Quelle autonomie pour l’université ?

Publié le par Section socialiste de Sciences-Po

Dans le cadre de la rénovation du Parti Socialiste, des militants participent à la rédaction de contribution, et permettent ainsi l'ouverture de débats nécessaires au sein de notre parti. Le blog du PS Sciences Po donne la possibilité à l'ensemble des militants de la section de faire part de leurs idées dans des tribunes. Ces "points de vue militant" n'engagent que leurs auteurs (et les éventuels autres signataires des contributions). 

Aujourd'hui, nous publions une contribution sur l'université, rédigée entre autres par Diégo Melchior, militant de notre section. Vous trouverez davantage de détail sur cette contribution
sur son blog
  


L’autonomie des universités est un principe posé dans la loi du 12 novembre 1968 et repris dans la loi « Savary » adoptée en 1984 sous le gouvernement de Pierre Mauroy et qui régit encore actuellement l’enseignement supérieur. Poser le principe de l’autonomie ne veut rien dire en soit. Il faut pour cela lui donner du sens et définir son périmètre.
L’autonomie ne doit pas signifier une remise en cause du caractère national des diplômes. En effet cette qualité permet d’avoir un service public de l’enseignement supérieur unifié et cohérent. L’autonomie ne doit pas non plus être synonyme de désengagement financier de l’Etat. En effet, l’Etat, avec se capacité de mobilisation des fonds, est un acteur incontournable pour un financement de l’enseignement supérieur et de la recherche qui soit à la hauteur des enjeux.

Néanmoins, dans le cadre de l’autonomie, il faut offrir aux universités la possibilité de mobiliser d’autres ressources et d’alors assurer une complémentarité des sources de financement. Le financement des établissements pose, par ailleurs, évidement la question des frais d’inscription. La encore, un barème fixé par l’Etat permet d’assurer l’égalité dans l’accès à l’enseignement supérieur. Ceci est d’autant plus nécessaire que l’accession à l’université doit se faire uniquement sur des considérations académiques. En revanche il est possible de permettre aux établissements, en fonction de leur sociologie propre, d’opter pour des frais d’inscriptions progressifs à l’image de ce que fait l’I.E.P. de Paris.
Au-delà du financement, l’autonomie trouve sa raison d’être dans la considération selon laquelle l’université est un échelon adéquat dans la réalisation et l’exécution du service public de l’enseignement supérieur. Cette autonomie doit surtout permettre aux établissements de mettre en place leur propres processus de gestion en vue d’une meilleure performance déconcentrée. Cette autonomie est aussi nécessaire pour que puissent s’exprimer et se réaliser les bonnes initiatives des enseignants-chercheurs, des chercheurs ou encore des étudiants ; initiatives dont la réalisation peut être alourdie ou incertaine dans le cadre d’une administration trop centralisée.

L’autonomie des universités passe aussi par un dialogue accru avec les syndicats, notamment
ceux qui représentent les agents et le personnel non enseignant de l’université. L’université doit aussi agir en concertation avec ces salariés qui sont les garants quotidiens du bon fonctionnement de celle-ci.


Par ailleurs, l’autonomie des universités ne signifie pas un désengagement de l’Etat dans le pilotage du service public de l’enseignement supérieur. Au contraire, ce service public, pour qu’il soit performant et audacieux, exige la complémentarité des acteurs. Il convient en effet d’avoir à côté d’établissements autonomes un Etat assumant le rôle de régulateur et permettant d’avoir une vision nationale de l’organisation du service public de l’enseignement supérieur. Cependant, les régions pourraient être aussi appelées à participer à la gestion des universités.

L’égalité républicaine exige que tous puissent y avoir accès dans la mesure où chacun le désir et le mérite. Chaque bachelier doit pouvoir poursuivre, dans la mesure du possible, un cursus licence dans une université de proximité. Ainsi est-il nécessaire que soient préservées toutes ces universités à taille humaine. D’ailleurs leur maintien est aussi une condition pour préserver le dynamisme d’une région.


Afin de garantir cette proximité du cursus licence, il convient que ces universités de proximité disposent d’un panel complet de formation : lettres, histoire, géographie, sciences sociales, sciences économiques, droit, sciences de la nature… C’est alors que les universités pourront conserver en leur sein la pluridisciplinarité qui leur est chère.


Toutefois, il faut être en mesure de s’interroger lorsqu’un centre universitaire est manifestement en sous effectif. Un éclatement excessif des structures empêche la réalisation d’économies d’échelles à l’heure où les finances publiques sont au plus bas. C’est alors qu’il faut réfléchir sur une répartition de certaines licences entre universités – celles qui attirent le moins d’effectif – et de l’ensemble de la carte des masters. Il s’agit alors que chacune des universités puisse être fer de lance en certains domaines pour lesquels elles proposeront un master aux étudiants.


