Les louvoiements permanents auxquels s’adonne l’UMP depuis 2002 en matière de politique économique et sociale, faute de cap politique clair, ont une traduction particulièrement nette à travers la
politique de l’emploi. Si bien que l’aller-retour incessant entre abandon et reprise des contrats aidés semble bien faire figure d’unique esprit de suite, à défaut de cohérence d’ensemble.
L’actuelle réduction drastique du recours aux contrats aidés en constitue le dernier épisode. Malheureusement, outre les bénéficiaires eux-mêmes de ces contrats, c’est le secteur associatif qui
paie le prix fort de cette inconstance…
« Souvent, politique de l’emploi varie » : chronique d’une pièce en trois actes…
Les hésitations de
l’UMP depuis 2002 en matière de politique de l’emploi sont sans doute une des meilleures illustrations de l’ambiguïté des orientations économiques de la droite, derrière l’apparente cohérence des programmes sur lesquels elle a été portée au pouvoir en 2002 puis reconduite en 2007.
Sur fond de critique permanente de la réduction du temps de travail – et d’embarras manifeste quant à l’idée de l’abrogation pure et simple des lois Aubry – les gouvernements qui se sont succédés depuis 2002 n’ont en effet cessé de louvoyer quant à la question du recours aux emplois aidés.
Ainsi, après avoir tenu, de 2002 à 2005, une position dogmatique de refus des emplois aidés, la droite a fini par y avoir massivement recours à travers la loi de cohésion sociale. Aujourd’hui, elle semble une nouvelle fois pencher pour leur abandon. Résumé des trois actes de cette pièce à l’intrigue pour le moins emmêlée…
Acte I (2002-2005) – la remise en cause des contrats aidés ou la victoire de l’aile « néolibérale » de l’UMP
Victorieuse dans un contexte ambigu en 2002, la droite s’était appuyée, sous le gouvernement Jospin et pendant la campagne, sur une critique sans concession des emplois aidés, à travers les emplois jeunes, accusés d’être un instrument artificiel de création d’emplois par les pouvoirs publics.
Du fait de l’arrivée à échéance du dispositif des « emplois jeunes », la politique de l’emploi conduite à partir de 2002 a été ainsi caractérisée, dans un premier temps tout du moins, par un recours bien moindre aux contrats aidés. Tout au plus, des dispositifs d’emplois aidés destinés aux jeunes ont été mis en place à travers le contrat « jeunes en entreprises », lancé en juillet 2002 par François Fillon. Ils s’adressaient, non plus à des collectivités ou à des structures associatives mais au secteur marchand. Ce contrat vit sa portée limitée par son échec patent : 120 000 contrats de ce type ont été signés alors que le gouvernement tablait sur un chiffre de 250 000.
En réalité, un affrontement discret à l’intérieur de la droite s’est engagé dès 2002 entre ceux qui souhaitaient que soit presque totalement abandonné le recours à des contrats aidés financés par l’Etat, et les autres, plus pragmatiques, qui voyaient dans ces contrats un instrument nécessaire s’agissant des publics les plus en difficulté.
Acte II (2005-2007) – la loi de cohésion sociale ou le retour en force des contrats aidés
Alors que premier camp s’est imposé en 2002 avec la non reconduction des emplois jeunes, la très rapide dégradation du marché du travail – notamment en 2003 – a permis au deuxième de l’emporter. Après avoir décrié l’emploi aidé, la droite lui permettait de revenir par la grande porte, en l’occurrence, celle de la loi de programmation pour la cohésion sociale en janvier 2005. Ordonnant quelque peu le maquis des multiples dispositifs en matière de politique de l’emploi, cette loi prévoyait la création de nombreux contrats aidés, en contradiction totale avec les discours tenus depuis 2002, rétablissant ainsi la place importante de ces dispositifs.
