20 ans après: des Allemands réunis?

Publié le par Section socialiste de Sciences-Po

Les Allemands fêtent les 20 ans de la chute du mur de Berlin! Je dis Allemands, c'est en fait une foule de personnes venues des quatre coins de l'Europe - si on en croit les journaux allemands - qui se rassemblent depuis quelques jours déjà pour commémorer ce moment que l'on qualifie à juste titre d'historique.
Le contexte étant posé il serait intéressant de se livrer à une petite réflexion sur la signification de cet événement.
Dans le Tagesspiegel du 7 novembre, paraissait un article très intéressant intitulé " 20 Jahre danach: was ist Deutschland?" "20 ans après, qu'est-ce que l'Allemagne?"... et son auteur Helmut Schümann de poser sur un ton volontairement provocateur ces quatre questions:
20 ans après la chute du mur, les Allemands sont ils plus unis? plus libres? plus sûrs d'eux?
Alors que depuis une semaine la France s'agite autour de la question "qu'est-ce qu'être français", la question "qu'est-ce qu'être allemand" ne cesse d'interpeller la société allemande qui a décidément du mal à s'accorder avec son passé...
Que fêtera-t-on demain? La fin d'une dictature? Sans doute. La réunification d'un peuple? Moins sûr. 20 ans n'ont visiblement pas suffi à sortir l'ex-Allemagne de l'Est de sa marginalité...et la présence d'Angela Merkel à la chancellerie n'y change pas grand chose...
Prenons l'éducation: à ce jour, en dehors de la Freie Universität de Berlin, pas une des universités d'excellence , les fameuses "Elite-Uni" allemandes, ne se trouve dans l'un des nouveaux Etats (Länder) (plus si nouveaux que cela d'ailleurs)...une manifestation de plus du décalage économique auquel sont confrontés depuis 20 ans les "nouveaux" Länder, décalage que la crise économique semble avoir aggravé.
Si demain tout le monde fêtera, à juste titre, la réunification d'un peuple, l'article de Helmut Schümann nous rappelle qu'être allemand, au delà du partage d'un passé commun et des vagues d'émotion nationale, au delà des politiques d'affichage et d'ouverture, c'est tout d'abord se sentir "l'égal" de l'autre et de pouvoir bénéficier des mêmes chances...et il ne s'agit pas d'un débat propre à l'Allemagne même s'il est vrai que, de par son histoire, l'Allemagne et la société allemande nous donnent l'occasion de réfléchir à ce qui fait la "cohésion" (plus que l'identité d'ailleurs) d'une société.

ML

Publié dans Europe

Commenter cet article

Sharky 10/11/2009 12:32


Je trouve que c'est un bon exercice pour vous de mesurer historiquement le décalage produit entre une bonne économie d'inspiration socialiste et une mauvaise économie de marché.

Quand un même peuple s'est retrouvé du jour au lendemain coupé en deux et a pris 2 voies différentes. On peut mieux mesurer les effets de 40 années à dominante socialiste qui vous est si chère
comparativement à 40 ans à dominante libérale que vous honnissez.

Aujourd'hui, le vilain deuxième, après avoir injecté (et continue à le faire) des moyens colossaux pour aider et remettre à niveau celui qui a été anéanti en 40 ans, se voit montrer du doigt par
ceux la même qui descendent de la première philosophie, cocasse non?

Il ne faut pas oublier que si le mur est tombé c'est avant tout car la RDA qui a été au bout du système, ne pouvait même plus nourrir son peuple, sans parler du reste!
C'est bien beau de critiquer aujourd'hui la situation actuelle et que 20 ans après tout ne soit pas parfait. Mais il faut se souvenir de ou l'on vient, pourquoi, de qui a mis la main à la poche,
pourquoi... et malgré cet effort continu colossal depuis 20 ans, l'Allemagne reste le pays le plus puissant d'Europe. Moi je dis chapeau, contrairement à vous. Aucun autre pays au Monde n'aurait eu
la capacité de faire ce que l'ancienne RFA a faite pour la RDA à échelle comparable.

A plus petite échelle, vous avez la même démarche intellectuelle en France vis à vis des forces vives qui payent le système à la Française, vous leur crachez à la gueule. C'est unique et inique!