
Prochain rendez-vous des socialistes de Sciences Po :
- Jeudi 10 décembre dès 19h15 => Notre Conférence avec l'économiste Thomas Piketty
Venez nombreux débattre des politiques économiques et fiscales, de la TP, de la taxe carbone...
- Où? à Sciences Po, salle A34, rue Saint-Guillaume, 7è
Personnes extérieures à SciencesPo bienvenues: s'inscrire par mail avant à ps_scpo@yahoo.fr
Les Allemands fêtent les 20 ans de la chute du mur de Berlin! Je dis Allemands, c'est en fait une foule de personnes venues des quatre coins de l'Europe - si on en croit les
journaux allemands - qui se rassemblent depuis quelques jours déjà pour commémorer ce moment que l'on qualifie à juste titre d'historique.
Le contexte étant posé il serait intéressant de se livrer à une petite réflexion sur la signification de cet événement.
Dans le Tagesspiegel du 7 novembre, paraissait un article très intéressant intitulé " 20 Jahre danach: was ist Deutschland?" "20 ans après, qu'est-ce que l'Allemagne?"... et son
auteur Helmut Schümann de poser sur un ton volontairement provocateur ces quatre questions:
20 ans après la chute du mur, les Allemands sont ils plus unis? plus libres? plus sûrs d'eux?
Alors que depuis une semaine la France s'agite autour de la question "qu'est-ce qu'être français", la question "qu'est-ce qu'être allemand" ne cesse d'interpeller la société
allemande qui a décidément du mal à s'accorder avec son passé...
Que fêtera-t-on demain? La fin d'une dictature? Sans doute. La réunification d'un peuple? Moins sûr. 20 ans n'ont visiblement pas suffi à sortir l'ex-Allemagne de l'Est de sa marginalité...et la
présence d'Angela Merkel à la chancellerie n'y change pas grand chose...
Prenons l'éducation: à ce jour, en dehors de la Freie Universität de Berlin, pas une des universités d'excellence , les fameuses "Elite-Uni" allemandes, ne se trouve dans l'un des nouveaux Etats
(Länder) (plus si nouveaux que cela d'ailleurs)...une manifestation de plus du décalage économique auquel sont confrontés depuis 20 ans les "nouveaux" Länder, décalage que la crise économique
semble avoir aggravé.
Si demain tout le monde fêtera, à juste titre, la réunification d'un peuple, l'article de Helmut Schümann nous rappelle qu'être allemand, au delà du partage d'un passé commun et des vagues
d'émotion nationale, au delà des politiques d'affichage et d'ouverture, c'est tout d'abord se sentir "l'égal" de l'autre et de pouvoir bénéficier des mêmes chances...et il ne s'agit pas d'un
débat propre à l'Allemagne même s'il est vrai que, de par son histoire, l'Allemagne et la société allemande nous donnent l'occasion de réfléchir à ce qui fait la "cohésion" (plus que l'identité
d'ailleurs) d'une société.
ML
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