Chroniques d’une omniprésidence (2)

Publié le par Section socialiste de Sciences-Po

Chaque dimanche, retrouvez la revue de presse de Sébastien B, réalisée sous forme de chronique, afin de ne rien manquer de la semaine écoulée.


Le Grand Sarkozy est encensé par une grande partie de la presse pour avoir conduit la réunion de Dimanche de l’Eurogroupe. Je sais que ce n’est pas très éthique, mais je vais citer ici, dans ma revue de presse, une autre revue de presse rédigée par le Libé. Dans cette fanfaronnade, le pire, et cela va de soi, est Le Figaro (voir à ce propos la chronique « Ah ! Internet je déteste » de la semaine dernière). En référence au célèbre Plan Paulson, ce journal nomme le plan d’action français le « plan Sarkozy » et ne perd pas une occasion pour rapporter les inepties des députés de la majorité contre le PS. Notons cette perle de François Sauvadet, patron des députés du N. Centre qui semble accorder plus d’importance au Parlement que ne le fait son omniprésident : « Les premiers signes ont eu des effets positifs sur la bourse. Rien ne serait pire que de se retrouver dans une situation comme on avait connu avec le plan Paulson où les tergiversations du Parlement on jeté le trouble. L'enjeu est tellement lourd, pour l'instant, c'est la sauvegarde du système financier dont il est question, l'heure n'est pas à la politique politicienne ». Deux contre-arguments peuvent lui être opposés :

  • Les effets sur les bourses sont mitigés : remontée certes, mais chute le lendemain.

  • Alors que des contestations se font jour dans la majorité, Sarkozy refuse de revenir sur sa funeste politique fiscale, totalement « idéologique », qui le prive aujourd’hui des marges de manœuvres cruellement nécessaires pour faire face à la crise. Donc, M. Savaudet, la poutre et la paille, etc.

Stupidité à mettre en relation avec les réactions gouvernementales au lendemain du match France-Tunisie qui a vu la Marseillaise sifflée par des spectateurs. Après l’idée d’évacuer les stades l’idée lui viendrait (presque) d’évacuer les banlieues de ses habitants de la façon la plus féroce qui soit. A noter dans cet article la remarque assassine d’un responsable policier d’un pays voisin : "La police française envoie des Robocop en banlieue mais ne peut plus parler avec les habitants. Nous, on fait le choix d'envoyer des hommes pratiquement sans équipement pour avoir un dialogue"

Face à cela (restons calmes), il FAUT réagir. Mais pour cela, nous socialistes devrons nous réorganiser à travers un Congrès. Cette nécessité toute simple semble avoir échappé à certains de nos responsables du parti. Même hors du cadre strict du parti, il y a des choses à faire. Un article de Monde m’apprend que des ouvriers sans-papiers du bâtiment, lésés par leur employeur, ont occupé un immeuble en construction non loin de Sciences Po. D’autant plus que le patron d’une bonne partie de ces ouvriers en déshérence n’est autre que Bouygues dont un responsable ose déclarer que « La résolution de ce problème [des travailleurs sans-papiers] est du ressort des pouvoirs publics. C'est une question politique ». Comme s’il ne profitait pas de leur situation pour rogner sur le code du travail. A ce propos, je terminerais ma chronique en vous conseillant un livre, Chantier interdit au public de Nicolas Jounin, où sont détaillées, par un sociologue, ces pratiques dans lesquelles trempe Bouygues impunément.


 

Sébastien B.

Publié dans Point de vue militant

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Etienne 20/10/2008 17:01

Oui notre SuperPrésident nouveau a quand même oublié que deux réformes "fausses, stupides et injuste, profondément injustes" [(c) P. De Carolis], le paquet fiscal, et la suppression de la pub sur france tv sont des priorités qui empêchent des politiques sociales comme le RSA d'être financé par les plus riches, ou encore le grenelle de l'environnement qui vole en éclat, faute de moyens.