Rémi Féraud (II) : "La question n’est plus pour ou contre l’Europe, mais pour l’Europe libérale ou pour l’Europe de gauche."

Publié le par Section socialiste de Sciences-Po


La campagne européenne
Etienne : La campagne est lancée, doucement certes, mais moins doucement au PS qu’ailleurs. Le PS a eu quelques soucis pour composer ses listes, mais contrairement à l’UMP ou même au Modem, toutes les listes sont finalisées. La section PS de Sciences Po devra particulièrement insister sur les enjeux européens de la campagne, notamment en s’appuyant sur le projet du PSE et sur ce que les députés européens socialistes ont voté ces dernières années.

RF : La campagne se doit d’être très européenne, même si on sait que le score sera également fonction d’enjeux nationaux. Pour l’instant, on n’a pas réussi à créer un cadre démocratique parlementaire en Europe. Mais pour la première fois, le PSE s’est doté d’un Manifesto -qui n’est pas juste une déclaration de principes- et a un candidat possible à la présidence de la commission. Les résultats sont encore incertains, et il est probable que la gauche n'aura pas la majorité au Parlement, mais il est encore possible que le PSE soit en tête devant le PPE suivant l'ampleur du vote contre les gouvernements nationaux de droite en Europe. Il est vrai que Rasmussen n’est pas soutenu par tous les partis socialistes européens, notamment en Espagne et au Portugal pour des raisons nationales. Mais si le PSE est en tête, les socialistes portugais soutiendront Rasmussen. La candidature de Rasmussen est un progrès énorme, mais seulement pour ceux qui s’intéressent au débat européen. L’abstention risque d’être encore une fois très élevée cette année.


La campagne en France/ Ile-de-France
RF : Elle commence maintenant, même si elle a du mal à rencontrer l’intérêt des électeurs. Il nous faut souligner que l’ensemble des droites dans chaque pays et au niveau européen n’ont pas su faire face à la crise ; il faut changer de politique. C’est un discours qui sera entendu s’il est martelé. Aujourd’hui en 2009, nous sommes passés dans une phase post-référendum constitutionnel. La question n’est plus pour ou contre l’Europe, mais pour l’Europe libérale ou pour l’Europe de gauche.
En Ile-de-France, la campagne se basera sur l’argumentaire envoyé aux militants et nécessitera d’aller sur le terrain, même si les campagnes européennes ne sont pas les plus faciles. Il y a déjà eu un meeting aux Lilas, et dans les prochaines semaines, des déplacements sont organisés en Seine-Saint-Denis et dans le Val-de-Marne. Des réunions publiques sont également prévues, mais on sait que ce sont surtout des militants qui viennent. Internet sera également utilisé, avec l’ouverture imminente du blog d'Harlem Désir, qui viendra en complément du site national. (www.changerleurope.fr)

L’UMP n’a toujours pas sa liste complète, seuls les deux premiers candidats sont connus : Michel Barnier, qui préfèrerait être Commissaire européen, et Rachida Dati, qui ne semble pas motivée non plus. La salle du meeting qu’ils ont organisé à Créteil était bien vide… Leur axe de campagne, c’est « Votez Sarkozy, c’est plus rassurant ». Il n’y a pas de fond politique. Barnier est  assez compétent, mais plutôt en tant que technocrate qu’en tant que politique. Harlem Désir devrait donc marteler la différence entre Europe de droite et Europe de gauche. Les éléments sont réunis pour un succès, même si le Congrès de Reims peut nuire à un vote socialiste au profit de Besancenot, des verts ou du Modem.

Etienne : Le PS va défiler le 1er mai a annoncé Martine Aubry et chaque section pourra personnaliser son message, passons donc au dispositif dans notre section :


La campagne de notre section
Michele : Chaque section peut mener la campagne avec une grande liberté. Nous avons élaboré un plan de travail mais il doit être « participatif ». Nous attendons donc vos suggestions.
Tout d’abord, concernant les axes pour orienter la campagne : à Sciences Po, la population étudiante connaît l’Europe et les enjeux européens. A l’AG de présentation du Manifesto qui a été faite dans la section, les militants étaient nombreux et les débats de qualité. On peut donc potentiellement mobiliser de nombreuses personnes. C’est aussi un devoir pour nous de sortir de Sciences Po pour « apporter » l’Europe en dehors de Sciences Po.
La base doctrinale de la campagne sera le Manifesto, aussi bien le contenu, que ce qu’il représente, en tant que programme commun. La question se pose de savoir si on doit tenir le même discours à Sciences po et en dehors ? La première chose à faire, surtout en dehors Sciences Po, sera de susciter l’intérêt des électeurs.
L’argumentaire envoyé aux militants est un bon point d’appui. On pourra aussi s’appuyer sur le matériel national, par exemple les tracts. Le premier tract national établit un lien direct entre Sarkozy et Barroso et permet de montrer qu’il existe un contre modèle.
Quant à la campagne sur Internet, le site www.changerleurope.fr est un bon outil de campagne et ressemble un peu à celui d’Obama. Notre blog sera aussi utilisé comme outil de campagne.