Si la droite a souvent rétrospectivement imputé le « trou d’air » dans les créations de contrats aidés entre 2002 et 2004 à l’absence d’anticipation par le gouvernement Jospin de la fin des emplois jeunes, c’est en réalité à un affrontement interne à la droite que l’on doit leur interruption brutale et le revirement qu’a constitué la loi de cohésion sociale. Aucun mythe rétrospectif ne doit à cet égard faire illusion…
Acte III (2007- ) – la revanche des adversaires de l’emploi aidé ?
Le naturel semble revenu au galop avec l’élection de Nicolas Sarkozy qui a abouti rapidement, à l’été 2007, à l’amorce d’une nette baisse de régime dans la reconduction des contrats aidés, notamment des contrats d’accompagnement dans l’emploi (CAE) et les contrats d’avenir (CAv). Afin de réaliser 600 M€ d’économies, le gouvernement a ainsi annoncé à l’été son intention de ne pas renouveler 185 000 CAE et 55 000 CAv, dans le secteur non-marchand, d’ici la fin 2007.
Ce nouveau changement d’orientation a, nous le verrons plus loin, un effet qui se fait largement ressentir depuis début 2008 pour de nombreuses associations, et non des moindres.
Ces multiples revirements nuisent clairement à l’efficacité de la politique de l’emploi. Ils procèdent malheureusement d’une inconstance sans doute plus large…
Une inconstance peut en cacher une autre…
L’inconstance de la droite dans son rapport aux contrats aidés témoigne plus largement – même si ce n’est pas l’objet de cet article – de l’absence de gouvernail dont souffre la politique économique de l’UMP depuis 2002.
Le malentendu fiscal sur lequel Nicolas Sarkozy a bâti son programme économique et sa victoire n’est pas pour laisser penser que 2007 a constitué une rupture et une clarification à cet égard. De nombreux analystes ne manquent pas de souligner les hésitations du locataire de l’Elysée depuis son élection entre une voie néolibérale et une ligne aux accents interventionnistes et protectionnistes. Sans parler de l’absence de politique de l’offre au profit d’une politique de la demande qui emprunte largement à ce qu’il faut bien qualifier de « keynésianisme du riche ».
A défaut de clarification, la droite revient donc toujours à ses vieux démons : une politique incohérente mêlant des mesures fiscales coûteuses et inutiles à des diatribes néolibérales (dans une version souvent vulgaire qui emprunte à un certain « poujadisme ») et n’hésitant pas par ailleurs à céder aux réflexes clientélistes habituels ou aux discours protectionnistes de circonstance.
Les contrats aidés, un objet de débats pourtant légitimes
Là où le gouvernement n’a cessé de changer son fusil d’épaule, un débat serait pourtant nécessaire afin clarifier et « stabiliser » l’architecture de la politique de l’emploi.
Le recours aux contrats aidés s’est largement développé face à la crise économique des années 70, au chômage de masse et aux problèmes d’insertion et d’employabilité qui ont affecté un nombre croissant d’individus. Réponse immédiate des gouvernements successifs à ces problèmes, source de main d’œuvre précieuse pour le secteur non marchand et notamment les associations, les contrats aidés ont commencé à faire l’objet de critiques dès lors que leur coût élevé pour les finances publiques a été placé en regard de la montée inexorable du chômage. Revenons sur quelques unes de ces critiques.
On pourrait d’abord voir dans la critique de la philosophie même des contrats aidés une critique d’essence néolibérale, contestant l’opportunité pour la collectivité de créer des emplois financés par la dépense publique et jugés déconnectés des besoins réels de l’économie. Une telle politique serait coûteuse et inefficace puisque les prélèvements obligatoires qui la financent seraient autant d’entraves au fonctionnement du marché qui permet seul, par une allocation optimale des ressources, de « révéler » les véritables besoins de l’économie en termes d’emploi.
Cette critique ne tient pas compte justement des besoins du secteur associatif, non marchand par définition, et sous-estime l’importance des problèmes d’insertion et d’employabilité engendrés par un chômage de masse prolongé, problèmes qui nécessitent des solutions spécifiques, par l’intervention des pouvoirs publics.
