Prochains rendez-vous des socialistes de Sciences Po :
-Vendredi 12 juin : fête de la section.
Réjouissons-nous, Son omniprésidence Sarkozy est décidément sur tous les fronts. Du plus banal
faits divers, il passe sans transition à l'histoire de la civilisation et au souffle de l'Esprit qui anime ce monde. Très modestement, tout en gardant les yeux baissés à terre et en m'inclinant à
ras du sol, je souhaiterais répandre ici la gloire de la Parole sarkozienne.
Des propos inconséquents
Car gloire à Sarkozy qui a créé une nouvelle religion. Le 14 juillet 2008, il a tenté de soumettre à Son
nouveau culte les habitants d'une lointaine contrée d'Arabie. Devenu tout à coup prêtre universel, Sarkozy en appelle à rien de moins qu'une religion unifiée : « Sans
doute, Musulmans, Juifs et Chrétiens ne croient-ils pas en Dieu de la même façon. Sans doute n'ont-ils pas la même manière de vénérer Dieu, de le prier, de le servir. Mais au fond, qui pourrait
contester que c'est bien le même Dieu auquel s'adressent leurs prières ? ». Tiens donc, Sarkozy est devenu spécialiste de théologie au point de pouvoir arbitrer plusieurs millénaires de
conflits religieux ! En fait, tout va bien dans le meilleur des mondes. Musulmans, juifs et chrétiens vont s'aimer puisque M. Sarkozy leur a dit qu'au fond, leur foi était là
même.
Pourtant, Sarkozy ajoute plus loin : « Dieu qui par-delà toutes les différences ne cesse de
délivrer à tous les hommes un message d'humilité et d'amour, un message de paix et de fraternité, un message de tolérance et de respect ». Cette définition correspond certes au
« Dieu » catholique, mais nul besoin d'être docteur en théologie pour savoir que cet optimisme n'est pas partagé chez certains protestants, dans la religion juive et dans la religion
musulmane. Non pas que je veuille valoriser la religion catholique, je veux montrer bien au contraire que l'œcuménisme naïf tel que le pratique Sarkozy aboutit toujours à une reproduction en plus
stupide du message des Evangiles. Notre président classe implicitement les cultes selon un ordre de valeur. D'un côté, il proclame qu'il « n'a pas à exprimer ma préférence pour une croyance
plutôt que pour une autre », de l'autre, il dévalorise foncièrement toutes les religions non-catholiques, et a fortiori, les religions non
monothéistes.
Une « laïcité positive » absurde et rétrograde
Guidé par l'Esprit, Sarkozy souhaite donc instaurer la « laïcité positive ». Si l'on en croit son
discours prononcé lors de la venue de Benoît XVI à Paris, il s'agirait de briser la frontière entre le « sens religieux » et l'action publique. Quatre objections peuvent être
formulées :
Sous « l'humanisme », le pur cynisme
Sous les discours clinquants et « humanistes » se cache un pur cynique. Rappelons l'action de Sarkozy
en tant que ministre de l'intérieur. Il a mis en place le CFCM, Conseil Consultatif du Culte Musulman, organe semi-officiel chargé de réguler l'activité cultuelle musulmane en France. Au même
moment, lors des émeutes de 2005, il fustige les « jeunes de banlieue » avec l'aide des médias qui les présentent comme provenant de l'immigration maghrébine. Le rapport entre ces deux
évènements est très simple : organiser l'Islam doit servir in fine à ce que la République confie à l'imam - et non au travailleur social ou à l'enseignement - le soin de calmer les
tensions dans les banlieues « difficiles ». Dans le discours de Latran prononcé en tant que Président, on y voit plus clair : Sarkozy regrette « le désert spirituel des
banlieues ».
Quelle sottise a poussé Sarkozy à s'intéresser à la religion ? Cette piété soudaine n'a qu'un seul
sens : le conservatisme pur et dur au détriment de la liberté des uns et des autres ainsi que la liberté des cultes.
Sebastian Billows
Le PS et la question LGBT
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