Bertrand Delanoë et son équipe à Paris : un effort de longue haleine pour une ville plus solidaire

Publié le par Section socialiste de Sciences-Po

undefinedPersonnes handicapées, sans domicile, en difficulté temporaire, victimes de violences, personnes âgées dépendantes…la politique sociale municipale vise à permettre à chacun de retrouver son autonomie. Pour ce faire, un effort sans précédent a été mis en œuvre : le budget consacré à la solidarité a augmenté de 70% par rapport à 2001. Mais le combat pour une ville plus solidaire ne s’adresse pas seulement aux personnes en difficulté, il concerne la qualité de vie de tous les Parisiens. Une ville plus solidaire, c’est aussi une ville plus conviviale, une ville où les citadins se rencontrent et se parlent, faisant sauter la barrière entre les quartiers Est délaissés et les arrondissements de l’Ouest excessivement favorisés. Pour cela, une politique volontariste de mixité sociale est sur les rails, contribuant à maintenir ou à renforcer la diversité de la population parisienne.

Depuis 2001, la politique sociale de la ville a connu des évolutions profondes dans tous les secteurs. Tout d’abord, le Maire de Paris et son équipe sont convaincus que l’accès à l’emploi constitue le préalable indispensable à une insertion réussie. Le forum Paris pour l’emploi qui met en relation les employeurs et les demandeurs d’emploi a permis près de 6000 embauches en 2006. La municipalité a également renforcé l’accompagnement vers l’emploi des allocataires du RMI en systématisant la signature de contrats d’insertion et en ouvrant des guichets uniques qui leur sont destinés. Au total, le taux de chômage a baissé depuis 4 ans de 28% à Paris contre seulement 18% sur la France entière. Ce résultat est aussi le fruit de la politique de développement économique de la capitale qui permet d’attirer de plus en plus d’entreprises de pointe créatrices d’emplois

Pour éviter que des difficultés temporaires ne conduisent à l’exclusion, les aides sociales gérées par la ville ont été réformées afin de les rendre plus justes et mieux adaptées, avec par exemple la création dès 2002 d’une allocation logement pour les familles monoparentales. Mais la municipalité n’a pas les moyens de se substituer à la politique nationale. La lutte contre l’exclusion notamment relève d’après les textes de la compétence de l’Etat, il s’agit d’un enjeu national que la ville n’a pas les moyens d’affronter seule. Paris est déjà le département d’Ile-de-France qui compte le plus de centres d’hébergement d’urgence avec 1 place pour 472 habitants alors que ce ratio est de 1 place pour 2049 habitants dans les Hauts-de-Seine.

Toutefois, face à l’insuffisance flagrante de l’action de l’Etat en la matière, Bertrand Delanoë et son équipe ont créé une unité d’assistance aux personnes sans-abri  afin de les rencontrer et de les aider à trouver des solutions car la rue doit rester un espace public et ne peut en aucun cas constituer un lieu de vie décent. 1000 places d’hébergement nouvelles ont ainsi été créées  dans des centres à taille humaine. Le soutien au Samu social et les distributions de repas ont été renforcés. Toutefois, pour indispensables qu’elles soient, ces solutions d’urgence ne sont pas satisfaisantes. Pour débloquer la chaîne du logement, les personnes en voie de réinsertion doivent pouvoir avoir accès à des logements durables.

Cette question du logement est évidemment clé à Paris. Plus de 30 000 logements sociaux ont été financés durant la mandature, soit près de 4300 par an, contre seulement 1564 par an quand laundefined droite était au pouvoir. Sur ces 30 000 logements, près de 30% sont destinés aux classes moyennes. De plus, le nouveau plan local d’urbanisme prévoit la réalisation d’au moins 25% de logements sociaux dans tout nouveau programme immobilier à partir de 800 m2, mesure à laquelle s’est opposée l’UMP au Conseil de Paris. Si le nombre de demandeurs de logements sociaux reste stable (autour de 100 000), le turn-over est en réalité très important : entre 2001 et 2007, plus de 90 000 logements ont été attribués. De plus, la Ville estime qu’il est important que des ménages parisiens à revenus moyens puissent accéder à la propriété. C’est pourquoi un prêt à taux 0% a été mis en place dont plus de 6000 ménages ont déjà bénéficié.