L’Etat a donc la responsabilité, non pas de dire aux universités dans quels domaines elles doivent se spécialiser, mais d’inciter et d’encourager les initiatives permettant de rassembler les moyens et compétences d’une discipline plus spéciale autour d’une structure ou, encore mieux, quelques structures. En effet, l’émulation dans la recherche suppose que différentes idées puissent s’exprimer. L’objectif premier reste qu’il n’y ait plus de trop petites filières dont la prolifération présente le risque d’une part de ne pas être suffisamment considérées pour survivre et d’autre part d’empêcher de disposer de moyens suffisant pour atteindre et proposer l’excellence.

Cependant, si donc il doit y avoir des filières plus spécialisées et des masters non accessibles dans l’université de proximité, il convient que le service public de l’enseignement supérieur se dote de dispositifs en faveur de la mobilité des étudiants – transports et logements – qui soient efficaces. En effet, la distance ne saurait être une raison empêchant les étudiants de poursuivre telles ou telles études.


L’ensemble du territoire national doit être accessible à tous en considération du principe d’égalité dont il incombe à l’Etat d’en assurer le respect. En assurer le respect ne signifie pas forcement que l’Etat doit lui-même mettre en œuvre ces dispositifs de mobilité. Il le peut, certes, mais à vrai dire au même titre que les universités jouissant d’un fonctionnement autonome et au même titre que les collectivités territoriales. L’Etat intervient au final en tant que régulateur et pour palier aux insuffisances.



L’excellence pour tous : pédagogie et réussite.


    L’excellence des universités passe par celle de ses étudiants. Pourtant la situation actuelle n’est guère reluisante : désaffection de nombreux étudiants dès les premières semaines de cours, échec massif au cours du premier cycle, exclusion plus ou moins importante de certains étudiants (salariés, étrangers, handicapés).

Les organisations universitaires de droite ne voient le salut de cette excellence que dans la sélection et le repli élitiste. A gauche, au nom de la démocratisation de l’enseignement supérieur, nous avons trop longtemps ignoré les inadéquations d’un système qui s’est imposé au fil du temps comme une véritable stratégie de l’échec. Loin de se résigner à ce gâchis, nous devons profondément transformer le système actuel en un système de formations performantes. Pour ce faire, deux objectifs sont incontournables : révolutionner la pédagogie et la rendre accessible à tous les étudiants.

Une révolution pédagogique passera d’abord par la remise à plat des méthodes d’enseignement. Si le cours magistral paraît un rituel incontournable, il n’en demeure pas moins qu’il est déserté par les étudiants à cause d’un format inapproprié à leurs besoins. Accompagné d’une politique dynamique et exigeante de recrutement d’attachés de cours, des ateliers où des groupes d’étudiants travailleraient en commun et en concertation avec les professeurs sur un projet en lien avec leur discipline favoriseraient l’appropriation et l’adhésion du savoir par l’étudiant.


De même et de façon plus générale, l’enseignement en groupe restreint paraît plus propice à l’interaction entre étudiants et enseignants. Quant à la question d’une sélection en début de cursus, elle est évidemment caduque dès qu’on examine les importants besoins de l’économie française en diplômés de l’enseignement supérieur. La sélection équivaudrait quelques années plus tard à la pénurie de personnels qualifiés à qui l’on demande toujours davantage de compétences.


Concernant les étudiants salariés, il est urgent d'en finir avec les contrôles terminaux couperets qui font des ravages, la seule disposition autorisée étant la dispense d’assiduité, qui s’apparente à une dispense de pédagogie. Il faut mettre en place un autre type de modalité de contrôle des connaissances, mieux adapté, qui puisse mieux apprécier le niveau de l'étudiant, l’accompagner pédagogiquement et lui permettre une souplesse quant à l’organisation de son temps (les oraux, les dossiers …).

Les établissements doivent se doter d’un véritable service d’accueil pour les étudiants handicapés, capable de répondre à leurs attentes, d’organiser leur accessibilité aux savoirs : une organisation matérielle pour accéder aux cours, des contacts avec le directeur de la composante, les enseignants, les personnels techniques pour prévoir les aménagements nécessaires et une mise en place de l’accompagnement pédagogique  l’aide de tuteurs et de moyens techniques

La réussite des étudiants étrangers dans les universités françaises est une richesse fondamentale pour la France et le développement international. Respect, diversité et solidarité sont des valeurs qui nous animent dans l’approche de ce dossier. La délivrance d’un visa étudiant constitue un engagement réciproque que la France doit honorer en accueillant les étudiants étrangers avec respect et dignité. Or une fois le visa « étudiant » délivré par les ambassades françaises, les conditions d’accueil sont telles qu’elles multiplient les risques d’échec pour les étudiants étrangers. Rien ne justifie que cette situation perdure.
Aussi, A l’arrivée en France, l’accueil doit se décliner autour d’un guichet unique proposant des informations et un accompagnement concernant le fonctionnement des universités et des formations, l’accès au logement, l’accès aux stages, le perfectionnement de la langue française, l’environnement régional et culturel, les démarches administratives. La réussite à l’université passe par une adaptation réussie de l’étudiant à son environnement. Il est donc nécessaire de centraliser les dispositions d’information et d’accompagnement des étudiants étrangers.


