Il n’aura échappé à personne que les dernières élections municipales et cantonales se sont traduites par une très nette poussée de la gauche qui a abouti au basculement de nombreuses villes et départements au soir du 16 mars. Il est en revanche un enseignement pour le moins intéressant qui n’a pas été tiré de ces différents scrutins : celui de la concentration d’un véritable vote de réaction et d’adhésion à la politique conduite par Nicolas Sarkozy depuis dix mois, dans des territoires très favorisés où l’UMP fait mieux que résister. Autant d’exceptions qui ont été occultées par un mouvement national particulièrement net mais qui méritent d’être analysées car elles constituent un signe important de la territorialisation de la question sociale.
Des exceptions très locales…
Dans le VIIème arrondissement de Paris, il a manqué 288 voix au second tour à Laurence Girard (PS) pour totaliser la moitié des voix de la liste conduite par Rachida Dati et obtenir
ainsi un siège de conseiller de Paris sur les cinq que compte l’arrondissement. L’élection de la Garde des sceaux n’est en tout cas pas une surprise dans ce qui constitue une terre de mission
pour la gauche. Cette dernière y progresse cependant régulièrement, profitant des dissidences de la droite depuis la fin du long règne d’Edouard Frédéric-Dupont, inamovible maire du
VIIème. Les 27,18% obtenus par la liste de Laurence Girard sont d’ailleurs plutôt encourageants. En revanche, à l’issue de l’analyse des résultats par bureau de vote, on ne
peut qu’être frappé par l’étonnante hétérogénéité des performances de l’UMP. D’ordinaire assez homogène dans le VIIème, le vote UMP s’enfonce à moins de 50% dans certains
bureaux de vote pour caracoler à plus de 70% dans trois bureaux de vote situés aux abords du très chic Champ de Mars.
Particularité de cette dernière zone : elle concentre les plus hauts revenus et patrimoines d’un arrondissement qui est déjà le plus riche de Paris, devant le XVIème et le
VIIIème. Malgré un parachutage controversé de la tête de liste UMP, la droite y fait mieux que résister. La
gauche y cède du terrain par rapport à 2001 alors que Bertrand Delanoë améliore largement ses scores d’il y a sept ans au niveau parisien.
Comment, dans un contexte national marqué par une déception des Français vis-à-vis de l’action et du comportement de
Nicolas Sarkozy, la droite peut-elle encore marquer des points dans ces territoires où elle est déjà ultra-majoritaire ?
Ce constat n’est pas isolé au-delà des facteurs locaux ou de toute prime au sortant. A
Neuilly, le PS est rayé de la carte, son score étant divisé par deux par rapport à 2001. Le duel Fromantin-Teullé a pu occulter la liste conduite par la gauche et la priver du second tour.
Néanmoins, la gauche bénéficie en général dans ces territoires d’un socle électoral certes très limité mais relativement stable. Dans le VIIIème arrondissement de Paris également, la
gauche recule par rapport à 2001 au 1er tour et, de façon encore plus marquée, au 2nd tour.
Derniers exemples de ce phénomène : Cannes et Annecy où le PS disparaît quasiment du paysage politique municipal. Ces évolutions ne peuvent être dues uniquement à des particularités locales. On peut par ailleurs présumer que l’électorat de gauche s’y est peu mobilisé, à l’inverse de celui de l’UMP et à contresens des mouvements de mobilisation au niveau national. Mais, il est intéressant de constater que ces villes, quartiers et arrondissements ont en commun de compter de nombreux hauts revenus et patrimoines. Or l’existence de cette même configuration politique dans plusieurs villes ou arrondissements qui présentent des caractéristiques économiques et sociales comparables appelle sans doute une analyse spécifique.
Un vote fondé sur le bénéfice retiré du « paquet fiscal » ?
Compte tenu de la spécificité économique de ces territoires, il est très probable que les comportements électoraux qui ont conduit à un renforcement du vote UMP y soient motivés par des
raisons essentiellement économiques et fiscales. De ce point de vue, les électeurs qui y vivent sont autant de contribuables qui
ont été largement bénéficiaires des mesures du paquet fiscal et de l’abaissement du bouclier fiscal à 50% ainsi que de l’inclusion de la CSG-CRDS dans son calcul. Les aménagements successifs
apportés à l’ISF s’inscrivent également dans cette logique, nombreux étant les habitants de ces territoires qui y sont assujettis. Sans parler de la quasi-suppression des droits de succession qui
concerne surtout les patrimoines les plus importants qui y demeurent soumis.