Enfin, la municipalité s’est engagée dans la lutte contre toutes les discriminations. Dès 2001, un Conseil de la citoyenneté des Parisiens non communautaires a été créé pour permettre aux étrangers qui résident dans notre capitale, de participer à la vie citoyenne, même s’ils ne possèdent pas le droit de vote. Par ailleurs, de nombreuses actions ont été conduites pour favoriser l’apprentissage du français et mieux accueillir les étrangers dans les services publics : les agents ont été formés, des interprètes sont mis à disposition et de nombreux documents sont proposés en plusieurs langues. Autre exemple, la volonté de promouvoir les droits des femmes et l’égalité entre les sexes a guidé en permanence l’action d’une équipe municipale, d’ailleurs majoritairement féminine. Les champs d’action principaux ont porté sur la lutte contre les mariages forcés, l’aide aux femmes victimes de violences, avec la création d’un centre d’hébergement spécifique dans le 15e, et la sensibilisation des enfants et des jeunes à l’égalité entre les sexes. Enfin, la municipalité a décidé résolument de changer la vie des personnes handicapées dans la cité. Le budget  consacré à faire reculer les entraves à la vie quotidienne de ces personnes a été multiplié par 12 depuis 2001.

Pourtant, dans ce domaine, comme dans d’autres, beaucoup reste encore à faire. Le champ social est en effet en perpétuelle évolution et très sensible aux inflexions de la politique nationale, comme aux aléas de la conjoncture internationale. Les socialistes parisiens sont donc résolus à rester très vigilants afin qu’aucun Parisien ne se retrouve à devoir dépendre durablement des systèmes d’assistance

Pour ce faire, le logement sera la priorité numéro 1 de la prochaine mandature.


Batignolles.JPGL’accès de tous à un logement convenable est en effet le seul moyen de préserver la diversité de la population parisienne, en évitant notamment que le départ des familles. Dès 2014, Paris atteindra l’objectif de la loi SRU de 20% de logements sociaux. Pour cela, 40 000 logements sociaux supplémentaires seront financés : un tiers de constructions neuves, un tiers de logements réhabilités et un tiers issus d’immeubles vacants situés dans des arrondissements qui comptent peu de logements sociaux. L’effort portera également sur les constructions de logements en général et non uniquement sur le parc social : le nouveau Plan Local d’Urbanisme, adopté sous cette mandature, prévoit la réalisation de plus de 70 opérations d’aménagement, intéressant 1000 hectares soit 10% du territoire parisien. La Ville financera au moins 4000 logements étudiants sur la mandature, après en avoir déjà financé 3700 depuis 2001 (à comparer aux 321 de la précédente équipe municipale). De même, pour les jeunes travailleurs, les socialistes créeront 3000 nouvelles places en foyers, s’ajoutant aux 1700 financées depuis 2001.

En trois ans, la résorption de l’habitat insalubre devrait être achevée.


En
2001, avec plus de mille immeubles insalubres recensés, la situation était dramatique. Aujourd’hui, plus de 80% de ces immeubles sont sortis de l’insalubrité ou sont en train d’être réhabilités. Les 19 000 personnes concernées ont été relogées. Un système public d’aide à la caution sera également lancé à destination des jeunes et des classes moyennes. Enfin, afin d’aider des personnes à revenus très modestes à louer un logement, la Ville de Paris financera une agence immobilière à vocation sociale chargée de prospecter des logements, d’assurer la garantie des loyers et charges pendant toute la durée du bail, ainsi que la remise en l’état à l’expiration du bail.