Pour une véritable justice sociale à l’université.


En 20 ans, la situation sociale des étudiants s’est détériorée ; la pauvreté étudiante s’est développée jusqu’à devenir ostentatoire (présence des restos du cœur dans certaines universités, programme spécifique pour les étudiants par les ONG). Une majorité d’étudiants issus de famille modeste, mais aussi des classes moyennes, est également dans l’impossibilité de subvenir à ses besoins.

Aujourd’hui, le montant des bourses fournies par les CROUS est d’un maximum de 3 753 euros or le coût moyen des études est de 7000 euros par an… Ce n’est plus une découverte : le montant des bourses est aujourd’hui trop faible. Valérie Pécresse a entamé une dangereuse réforme des bourses visant à modifier un certain nombre de critère d’attribution qui va pénaliser les étudiants les plus pauvres. Notamment Comme l’indiquait la Cé en février 2008, « certaines situations ne sont plus prises en compte ou minorées : les enfants à charge, le handicap, le statut étudiant à charge d’un parent isolé et l’éloignement… »
En outre, les bourses ne prennent toujours pas en compte les différences de coût de la vie en fonction des territoires. D’autres incohérences existent. Un étudiant dont la famille a des revenus bruts fiscaux de 9 000 euro obtient une bourse de 3 000 euros par an mais c’est également le même montant en avantage fiscal pour une famille ayant des revenus bruts fiscaux de 90 000 euros par an !! Où est la justice sociale ici ?

Avec la massification de l’enseignement supérieur, la précarité est devenue une réalité aussi bien durant les études qu’après le diplôme. Un nombre toujours plus grand d’étudiants est contraint de travailler pour financer ses études. Selon le rapport Bérail, présenté au CES en novembre 2007, il est estimé à 75% le nombre d’étudiants qui travaillent durant l’année et à 20% ceux qui exercent une activité salariée régulière de plus de 15 heures par semaine !

Le travail étudiant lorsqu’il dépasse les 15 heures par semaine agit comme une double peine sociale. D’une part, à l’université, la prise en compte du salariat étudiant y est absente ou limitée. L’expérience professionnelle est rarement prise en compte par exemple sous forme de validation des compétences en crédits universitaires ECTS. D’autre part, l’étudiant salarié qui travaille en entreprise est souvent un précaire essentiellement recruté aux postes les plus instables et les moins rémunérés. De plus, son niveau de formation et sa carrière sont rarement prises en compte au sein de l’entreprise. Enfin, certaines formations universitaires restent toujours incompatibles avec le salariat étudiant.


Le recours aux prêts, en alternative au salariat, reste quant à lui difficile et très risqué. Les banques ne proposent pas un égal accès aux prêts à tous les étudiants. Ces dernières choisissent leur débiteur en fonction de l’établissement, de la filière et des garanties financières… ! Le remboursement de ces prêts à des taux parfois lamentables aggrave aussi sur le long terme la pauvreté de ceux qui empruntent.


Après le diplôme, l’étudiant est encore confronté à la précarité. Entre ceux qui finissent leurs études sans aucun espoir d’avoir un travail et ceux qui arrivent à s’en sortir du fait de leur passage dans une filière à débouchées, il y aussi tous ceux qui alternent entre petits boulots précaires et stages non rémunérés. En dépit de la mobilisation permanente d’associations comme Génération précaire, Xavier Bertrand refusait aux stagiaires en janvier dernier d’augmenter le niveau de la rémunération des stages, ceux-ci restant donc inférieurs  au RMI, soit 380 euros par mois…


Pour finir, sans parler des difficultés quotidiennes qu’ont certains étudiants à se nourrir convenablement, le problème du logement conduit à précariser l’étudiant jusque dans son quotidien le plus intime. Les jeunes sont les premiers à pâtir de cette situation puisque que rien n’existe pour favoriser l’obtention d’un logement alors qu’il existe pourtant, comme le signale l’association Jeudi Noir, environ 2 millions de logements vacants en France et que de très nombreuses communes n’appliquent pas la loi SRU.


Nous avons tendance à réduire le débat autour de la question sociale à l’université à deux visions antagonistes. D’une part, la vision défendue par la droite notamment, qui serait celle d’une université payante réservée aux plus riches où les seuls mécanismes d’aides se résumeraient à des prêts étudiants proposés par des organismes privés. De cette vision d’une université d’élite pour riches, nous n’en voulons pas à gauche et nous devons tout faire pour la combattre. D’autre part, ce sont les idées d’un « salaire étudiant » ou d’une « allocation individuelle d’autonomie ». Mais ces conceptions introduisent un égalitarisme douteux entre les seuls étudiants.
Proposer un salaire étudiant par l’intermédiaire d’une cotisation sociale supplémentaire, c’est indirectement faire payer les salariés pour les études des étudiants car il est clair que l’employeur réduira le salaire de ses employés en fonction du montant d’une charge supplémentaire.

