2008, l'année où tout a changé... sauf le PS !

Publié le par Section socialiste de Sciences-Po

A l'heure des bilans, 2008 apparaît comme une année charnière, dans tous les domaines. A l'image d'Usain Bolt pulvérisant le record du monde du 100m en 9'69 en finale des Jeux Olympiques de Pékin, le monde a tourné plus vite cette année. Certaines victoires auront dépassé tous nos espoirs, certaines désillusions auront été plus cruelles que toutes nos craintes. Tout a changé... ou presque. Les leaders du Parti socialiste n'ont pas pris toute la mesure de ces bouleversements. Ils ont replongé le PS dans les querelles et l'ont rendu inaudible. Ils nous ont déçu. Mais socialisme rime avec optimisme ! Il est temps de tirer les leçons de cette année noire, et de nous préparer pour les prochaines échéances.

2008, l'année des trois grands changements.
Notre perception du monde a indubitablement changé cette année, à mesure que nous constations trois évolutions majeures : l'émergence d'un nouvel ordre mondial, la réaffirmation de l'urgence environnementale et les conséquences de la crise économique et financière la plus grave depuis 1929.

L'élection de Barack Obama restera dans nos mémoires comme le symbole marquant de 2008 : les Etats-Unis ont élu un Président noir quarante ans après l'assassinat de Martin Luther King. Nous attendons tous de lui qu'il restaure l'image de l'Amérique dans le monde, après les huit années dévastatrices de George W. Bush. Cette nouvelle direction sera, nous l'espérons, plus multilatérale que par le passé. Les Etats-Unis ne sont plus les seuls maîtres du monde. Alors que l'Europe est toujours affaiblie, sans institutions et sans projet, l'année 2008 aura consacré l'émergence de nouvelles puissances économiques et politiques : la Russie et son gaz ; le Brésil et tous ses voisins sud-américains ; l'Inde et ses troubles avec le Pakistan et le terrorisme ; enfin la Chine et ses mutations, tour à tour intransigeante face au Tibet en mars, touchante lors du tremblement de terre du Sichuan en mai et étincelante aux JO à Pékin. Hélas, certaines réalités ont persisté : le chaos en République Démocratique du Congo à l'image d'un continent africain abandonné ; la guerre, éternelle, au Proche-Orient. Mais l'équilibre du monde a définitivement changé et nous devons en tenir compte dans nos choix politiques.

La nécessité de la protection de notre environnement a gagné du terrain cette année, comme nous l'avons vu récemment dans un article de Romain. La flambée des prix du pétrole au printemps a été le dernier électrochoc en faveur de l'impératif changement de nos modes de vie. Plus personne ne nie l'évidence du réchauffement climatique et des dangers qu'il représente pour des milliers d'espèces animales et végétales, pour les zones côtières densément peuplées et menacées d'être submergées. Nous attendons maintenant la traduction des propositions en actes politiques capables de rassembler tous les acteurs planétaires. L'esprit de nos dirigeants est en effet à la concertation. Les circonstances exceptionnelles l'ont imposé : notre système financier international s'est effondré, emportant la sphère économique dans sa chute. La fin de l'année 2008 fut très difficile pour les classes moyennes et les Français les plus défavorisés. Emploi, pouvoir d'achat, logement, social, régulation économique : tout est à reconstruire au moment où le terrible contexte international révèle les lacunes de la politique de Nicolas Sarkozy et de sa majorité UMP.


2009, l'année du changement au PS et dans la majorité européenne pour redonner un sens à l'Europe.
Suite aux beaux succès des élections municipales au printemps, l'actualité du deuxième semestre 2008 offrait au Parti socialiste l'occasion unique de revenir au centre du jeu politique hexagonal, et de reconquérir les classes populaires qui lui ont manqué en 2002 et en 2007.

Au lieu de cela, le PS est retombé dans ses travers : divisions sur des détails, querelles de personnes, opposition systématique jusqu'à l'absurde au Parlement mais inexistante auprès de ceux qui attendent notre soutien, pour aboutir à une quasi-rupture en novembre au Congrès de Reims, puis lors de l'élection du nouveau Premier secrétaire. En 2008, le PS a perdu la crédibilité qu'il lui restait. Il nous a profondément déçu, étant incapable de trancher, de se réformer, de répondre aux interrogations de la base des miltants. Il nous incombe donc à nous qui avons refusé de quitter le navire à la dérive de rebâtir les fondations d'une alternative à Nicolas Sarkozy, dès aujourd'hui et pour 2012. Notre part sera modeste, mais non négligeable. Contrairement au PS national, la section Jean Zay des Socialistes de Sciences Po se porte à merveille et nourrit de grands espoirs pour 2009. Nous publierons chaque mois notre journal La Rose au Poing, emmené par une équipe rajeunie, le blog s'est doté d'un nouveau design et sera mis à jour quotidiennement par des rédacteurs très motivés, trois Ateliers du Changement nous permettront d'approfondir des questions polémiques au sein du PS, et nous vous attendons toujours plus nombreux à nos rencontres et débats.
 
Le point culminant de l'année aura lieu en juin, lors des élections européennes. Pour la première fois, tous les partis socialistes, sociaux-démocrates et démocrates progressistes des vingt-sept Etats membres de l'UE présenteront un programme commun, le Manifesto. Ce texte, élaboré conjointement par tous les citoyens européens sympathisants et tous les partis de gauche réunis dans le PSE, vous sera présenté une première fois dès demain sur le blog. La gauche doit reprendre le pouvoir au niveau européen après une période dominée par les libéraux et les conservateurs. L'année 2008 a montré la pertinence de nos critiques sur la dérégulation totale des marchés, sur le démantèlement des services publics, sur la stagnation des revenus ou encore sur l'hypocrisie de nos positions vis-à-vis de certains pays étrangers. Un autre article reviendra dès vendredi sur la détérioration des relations du couple franco-allemand, préjudiciable pour la relance et la poursuite de la construction européenne.

Sur toutes ces questions, la gauche a déjà des réponses. Nous les complétons avec de nouvelles propositions pour rapprocher l'Europe des citoyens et lui redonner un sens, un objectif et une impulsion. Nous espérons vous trouver parmi nous pendant toute cette année 2009, dans ses épreuves et dans ses succès ! Au nom de toute la section, Meilleurs voeux !


Val

Publié dans Point de vue militant

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BAILLERGEAU 31/12/2008 09:20

Merci de vous jeter à l'eau en présentant demain le Manifesto.
Le silence des ténors depuis le 01 décembre ne nous annonce rien de bon !
Bon courage et bonne année à tous