulle !
Plus que la croyance aux vertus du libre-échange, plus que la question de l’ouverture nécessaire des frontières, c’est ici de la question de la
non-réciprocité absolue des règles du commerce international qui est posée.
La France ne doit pas se comporter en adoratrice aveugle du libre-échange : en amour comme en affaires, la réciprocité est
indispensable !
Les fonds souverains évoqués ci-dessous posent les bases de ce questionnement. Pourquoi accepter des prises de participation publiques dans nos entreprises, sans aucun
contrôle sur l’utilisation de ses fonds, alors que nous nous refusons – de manière dogmatique d’ailleurs – à utiliser nous-mêmes ce genre de pratique ? Cet aveuglement est présent de manière
générale dans le commerce international.
Par exemple, en Chine, de très nombreux secteurs économiques restent totalement fermés aux entreprises étrangères, quand ces dernières ne sont pas obligées systématiquement de mettre en
place une co-entreprise avec une entreprise chinoise pour pouvoir s’installer dans l’Empire du Milieu. Ne parlons pas encore de l’insécurité juridique totale dans laquelle se trouvent
les entreprises françaises quant à leurs investissements sur place (voir le récent exemple opposant Danone à l’entreprise locale Wahaha). On retrouverait la même situation en Inde et encore à
plus forte raison dans les pays pétroliers du Golfe notamment, où le secteur des hydrocarbures, pour ne citer que lui, est la plupart du temps totalement fermé aux investissements étrangers.
Il n’est pas possible plus longtemps de permettre dans de telles proportions un tel jeu de dupes. A nouveau, il ne s’agit pas d’interdire à ces pays d’investir dans nos pays. A
ce titre, l’acquisition de Arcelor par Mittal n’aurait pas posé davantage de problèmes si un investisseur français avait eu la même possibilité de faire la même chose en Inde.
A cette exigence de la réciprocité de manière générale, se surajoutent deux exigences particulières que devraient porter tous les socialistes et
sociaux-démocrates
Tout d’abord, sur le plan
environnemental, la récente conférence de Bali, malgré ses résultats discutables ou encore la ratification par l’Australie (après l’arrivée au pouvoir de la gauche locale…) du protocole de Kyoto
laissent à penser que même du côté chinois (les Indiens étant encore assez autistes sur ce sujet), une préoccupation mondiale est en train de se manifester enfin sur ce sujet crucial. Il
est indiscutable que la mise en place d’une taxe carbone internationale est indispensable. Déjà au niveau communautaire, nous devons porter cette exigence très haut et en avant de tout.
Ce sera le seul moyen de réguler la mondialisation en la rendant durable. Et surtout de créer davantage de réciprocité dans la répartition des efforts entre les pays dans la lutte contre
le réchauffement climatique.
Ensuite, sur le plan social, à l’heure où la Chine met en place pour la première fois de son histoire un Code du travail, les préoccupation sociales doivent mobiliser également les socialistes.
Nous devons penser à l’échelle européenne d’abord, au niveau mondial ensuite à des critères de protection de nos exigences sociales. Bien évidemment, il ne s’agit pas de forcer
les Chinois ou les Indiens à mettre en place dès demain un salaire minimum équivalent au nôtre. Il s’agirait d’imposer un minimum de critères sociaux, déjà au niveau européen, en
reprenant l’idée d’un SMIC communautaire (pas impossible, il n’y a qu’à voir les discussions dans de nombreux pays européens à ce sujet). L’OIT pourrait ensuite être le cadre d’une
négociation plus internationale. Bien entendu, il s’agit du terrain sur lequel les évolutions seront les plus difficiles.
Commentaires
Je suis visiteur de votre blog depuis plusieurs mois déjà, et je profite d'un topic qui n'a rien à voir pour vous exprimer mes meilleurs voeux, mais avant tout pour vous remercier.
En quête désespérée d'un blog ou d'un forum conjuguant rigueur intellectuelle et engagement militant (mais aussi qualité d'écriture), en ces temps où la sensibilité socialiste est particulièrement malmenée, et sa pertinence explicative et analytique, remise en cause en permanence ou simplement reniée, mon socialisme vous doit aujourd'hui beaucoup.
Je dis cela sans exagération, il se trouve que je manque souvent de temps pour m'informer dûment, et sans prétendre considérer votre blog comme source d'information principale, il constitue à l'heure actuelle l'une de mes préférées.
Merci donc à vous tous (y compris à ceux qui réagissent à vos billets, et qui alimentent souvent utilement le débat), continuez ainsi, et au plaisir, qui sait, de vous rencontrer.
tous mes voeux également, je dirais même tous nos voeux au nom de la section !
Sache en tout que ton message nous fait vraiment plaisir, tellement nous essayons depuis le début de faire exactement et modestement ce que tu décris, à la fois être les plus rigoureux possibles dans nos analyses tout en ne reniant jamais l'engagement militant qui soude les auteurs de ce blog et de notre section !
Nous t'invitons très chaleureusement à nous rejoindre à l'une de nos manifestations si tu es dans la région parisienne dans les prochaines semaines. En espérant te décevoir le moins souvent possible à l'avenir.