Une autre critique, largement recevable, concerne les problèmes liés au périmètre du ciblage des contrats aidés. Cette critique avait été forte – à juste titre – l’occasion de la mise en place des emplois jeunes en 1997, accusés de bénéficier à des jeunes déjà titulaires de diplômes d’enseignement supérieur et donc moins dans le besoin de solutions d’insertion telles que les contrats aidés, destinés aux publics en difficultés ou nécessitant une formation complémentaire telle qu’un apprentissage. Au passage, on peut également et, plus largement, émettre de nombreuses réserves sur le ciblage générationnel des politiques de l’emploi comme quelques camarades – dont l’auteur de cet article – avaient eu l’occasion de le faire dans une note adressée à l’équipe d’un candidat malheureux à l’investiture socialiste pour la présidentielle en 2006, suite à ses propositions en matière d’emploi, dans un contexte marqué par le retrait du CPE.
La complexité des dispositifs mis en place et leur enchevêtrement sont par ailleurs souvent mis en avant. S’il est sans doute vrai que l’on a pu constater un enchevêtrement des différents dispositifs de contrats aidés au fil du temps (quand certains contrats ne font pas doublons dans leurs finalités avec d’autres…), la complexité ne saurait être, comme souvent, l’alibi de politiques d’inspiration néolibérale consistant à faire table rase d’outils politiques parfois utiles pour peu qu’ils soient utilisés efficacement. Un toilettage est sans doute nécessaire, même s’il a été engagé par loi de cohésion sociale en 2005, mais il serait lâche politiquement de faire de la complexité le seul fondement d’une remise en cause radicale et sans discernement des contrats aidés.
L’autre critique essentielle des contrats aidés concerne le fait qu’en ne permettant pas à leurs bénéficiaires de rentrer réellement dans une logique d’insertion, ils engendrent ce que l’on pourrait qualifier de « trappes à contrats aidés ». Les bénéficiaires ne parvenant pas à trouver, à l’issue d’un contrat aidé, un emploi stable, ils rentrent alors dans une spirale d’enchaînement des contrats spécifiques sans perspective d’en sortir. C’est alors l’échec même des contrats aidés qu’il faut constater.
Enfin, comme tout dispositif d’emploi aidé, les contrats aidés, s’ils concernent le secteur marchand, peuvent comporter des effets d’aubaine ou de substitution (en fonction du public cible) importants. Ils profitent alors à des entreprises qui auraient pu réaliser ces embauches sous formes de contrats « de droit commun ».
En définitive, si toutes ces questions étaient clairement posées dans le débat public, l’empressement avec lequel des contrats aidés ont été créés, tout comme la précipitation avec laquelle ils ont parfois été purement et simplement supprimés, par non renouvellement, pourraient être évités.
C’est faute de visibilité quant à leur utilité réelle que le gouvernement s’est autorisé à des revirements incessants. Il eut été préférable d’examiner cette donnée plus en détail et de donner plus de stabilité à l’architecture de la politique de l’emploi. En effet, entendons-nous bien, cet article n’est pas tant un plaidoyer pour le tout « contrats aidés » comme solution aux problèmes de chômage et d’insertion qu’un plaidoyer pour une cohérence et une continuité minimales dans la conduite de la politique de l’emploi 1.
Les associations, victimes collatérales des revirements gouvernementaux
La pièce en trois actes que nous avons présentée plus haut pourrait n’être qu’un vaudeville de mauvaise facture si elle n’avait pas des conséquences très dommageables pour les bénéficiaires des contrats aidés et pour les associations qui en sont utilisatrices.
