Lors de leur AG du 22 novembre dernier, les socialistes de Sciences Po avaient adopté une motion proposant aux parlementaires socialistes un boycott de la réunion du Congrès à Versailles visant à adopter la révision de la
Constitution préalable à la ratification du traité de Lisbonne. Cette « politique constructive de la chaise vide » visait, dans notre esprit, à
permettre aux socialistes d’exprimer leur attachement à une ratification par voie référendaire tout en dissociant le débat sur les moyens de ratification de celui sur le texte du traité en
lui-même.
Face à la persévérance de Nicolas Sarkozy dans sa volonté de procéder à une ratification par voie parlementaire, c’est cette solution claire, en cohérence à la fois avec notre attachement au projet européen et nos engagements pris pendant la dernière campagne présidentielle qu’a choisie notre Parti et nous nous en réjouissons.
En effet, en annonçant hier que l’ensemble des parlementaires socialistes n’assisteraient pas à la séance du Congrès qui se tiendra le 4 février mais que, conformément au vote du Bureau national, les parlementaires voteraient la ratification (étant étendu que la « liberté de vote » restera de mise), Jean-Marc Ayrault semble avoir été inspiré par nos propositions…
Il faut toutefois rappeler que la proposition votée en AG comportait également l’idée d’organiser en contrepartie un évènement médiatique afin d’attirer l’attention des médias le jour du vote à Versailles sur la nécessité pour les socialistes de soumettre à ratification le nouveau projet de traité par référendum au nom du parallélisme des formes. Il nous reste désormais à compter sur l’imagination des parlementaires socialistes pour organiser un tel évènement.
Il est en tout cas essentiel que les socialistes apportent la démonstration de leur unité sur une base claire, loin de tout reniement ou ambiguïté.
Par ailleurs, les socialistes déposeront prochainement, sans doute avec leurs partenaires de gauche, une motion demandant la tenue d’un référendum.
Le PS Sciences Po tient une nouvelle fois à saluer ce qui constitue une décision légitime et équilibrée.
EDIT : Au vu des récents évènements et des réactions qui ont suivi l’annonce de Jean-Marc Ayrault, quelques réflexions complémentaires sont nécessaires. Nous persistons à penser que le boycott du Congrès est la meilleure décision dans l’absolu pour peu qu’elle fasse l’objet d’une concertation au PS, débouchant sur une démarche unitaire actée par le Bureau national et d’une stratégie de communication efficace.
Ces conditions sont loin d’être réunies actuellement : cette annonce n’a pas fait l’objet d’une concertation et les socialistes se sont exprimés dans les médias en ordre dispersé. Tout en continuant à partager l’esprit d’un boycott, nous déplorons donc les conditions dans lesquelles cette décision a été annoncée et est appliquée.