Il ne faut pas en effet sous-estimer l’ampleur des bénéfices retirés par ces territoires des dispositions de la loi TEPA. Alors que les Français ont globalement sanctionné Nicolas Sarkozy, il est
difficile de trouver d’autres motifs d’adhésion de cet électorat très aisé à la politique conduite depuis dix mois.
Les motivations fiscales constituent en tout cas une explication convaincante de ce qui s’apparente à une concentration voire une « ghettoïsation » du vote d’adhésion au Président de la
République.
La géographie, nouvelle traduction de la question sociale
Ce véritable « vote fiscal » limité à des territoires particulièrement riches est constitutif, plus largement, de ce que l’on pourrait qualifier de « territorialisation de la
question sociale ».
Si les phénomènes de concentration de la richesse dans certains territoires ne sont bien sûr pas nouveaux, il faut bien comprendre que l’évolution récente des problématiques du logement leur a
donné un tour nouveau. Le logement est en effet un ressort essentiel de ce processus de territorialisation.
Alors que le débat public se focalise sur une approche statique, en terme de mixité sociale, des travaux conduits notamment par le sociologue Jacques Donzelot et fondés sur une approche dynamique ont donné un éclairage nouveau au problème du logement.
Il ressort que le tournant radical de la période récente tient moins à la difficulté croissante de trouver un logement qu’à la remise en cause des processus de mobilité
résidentielle. Que signifie ce concept de « mobilité résidentielle » ? Il renvoie à l’espérance que peut avoir un
individu de quitter le logement qu’il occupe pour un meilleur logement. Or la crise économique, le chômage de masse et les évolutions du marché immobilier ont conduit à la réduction importante de
cette espérance qui était assez forte jusque dans les années 70, notamment dans les quartiers de grands ensembles.
Conséquence inéluctable de la remise en cause de la mobilité résidentielle en même temps que de la mobilité sociale : la fixation de la population dans les territoires qu’elle
habite. Une spirale de ghettoïsation s’engage alors pour les populations les plus aisées comme pour les plus modestes. Si les
« quartiers sensibles » sont la traduction médiatisée de ce processus dans les zones de grands ensembles, ce phénomène joue logiquement aussi dans les « beaux
quartiers ».
Il s’ensuit un cloisonnement territorial préoccupant. Dans la géographie et les territoires peut alors se lire la question sociale.
C’est sur ce cloisonnement et sur cette reformulation de la question sociale que le discours fiscal du sarkozysme a largement prospéré en 2007.
Le sarkozysme entre « vote fiscal », marketing politique et territorialisation de la question sociale
La territorialisation de la question sociale est lourde d’implications politiques. Elle constitue une forte incitation des partis politiques à développer des stratégies de
rationalisation de l’offre politique fondées sur une segmentation du discours selon les intérêts catégoriels, au détriment de la cohérence d’ensemble des programmes politiques. En un
mot : par le biais du marketing politique, la territorialisation favorise les stratégies démagogiques de conquête du pouvoir.
Les territoires étant cloisonnés, confrontés à des problématiques propres, il devient en effet plus facile d’adresser des discours épousant les intérêts des catégories qui y habitent fut-ce au
prix de l’incohérence. Le cloisonnement rend alors difficile la mise en évidence des contradictions internes d’un programme politique aux yeux de l’électorat.
C’est sans doute sur cette logique que s’est en partie construit le malentendu fiscal qui a permis à Nicolas Sarkozy d’être élu avec le soutien de catégories qui n’avaient rien à gagner des réformes fiscales proposées mais qui ont été attirées par un discours valorisant le mérite. Il est pourtant saisissant de constater que la philosophie du paquet fiscal était souvent aux antipodes de ce discours sur les valeurs qui a séduit une partie des milieux populaires.