L’allocation, elle, conduit à donner le même montant à tous les étudiants. Dans son principe, elle se présente comme individuelle et individualisée or un étudiant n’a pas de ressources propres par définition, ce qui signifie clairement que tous les étudiants, ceux qui bénéficient d’une aide informelle des parents ayant les moyens comme ceux qui n’ont rien, ont la même aide financière de l’Etat. Ce système aujourd’hui n’est pas souhaitable pour deux raisons :


-    le financement par l’impôt national et la TVA de l’allocation d’autonomie pénaliserait les foyers salariés les plus modestes, l’impôt n’étant clairement pas équitable à l’heure actuelle et les produits de premières nécessités, soumis à la TVA, étant les plus consommés par les populations pauvres ;


-    en admettant, que le système de solidarité nationale soit parfaitement équitable et qu’il y ait exonération de la TVA sur les produits de premières nécessités, la réduction d’une allocation aux seuls étudiants pose problème et court-circuiterait une proposition d’une bien plus grande importance, celle de l’allocation universelle pour tous les citoyens.


    S’il convient d’écarter les propositions du type « allocation d’autonomie » pour les étudiants, il n’est pas inutile en revanche de déporter à un niveau plus global la question de l’allocation en elle-même : un débat, qui ne concerne alors pas l’université, mériterait en effet d’être ouvert sur l’allocation universelle.
Une allocation unique sous conditions de ressources remplaçant toutes les bourses existantes permet en revanche une plus grande lisibilité dans le système d’aide social. L’augmentation des bourses est indispensable. D’autres propositions doivent compléter ce dispositif :
-    pondérer les bourses en fonction du territoire ;
-    rétablir une véritable justice sociale dans le financement des bourses :  la demi part fiscale aujourd’hui plafonnée à 3 000 euros (ce qui revient à aider les plus riches à la même hauteur que les plus pauvres !) doit être plafonnée à 1 500 euros mais la laisser en l’état pour les classes moyennes qui déduiront 300 euros, cela permettrait à l’Etat de faire jusqu’à 500 000 euros d’économie ;
-    étendre le RMI aux jeunes salariés (étudiants ou non) de 18 à 25 ans ;
-    mettre en place des prêts d’Etat à taux zéro pour les étudiants ; ils seront remboursables une fois l’étudiant diplômé seulement s’il est professionnellement inséré, c’est-à-dire s’il occupe un emploi stable bien rémunéré ;
-    introduire des droits de scolarités pour les plus riches dans les universités afin de financer une partie des bourses.
Ces quelques propositions restent bien évidemment liées à l’investissement financier qu’entend faire l’Etat dans l’université. C’est le préalable à toute politique sociale à l’échelle de l’université.


L’insertion professionnelle : le défi majeur de l’université.


Le CPE proposé par la droite en 2006 était une mauvaise réponse à une vraie préoccupation des étudiants : l’insertion professionnelle. En effet, aujourd’hui, l’université française, notamment les filières les moins prestigieuses offrent peu de débouchés sur le monde du travail à ses étudiants. Les étudiants aujourd’hui à la fin de leurs études ont de plus en plus de mal à trouver un emploi.

La LRU introduit parmi les missions de l’université une nouvelle mission : celle de l’insertion professionnelle des étudiants. Si l’insertion professionnelle est aujourd’hui inscrite dans la loi, son application dans les faits est pour le moment absente ou a été réduite à des logiques qui ne sauraient être celles proposées par la gauche. L’adéquationisme utilitariste que résume ce slogan « des études pour un emploi » n’est certainement pas le modèle d’insertion professionnelle que nous défendons.

Au contraire, l’ouverture de l’université au monde du travail doit permettre aux étudiants de reprendre confiance et de voir un avenir non obscurci par la précarité et le chômage. Appliqué dans les faits, l’insertion professionnelle est donc un vrai défi.

Cette troisième mission de l’université doit permettre de construire des passerelles entre les universités et les grandes écoles pour en finir avec un système dual qui perpétue un élitisme passéiste et permettre ainsi à ceux qui n’ont pas les réseaux et les contacts de réussir cette étape essentielle qu’est l’entrée dans la vie active.

C’est pourquoi, il existe des actions simples et concrètes pour réaliser dans les faits l’insertion professionnelle sans que l’université ne devienne une usine à former de salariés sous commande des entreprises. Il faut lier transmission du savoir et contact avec le monde du travail. Les stages rémunérés, l’alternance, l’instauration d’un portefeuille de compétences sont des exemples de ce qui peut faire changer les choses à l’université aujourd’hui.

Quoi qu’il en soit, une insertion professionnelle réussie doit passer également par une réforme globale de l’orientation. Aujourd’hui, encore trop d’étudiants sont laissés seuls dans le choix de leurs études et payent ensuite le prix fort lorsque leur choix ne s’est finalement pas avéré le meilleur du fait d’un manque d’information.


Les universités françaises face à la mondialisation : comment concilier compétitivité et solidarité ?