L’équipe municipale veillera également à proposer aux personnes sans domicile des solutions durables et adaptées à leur situation. Des centres expérimentaux seront lancés pour accueillir dans de meilleures conditions les personnes les plus désocialisées, notamment les jeunes sans ressources. Les personnes souffrant de troubles psychiatriques ou de conduites addictives seront plus étroitement suivies.

Parisolidaire... en passe d'être gagné !

Afin de mieux protéger les femmes victimes de violences conjugales, deux nouveaux lieux d’hébergement spécifique et d’accompagnement seront créés.


Par ailleurs, le plan de rénovation des foyers de travailleurs migrants sera achevé et 4 nouveaux cafés sociaux vont être réalisés (s’ajoutant aux trois déjà réalisés depuis 2001) pour rompre l’isolement et apporter l’aide sociale nécessaire aux migrants âgés dans des lieux conviviaux.
Nous augmenterons en outre les permanences juridiques gratuites proposées dans les 5 points d’accès aux droits ouverts depuis 2001, et en créerons un nouveau dans le centre de Paris. 
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Une lutte spécifique contre l’exclusion bancaire va être engagée par le développement d
u crédit micro social sous la forme d’un prêt personnel à taux très modéré, avec un accompagnement associatif.

Le plan d’accessibilité de tous les lieux publics aux personnes handicapées sera poursuivi et le service Paris Accompagnement Mobilité qui propose à ces personnes un dispositif de transport individualisé sera étendu le vendredi et samedi soir jusqu’à 2h du matin.

Le succès de cette politique ne peut toutefois dépendre que des Parisiens. Il dépendra d’abord du vote que nous allons exprimer les 9 et 16 mars mais il tiendra surtout au comportement de chacun au quotidien. C’est pourquoi la municipalité va s’organiser pour soutenir directement l’engagement solidaire et le bénévolat afin que toutes les bonnes volontés puissent se mettre au service des autres pour que notre capitale internationale soit aussi une ville chaleureuse où chacun puisse trouver sa place.

Sandra Desmettre

 

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Les Bisounours en folie 07/03/2008 23:29

l'Axe atlanto-sioniste va frapper l'Iran en été 2008

Bam

ça c'est du sérieux

Et Sarko va soutenir diplomatiquement le gouvernement néerlandais à la fin mars . Parce que un fou nommé Geert Wilders fera un film sur la religion de paix et d'amour .. l'islam

Jean-François 07/03/2008 16:55

Très bon article (comme toujours) qui résume bien les points forts de l'action de la municipalité socialiste, même si bien évidemment tout n'est jamais parfaitement rose (c'est le cas de le dire). A Paris comme à Lyon, le PS prouve qu'il est capable d'avoir une vision pragmatique tout en restant fidèle à ses convictions. Reste à faire de même au niveau national...
Pour en revenir au sujet, il est évident qu'il sera toujours difficile d'associer pleinement l'Ouest à l'effort de mixité sociale, et la cassure entre les deux risque de s'accentuer.
Autre question, celle des frontières administratives : il paraît de bon sens qu'un cadre d'intervention commun est nécessaire, mais avec qui, et lequel serait le plus adapté et pour quelles compétences?

grutman 07/03/2008 16:39

C'est quoi un bisounours ?

Le commentaire précédent (même en folie !) n'a pas grand chose à voir avec ce sérieux article de fond. Les points développés paraissent très justes mais certains aspects méritent d'être débattus.

Par exemple, la mixité sociale. D'accord, mais à quelle échelle ? La ville ou l'arrondissement ? 20% de logements en 2014 sur la ville, c'est excellent. Mais il reste encore beaucoup à faire pour que la mixité soit réelle dans plus d'arrondissements (au hasard, le 7ème), et plus seulement dans certains arrondissements (18, 19 et 13èmes) qui atteignent déjà des pourcentages élevés de logements sociaux.