Alors que ce malentendu se dissipe aujourd’hui, il laisse place à une concentration sur les territoires très favorisés du soutien à la politique conduite depuis mai dernier.
Ainsi, à rebours du succès de l’entreprise de démagogie conduite en 2007, le vote des dernières municipales permet désormais de situer
aisément sur la carte les seuls vrais gagnants du sarkozysme…
Bastien Taloc
Commentaires
Et oui, je suis en pleine activité en ce moment entre les finances locales et le vote fiscal ;-)
Tu as raison d'ajouter ces éléments, notamment sur le rapport aux "plus pauvres" sur fond de ghettoïsation identitaire. D'ailleurs, j'aurais pu ajouter un autre élement dans mon article mais, étant coutumier des posts déjà longs, j'ai dû me modérer : les phénomènes d'identification à un autre groupe social, plus favorisé, sont déterminants dans l'adhésion des classes moyennes inférieures à des réformes fiscales qui ne leur bénéficieront pourtant jamais... Ce phénomène joue dans de nombreux pays industrialisés lorsque les gouvernements conservateurs (et non pas libéraux, au contraire !) engagent des réformes fiscales qui bénéficient aux plus aisés. Les classes moyennes inférieures, dont le poids électoral est assez déterminant voient alors dans les propositions de la droite une façon de sortir par le haut, de faire sauter le plafond qui empêcherait l'amélioration de leur situation. A l'inverse, elles voient dans des propositions de gauche fondées sur la solidarité une forme "d'assistanat" qui les attirent vers le bas.
A ce titre, il ne faut pas sous-estimer le succès du thème sarkozyste du "nivellement par le bas" chez les "petits moyens" et l'effet négatif de propos tels que "je n'aime pas les riches", instrumentalisés par ailleurs par l'UMP.
La communication est un élément essentiel autour de ces propositions socio-économiques. Et il est certain qu'en 2007, l'UMP a gagné haut la main la bataille rhétorique et psychologique des classes moyennes inférieures...
Alors que tu étais pertinent, mesuré, dans l'analyse factuelle (non tronquée suivez mon regard), jusqu'alors... tu sombres la démagogie la plus basse.
En reprenant quelques exceptions locales, notoires de surcroit, tu batis une théorie qui passe d'abord par la réinvention de l'eau chaude avec tes guettos de riches, de Droite comme il y a des tonnes d'autres; en continuant sur les systèmes reproductifs que tu sembles découvrir... pour finir par entériner que tout ceci est issue de la seule loi TEPA, pour les seuls riches que tu restes le seul à soutenir benêtement dans ce sens.
Les "classes moyennes inférieures" ont effectivement bien compris que leur seule planche de salut pour grimper à l'étage au dessus, était un gouvernement qui s'attacherait à laisser libre cours à leur autonomie plutôt qu'un gouvernement qui taperait, taxerait et raclerait sur tout ce qui dépasse le plancher.
D'ailleurs même les classes ouvrières ont bien compris que le PS n'était pas l'issue, puisqu'il ne votent plus pour lui depuis longtemps, alors que le discours officiel PS est censé leur être destiné prioritairement.
Toi qui parle de conservatisme, de corporatisme... aujourd'hui le vrai fond de commerce du PS est surtout à base de fonctionnaires concentré qui ont eux, avec raison, la certitude qu'un gvt de Gauche bien conservateur (progressiste pardon c'est comme ça que vous dites) ne ferait aucune réforme qui remettrait en cause des acquis d'un autre temps, quite à charger la musette de leurs enfants.
Cette dernière est d'ailleurs la version française de Bush à Kyoto qui vous fait pourtant beugler à Gauche. Bush est prêt à mutiler un peu plus la planète et ses générations futures pour que ses braves américains puissent continuer à pomper de l'énergie à Gogo sur le dos des autres. Bush/PS même combat?
Dois-je conclure que je viens de commettre un regrettable accident de parcours alors vous vous apprêtiez, sur la base de ces quelques bons points, à me récompenser par une image ?
Non, franchement, avec le respect que je te dois, ta critique est contradictoire : ma thèse est-elle tirée par les cheveux ou procède-t-elle de la découverte de l'eau chaude ? Tu concèderas que c'est incompatible...
