Quand Kouchner et Sarkozy font du Chirac

Publié le par Section socialiste de Sciences-Po

Jacques Chirac était un homme politique étrange. La comparaison avec son successeur lui donne bien sur auprès des françaises et des français une sympathie naturelle aujourd'hui. Pourtant, en 1995, alors que la planète entière commémorait le cinquantième anniversaire de la destruction de Nagasaki (300 000 civils tués en une fraction de seconde), l'ancien Président avait lui aussi décidé de célébrer cette anniversaire à sa manière. Il prenait la décision de reprendre les essais nucléaires en Polynésie, rompant alors un moratoire sur la suspension des essais militaires (que la France avait pourtant contribué à faire adopter à la communauté internationale).

Dans des circonstances moins graves mais pourtant malheureuse, le Sarko-boy docteur a décidé, le jour du soixantième anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de s'écrier que le ministère des droits de l'homme, "est une erreur". S'agit-il d'une critique de fond contre la politique étrangère de la France? Oh que non. Comme le répète le Monde, le ministre aime rappeler que "les droits de l'homme c'est moi"! Pourtant, on a assez peu entendu Bernard Kouchner parler de droits de l'homme lorsque la France a reçu les présidents libyens, syriens ou au cours de la polémique au moment des Jeux Olympiques. Peut-être que son ministère ne lui permettait pas de faire ce genre de déclaration. Dans ce cas, la présence du secrétariat d'état aux droits de l'homme est justifiée. Elle le serait encore davantage si Sarkozy arrêtait de considérer le droit d'asile comme une question d'immigration. Cette compétence devrait naturellement être rattachée au Quai d'Orsay et aux droits de l'homme en particulier.

Cette sortie médiatique se tient le jour de l'anniversaire de la déclaration universelle des droits de l'homme, mais également le lendemain de la colère de Sarkozy à l'égard de Rama Yade. C'est surement une meilleure explication. Rama Yade a eu l'audace de refuser d'être candidate aux élections européennes. Furieux, Nicolas Sarkozy a décidé de lâcher sa jeune protégée. Comme sous la chiraquie, le système de cour se met rapidement en place. Après Rachida Dati, c'est Rama Yade qui l'apprend à ses dépends.

A lire - à écouter:
Article du Monde
Rappel: la monde diplomatique, août 95 
Rappel: affront en chiraquie

Publié dans International

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

lionel 13/12/2008 01:38

"Jacques Chirac...prenait la décision de reprendre les essais nucléaires en Polynésie, rompant alors un moratoire sur la suspension des essais militaires (que la France avait pourtant contribué à faire adopter à la communauté internationale)". Je rappelle que François Mitterand votre idole à tous avait lui aussi fait faire des essais atomiques dans le Pacifique et avait pris soin de couler le Rainbow Warrior de GreenPeace pour pouvoir réaliser en toute tranquillité...

Sharky 11/12/2008 00:27

Bel article vu de la cour .... des Miracles! ;-)