En effet, nombre de contrats aidés concernent le secteur non-marchand. Or le non renouvellement massif des contrats aidés – comme c’est le cas actuellement avec les CAE – est un facteur de déstabilisation préoccupant pour l’activité de ces associations. Depuis quelques mois, de nombreuses associations caritatives ainsi que des centres sociaux sont mis en difficulté par la politique gouvernementale. Ces associations combinent en effet souvent le bénévolat et le recours à des salariés, très souvent en contrats aidés. De fait, le non renouvellement des CAE risque de les contraindre à réduire le périmètre de leurs activités, au détriment des publics auprès desquels elles interviennent.
L’absence de pérennité des emplois aidés, souvent déplorée par les responsables associatifs, s’ajoute ainsi à l’incertitude quant au montant des subventions dont les associations peuvent bénéficier d’une année sur l’autre.
Il apparaît ainsi urgent pour le gouvernement de stabiliser la politique de l’emploi qu’il conduit et, plus largement, de garantir aux associations un cadre sécurisé et stable, en vue de conforter le développement de leur activité, par exemple à travers une logique de contractualisation pluriannuelle. Malheureusement, il semble à l’heure actuelle peu sensible aux considérations développées dans cet article…
Bastien Taloc
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1 Illustration grotesque de cette instabilité des orientations : le gouvernement Villepin avait en 2006 remplacé par un nouveau contrat de transition
professionnelle expérimenté dans quelques bassins d’emploi en difficulté un dispositif remplissant les mêmes fonctions créé quelques mois plus tôt. Il est pourtant trivial d’affirmer que c’est
sur la durée seulement que l’on peut apprécier l’efficacité d’un instrument.
Commentaires
Quel toupet aujourd'hui de revenir donner de grandes leçons en 3 actes sur les dérives droitières de l'emploi après avoir quasi inventé, développé et cultivé le chomage de masse dans les années 80 et 90.
S'il n'y a qu'un mérite à ce gouvernement (et au précédent), c'est justement d'avoir réussi à sortir de ce pot au noir de l'inactivité dans lequel vous vous complaisiez. Vos seules réponses dogmatiques ont été les 35h, les plans de sorti luxueux des séniors pour laisser la place aux autres et les fameux sous emplois aidés. Toute une espèce d'apologie de la négation de l'effort et du travail qui il n'y a pas si longtemps et loin de vos préoccupations du moment (passage du brevet des collège sans doute) faisaient que le chomage était la préoccupation de très loin N°1 des français. Hors aujourd'hui, ce n'est plus d'activité fort heureusement, ce n'est pas parfait mais cela va dans le bon sens.
Quite à vous choquer, prenez un peu de recul, j'aurais même tendance à penser que la problématique actuelle de pouvoir d'achat est un signe positif; avant les gens étaient contents quand ils travaillaient, maintenant le niveau d'exigence a augmenté.
Petit retour sur vos Nirvana de l'emploi en 2 actes (je ne parlerai pas de la fonction publique qui est une pice à elle seule).
Acte 1:Les emplois jeunes : réponse donnée de sous emplois à des jeunes sur ou sous diplomés sans vraiment de distinction. Un double gachis issu d'une société incapable d'employer des jeunes qui ont couté très cher à cette même société; idem pour des jeunes qu'elle a été incapable de donner la bonne formation dans un système ou elle a rejetté les formations manuelles, coutes et professionalisantes. La grande philosophie de 80% d'une classe d'age au bac montre toute la portée de son absurdité.
Alors que les jeunes entrant sur le marché sont censés être au plus fort de leur volonté et engagement, on les a maché, tordus, broyé, digéré et déféqué dans les emplois jeunes pendant quelques années dans un placard pour en faire de vrais handicapés du système, de vraies vies gachées.
Acte 2:les emplois aidés : Avec comme vecteur les sacro saintes associations. Pour recaser toutes ces masses non laborieuses, une idée merveilleuse à germé, multiplier à outrance des associations non marchandes pour tous ceux qui avaient la moindre idée ou envie (de la plus noble à la plus incongrue) avec force subvention étatique, prix à payer pour se donner bonne conscience et en plus décharger l'Etat d'une partie de ses missions, délivrée les yeux fermés à n'importe quelle bonne volonté apparente sans mention de sa compétence.
