Campagne pour les européennes : mo-ti-va-tion

Publié le par Section socialiste de Sciences-Po


Il n’est rien de plus difficile pour un militant que les campagnes européennes. L’Europe c’est compliqué, ç a n’intéresse personne et de toute façon c’est bien connu que ça ne sert à rien. Si l’on ajoute à cela les séquelles des divisions internes du PS, il ne reste pas grand  chose pour motiver les quelques militants qui pouvaient encore l’être.
Et pourtant, cette campagne pourrait bien se révéler plus intéressante qu’on ne croit car ses enjeux sont loin d’être négligeables.

L’Europe en 2009 intéresse en fait beaucoup de monde. Beaucoup commencent à  y voir une partie de la solution à la crise actuelle et les propositions de gauche doivent être là.
En temps de prospérité et de croissance, force est de reconnaitre que l’Union Européenne s’est presque contentée d’entretenir un marché communautaire source de richesses marchandes. Mais qui sait ce que demain, en temps de crise et de récession, peut faire cette même Union Européenne ?
C’est aux politiques de répondre à cette question.

Et c’est ainsi que la campagne pour les européennes devient passionnante : une entité qui hier jouait les régulateurs lointains, peut demain aider à changer la face de notre économie. Il y a de quoi se sentir européen.  Que répondent donc les socialistes ?

Tout d’abord, il semble essentiel de rappeler que la droite était majoritaire durant la dernière mandature (60% des sièges). Et a voté la clause dérogatoire permettant de travailler jusqu’à 65 heures par semaine, les directives de libéralisation des services publics tels que la poste ou encore,  la directive « de la Honte » permettant de maintenir les immigrés pendant 18 mois dans les centres de rétention.
Il existe donc déjà beaucoup de choses que la gauche ne fera PAS si elle devient majoritaire au Parlement Européen. Et il y a une chose qu’elle a déjà faite : unir tous les partis de gauche des vingt sept pays membres sur un texte commun désormais célèbre : le Manifeste « Les citoyens d’abord, un nouveau sens pour l’Europe ».

Et la gauche porte des propositions fortes pour mettre l’Union Européenne au service des citoyens qui souffrent de la crise, tout simplement par un plan de relance européen qui ne serait pas qu’une simple coopération. Basé en partie sur la croissance verte, cette relance par l’investissement prévoit de créer 10 millions d’emplois supplémentaires à l’horizon de 2020, dont 2 millions dans le seul secteur des énergies renouvelables. Les socialistes proposent également un salaire minimum dans tous les pays de l’Union Européen dans le cadre du Pacte Européen pour le Progrès Social. Des propositions ambitieuses sur le fonctionnement même de l’institution : l’augmentation du budget de l’Union, avec des ressources propres, et la reconnaissance pour l’UE du droit de lever des emprunts pour financer ses investissements lourds à long terme. Les socialistes prônent également l’harmonisation des fiscalités, à commencer par celles des entreprises pour lutter contre le dumping fiscal et le dumping social.

On voit se dessiner ici (ce qui n’est pas toujours le cas force est de reconnaitre) de véritables enjeux politiques, qui dessinent un avenir clair articulé autour de quelques enjeux essentiels. C’est ce que les gens attendent, de véritables propositions politiques pour construire ensemble l’avenir, de la politique quoi !  Voilà pourquoi il est capital que chaque militant s’engage dans cette campagne qui porte des idées claires et structurantes, de façon à éviter de reproduire un Parlement Européen conservateur et de façon également à éviter un vote contestataire se reportant sur l’extrême gauche.
Le parti socialiste a des idées, et il a besoin des militants pour le faire savoir.

M.P.

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Val 17/04/2009 20:28

Oui je crois que nous sommes d'accord sur le principe de l'harmonisation, probablement pas encore sur le degré...
Il faut aussi ajouter que les dépenses publiques et l'étendue de l'intervention de l'Etat différent d'un pays à l'autre. Cela rendra forcément le travail d'harmonisation difficile car des pays qui par exemple n'ont pas les mêmes systèmes d'éducation ou de santé que nous ne voudront pas harmoniser vers le haut pour avoir de tels dépenses. Attention de notre côté à ne pas sacrifier nos modèles en harmonisant trop vers le bas. Et avec le gouvernement actuel, nous avons chaque jour la preuve qu'il faut être vigilant pour la défense des services publics...

Sharky 17/04/2009 08:46

Ca va même très vite, plus de possibilité d'aller à la ligne sans valider le message. Ca va compliquer la lisibilité si l'on ne peut plus faire de paragraphes. Pour revenir à l'harmonisation, comme dans une négo, et pour qu'elle soit acceptable par l'ensemble des parties elle doit se situer grosso merdo à un point moyen médian. Sachant que nous sommes bien plus prêts du point B que du point A sur la ligne de la fiscalité, nous devrions (et les sales riches en premier) drolement baisser celle ci. Je pense ce que ce gvt l'a compris car notre situation extrême ne nous est pas favorable et n'est pas viable à terme et c'est pour cela qu'il "dégraisse" le couteux, inutile (pour partie) et injustifié (comparativement) corps fonctionnarial afin de réduire de somptuaires dépenses publiques et pouvoir s'harmoniser avec les autres.Tu voix que nous sommes in fine d'accord sur l'harmonisation, quoique peut être moins sur le curseur mais si tu imagines tous les pays s'aligner sur le point B, tu te fourres l'épaule dans l'oeil.

Sharky 17/04/2009 08:33

Ouh ça va un peu vite le nouveau format.

Sharky 17/04/2009 08:32

OK Val je suis d'accord avec toi et pour une harmonisation.

Val 16/04/2009 22:27

Sharky, je pense qu'on sera d'accord pour dire que l'ISF est négligeable. Oui, il rapporte peu et ceux qui ont vraiment les plus hautes revenus et les plus importants patrimoines ont trouvé des dizaines de tours de passe-passe et autres niches fiscales pour ne pas le payer. Maintenant il demeure très fort symboliquement et par les temps qui courent, un nombre grandissant d'élus et de personnalités de droite est favorable à une remise en cause du bouclier fiscal et à la conservation de cet impôt de solidarité. Dans le cadre d'une révision générale de la fiscalité française, l'ISF pourrait disparaître si une répartition globale des prélèvements plus juste venait à être proposée.

S'arrêter à l'ISF est pourtant bien trop réducteur dans le cadre de l'harmonisation fiscale européenne. Ce que nous souhaitons, c'est qu'après un marché commun et une monnaie unique, nous ayons aussi des impôts, ou une partie d'entre eux au moins, qui soient similaires d'un pays de l'UE à un autre, pour éviter la tentation du dumping fiscal. Et cela va bien plus loin que l'ISF : les impôts sur les sociétés, sur les bénéfices et sur les revenus, ainsi que les charges sociales sont les réels enjeux. Et en élargissant la réflexion au-delà de tes complaintes franco-françaises anti-Etat et anti-impôts, tu t'apercevras que la France n'a pas la fiscalité la plus lourde dans l'Union. La question est difficile car l'harmonisation ne peut pas se faire trop à la baisse et chaque Etat doit (dans l'état actuel de l'Europe) garder une marge de liberté dans la fixation de ses prélèvements obligatoires.
Bref, c'est un vaste débat, qu'on ne saurait réduire à l'ISF.