Un parti d'opposition et de proposition

Publié le par Section socialiste de Sciences-Po


Etre une force alternative crédible.
C’est ce que les Français attendent du Parti Socialiste depuis 2002. Deux qualités sont nécessaires à une force d’opposition digne de ce nom : s’opposer et proposer.


C’est un jeu à la fois facile et dangereux de « s’opposer » si cette opposition n’est pas mise en cohérence avec un projet alternatif. Facile, dans la mesure où la contestation pure sans contre-proposition ne demande pas beaucoup d’efforts. Chaque réforme présente des effets pervers. La politique consiste à hiérarchiser des priorités et déterminer quels effets sont plus importants et nécessaires que d’autres. Ainsi, il est relativement simple de trouver des effets pervers d’une mesure et de s’y opposer. C’est la stratégie pour laquelle ont optée les partis d’extrême-gauche, et en particulier le NPA. En refusant de se placer dans une logique de gouvernement, Besancenot et ses militants n’ont pas besoin de se préoccuper du pragmatisme nécessaire à la gestion du pays.

Il a parfois été reproché au Parti Socialiste de ne pas se comporter dans l’opposition comme un parti de gouvernement, critiquant à tout va, sans formuler de proposition alternative. Cela aurait alors créé un décalage entre le discours dans l’opposition et les actes au gouvernement. Cet argument n’est pas complètement faux.

« S’opposer » sans proposer comporte plusieurs dangers pour les partis qui se risquent à cette facilité. D’abord, le danger de la sanction lors des élections présidentielles : les citoyens risquent de considérer que le parti n’est pas capable de gérer sérieusement les finances publiques. Au-delà des résultats des élections, le risque principal pour le PS dans sa façon de faire de l’opposition est de devenir dans l’esprit des citoyens un parti conservateur. Historiquement parti de tous les progrès sociaux et sociétaux, le PS n’a pas la vocation de devenir le parti conservateur. Aussi, alors qu’il se trouve dans l’opposition, il doit veiller à ne pas sombrer dans le soutien à des corporatismes qui ne sont plus justifiés par une situation sociale particulière et rester dans la défense de celles et ceux qui subissent les effets de la crise de plein fouet.

Pour cela, le PS doit réaliser la deuxième partie de son travail, « proposer ».

Aussi, on peut aujourd’hui se réjouir de cette volonté qui semble habiter la nouvelle direction du PS. En proposant un projet de plan de relance alternatif, Martine Aubry redonne une logique à l’opposition.  Dès lors, il ne s’agit plus d’une opposition par principe, mais d’une opposition pour défendre un autre projet, une autre vision de la solidarité, d’autres priorités. La présence dans les manifestations avec les partenaires sociaux et les forces de gauche s’impose lorsque l’on a prouvé que d’autres projets meilleurs et réalisables auraient pu être mis en œuvre concrètement.

Le projet alternatif de plan de relance du PS se fonde d’abord sur une volonté claire : la mise en œuvre d’un plan massif et immédiat de 50 milliards d’euro. Pour cela, il faut expliquer quel pourrait en être le financement. Il serait de deux ordres. D’abord la remise en cause du « boulet fiscal », qui prive la France de 15 milliards d’euros par an. Ensuite, une augmentation du déficit budgétaire, pour laquelle ont opté de nombreux autres pays comme les Etats-Unis, l’Allemagne, l’Espagne ou le Royaume-Uni. Cette augmentation est autorisée par le pacte de stabilité de la zone euro dans le cas de circonstances exceptionnelles comme une récession de 2%. Il se trouve que c’est à peu près le taux de récession que connaîtra l’UE en 2009, d’après les chiffres annoncés par la Commission Européenne.  Ce plan de financement correspond également aux indications données par le FMI.

Le financement de ce projet permettrait alors de renforcer immédiatement les personnes les plus touchées par la crise en accordant immédiatement une prime de 500€ pour 13 millions de citoyens bénéficiaires de la prime pour l’emploi ou des minimas sociaux et en augmentant le SMIC de 3% immédiatement. Mais le projet du PS concernerait l’ensemble des citoyens, en particulier les classes moyennes : la baisse d’un point de la TVA bénéficierait à tous et permettrait une véritable baisse des prix. De même, les allocations au logement – dont bénéficient des étudiants issus de tous niveaux sociaux – seraient augmentées immédiatement de 10%.

En outre, les facilités accordées par le gouvernement aux banques devraient être conditionnées à des engagements contractuels de sauvegarde d’emploi pour les salariés et d’aides pour les clients. Les deniers publics ne sont donnés ni pour enrichir les actionnaires, ni pour augmenter les salaires des PDG, ni pour donner plus de marge de manœuvre aux traders dans leur prise de risque. Les banques doivent (ré)apprendre à faire le travail qui est le leur. Ainsi le soutien aux banques par l’argent public aurait dû être compensé par des engagements écrits, et non pas des promesses orales sans lendemain.

C’est fort de cette proposition alternative concrète et applicable immédiatement que le PS présentera une motion de censure contre le gouvernement au Parlement cette semaine. C’est fort de cette proposition alternative concrète et applicable immédiatement que le PS participera à la grève interprofessionnelle le 29 Janvier prochain pour défendre le pouvoir d’achat des français, qui ne semble pas être la priorité de ce gouvernement décidé à maintenir coûte que coûte le boulet fiscal.

Le PS remplit alors parfaitement le rôle que les citoyens attendent de la principale force politique d’opposition : s’opposer pour proposer.
Etienne

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Romain 26/01/2009 18:12

Je trouve ton commentaire très léger et sans aucun fond, ce qui est un comble quand on critique les réflexions des autres.
Dis-nous ce que tu trouves léger qu'on puisse en discuter.
Bien à toi,

Romain

toto 26/01/2009 15:44

Je trouve cet article très léger et bourré d'erreurs sur le fond politique, ce qui est un comble pour des étudiants en "science po".

Mais c'est bien dans la ligne des dirigeants du PS, donc ce n'est pas très surprenant...