Amitiés au nom de toute l'équipe,
j'en ai même oublié de te répondre !
- d'accord avec toi sur le fait que par exemple aujourd'hui dans la compétition Airbus / Boeing, on peut même dire qu'une vente de Boeing réussit à certaines entreprises (et donc salariés) français dans la mesure où ce sont eux qui fournissent les ailes, le réacteur... D'accord aussi avec ton exemple Toyoto / PSA. En revanche, celui de Bombardier ne tient pas puisque c'est précisément l'argument qui a été retenu ("production locale") pour justifier l'octroi du marché à l'entreprise canadienne au détriment de la française. Alors que l'usine de Bombardier près de Valenciennes ne représente qu'une infime partie de la production et que l'argument de la production "nationale" n'a pu être utilisé en France.
Au final, dans ce cas, je juge "par delà le bien et le mal" comme dirait un célèbre philosophe allemand. La concurrence étant déloyale, doit-on se laisser faire ? C'est l'éternelle question de la réciprocité que j'essaie de poser dans cet article. On peut ensuite évoquer plusieurs solutions et notamment que le Canada et les E-U renoncent à leurs clauses d'opting out pour que tout le monde soit sur le même pied d'égalité mais certainement pas cette concurrence faussée actuelle.
- par ailleurs, j'ajouterai à ta distinction entre économique et stratégique l'opposition entre production nationale et détention du capital. Il me semble absolument impensable de céder le capital d'Areva au privé ou pire de le laisser se faire financer par des fonds souverains. Par exemple. Pareil pour EADS, un exemple récent d'ailleurs prouve que cela pose problème puisque la banque publique VTB (totalement dépendante du gouvernement) a tenté d'entrer dans le capital d'EADS et d'acquérir une part suffisante (plus de 5%) pour entrer au conseil d'administration. Or, que voulez les Russes ? Le bien de EADS ou quelques éléments pour leur future méga-entreprise aéronautique ?
Donc si les apports de fonds qu'ils soient issus des fonds souverains ou des fonds privés, ça peut tout changer ! D'autant plus que ce sont des Etats qui gèrent in fine ces entreprises. Il s'agit de placements pour l'instant, la manne pétrolière restant suffisante. Mais que feront-ils une fois que cela restera leurs seules sources de revenus ?
- Quant aux règles anti-OPA, la même règle me semble toujours nécessaire. Pourquoi accepterait-on des OPA que nous ne pouvons pas faire nous-mêmes dans le pays concerné ? Sauf à dilapider définitivement notre capacité industrielle et/ou à s'aligner sur un modèle économique que l'on sait vouer à l'échec (Chine, Inde...), le retour à un libre-échange raisonné me semble inéluctable.
Pas la peine de chapitrer 3 heures : toute personne qui a un peu de culture économique sait que dans les pays du Nord (comme la France) le phénomène de mondialisation enrichi les classes aisées et appauvri les classes populaires qui sont mises en concurrence avec la main d'oeuvre non qualifiée et peu chère des pays du Sud.
A partir de là, soit on est de gauche et on lutte contre la mondialisation, pour le protectionnisme et la défense du cadre national (qui est le seul apte à protéger les classes populaires), soit on est un libéral et on est pour la mondialisation. On ne s'étonnera pas de vous trouver dans le second camp.
Le reste n'est que du blabla pseudo-intellectuel sans intérêt. Réfléchissez un peu par vous même au lieu de recracher sans réfléchir vos cours de Sciences-Po.
Tous mes meilleurs voeux 2008 Sandra & Emmeline!
JUSQU OU IRA LA FRANCE DANS SA CHASSE AUX ETRANGERS ??
C'est peut-être du simpliste mais c'est une vérité admise par tous les économistes. Merci de vous soucier de ma culture que j'ai glané tout seul, je suis autodidacte.
Villiers protectionniste c'est une blague, le clown du Puy du Fou qui forme des listes communes avec l'UMP pour les municipales (éternel rabatteur de l'UMP) ne remet pas en cause la construction européenne. On voit mal dès lors comment il pourrait être protectionniste.
Villiers remet totalement en cause l'Europe (et on peut être pro-européen et protectionniste, par exemple en souhaitant des DD à 300% autour des Vingt-Sept), voudrait sortir de la zone euro et a dit plusieurs fois qu'il souhaitait le retour de droits de douane élevés et que l'appartenance à l'OMC était une perte de souveraineté pour la France.
Impossible car l'UE a été construite dès le départ pour devenir fédérale et libérale, pour être non pas un rempart face à la violence de la mondialisation capitaliste mais pour être au contraire son cheval de Troie. Ceci explique pourquoi les Etats-Unis ont dès le départ soutenu l'idée de construction européenne, les promoteurs du Marché Commun (Schumann et Monnet) étant même des hommes directement liés aux Etats-Unis (comme l'explique dans la vidéo suivante François Asselineau, ancien d'HEC et ancien énarque, président de l'Union populaire Républicaine et vrai souverainiste qui prone la sortie de la France de l'UE : http://www.dailymotion.com/relevance/search/asselineau/video/x3hgza_les-etatsunis-deurope-sous-emprise)
Pour ce qui est de l'OMC, mon avis est partagé. Je ne remet pas nécessairement en cause l'appartenance de la France à cette organisation. Par contre, ce qui n'est pas tolérable, c'est que la France n'est pas présente en tant que telle à la table des discussions de l'OMC car les 25 pays de l'UE sont représentés par le seul commissaire européen au commerce.