Hypothèse 1 : tu as voulu dire qu'elle était tirée par les cheveux. Je suis prêt à en discuter. Je constate souvent que la droite est peu portée sur la sociologie. Elle voit à tort très souvent dans les sciences sociales un discours normatif. Or ce n'est ni son objet (même si quelques "sociologues" médiatisés lui donnent une vitrine contestable) ni l'objet de mon propos dans ce post qui se veut une tentative - nécessairement imparfaite et sujette à critique, c'est bien normal en "sciences" sociales - d'aller au-delà des analyses convenues et superficielles qui ont été faites des municipales.
Hypothèse 2 : tu as voulu dire que cette thèse était d'une banalité affligeante. Dans ce cas, tu m'as mal lu : je ne me limite pas à dire que des ghettos de riches votent à droite ou alors, tu as raison, ça ne méritait pas un article, tellement ce constat est trivial. Je constate qu'alors que dans ces zones le rapport droite-gauche y est d'ordinaire très favorable à la droite mais très stable, les dernières élections ont été marquées par une progression de la droite et un recul de la gauche, ce qui est assez inédit d'autant plus que la toile de fond nationale était très favorable à la gauche, ça ne t'aura pas échappé.
Quant au reste de ton propos, ce sera l'objet d'un prochain article, patience ! Mais, sur le rapport avec Kyoto, permets-moi de te renvoyer à l'hypothèse 1 : c'est vraiment tiré par les cheveux !
Et les exemples dans ce genre sont légion, notamment dans les Hauts-de-Seine mais aussi dans les Yvelines, voir aussi à Marcq-en-Baroel (Nord) où la gauche est réduite à néant.
- Concernant le vote des ouvriers, c'est évident que la banlieue de Paris (en dehors des Hauts-de-Seine), le Nord Pas de Calais, le Languedoc et toutes les villes gagnées ne sont peuplées que de fonctionnaires qui ont bourré les urnes. Sharky, update ! 60% des ouvriers ont voté à gauche aux dernières municipales et cantonales. Ca me parait clair non ?
D'ailleurs pour compléter l'excellent article de Bastien, lire La France des petits-moyens qui analyse le vote en banlieue pavillonnaire et démontre que contrairement à la doxa médiatique, ces endrotis sont loin d'être sarkozystes à l'excès.
Belle noyade de poisson mes hypothèses que tu reprends ne sont que les tiennes que je reprennais.
Oui le départ est banal et oui ton constat est affligeant.
Les cheveux que tu tires bien fort pour en arriver à une conclusion nationale et définitive sont que quelques villes sur plusieurs milliers ont vu une poussée de la Droite incongrue à tes yeux encore emplis des larmes de votre dernière victoire nationale... au niveau local!
Pour moi tu vois, il n'est pas si incongru de voir la Gauche reprendre un trentaine de villes majeures après en avoir perdu autant à la précédente élection.
@ John Royal (on va se donner des petits noms, c'est plus intime)
Non John, c'est juste un constat, bastien est fondamentalement honnête dans ses propos, c'est ce qui te différencie de lui. Pour la baffe (du déclaratif de supporter?), je peux te tendre l'autre si ça te fait plaisir.
Pour Puteaux, je m'en fiche je n'y habite pas, je n'en sais rien mais rien que ton "reconnu unanimement" assure le peu de pertinence de ton propos que tu ais raison ou non.
Je sais que tu te referrais bien le match de votre dernière "non victoire" mais les dernières élections ne sont pas la mesure des forces en présence, c'est local.
La dernière mesure "updatée" au niveau national vient des présidentielles.
Pour arrondir cela donne 25% au PS (tient ce chiffre me rappelle quelque chose rapport à la fonction publique) et ou les ouvriers ont massivement votés "ailleurs" qu'au PS, et 35% pour l'UMP avec un vote ouvrier bien supérieur qu'au PS. Oui tu vas me dire ils pleurent tous et ils sont revenus au PS la queue entre les jambes, rêve!
Pour finir, faudrait savoir les gars, elle vote ou la "petite classe moyenne" à gauche John ou à Droite Bastien, peut être bien un peu des deux, non?
