Le navire elyséen prend l'eau de toutes parts, allant même jusqu'au fait, déshonneur suprême et première historique après à peine 7 mois de mandat, que le Premier ministre dépasse le Président de la République dans les sondages.
Cependant, la tour elyséenne ne sait plus du tout où il faut désormais atterir. Après plusieurs discours soit dangereux (laïcite) soit plats (les différentes cérémonies de voeux) soit
totalement contradictoires, voire les trois en même temps, on entre désormais dans l'ère du grand n'importe quoi.
Un quota minimal de Sarkozy à imposer d'urgence à la France !
Puisque le premier déplacement avait été rude malgré les trésors de démagogie déployés, la stratégie du pire continue.
Nicolas Sarkozy, qui est officiellement Président de la République, vient effectivement de se déplacer à Boulogne-sur-mer pour s'en prendre aux "quotas européens". Cette fois-ci
encore, comme sur les 35 heures ou sur la laïcité, Sarkozy ne pourra pas dire demain qu'il n'a pas dit la chose suivante, que tout le monde a pu lire dans les dépêches : "La première chose
(pour aider la pêche), c'est l'affaire des quotas: il faut qu'on en sorte et on a une opportunité pour en sortir, c'est que la France va présider l'Union européenne du 1er juillet au 31
décembre". Deux énormités en une seule phrase, et ce n'est pas fini.
Commençons par la première partie de la phrase. Sarkozy n'hésite pas à attiser la haine entre scientifiques et pêcheurs en expliquant : "Il faut
arrêter d'avoir d'un côté les scientifiques, et les pêcheurs de l'autre, parce que les premiers qui ont intérêt à sauver la ressource, ce sont les pêcheurs". Autrement dit, entre les
scientifiques, qui passent leur temps à évaleur la ressource effective des poissons et les pêcheurs qui certes fréquentent la mer tous les jours mais dans le même temps vivent de cela (d'où une
objectivité disons... réduite), il n'hésite pas à choisir, mettant en doute la crédibilité-même des mesures scientifiques qui sont établies. Il remet en cause par ailleurs
l'accord sur les quotas pour 2008 négocié par les Ministres
européens et dont son propre Ministre, Michel Barnier, à ses côtés, s'était à l'époque, il y a un peine un mois (le 19 décembre) félicité !
Rappelons simplement que les quotas ont été mis en oeuvre par l'UE pour stopper la surpêche dramatique qui allait non seulement finir
inexorablement par détruire toute une partie de la pêche en tant qu'activité économique mais aussi et surtout qui remet en cause la biodiversité voire la chaîne du vivant. Thon rouge et
autres maquereau allaient complètement disparaître si nous continuions dans cette voie. Quant à l'argument de la pluriannulité des quotas, il n'a aucun sens : comment juger en 10 ans de
l'évolution de l'espèce dont la seule variable, même si elle a été malheureusement largament prédominante ces dernières années, n'est pas l'activité humaine ?
Un quota de Sarkozy que les Européens vont finir par nous imposer
Revenons enfin sur le deuxième élément de la phrase où le matador Sarkozy n'a visiblement pas tout compris au sens de la "présidence de l'UE". Il explique effectivement : "on a
une opportunité pour en sortir [des quotas], c'est que la France va présider l'Union européenne du 1er juillet au 31 décembre". Autrement dit, "je décide, ils [nos 26 partenaires
européens] exécutent", comme n'aurait pas manqué de dire son père en politique.
Après s'être attribués systématiquement les moindres avancées communes (traité "simplifié" fruit du travail d'Angela Merkel, libération des infirmières bulgares après 8 ans de négociations menée
par la Commission...), Sarkozy donne donc le la de "sa" prochaine "présidence" de l'UE. Ce qu'il n'a peut-être pas compris, c'est que l'UE n'a pas encore été transformé en monarchie élective et
qu'il existe de vrais journalistes en dehors de France.
Et si on songeait à l'impeachment ?
Plutôt que des propositions aussi stupides que démagogiques, une véritable proposition audacieuse pour réformer les institutions françaises serait d'introduire une procédure d'impeachment qui pourrait être utilisée à bon escient aujourd'hui. Les Français semblent se réveiller, il est grand temps. Avouons tous que nous n'aurions jamais penser que la "fiction" que nous évoquions pendant la campagne sur la politique menée par cet individu ne se transforme en une "réalité" plus accablante chaque jour. Au fait, qui parlait de "bourdes" ?
Au passage, petit cours de presse Pravda. Tous les journaux semblent avoir compris de quoi il en retournait, autrement dit de la remise en cause des quotas, exprimé clairement par Sarkozy. Tous sauf un...
Les trois articles du Monde, de Libé et du Nouvel Obs sont clairs, conformes aux propos de Sarkozy. Le Figaro, qui fut un grand journal de droite, est désormais la gazette de l'Elysée. Martinon ne ferait pas mieux dans l'atténuation et la déformation en titrant (sic) : "Sarkozy pour le dialgoue avec Bruxelles"...