    La construction européenne a connu de récents déboires et souffre aujourd’hui d’une vaste remise en question. À côté d’une Europe sociale et politique encore absente dans les faits, il existe pourtant une Europe de la  mobilité étudiante qui fonctionne.

Crée en 1987, le programme Erasmus a remporté un succès très rapide dans toute l’Europe. Le principe du programme est très simple et peu rigide car il repose sur des accords d’échanges entre universités partenaires. Cela permet de valoriser l’université au plan international et de faire connaître les réussites en matière de recherche de l’université quand il s’agit des doctorants. C’est aussi un excellent vecteur de partage d’idées : des étudiants découvrant des façons de faire, de travailler et d’étudier diverses qu’ils peuvent ensuite rapporter dans leur université d’origine. La mutualisation européenne des idées et des expériences est donc essentielle.

Avec la réforme LMD qui a offert un cadre européen pour les études, il est encore plus facile pour les étudiants de valider leurs enseignements, le système universel de validation de crédits ECTS permet une reconnaissance européennes des savoirs et des compétences.

Mais au-delà du plan strictement universitaire, le programme Erasmus est un extraordinaire vecteur de construction d’une identité européenne. Les étudiants en échange découvrent des vies différentes avec des personnes qui ont vécu dans des contextes différents. Cette ouverture à l’autre devient dès lors un impératif pour l’étudiant qui se doit de le remplir pour être socialement intégré. Indiscutablement le programme Erasmus est un générateur incroyable de tolérance.

    Dans le contexte de la mondialisation, parler de compétitivité ce n’est pas forcément employer un gros mot mais cela à la condition de définir précisément ce que l’on entend par compétitivité. Par compétitivité, on n’entend pas l’application libérale du principe de « la concurrence » entre les établissements comme le préconise de plus en plus explicitement la droite.

Réduire la compétitivité à cela c’est oublier que la concurrence crée des inégalités et que promouvoir ce type de compétitivité des universités françaises entre elles, puis entre d’autres universités européennes ou étrangères, c’est obligatoirement éliminé les universités les plus faibles.


La compétitivité des universités, nécessaires pour être en phase avec un monde aujourd’hui globalisé, cela veut dire promouvoir l’excellence pour tous – pour tous les étudiants et pour tous les établissements. Cela veut dire porter les universités françaises vers le mieux, en laissant celles qui sont déjà capables d’être des acteurs universitaires d’ampleur internationale agir de manière autonome tout en aidant celles qui rencontrent des difficultés.

L’université n’a pas par essence à être soumises à des logiques purement économiques. Si sa survie dépend effectivement de son ouverture à l’international et de sa capacité à imposer son nom dans le paysage universitaire mondial, elle doit aussi défendre des principes d’universalité et de solidarité. Une université compétitive, c’est une université ouverte à tous : aux acteurs des mouvements sociaux comme aux entreprises ; aux politiques comme aux associatifs ; etc.

La compétitivité de nos universités implique donc que celles-ci puissent attacher leur nom à leurs spécificités (en termes de traditions d’enseignements, de la place accordée à des thématiques spécifiques, d’innovation en matière recherche, de liens avec le monde du travail, etc.). Mais elle implique aussi de faire de la solidarité son corollaire indispensable. Des universités compétitives ce ne sont pas quelques universités qui agissent seules et qui se battent pour la meilleure place mais des universités qui tissent du lien avec d’autres universités, qui coopèrent avec des structures plus modestes et qui refusent donc l’exclusion des établissements considérés comme étant encore au bas de l’échelle. Toutes les universités ont quelque chose à valoriser qui saurait être reconnu au plan international.
Cependant, et cela doit être aux cœurs des préoccupations de la gauche, il faut agir vite pour que le modèle libéral de la compétitivité qui met uniquement les universités en position de concurrence ne triomphe et que ce soit dès lors une dimension uniquement économique de rentabilité de l’université, au plan de la transmission des savoirs et des compétences comme au plan de la recherche, qui soit retenue.

Publié dans Point de vue militant

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TROLL 31/08/2008 10:29

JAI OUBLIER DE DIRE QUE LES ETUDES EN 2008??DEVRAIS ETRE GRATUITE??OU ET LEVOLUTION DES POLITIQUES??EN 2008???+QUET EN DROIT DEXIGER LA FRANCE ET LES FRANCAIS??LES POLITIQUES NE RELATIVISE PAS QUE NOUS SOMMES EN 2008??ET PLUS EN 1900??OK???ALOR OU ET LE RENOUVAUX QUE LE PS AVAIS PREDIT???TOUS DES NULLLLLLS AUX GRAND PS???QUES DES BOURGES QUI SE GOINFRE DE LARGENT DES CONTRIBUABLES?QUE DES CARRIERISTES??QUE DES GENS AU PS QUI FONT DU NONBRILISME??AIGUS??DE BOURGES??ET SE FOUTE PAS MAL DU PEUPLE????+++ET FLATE LE PEUPLE AVEC DE BEAU DISCOURTS??ON LA VUE 14.ANS DE SOCIALISME??ET LE RESULTAT CET LA SEGOLENE??LA FIFILLE DE MITTERRAND LE ROI DES BOURGES??QUI NE FAIT QUES DES CONNERIES+NOUS A LA MATERNELLE CELA NOUS FAIT BEAUCOUP RIRE??CET MEME ROYAL??MONSEIGNEUR???+++ET SUR MON BATEAU JE ME PRELASSE?ET JE BRONZE PENDANT QUE TOUT SAGITE A PARIS ET SES ENVIRONS??CET A PLEURER DE RIRE??COMME DIRAIS MES AMIS JAPONAIS?CHINOIS?ET RUSSES??++ET SUR MON BATEU JE BRONZE?????EN CORSE?/?/?/?/?/?+++

