Dossier « municipales » : donnons un temps d’avance au 7ème avec Laurence Girard et Bertrand Delanoë !

Publié le par Section socialiste de Sciences-Po

undefinedArrondissement huppé, bastion imprenable, totalement acquis à la droite, le 7ème ? Les élections municipales des 9 et 16 mars seront peut-être l’occasion de réviser quelque peu les jugements portés habituellement sur le 7ème arrondissement. Le parachutage, très contesté par les habitants, de Rachida Dati, garde des Sceaux, intervient au moment même où le discours frileux et conservateur de la mairie d’arrondissement semble en perte de vitesse… Les résultats des prochaines municipales pourraient ainsi réserver quelques surprises. Dans ce contexte, la gauche se doit de porter un projet constructif et une ambition au service d’un arrondissement confronté à des difficultés économiques et démographiques importantes.

 

 

Arrondissement huppé, traversé par de larges avenues austères et rectilignes, réputé pour être un des plus riches de Paris, le 7ème arrondissement pâtit bien souvent, dans les représentations les plus répandues et les discours extérieurs, d’une identité négative : « reproduction sociale », « entre-soi » sont des notions souvent associées à cet arrondissement. Peu de ces discours saisissent pourtant la réalité de la situation du 7ème arrondissement, celle du déclin tant économique que démographique auquel il est confronté.

 

Les indicateurs sont préoccupants : alors que Paris est parvenue300px-Invalides_aerial_view.jpg à inverser la tendance à la baisse de sa population, le 7ème continue de perdre des habitants. Le rythme de l’hémorragie a été particulièrement soutenu entre 1990 et 1999 : la population du 7ème a chuté de 10%. Avec un solde migratoire déficitaire et un solde naturel tout juste positif, il s’ensuit donc un vieillissement de la population.

 

En matière économique, le bilan n’est guère plus enviable : la pérennité du commerce de proximité est menacée, particulièrement dans le quartier du Gros Caillou et la très forte dépendance de l’arrondissement à l’emploi public (du fait de la présence de nombreux ministères) est en train de se retourner contre lui. En effet, du fait de la rationalisation récente de la politique immobilière de l’Etat, on ne compte plus les administrations qui quittent leurs locaux depuis plusieurs mois.

 

Le logement constitue un sujet d’inquiétude pour de nombreux habitants : outre l’insuffisance de logements sociaux malgré les efforts accomplis sous la mandature, les logiques du marché immobilier ont considérablement réduit l’offre locative. L’augmentation des loyers a par ailleurs été aggravée par les logiques spéculatives et les ventes à la découpe qui ont affecté l’arrondissement.

 

 

« Cachez ce déclin que je ne saurais voir ! »

 

L’évocation d’un déclin du 7ème peut faire sourire tant il est peu courant d’en entendre parler que ce soit dans les discours extérieurs ou même dans celui des habitants et de la mairie d’arrondissement. Ce dernier fait à lui seul est intéressant : le refus d’admettre ce qui est conçu comme un déclassement conduit à la négation des problèmes réels qui affectent l’arrondissement. Apparaît alors le risque d’un repli du 7ème arrondissement, pris dans un cercle vicieux du déclin.

 

La gestion frileuse et pour le moins conservatrice du maire d’arrondissement Michel Dumont (UMP) reflète ce refus de reconnaître la réalité de la situation et de lui apporter des solutions. Cette absence de vision se double par ailleurs d’une attitude souvent dogmatique et sectaire. Le maire UMP s’est ainsi opposé sur tous les dossiers aux politiques impulsées par l’équipe de Bertrand Delanoë alors que ce sont ces mêmes politiques qui auraient pu apporter des réponses aux problèmes du 7ème.

 

Exemple de cette obstruction stérile : alors que les militants UMP distribuent sur les marchés depuis plusieurs semaines un tract de Françoise de Panafieu dénonçant la bilan de Bertrand Delanoë en matière de propreté, Michel Dumont est le seul maire qui a refusé de signer le contrat d’objectifs propreté avec la mairie centrale !