Dans cette joyeuse bouillie, quel % de ces associations est réellement nécessaire et pertinent pour la société? Le PS n'a jamais fait aucune étude alors que certaines n'amènent rien, d'autres sont détournées, certaines sont trop petites pour être efficaces, qu'il y a des redondances, des synergies moins couteuses non faites... un nombre certain.
Alors pousser des cris dogmatiques dans la nuit est une chose mais le gachis réalisé avec l'envoi à l'abattoir d'une jeunesse certaine en la décérébrant et en lui coupant les ailes pour la handicaper à vie, l'absence de controles, de mesure de la pertinence et des résultats font que vous ne manquez pas d'un certains culot. Assumez l'héritage, faites l'analyse factuelle puis le mea maxima culpa, cela montrera au moins que vous avez compris après on pourra parler. Mais faire de grands discours et donner de grandes leçons après l'ignominie faite au pays sur le sujet, n'est certainement pas la voie, surtout quand "l'ennemi" a des résultats lui, et pas forcément dans un environnement favorable de surcroit.
A moins que ces cris ne soient finalement qu'à seule portée électorale et militante.
PS : De plus grace à la longue et sure opération de sape de la gauche sur les emplois dits "marchands", il existe des centaines de milliers d'emplois non fournis dans ce secteur qui tendent les bras à tous ces GO d'assoc.
Quand on veux on peux! Retour à la réalité, le travail ne viendra plus à toi, c'est à toi d'aller vers le travail, les socialistes vous ont mentis.
Je reconnais que j'ai des pics d'activité parfois... En effet, le mot "néolibéral", que je distingue bien du mot "libéral" (me définissant moi-même comme un libéral), renvoie pour moi au courant conservateur des années 70 qui a perverti le libéralisme originel, celui des 18ème et 19ème siècles. Prétendant promouvoir le marché, il promeut surtout le capitalisme et la rente. Là, je brosse à TRES grands traits la définition que je lui donne. Je ne vois pas d'autre mot pour désigner cette famille politique et ce courant.
Enfin, je pourrai développer à l'occasion...
@ Sharky (dont la cohérence de raisonnement est pour le moins à l'image de celle de la politique économique conduite par son gouvernement préféré),
Je reviendrai sur les points évoqués dans un plus long commentaire car il y a beaucoup à dire. Mais comme beaucoup de Français oisifs, ennemis de la réhabilitation de la valeur travail, je dois quitter ce blog quelques jours...
ça faisait longtemps... j'étais en train de travailler plus pour ... gagner la même chose...
Précisément, l'emploi, revenons-y. Tout d'abord, dire qu'on n'en a jamais parlé, c'est assez gonflé, mais passons... Plusieurs remarques à faire ensuite sur le fond:
- sur les préretraites, c'est dingue comme ta vision de l'histoire (sans doute encore une marque de l'éducation nationale bolchévisée) est tronquée par tes a priori idéologiques. La droite, bien couillue, est celle qui a instauré toutes les réformes "courageuses" tandis que la gauche, cette femme lascive, n'a donné que des cadeaux.
Or, tout cela ne résiste pas deux secondes à l'observation des faits. Les préretraites ont été mises en place dès 1963, avec la création du FNE (Fonds national pour l'emploi), par un gouvernement socialiste bien connu à l'époque. Cela n'était d'ailleurs pas totalement inutile, puisque cela a permis la modernisation d'une partie du secteur agricole et industriel en rajeunissant les effectifs.
C'est ensuite en 1972 que les choses se sont accélérées puis en 1977, toujours avec de vastes majorités de gauche... notamment dans le secteur métallurgique et sidérurgique.
Et c'est à partir de 1983, avec un gouvernement de droite bien connu également que l'Etat se pose des questions et remet en cause une partie des aides accordées par l'Etat dans la mise en place des plans préretraites. Néanmoins, les entreprises, dirigés par des membres de la LCR, continuent à mettre en place des plans de préretraite à tour de bras. La contribution Delalande, créée en 1987 par Chirac, va avoir en outre un effet pervers en renforcant ces départs anticipés et l'absence d'embauche des seniors.