TROLL 31/08/2008 10:15

LES SOCIALISTE LE GRAND PS??APRES 14.ANS DIMMOBILISME AVEC CE MITTERRAND ET JE SUIS POLIE??ET SONT GRAND FILS PRODIGUE QUI FESAIS DU RECYCLAGE DARMES A LETRANGER??LUI NETAIS PAS SUR ECOUTE?+TELEPHO+?VOILA LE SOCIALISME??RADICAL??OU??OBSOLETE?ET VEILLOT AVEC DES IDEOLOGIES DIGNE DU MOYENAGE?+MOI ETUDIANT JE NE ME SENS PAS REPRESENTATIF DU SOCIALISME??NI DE LCR??NI DU PC??OU DU PCF??OU DU PCFDC??PEUT ETRE LA DROITE??QUI ET TRES DYNAMIQUE?++++MAIS ALOR AVEC LE PS ON SE CROIRAIS A LA MATERNELLE??AVEC SES MESQUINERIES??ET SES DEBILITES??DIGNE DES IDEOLOGIES DU PS??LE GRAND PS??+DE LA NULITES DE MITTERRAND?+POUR NOUS LE PS++CET UN RAMASSIE DE BOURGES?QUI SE GOINFRE DE LARGENTS DES CONTRIBUABLES?EXEMPLES LES CUMULS DES MANDATS??DE NOS TRES TRES CHER MINISTRES COMME SE FABIUS??CHAMPION TOUTE CATEGORIES DU CUMULS DES MANDATS?SA LEURS FAITS DES POINTS A LA RETRAITES???ET IL COTISE A PLUSIEURS CAISSES DE RETRAITES?++CI MES INFOS SONT BONNNNES+++?ET EN PLUS SE QUI ME FAIT PITIE CET QUES SES GENS LA LES MINISTRES COMMES LES PDG DES MEDIAS AUDIOVISUELS??ILS SORTE TOUS DES GRANDES ECOLES CRETINS.FR??A SAVOIR SCIENCES.PO?+POLYTECHNIQUE?+L'ENA?+ET LES AUTRES ON LE VOIE AVEC LES AFRICAINS QUI VIENNENT ETUDIER EN FRANCE?LES FUTUR POLITIQUES AFRICAINS NE SAVENT QUE SE CONDUIRE EN DICTATEURS QUANT ILS RETOURNE EN AFRIQUES FORMATER AUPARAVENT DANS LES GRANDES ECOLES FRANCE?+VOILA LA GRANDE SOCIETE DE LAPRES MAI.68+LA TRANSITION ET PERPETUELLE DANS LA CONNERIES QUELLES SOIT DES GRANDES ECOLES OU AUTRES??+MALGRE TOUS LES GRANS SPECIALISTES QUE NOUS AVONS EN FRANCE++A AIRBUS ILS SE SONT FAIT ROULER PAR LES ALLEMANDS?EADS??ET LE GRAND FORGEARD QUI SORT DES GRANDES ECOLES??POUR PEUT ETRE SAVOIR COMMENT FAIRE UN PARACHUTE DORé?+DE PLUSIEURS MILLIARDS??ET SE MONSIEUR SORT DE POLYTECHNIQUES?+COMME LES AUTRES?POUR SE GOINFRER DE LARGENT DES CONTRIBUABLES?+ET QUE FAIT LE PS+?RIEN DU TOUT?ETANT DONNER QUES SES TOUS DES BOURGES QUI SORTES DES GRANDES ECOLES COMME SE FABIUS ET LES AUTRES?+DSK ET SES PETROS DOLLARS?+FRANCHEMENT FAUT ERRETER DE PRENDRES LES GENS POUR DES CONS?+AU GRAND?PS??LE PS DE QUOIS DES NULLLLLS?+ET NOUS LES JEUNES ON ECRITS TRES MAL LE FRANCAIS?MAIS DU PS ?+ ON NEN VEUX PAS??TROP VIEUX PAS ASSER MODERNE??DES BOURGES DE COURGES QUI SE DISPUTE LE POUVOIR COMME TOUJOUR?POUR TRAITER LES DECHETS MENAGER??AUX CNRS?ILS NON PAS ENCORE TROUVER LE MOYRN DE TRAITER LES DECHETS MENAGER DUNE MANIER SCIENTIFIQUE??A POLYTECHNIQUES??VUE QUE SES DES GRANDS INTELLECTUELS??ON TIL TROUVER LE MOYEN TECHNOLOGIQUES DE TRAITE LES DECHETS?MENAGERS ET AUTRES?+MOI JE NE SORT PAS DE POLYTECHNIQUES ET JAI TROUVER LE MOYEN DE TRAITER CET EQUATION??DINE MANIERE ELECTRONIQUE?????+JE NEN DIRAIS PAS PLUS???LES GENS COMME A POLYTECHNIQUE ET AILLEURS PAR EXEMPLE AUX CNRS???NE RELATIVISE PAS QUE NOUS SOMME EN 2008???ET PLUS EN 1900???EXACTEMENT COMME AU PS????ILS NON PAS ENCORE RELATIVISER???ET JE TERMINE EN DISANT QUE NOUS NE VOTONS PAS POUR SUBIR?NOUS NE VOTONS JAMAIS VOTER NE NOUS RAPPPPORTE RIEN?VOTER NE CHANGE PAS LA VIE DES GENS?++++++++++++?VOTER NE CHANGE QUE LA VIES DES POLITIQUES POURIES QUI SORTE DES GRANDES ECOLES???COMME LENA?+SCIENCES.PO?POLYTECHNIQUES?+ET LES AUTRES??+MEME A LARMEE ILS SONT NUL??ON LA VUE DERNIEREMENT??AVEC TOUTE LA TCHNOLOGIE ILS SE SONT FAIT PIEGER?COMMES DES BLEUS??LES MENTALITEES NE SUIVENT PAS??A QUOIS SERVENT LES SATELITES?ET LES A.R?+TESLA.NIKOLA??ET EINSTEINS.ALBERT LAVAIS BIEN DIT????????????VOUS CONNAISSEZ LE PROJET HAARP??UNE MERVEILLE POUR MANIPULER LE CLIMAT??VOUS EN AVEZ UE UN EXMPLE DANS LE NORD DE LA FRANCE?LA TORNADE??QUI A FAIT DE NOMBREUX DEGATS???HAARP??+JE PENSE QUI NE CONNAISSENT PAS A POLYTECHNIQUE??JE PENSE QUILS SONT EN RETRAD DE 3.A 500.ANS A POLYTECHNIQUES...???????????ON LE CONSTATE TOUS LES JOURS??AUTOUR DE NOUS??++++++LA NULITES DES GRANDES ECOLES ET DE TOUS SES GRANS SPECIALISTES EN TOUT SUR LE PLAN ECONOMIQUES ON FAIT RIRE LES RUSSES ET LES USA??ET LES CHINOIS NEN PARLONS PAS??QUANT AUX JAPONAIS EUX ILS SONT PLUS DISCRET??VOILA VOTRE GRANDE FRANCE DE LAPRES MAI.68?+1928??2008??CET TOUJOUR LES MEMES QUI SONT DERRIERES LES SOCIETES ECRANS POUR DIRIGER LE MONDE????LE PS DES BOURGES ME DEGOUTE ET NET PAS REPRESENTATIF DE LA JEUNESSE DE 2008??TROP CARRIERISTES?TROP VIELLES FRANCE??PAS INNOVATERUS DU TOUT??MEME PAS COLLECTIVISTE??AVEC LEURS PSEUDOS IDEOLOGIES??++QUANT A MOI JE SUIS SUR MON BATEAU DE 40.METRE DE LONG?EN CORSE??JE ME PRELASSE?+?EN OBSERVANT LE GRANDS PS DANS TOUS SES VAGISSEMENTS??ET JE BRONZE ???