 

Cette opposition est préoccupante lorsqu’elle fait obstacle à la transparence et à l’émergence d’une véritable démocratie locale. A titre d’exemple, le 7ème ne dispose pas, contrairement aux autres arrondissements, d’une commission pluraliste d’attribution des logements sociaux…

 

 

Une conception minimaliste de la démocratie locale

 

Le refus d’instituer cette commission n’est pas le seul emblème du dogmatisme de l’équipe sortante. Les conseils de quartiers, introduits par Bertrand Delanoë, sont plus que délaissés. Réunis au mieux une fois par an, ils sont présidés par le maire et font figure, au mieux, de caisse de résonance de la désinformation savamment orchestrée par la mairie d’arrondissement. Le 7ème apparaît comme la lanterne rouge dans ce domaine aussi. A l’évidence, il mérite mieux.

 

246901679_ffece76b76.jpgLe mépris de l’opposition est également monnaie courante. Les humiliations sont fréquentes en conseil d’arrondissement. Les objectifs de l’UMP à l’approche des municipales reflètent à cet égard assez bien le peu de cas que la droite fait du pluralisme : Michel Dumont n’a pas hésité à appeler ces derniers jours ses troupes à se battre pour récupérer le seul siège de conseiller de Paris détenu par la gauche, « perdu bêtement » (sic) en 2001 à la faveur d’une triangulaire.

 

Mais, au-delà de la configuration inédite qui avait abouti en 2001 à ce que la gauche, avec les listes « Changeons d’ère », conquière ce siège, cette perte pour la droite n’est peut être pas un accident. Le discours frileux et conservateur de l’équipe locale perd en effet du terrain et une prise de conscience des problèmes posés par cet immobilisme émerge.

 

 

De la prise de conscience de l’impasse de l’immobilisme à une nouvelle ambition pour le 7ème

 

Dans ce contexte, le parachutage de Rachida Dati au bon vouloir du Prince apparaît, aux yeux de beaucoup d’habitants, comme une preuve de mépris plus que comme l’opportunité d’un renouvellement profond d’autant plus que l’intéressée refuse toujours de se prononcer clairement sur son intention ou non de devenir effectivement maire d’arrondissement en cas de victoire de sa liste.

 

Si l’annonce de ce parachutage a semé le trouble au sein de la droite et a donné lieu à des échanges d’arguments parfois mal inspirés, la gauche, derrière Laurence Girard, investie suite au vote des militants socialistes, aurait tort de faire de cette élection un combat dirigé contre Rachida Dati. Au nom du respect des électeurs du 7ème, nous devons au contraire voir dans la campagne à venir l’occasion d’un dialogue constructif sur notre bilan et notre projet avec les habitants.

 

C’est ce choix qui a été fait par Laurence Girard, à la tête de la liste « Paris, un temps d’avance » dans l’arrondissement.

 

 

Avec Laurence Girard, une éthique démocratique et un projet au service du 7ème

 

A 39 ans, Laurence Girard, diplômée d’HEC et exerçant d’importantes responsabilités dans une association de microcrédit, connaît bien le 7ème arrondissement où elle réside. Candidate aux législatives en juin dernier dans ce qui constitue toujours pour la gauche une « terre de mission », elle a souhaité placer son projet pour le 7ème au cœur de sa campagne comme elle a eu l’occasion de le rappeler lors d’une réunion publique devant 150 personnes au Musée social le 17 janvier dernier.

 

Ce projet devra répondre à deux exigences fondamentales qui se dégagent du diagnostic qui peut être fait de la situationDSC_0106.jpg de l’arrondissement : celle d’une véritable éthique démocratique redonnant notamment la place qu’ils méritent aux conseils de quartiers et mettant fin aux pratiques politiques qui ont eu cours jusqu’à présent ; celle, par ailleurs, de proposer un projet à long terme au 7ème lui permettant de ne plus être prisonnier de la logique « d’arrondissement-musée » dans laquelle il semble engagé.

La mise en mouvement du 7ème, objectif de notre projet d’arrondissement, passera notamment, outre la déclinaison locale du projet de Bertrand Delanoë, par la protection du commerce de proximité (par une politique de préemption des locaux commerciaux telle que celle engagée par la SEMAEST) et la création d’un réseau et de synergies entre les professionnels du commerce et de l’artisanat d’art. Il s’agira, en matière économique toujours, de développer des liens plus étroits entre le commerce local et le tourisme dont le potentiel est largement sous-exploité à travers le développement d’un hébergement de qualité et de proximité (chambres d’hôtes) qui permettra de fixer les flux touristiques, notamment dans le quartier du Gros Caillou. Notre projet laissera par ailleurs une place importante à des équipements culturels.