Merci pour votre conseil de lecture, je ne manquerai pas de me procurer et de lire ce bouquin.
Bien à vous.
si tu suis le site Internet mis en référence, tu observeras que je ne me fais pas vraiment dépassé sur ma gauche...
@ FX,
tu sais, l'abus d'Eric Zemmour nuit à la santé. L'Europe initialement n'était pas du tout un cheval de Troie dela mondialisation. La CECA, EURATOM, la mise en place des programmes Airbus, Ariane n'ont strictement rien à voir avec cela ! Il s'agissait au contraire de véritables politiques interventionnistes, interétatiques. Le fameux "spill-over" de Monnet est à mon avis d'ailleurs un échec total. Pourtant, je suis extrêmement mesuré sur un grand nombre d'évolutions de la politique européenne actuelle, des différentes libéralisations qui ont eu lieu et de l'exaltation du domaine privé.
Mais je crois fondamentalement que le problème n'est certainement pas de quitter l'UE (à part à transformer petit à petit la France en Corée du Nord) mais de réorienter profondément l'UE, en expliquant que nous sommes dans la seule zone où nous nous fourvoyons dans une vision pure et idéalisée de la mondialisation libérale, alors que celle-ci est en réalité plus que jamais menée par les Etats ou par de grandes entreprises qui restent malgré tout très interconnectées avec les puissances publiques.
Mais la fermeture des frontières est tout simplement la pire des absurdités qu'on n'ait jamais sorti, qui fantasme par ailleurs un temps qui n'a jamais existé.
Sortir de l'UE n'implique évidemment par la fermeture des frontières ou la transformation en Corée du Nord (pays qui se retrouve il est vrai pas mal isolé depuis la chute du bloc soviétique). Même en étant hors de l'UE, la France serait encore membre du conseil de l'Europe, de l'ONU ou encore du FMI. Et bien entendu la sortie de l'UE n'interdira pas des coopérations internationales avec des pays européens ou non. Airbus que vous évoquez est d'ailleurs un exemple de réussite d'une coopération internationale qui ne doit rien à l'UE car c'est une création des états britannique, français et allemand qui a été décidée avant l’entrée du Royaume-Uni dans la CEE.
Vous voulez réorienter l'UE, je vous dis fort bien mais comment comptez-vous imposer votre vision de l'Europe aux 27 pays qui la compose ? Comment cette construction supranationale peut réussir à concilier les intérêts nationaux contradictoires de ces mêmes 27 Etats ? Question liées : la "démocratie européenne" qu’on nous propose ne pourrait-elle pas être fatalement moins démocratique que la France actuelle (ce qui n'est deja pas fameux) ? L'expression de la démocratie ne se fait-elle pas plus facilement à une échelle nationale qu'à une échelle continentale ?
- on est au moins d'accord sur Eric Zemmour ;
- je ne suis pas loin d'être d'accord avec une grande partie de votre diagnostic sur l'UE, à savoir que la ligne qui est donnée actuellement est absolument absurde, notamment en matière industrielle où précisément il n'y a pas de politique digne de ce nom pour maintenir sur nos territoires une industrie florissante. Et je ne parle pas de la funeste conception jusqu'au-boutiste de la libéralisation des services publcis, que même les E-U n'ont pas mis en oeuvre !
En revanche, il y a aussi de grands intérêts à l'intégration dans l'UE et notamment dans la zone Euro, qu'une sortie en bonne et due forme mettrait en valeur. Par exemple, le fait d'avoir une monnaie unique a permis à la France d'éviter un nombre considérable de dévaluations (cf années 1980 avant mise en place du SME) dont les catégories les plus faibles sont les premières victimes. Par ailleurs, un certain nombre d'avancées sociales sont à relier avec l'UE, voir ce qu'en avait écrit Sandra ici : http://ps-scpo.over-blog.com/article-6147892.html
La sortie de l'UE serait donc calamiteuse. Il convient plutôt de faire une Europe des deux cercles, un groupe resserrée de pays qui veulent avancer sur le plan politique et un autre groupe qui resteraient dans une forme de simple zone de libre-échange.
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Sur les fonds souverains, je pense quil faut bien distinguer l'économique du stratégique. Sur le plan économique, il s'agit d'apports de fonds qui ne sont pas différents de ceux de tous les fonds d'investissement. C'est sur le plan stratégique que des problèmes peuvent se poser. Mais ça concerne alors des secteurs restreints, grosso modo armement, énergie, medias. J'ai l'impression notamment que certaines interventions anti-OPA servent principalement les intérêts des PDG dont le siège est menacé et pas nécessairement ceux des salariés.
Voilà c'est juste une petite contribution au débat ;-)