Diego 19/08/2008 23:01

Répondu par ailleurs à Sophie.

@ALC, oui effectivement je partage en grande partie ces remarques. Ce sont des choses à approfondir, c'est clair.

ALC 19/08/2008 14:55

@ Diego:
J'ai signé ta contribution car je pense qu'elle va globalement dans le bon sens, mais je pense cependant qu'elle passe sous silence un certain nombre de sujet importants.
Notamment:

- le problème du corporatisme dans les universités: l'autonomie c'est très bien, mais sans une gouvernance indépendantes des (nombreux) lobbys universitaires, cela mène droit au désastre.

- Le problème du mode de sélection aberrant et irrationnel des universités, finalement sélectives (tout le monde ne peut pas y entrer, ni y obtenir son diplome) mais par l'échec, ce qui a un coût exorbitant.

- Le problème de l'uniformité des universités: en pratique, celles-ci se répartissent en différentes catégorie, et l'université Paris VI n'a pas grand chose à voir avec l'université de La Rochelle. Il faut en tirer les conséquences, et créer différents statuts universitaires. Quant au débat récurrent sur la compétitivité/concurrence des universités, il n'a à mon avis aucun sens. En ce qui concerne la recherche, peut importe le lieu ou elle se fait, ainsi que les inégalités entre université: une bonne recherche profite à l'ensemble du territoire national, et même au mode entier en dernière instance.

