Une autre réforme du financement de Sciences Po est possible

Publié le par Section socialiste de Sciences-Po

Suite au débat amorcé sur le blog le week-end dernier et à la décision votée par les militants présents lors de la rencontre avec André Vallini, le PS Sciences Po a décidé de rejoindre le collectif d'étudiants et d'associations de Sciences Po qui demandent un autre projet de financement. Un blog du collectif devrait prochainement être créé. En attendant, nous publions la lettre envoyée par la section à la direction.



Lettre à l'attention de Monsieur Richard Descoings
 
Monsieur le Directeur,
 
Réunis le 16 Décembre en AG, les étudiant/e/s socialistes ont voté CONTRE le financement du projet SciencesPo 2013 que l'administration a envoyé aux étudiants, à l'unanimité des votants moins une abstention.
 
Il s'agit de la première prise de position officielle de la section PS Sciences Po - Jean Zay concernant une mesure interne à notre établissement. Elle s'est concrétisée en raison du caractère majeur que revêt cette hausse des droits de scolarité pour les étudiant/e/s.
 
Lors du débat qui a précédé le vote de notre section, militant/e/s et sympathisant/e/s ont abordé plusieurs points motivant leur refus du financement que vous avez proposé. 
 
Il a tout d'abord été noté que si la hausse des droits de scolarité pour les étudiant/e/s était très détaillée et applicable dès l'an prochain pour les nouveaux admis, les investissements qui doivent en résulter sont imprécis et incertains. Ils ne sont pour leur part pas applicables dès l'année prochaine (restauration, nouveaux locaux...).
 
Nous avons ensuite remarqué que les frais de scolarité que vous proposez sont dégressifs pour les étudiants les plus aisés (à partir de la cinquième tranche), si l'on calcule le taux [droits de scolarité / revenus annuels]. Vous faites donc reposer le financement principalement sur les classes moyennes plutôt que sur les classes les plus aisées. Ainsi pour la tranche 5, ce taux est de 8.2%. Pour la tranche 8 par exemple, il est de 5,1%, et ce taux est encore inférieur pour la tranche supérieure. L'argument de l'augmentation des bourses pour expliquer cette hausse n'est pas approprié; la hausse des bourses est minime comparée à l'augmentation des droits de scolarité pour tous les étudiant/e/s, principalement celles et ceux de la classe moyenne.
 
Nous avons tous été choqués par les frais de scolarité considérables que vous comptez demander aux étudiants étrangers hors UE. Nous sommes très attachés à la diversité des étudiants instaurée par SciencesPo. Elle permet une plus grande ouverture d'esprit à l'ensemble des étudiant/e/s. Une sélection des étudiants étrangers sur des critères financiers empêcherait l'accès à SciencesPo. à de nombreux étudiant/e/s motivé/e/s. Ce serait en outre très dommageable pour l'ensemble des étudiant/e/s. Fonder votre recrutement d'étudiant/e/s internationaux sur la théorie du signal empêcherait l'accès à SciencesPo. aux personnes moins aisées.
 
Nous notons avec regret une logique qui consiste à remplacer le financement de l'Etat par la hausse des frais de scolarité. L'augmentation régulière (environ tous les trois ans) risque d'encourager l'Etat à se désengager davantage. C'est donc un jeu à somme nulle.
 
La position que nous avons exprimée se fonde sur le projet actuel et ne préjuge pas d'une position future en cas d'évolution du financement du projet. Nous sommes ouverts au dialogue, afin de parvenir à une réforme meilleure, et pour SciencesPo, et pour ses étudiant/e/s.
 
En tant que socialistes, nous sommes solidaires des futur/e/s étudiant/e/s sur qui reposerait le poids de ce projet.
 
Nous vous prions de croire, Monsieur le Directeur, à l'assurance de nos sincères salutations.
 
 
 
Etienne Longueville, Secrétaire de la section PS Sciences Po - Jean Zay
 
Camille Spire, Secrétaire de la section Sciences Po - Jean Zay en 2007-2008 et responsable de la vie associative à Sciences Po pour la section.

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Val 30/12/2008 14:06

@ Adrien : Très juste, d'autant que les frais de représentation ont considérablement augmenté ces dernières années, pour le prestige de notre cher (dans tous les sens du terme !) IEP.

Adrien 30/12/2008 12:23

Autre aspect contestable de l'argumentaire de M. Descoings : la présentation de son budget. Il nous présente un lien direct entre l'investissement et le coût que représente un élève.
Les dépenses d'investissement paraissent en effet nécessaires pour améliorer les conditions d'étude à SciencesPo et poursuivre le développement de l'école. Mais ces dépenses, dont bénéficieront plusieurs générations d'élèves peuvent, par nature, être financées par l'emprunt. Bien entendu il faut ensuite rembourser l'emprunt, donc se doter de recettes courantes, mais en aucun cas on ne peut justifier la hausse de frais de scolarité par la simple égalité Investissement = coût d'un élève = hausse des frais.
En revanche on aimerait bien connaître les frais d'énergie, de papier, de frais liés aux enseignants (transport, bouche, ...) qui sont des éléments du "coût moyen d'un élève" sur lesquels des marges de manoeuvre existent probablement.

Etienne 22/12/2008 20:09

Et un début de plan B un peu plus juste, ce serait déjà d'avoir des frais vraiment progressifs.

Et puis une gestion plus intéressante des dépenses. A t-on besoin d'un double diplôme avec Marie Curie sur les sciences? Est-ce la vocation de scpo?

[je précise que je parle ici à titre personnel]

Etienne 22/12/2008 20:07

Non, je confirme, c'est progressif jusqu'au niveau 5 (8,2%) puis ça redescend progressivement jusqu'au dernier échellon. C'est donc progressif uniquement de les classes les plus pauvres aux classes moyennes. Ca ne l'est pas, en revanche, pour les classes les plus aisées.

ALC 22/12/2008 15:20

Etienne, je sais pas comment tu fais tes calculs, mais à mon avis, ils sont faux. Les tranches sont progressives au début, ensuite stable, et seul la dernière est dégressive.
C'est de toute manière assez aberrant de parler de progressivité puisque le taux varie à l'intérieur de la tranche.

Ah, au fait, c'est quoi l'autre financement possible? On attend toujours le plan B.