Tout cela reposait donc sur un consensus patronat-Etat et syndicats (pendant une courte période avec ces derniers) dont seuls les premiers ont vraiment profité, je te l'accorde, mais je ne vois pas vraiment en quoi on peut imputer cela aux seuls socialistes.
- Ensuite, sur les emplois jeunes. C'est vrai que la droite pourrait se renouveler. A la place des 35h, vous pourriez choisir les emplois jeunes comme cause universelle du malheur français. Bonne idée que tu suggères à tes amis Sharky. Sauf que ça risque vite de faire pschitt...
Encore une fois, les faits : http://www.travail-solidarite.gouv.fr/IMG/pdf/publication_pips_200405_n-20-1_nouveaux-services.pdf
Bien entendu, puisque je fais dans la nuance, contrairement à toi, je serai prêt à reconnaitre, comme l'a fait mon camarade Bastien, qu'il y avait un certain problème de ciblage pour les emplois-jeunes. En revanche, pour en avoir connu, je reste persuadé qu'une bonne partie d'entre-eux ont été très utiles. A titre d'exemple, ce sont les emplois-jeunes qui ont permis la mise en place à l'école de la révolution numérique (accès aux ordinateurs). Les écoles étaient encore très peu habituées au milieu des années 1990 à recourir aux ordinateurs et ce sont les emplois-jeunes, correspondant typiquement à ces "nouveaux services" qui ont assuré le passage à la culture numérique. La plupart du temps, il s'agit d'ailleurs d'emplois pérennisés.
Mais au-delà de l'anecdote, revenons aux chiffres cités par l'étude. Comment évalue-t-on la qualité d'une expérience professionnelle si ce n'est par le "capital humain" qu'on en retire (en termes de compétences professionnelles) et par l'accès à l'emploi qu'elle procure ensuite. Or, dans le cas des emplois-jeunes :
1. 8 personnes sur 10 déclarent que cela leur a apporté de vraies compétences professionnelles supplémentaires ;
2. Après la sortie du dispositif, 7 jeunes sur 10 étaient en emploi, démontrant précisément que leur emploi n'avait rien de fictif.
Donc tes vies "gâchées" et tout ton vocabulaire poétique, je t'apprendrais à relativiser plus que légèrement...
- sur les associations, je laisserai Bastien te répondre mais ce sont tous les rapports qui le démontrent : la fin du financement des associations et la remise en cause de la police de proximité est l'une des raisons de la détérioration de la situation dans les quartiers populaires. Bien sûr que des études ont été faites, notamment par la Cour des comptes, et si certaines associations sont effectivement remises en cause, l'apport de la plupart est plus que souligné !
- enfin, sur les emplois dits marchands, la grande idée des emplois non pourvus n'a jamais été démontrée. Aucun institut de statistique ne la reconnait, yc l'OCDE. J'aimerais bien qu'un jour on arrête avec ce chiffre des 500 000. Par ailleurs, cela n'a rien à voir avec le fait que ces emplois soient marchands, mais simplement qu'ils soient difficiles et mal payés. La preuve : les collectivités locales ont également du mal à recruter des personnes pour leurs services techniques (eau, voirie...). Rien à voir donc avec une histoire de statuts !
J'ajouterais plus largement que notre ami Sharky s'évertue à faire une lecture caricaturale de cet article : je suis loin d'applaudir la politique conduite par les gouvernements de gauche sans aucune nuance sérieuse. Je t'invite à relire mon propos.
Et je ne suis pas le défenseur en chef des contrats aidés. Je souligne leurs limites et plaide davantage pour la stabilité de la politique de l'emploi.
Pour être provocateur, je dirais que je préfère un gouvernement cohérent qui n'a pas recours (et jamais) aux contrats aidés qu'un gouvernement inconstant qui les supprime et les rétablit sans cesse...