 

En matière de logement, outre la protection des locataires exposés aux ventes à la découpe prévue par le projet de Bertrand Delanoë (ce qui ne dispense d’une plus grande protection de la part du législateur…), 500 logements sociaux seront créés, accentuant ainsi l’effort impulsé sous la précédente mandature (224 contre 0 entre 1995 et 2001). Les logements intermédiaires occuperont une part significative dans cet objectif qui concerne autant les classes moyennes que les populations défavorisées, rappelons-le.

 

P1170328.jpgEn matière de solidarité et de santé, la couverture sanitaire sera renforcée par la construction d’un nouveau centre de santé et de lieux de prise en charge des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Le défi intergénérationnel sera ainsi au cœur de notre projet à travers notamment la création d’un lieu de rencontre et d’un café social au 12 rue Oudinot.

 

En matière d’urbanisme, des réflexions sur l’aménagement et la valorisation de certains espaces tels que le Champ de Mars ou les Invalides seront engagées ainsi qu’une reconquête progressive des berges de la Seine. La révision prochaine du Plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV) qui encadre étroitement sous l’autorité de l’Etat l’urbanisme dans toute la partie Est du 7ème sera l’occasion, d’une part, d’associer, par la concertation, les habitants et de jeter, d’autre part, les bases d’une ambition urbaine pour un arrondissement qui dispose d’espaces à valoriser mais qui reste paradoxalement largement prisonnier des cadres juridiques ou de la logique du marché.

 

Développer de façon exhaustive le projet de Laurence et son équipe pour le 7ème demanderait sans doute beaucoup de lignes supplémentaires. Toujours est-il que ces quelques pistes témoignent de notre détermination à porter un projet ambitieux qui permettra de valoriser les nombreux atouts de l’arrondissement.

 

 

Le 7ème s’offrira-t-il le luxe d’un « Grand soir » municipal ?

 

Nul doute que le parachutage de Rachida Dati a semé le trouble au moment même où la posture conservatrice de l’équipe sortante est en perte de vitesse. Si, d’aventure, la nouvelle de tête de liste de l’UMP avait l’audace de sortir de cet immobilisme, elle devrait répondre des contradictions d’un gouvernement auquel elle appartient qui a longtemps refusé d’appliquer les dispositions de la loi Dutreil en faveur du commerce de proximité et attaqué le PLU de Bertrand Delanoë sur cet aspect. Un gouvernement qui vend par ailleurs au prix fort des locaux ministériels qui pourraient être utilisés au service des Parisiens.

 

Pour l’instant peu impliquée dans la campagne, Rachida Dati n’a choisi aucune de ces options et demeure très contestée dans son camp. La curieuse investiture de Véronique Delvolvé-Rosset actuelle adjointe UMP aux affaires scolaires, bien implantée dans le 7ème, comme tête de liste du Modem pourrait, en plus, compliquer la tâche de la droite.

 

Sur le terrain, l’accueil réservé à la candidature de Laurence et aux militants est très encourageant, ce qui est suffisamment exceptionnel pour être signalé.

 

Sans doute y a-t-il quelque chose de provocateur et d’exagéré dans ce dernier sous-titre mais une chose est sûre : quelque chose est en train de changer dans le 7ème. Alors rendez-vous les 9 et 16 mars !

 

Bastien Taloc

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Les Bisounours en folie 25/01/2008 19:00

Quoi ? ... t'as déniché LA petite lettre de trop ?

Bravo ! Maintenant va en banlieue pour aller enseigner à tes potes ta science .

Excuse moi du retard sur les évènements mais j'ai du attendre longtemps avant de trouver sur Youtube des bêlements de moutons similaires à ceux des élèves de Science-Bobo...

