La campagne des européennes doit avoir lieu

Publié le par Section socialiste de Sciences-Po


Chaque année, le 9 mai est l’occasion de célébrer la naissance de l’Europe. C’est aussi l’une des seules opportunités pour les militants pro-européens de regretter qu’une fois de plus, les politiques et les médias n’aient pas plus parlé de l’Europe au quotidien, ou alors uniquement pour évoquer les réglementations bruxelloises absurdes sur la pêche, le diamètre des tuyauteries ou la composition du vin rosé. La responsabilité est double et le constat reste : l’Europe s’éloigne de nous à mesure qu’elle sombre dans la paralysie institutionnelle et les plus ardents défenseurs de la construction européenne finissent par désespérer en l’absence d’un véritable projet directeur.

Pourtant, cette année le 9 mai est aussi l’occasion de parler des élections du 7 juin prochain, qui désigneront directement nos eurodéputés et indirectement la composition de la Commission pour les cinq ans à venir. C’est l’occasion pour chaque citoyen européen d’exprimer son envie d’Europe, de confirmer la politique de José Manuel Barroso et la majorité de droite en Europe, ou bien de choisir une autre direction pour l’Union. Le Parlement européen a désormais plus de pouvoir qu’hier, et notre vote compte dans le choix de ceux qui élaboreront deux tiers de nos lois futures.

Notre blog s’est engagé très tôt dans cette campagne européenne avec la publication du Manifesto du PSE dès le mois de décembre 2008, puis la rédaction de plusieurs articles depuis le début de l’année sur l’Europe sociale, l’Europe de l’énergie, l’Europe environnementale, ou encore l’Europe diplomatique. Le PS et les autres partis membres du PSE mènent depuis plusieurs mois une campagne de qualité, à la fois sur les idées et sur le terrain.

Mais à l’instar d’une rencontre sportive, il faut l’opposition de deux bonnes formations politiques pour faire une belle campagne, et aujourd’hui encore, à moins d’un mois du scrutin, le débat en France souffre de l’absence de l’UMP. Jusqu’à ces derniers jours, la majorité n’avait ni liste ni programme. Depuis, nous avons appris que la campagne tournerait autour du seul Nicolas Sarkozy et de la valorisation posthume de « Sa » présidence française de l’Union. L’UMP n’avance aucune vision nouvelle pour l’avenir de l’UE, aucune véritable proposition politique qui dépasse la simple rhétorique du slogan « Quand l’Europe veut, l’Europe peut. » L’UMP est d’ailleurs bien placée pour nous montrer ce que peut faire l’Europe quand elle est dirigée par la droite, puisqu’elle est majoritaire au Parlement européen depuis dix ans !

Il est temps qu’une alternative s’impose pour rééquilibrer la construction européenne, ajouter plus de social à l’économie, renforcer la culture européenne et mettre en place de nouveaux projets concrets pour rapprocher les citoyens et la politique européenne. À ce jour, on regrettera qu’aucun débat réel n’ait confronté les principaux partis politiques sur les chaînes nationales. Difficile dans ces conditions de s’étonner des taux d’abstention record qui sont annoncés.

Ces élections n’intéressent pas Nicolas Sarkozy, qui a déjà démontré avec le Traité de Lisbonne qu'il ne jugeait pas absolument nécessaire de consulter les citoyens au sujet de l’évolution de l’Europe. Aujourd’hui, il défend avant tout son bilan, en observant qu’avec plus de 25% d’intentions de vote, la droite réaliserait déjà dix points de plus qu’en 1999 et 2004. Contesté sur sa réponse économique face à la crise et la conduite de ses réformes, l’Elysée se contentera d’un tel score. Il lui suffit de mobiliser son électorat fidèle en agitant la menace d’une adhésion turque, qui ne dépend ni de près ni de loin du résultat des élections européennes du 7 juin ! De son côté, François Bayrou pense uniquement à 2012, et dans cette campagne, il fait passer l’Europe à laquelle sa famille politique était si attachée derrière la construction de son propre chemin présidentiel.

Le PS est donc seul avec les autres partis de gauche à vouloir parler de ces élections européennes. L’Europe, nous en sommes convaincus, est l’échelle pertinente pour sortir de la crise et construire la croissance de demain, plus respectueuse des individus et de l’environnement. L’Europe doit parler d’une seule voix sur la scène internationale pour rester audible. Nous voulons une Europe plus juste, plus solidaire et plus forte. Cette Europe, nous pouvons la construire en changeant son cours actuel. Pour cela, il faudra exprimer un vote d’adhésion le 7 juin, et non un vote sanction sur des enjeux nationaux. Pour cela, il faudra exprimer un vote utile en faveur du PSE, seul parti de gauche capable d’obtenir la majorité face au PPE. Pour cela, il faudra continuer notre campagne sur le terrain, et espérer que les autres partis se mobiliseront à leur tour.

Val

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Sharky 15/05/2009 23:54

Ca y est le PS est définitivement devenu un petit parti.
Malgré les belles promesses d'un magnifique programme magique dont vous avez le secret et censé nous sortir de la crise en quelques semaines... c'st quoi le programme que le PS montre sur ces affiches : Stop à Sarkozy et Barroso.

Ouah quel programme puissant et oiginal, vous allez tout casser!

Les gueguerres entre les 2 mégères reprennent pour notre plus grand plaisir!

Martine en appelle à la charité par le vote utile comme dernier recours, dialectique bien rodée des petits partis de feu la Gauche plurielle, la boucle est bouclée et le PS rejoint ses petits cammarades.

RIP