Sur l'utilité des assocs, je suis assez choqué par tes propos. Les Restos du Coeur sont inutiles ? Je connais par ailleurs des assocs de prise en charge des handicapés et autistes qui sont en grande difficulté avec l'abandon des contrats aidés et ne peuvent uniquement compter sur le bénévolat, sauf à revoir leurs activités. Sont-elles inutiles ? Elles ont au contraire développé un savoir-faire et des compétences que les services de l'Etat peuvent leur envier. A moins qu'en bon soviétique tu ne sois pour l'étatisation de la prise en charge de toutes ces activités ;-)
Youhou, on est en 2008 plus en 63 AJC, ce qui était valable à ce moment ne l'est plus, et je ne nie pas non plus que certains gvts de droite ont suivi le mvt des Golden Retraites, que vous n'avez jamais dénoncé ni les syndicats. Le seul qui l'ait fait avec responsabilité et raison est le gvt actuel.
Le coup de l'informatisation de notre jeunesse est risible, seuls les profs malgré les milliards d'heures de formations qu'ils ont subis et nous ont coutés peuvent te croire, c'est vrai qu'eux ils n'ont toujours pas compris. Je te rappelle que j'ai 3 enfants et j'ai vu ce qu'on leur fait faire en informatique, et c'est vraiment risible pour ne pas pleurer. Ils sont effectivement ces emplois perennisés mais complètement inutiles, j'espère qu'ils feront parti des 19000, mieux vaut que les enfants fassent 1h de sport en plus.
Pour les emplois jeunes je te conseille d'aller apprendre le breton à des jeunes des Tarterets pendant 5 ans et être payé avec les quelques cailloux réglementaires en plus de ceux qu'ils te lanceront. On te verra à la sortie et au moment de ta retraite, ça risque d'être moins drole.
Le coup du déclaratif est également une belle tarte à la crème. Qui dit de lui-même que c'est un con, personne même pas les cons! (regarde nous!!!)
Pour ta gouverne, on ne s'évalue jamais soi-même, c'est un autre qui doit le faire pour que cela soit pertinent et crédible. Tes chiffres sont donc du pipeau, je suis même surpris qu'il n'y ait que 70% et 80%, ils devaient vraimet être mal en point les autres.
Pour les emplois, va donc faire un tour dans les ANPE et agences d'intérim et tu verras que les offres dégueulent.
Pour toi difficile et mal payé est une justification pour ne rien faire, belle mentalité. Il y a ne serait-ce qu'une ou deux génération, c'est un bon coup de pieds au cul que tes aieux t'auraient mis pour penser cela. Il est vrai eux n'avaient pas le choix et avaient reçu une éducation d'un autre type.
Pour le bouquet final, ta marotte la police de proximité!
Peux tu me rappeller pour quelle raison ton ami Jospin s'est fait lamentablement étaler par Le Pen (ça c'est historique), ce qui t'aurait fait voté Chirac les larmes dans les yeux si tu avais eu l'âge? Principalement pour l'explosion factuelle de l'insécurité sous sa gouvernance malgré sa mise en place des GO de la police de 9h-12h 14h-17h, ils se marrent encore dans les banlieues en parlant du bon vieux temps.
@ Bastien
Pour la caricature, tu es champion. Ou ai-je dis qu'il fallait napalmer les assoc? A côté des resto du coeurs qui est une vrai machine de guerre, avec la structure, la logistique, les moyens, l'organisation et qui est justement justifiée, combien de milliers d'autres ne le sont pas. C'est de celles là dont je parle. Propaganda?
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Je suis globalement d'accord avec cet article (comme toujours ou presque).
Une seule petite remarque sur un point de détail: cesse donc d'utiliser le vocable "néolibéral", ou bien précise la signification que tu lui prêtes. Le sens originel du terme est en effet très loin de celui que tu sembles lui donner.