Votre absence totale de distingo d'ailleurs, dans l'expression "paquet fiscal", pour en faire une critique totale et en bloc sans y voir aucun bienfait (oui oui vous allez me ressortir l'article sur le sujet de y'a 3 mois) me convainc qu'il y a en effet de la "détestation du riche" dans vos propos. D'ailleurs, ça me fait bien rire de lire que la droite a instrumentalisé Hollande sur sa petite phrase : comme si Hollande n'avait pas instrumentalisé la colère des plus modestes pour la diriger contre les plus riches (alors qu'elle devrait se porter contre une certaine classe politique...)
Juste sur la "détestation du riche", je suis de ceux qui justement ont trouvé que les propos de Hollande avaient été une connerie monumentale ! Je te renvoie à mon commentaire où je dis "instrumentalisés PAR AILLEURS". Indépendamment de l'utilisation qui en a été faite par la droite, ces propos m'ont en effet semblé déplacés et ridicules.
Sur le reste et sur le paquet fiscal, j'attends toujours une argumentation digne de ce nom qui démontre que le paquet fiscal n'a pas bénéficié en très grande majorité aux plus aisés... Peut-être que d'ici là il aura produit ses effets si attendus sur la croisance ;-)
juste pour ajouter que tes villes sont particulièrement mal choisies également. Surtout Calais où sans l'appui de membres du PS, l'UMP qui avait retiré toute étiquette partisane n'aurait jamais gagné contre un maire PCF un peu fatigué... Marseille, c'est plus que ric-rac et Le Havre et Bordeaux, quel est le rapport ?
Quant au paquet fiscal, la "morale", tiens tiens... tu ne veux pas remplacer Luc Chatel. On risque de rire, encore un peu plus !
Du reste, le "paquet fiscal" n'est pas la seule mesure du gouvernement qui ne profite qu'aux revenus supérieurs...
Peut être pourrais tu éclairer la Droite imbécile de tes lumières et réflexions sans doutes avisées, à moins que tu ne réfléchisses encore supporter, ou que tu t'apprêtes à lancer un questionnaire participatif pour remplir une vacuité factuelle?
Tape 1, 2 ou 3 ou rien du tout.
je viens de voir ton précédent commentaire. En tout cas, je constate que tu es toujours obsédé par Royal. Quand tu ne la cites pas directement, tu évoques son "actualité"...
Je n'avais pas relevé quelque chose dans le commentaire 7 où tu reviens - pour la 100ème fois - à la charge sur l'analyse qui rassure un mec de droite comme toi. Persuadé d'être du côté des vigoureux travailleurs qui créent de la richesse face aux petits fonctionnaires scribouillards aigris et autres assistés, tu nous ressors à chaque fois ta théorie des 25% (c'est 26% déjà, je veux dire pour le résultat à la présidentielle et 31%, non 35% pour l'UMP) en confondant d'ailleurs allègrement population active et votants...
Donc toutes les meures l'indiquent (pas les tiennes au doigt mouillé c'est vrai), Royal/Sarkozy chez les ouvriers 51/49, ce qui représente une belle remontée par rapport à 2002 mais pas assez encore. Ensuite, aux municipales, le rapport est de 60/40 (gauche/droite).
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J'ajouterai à ton très intéressant article que cette ghettoïsation des classes les plus aisés se doublent d'une forme de ghettoïsation identitaire: le repli sur soi, la peur de l'autre, surtout quand il est plus pauvre et qu'il constitue une menace potentielle, la projection de préjugé pour justifier sa position sociale privilégié (du genre: l'autre est moins riche que moi car c'est un sociopathe/un feignant/un assisté).
A ce titre, le phénomène des bobos est intéressant, car il constitue l'exact antithèse de ce processus. Des gens plutôt privilégiées, mais qui viennent des classes moyennes, qui essaient de garder contact avec les autres catégories de la population, de favoriser la mixité sociale, et qui conservent leur idéaux d'égalité et de justice sociale. Bref, de nouvelles "classe favorisées morales", qui votent avant tout pour leur conviction plus que pour leurs intérêts.
Il ne reste plus qu'à espérer que ce soit ce dernier groupe qui prospère plutôt que l'autre..