Les Bisounours en folie 24/01/2008 20:50

:: L’expulsion des immigrés clandestins est conforme aux droits de l’Homme ! ::

Les réseaux gauchistes articulés autour d’Education Sans Frontières se gargarisent en permanence des « droits de l’homme ». On peut se demander si ces gens ont jamais lu une seule déclaration ou convention des droits de l’Homme. Ainsi, un Richard Moyon, professeur d’histoire en dispenses syndicale et chef du RESF, n’a sans doute jamais lu la Convention Européenne des droits de l’Homme (CEDH) de 1950, et plus précisément un extrait de son article 5, intitulé « Droit à la liberté et à la sûreté » que nous reproduisons ci-dessous :

« 1. Toute personne a droit à la liberté et à la sûreté.

2. Nul ne peut être privé de sa liberté, sauf dans les cas suivants et selon les voies légales:
[…]

e. s’il s’agit de la détention régulière d’une personne susceptible de propager une maladie contagieuse, d’un aliéné, d’un alcoolique, d’un toxicomane ou d’un vagabond;
f. s’il s’agit de l’arrestation ou de la détention régulière d’une personne pour l’empêcher de pénétrer irrégulièrement dans le territoire, ou contre laquelle une procédure d’expulsion ou d’extradition est en cours. »

De même, les innombrables enseignants du RESF, nourris des grands principes révolutionnaires, semblent avoir oublié l’article 7 de la Déclaration des droits de l’Homme de 1789 qui affirme :

« Nul homme ne peut être accusé, arrêté ni détenu que dans les cas déterminés par la Loi, et selon les formes qu’elle a prescrites. Ceux qui sollicitent, expédient, exécutent ou font exécuter des ordres arbitraires, doivent être punis ; mais tout citoyen appelé ou saisi en vertu de la Loi doit obéir à l’instant: il se rend coupable par la résistance. »

Ainsi donc, quand un militant du Réseau Education Sans Frontières héberge, véhicule, conseille un clandestin, essaye d’empêcher un avion de partir ou bien s’interpose devant la police, non seulement il viole la loi mais de plus, il bafoue la grande Déclaration universelle des Droits de l’Homme.

C’est donc une bonne nouvelle que notre Collectif voulait délivrer. Non seulement l’expulsion des immigrés clandestins est légale, non seulement elle est légitime au regard de la volonté majoritaire du peuple français, mais encore, elle est conforme à l’idéal des droits de l’Homme.

La nouvelle n’empêchera nullement le RESF de récidiver dans ses actions mais elle a au moins le mérite de jeter bas les masques et de montrer qui sont ces gens : des imposteurs.


fr.novopress.info

Les Bisounours en folie 24/01/2008 20:15

Puisque que vous avez enlevé la caricature que j'ai faite sur vous , vous me voyez dans l'obligation de reposter mon lien

http://www.dailymotion.com/video/x44y31_la-perspicacite-sciences-po_politics

N'oubliez pas de consulter www.fdesouche.com régulièrement , c'est nécessaire pour lutter contre la désinformation

Section socialiste de Sciences-Po 25/01/2008 01:42

Ouais... t'es un peu en retard non ? Et quand on donne des leçons, on essaie d'être irréprochable et de ne pas faire de fautes d'orthographe par exemple.

Les Bisounours en folie 24/01/2008 20:09

"Le Pen a raison mais je ne peux pas être d'accord avec ce personnage"

http://www.dailymotion.com/related/6949261/video/x1mdsg_oui-mais-non_fun

Les conséquences du terrorisme intellectuel en 1 min

Section socialiste de Sciences-Po 25/01/2008 01:39

Tout le monde pourra écouter et constater que ce n'est pas exactement ce que dit la personne qui répond et qu'évidemment, on n'a pas la suite. Les conséquences du terrorisme technologique ?

Les Bisounours en folie 24/01/2008 14:02

Encore de la censure ?? Décidemment faut croire que je dérange

Tous les deux sont d’origine camerounaise. Lui, la cinquantaine, est séropositif. Il a 2 autres femmes, et 7 enfants au Cameroun. Il n’a qu’une autorisation provisoire de séjour pour raisons médicales. Elle, clandestine, en attente de l’Aide médicale d’Etat.

Ils ont bénéficié récemment à l’hopital Cochin d’une AMP, aide médicale à la procréation (fécondation in vitro). La femme est, aujourd’hui, enceinte. (source)

Résultats : dans 9 mois, un petit “français” naîtra. Les deux parents pourront être “régularisés”. Et les procédures de regroupement familial pourront commencer. C’est pas beau la France ?