Voilà des sujets qu'il faudra bien explorer un jour, soit au niveau syndical, soit au niveau du PS.

Bonne vacance à tous.

Sophie 19/08/2008 00:27

Quelques points avec lesquels je ne suis pas d'accord ou qui me semblent ambigus :

- les ressources complémentaires cad privées : elles pousseraient à une professionalisation des cursus, qui n’est pas la vocation de l’Université (il y a l’enseignement professionnel pour ça) et menaceraient l'autonomie intellectuelle des universitaires (c'est un fait notamment à l'IEP, Badie m'avait dit qu'il avait du abandonner un programme suite à des pressions de financeurs)

- les frais d’inscription progressifs : le bilan de la réforme de l’IEP montre bien qu’au final ce sont les classes moyennes qui sont pénalisées (l'unef l'a bien montré). La quasi gratuité de l’université est un acquis et un principe de service public qu’il faut conserver, la redistribution doit se faire par l’impôt plutôt que par la prestation, pour des questions d"efficacité "sociologique". (cf allocation)

- Performance déconcentrée / dialogue avec les syndicat : le principe de la LRU était justement de remettre en cause la direction collégiale et démocratique de l’université au nom de la performance, quelle est ta position ?

- Encourager les initiatives permettant de rassembler les moyens / dispositifs en faveur de la mobilité : les deux doivent en effet aller ensemble, et il y a un sens à ne pas trop éparpiller, et surtout à vouloir faire bouger les étudiants (c’est un modèle sociétal qui en jeu aussi). Mais une spécialisation trop importante cloisonnerait et appauvrirait l’enseignement, qui devrait rester fondamentalement pluridisciplinaire

- Echec massif premier cycle / format atelier : il faudrait davantage encadrer le premier cycle, sur le modèle des prépas, mais le recrutement d’attachés (vacataires précaires dans le modèle scpo) ne doit pas évincer celui de vrais profs.

- Etudiants salariés / autre type de modalités de contrôle des connaissances : il faudrait tout simplement en finir avec le salariat contraint, par des bourses/allocations

- Allocation autonomie / Aide informelle des parents : l’universalité de l’allocation permettrait 1/ de simplifier le système et de le rendre moins incertain 2/ de destigmatiser les moins mal lotis, et de solidariser les classes moyennes avec le système, la discrimination s’effectuant au niveau de l’impôt et non de la prestation, sur le modèle nordique (et non l’inverse, comme en Angleterre, ou la prestation est très ciblée et donc stigmatisante et faiblement défendue par la société puisque n’intéressant qu’une minorité) 3/d’émanciper les jeunes par rapport aux parents (en jeu, le modèle sociétal, il s'agirait de se rapprocher des nordiques plutôt que des latins)

- Allocation jeune / universelle : la première peut être une étape vers la seconde, qui reste très utopique, mais qui doit être effectivement notre objectif de long terme (sans pour autant évincer la question des salaires mais c'est un autre débat).

- Débouchés : en réalité d’une part les universitaires sont appréciés autant que les grands écoliens (moins méthodiques mais plus créatifs) d’autre part les entreprises vont avoir besoin de diversifier leur recrutement (évolutions démographiques) , c’est pourquoi elles souhaitent une professionalisation de l’université, pour externaliser leur effort de formation sur le public. Le pm de débouchés se posent d’abord pour les moins qualifiés, cap et bep, et questionne moins l’université que l’enseignement professionnel ou l’école (ou l’échec en premier cycle qui est question de moyen et de pédagogie, ce n'est pas le contenu des diplômes qui est en question)

- Université / grandes écoles : pourquoi ne pas proposer à terme la réintégration des deuxièmes dans les premières ? En plus de l’injustice du dualisme, cela pose des problèmes sociologiques : des systèmes qui ne se comprennent pas, qui se méprisent (l’université méprisant le faible niveau de recherche des écoles, les écoles méprisant le peu d’encadrement et de méthode des universitaires…), et une classes moyenne-supérieure complètement désolidarisée de l’université d’où la faiblesse des moyens qui lui sont consacrés (surtout le premier cycle en fait, déserté pour les prépas par ceux qui en ont les moyens)

- Compétitivité : ta position n’est pas très claire, et pourquoi utiliser le langage de la droite/économique (triangulation ?) et ne pas tout simplement parler d’excellence ? Il faudrait selon moi critiquer les critères d’ « excellence » (note de bas de page, publications anglophones etc.), revaloriser les doctorats (notre système produit des bac+5, des ingénieurs et gestionnaires, alors que nous avons besoins de chercheurs et créateurs), et davantage financer la recherche fondamentale (qui l’est bcp moins en France qu’aux US à ce que j’ai entendu)



Il me semble par ailleurs qu’il faudrait relier université et enseignement professionnel (faciliter les passerelles…), école (éviter les orientations précoces, encourager davantage les jeunes issus de milieux populaires à investir l’enseignement général…), formations continue (notamment les fondamentaux pour les peu qualifiés : lire/écrire…) et éducation populaire (renouer avec la vocation citoyenne de l'université).