Question : pourquoi le site changerleurope et celui d’Harlem Désir ne sont-ils pas en « .eu » ?
RF : Je vais le conseiller à Harlem Désir. En effet, pourquoi ne pas acheter un deuxième lien en « .eu » ? Cela doit être possible.

Chloé : Concernant les actions concrètes, de nombreux événements vont rythmer la campagne. La fédération de Paris organise le 16 avril une réunion publique sur le thème : « Que proposent les socialistes européens face à la crise ? », avec les trois têtes de liste socialistes en Ile-de-France et sûrement Martin Schutz, président du groupe socialiste au Parlement européen.
Le 1er mai a lieu une grande manifestation unitaire, pour laquelle nous aurons du matériel de la fédération, mais aussi notre propre « touche originale ». Le lundi soir, nous organiserons donc un atelier de fabrication de pancarte. Chacun est invité à proposer des pancartes, des chansons… pour animer le cortège.
Le 9 mai aura lieu un pique-nique organisé par le Fédération, probablement aux Invalides.

RF : Nous comptons sur la section de Sciences Po pour venir nombreux à ce pique-nique !

Chloé : Le 13 mai, un meeting est organisé au Cirque d’hiver, et un autre le 5 juin. On pourra se coordonner entre sections pour échanger nos idées de campagne, et participer aux événements d’autres sections.

Etienne : A Sciences Po, il faut qu’on fasse participer les étudiants européens. (NB : il y en avait 4 ce soir) et faire un travail sur les procurations : le vote a lieu le 7 juin, pendant la période de révision probablement. Les étudiants ne rentrerons peut-être pas chez eux, c’est pour ça qu’il faut faire de la sensibilisation sur les procurations.

Chloé : Concernant les actions de la section. Le 24 avril nous organisons une soirée festive. Le 5 ou 6 mai nous essayons de recevoir Rasmussen. Harlem Désir est d’accord et Rasmussen sur le principe aussi.
On pourrait aussi faire un pique-nique européen dans le jardin de Sciences Po

Questions : Le tract national est-il trop franco centré ? Quant aux actions à mettre en place, pourquoi pas des manifestions en « place publique » ? On installe des chaises dans un hall et on débat. Les gens écoutent 5, 10 minutes… Pourrait-on aussi organiser un débat avec les responsables de l’UMP et des autres partis à Sciences Po ?Va-t-on parler de l’OTAN, du G20, de la PAC, des politiques communes…?

Etienne : Pour le débat à Scinces Po, pourquoi pas. Mais seulement si c’est véritablement utile et qu’il n’y a pas que des militants dans la salle… Ce qui n'est généralement pas être le cas.

RF : Il faut souligner que Sarkozy a refusé un plan de relance européen. En  France on pense que le monde entier est fan de Sarkozy, alors qu’en fait c’est plutôt comme la vision que nous avons de Berlusconi ; il semble souvent assez ridicule à l’étranger. Quant aux tracts, il y aura deux temps. Dans le premier temps de la campagne, le slogan c’est « Changeons maintenant ! » pour rester en partie sur l'actualité française et internationale, puis à partir du 1er mai, le slogan, c’est « Changeons l’Europe maintenant ! ».
Il va être difficile de faire campagne contre Barroso, car beaucoup de gens ne le connassent pas ou très peu. Il faut donc rappeler qu'il a organisé le sommet des Açores avec Bush et Barroso qui a lancé la guerre en Irak. Barroso est un ultralibéral !

Interventions : On pourrait faire une affiche avec Jaurès dessus pour rappeler au FN pourquoi Jaurès était socialiste ! Il faudra préparer un argumentaire pour convaincre les électeurs de voter PS et non pas les Verts… A ce titre, la section ENS nous invite le 27 avril à Normale Sup pour un débat entre Vincent Peillon et Daniel Cohn Bendit.

Michele/ Chloé : Pour la campagne de tous les jours, nous diffuserons des tracts dans et en dehors de Sciences Po : on se concentrera sur les environs de Sciences Po, Odéon, les universités (rue des Saint-Pères…), et à Jussieu aussi. On peut s’associer entre sections universitaires. On pense aussi au Resto U (Mabillon, Mazet…). Sans abandonner Sciences Po pour autant. Beaucoup d’étudiants de gauche n’ont pas encore fait leur choix.

N'hésite pas à nous rejoindre pour tracter, débattre, tenir des tables en Péniche, assister aux meetings et à la grande manifestation du 1er mai !

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Valerio Motta 22/04/2009 23:05

Bonjour à tous. Changerleurope.eu est actif. Nous avons privilégié le .fr en termes de communication pour deux raisons : l'échelle nationale de notre campagne par rapport à celle du PSE qui est notre vrai "campagne européenne" européenne si on peut dire, et parce que le .fr est plus connu par le grand public et donc plus facilement mémorisable hors du net pour une grande partie de la population.