Le PSE a un programme : quelques propositions à picorer.

Publié le par Section socialiste de Sciences-Po


Le Parti Socialiste Européen a des listes un slogan, un projet d’alternance à José Manuel Barroso qui a tellement contribué à la défiance des citoyens envers l’Europe, une campagne et un programme : le Manifesto. Pourtant, les médias se détournent de la campagne, et la gauche vit une situation absurde. Le capitalisme vit sa crise la plus grave depuis la guerre et l’Europe n’a pas été à la mesure des exigences qu’elle a fait naître. Pourtant, la droite reste forte, alors que son idéologie a montré depuis longtemps ses limites.

Dans un manque de transparence quasi-général, chaque personne, même se reconnaissant dans les idées de la gauche progressiste, peut hésiter un instant sur le bulletin qu’il conviendra de glisser dans l’urne le 7 juin prochain. Voici quelques morceaux choisis du programme du Parti Socialiste Européen pour remettre l’Union au service de ses citoyens. De quoi donner à chacun quelques éléments pour juger objectivement avant de voter pour élire nos parlementaires européens. Rappelons à toutes fins utiles, et pour les esprits chagrins, qu’il s’agit bien d’un texte adopté à l’unanimité par tous les partis socialistes, travaillistes et sociaux-démocrates d’Europe, et prêt à être appliqué pour donner à l’Europe une nouvelle direction. Voici donc cinq propositions concrètes issues du Manifesto, à mettre dans le débat européen.

Proposition n° 13 : Pour une Pacte Européen du Progrès Social.
La convergence ne s’arrête pas aux données macroéconomiques, et l’on voit bien à quel point les critères de Maastricht ont montré leurs limites. La crise venue, l’Europe aurait du fournir des outils pour protéger les citoyens : au contraire elle recule puisqu’elle avait fixé des règles que plus personne ne tient à respecter. Le PSE propose maintenant de demander à tous les Etats membres de créer un système social capable de fournir des allocations adaptées aux chômeurs, aux retraités, aux personnes en situation de handicap… Le PSE propose la fixation d’objectifs et de normes en matière de santé, d’éducation et de solidarité. En somme, le PSE propose un véritable projet d’Europe sociale.

Proposition n°16 : Pour un salaire minimum européen.

Avancée sociale qui permet la fin de la concurrence entre les travailleurs européens (à travail égal, salaire égal), il faut par la loi ou par la négociation l’établissement d’un salaire minimum dans tous les Etats membres. Proposition d’importance s’il en est, exemplaire de courage et qui met en avant la convergence sociale au sein de l’UE. Le PSE propose la justice dans les salaires.

Proposition n° 32 : Pour une directive européenne sur le climat.
Contrairement à une idée reçue, largement diffusée par la politique de la droite européenne, une directive européenne n’est pas synonyme de régression. Le PSE propose une directive européenne sur le climat pour fixer les politiques à mener sur des thèmes centraux comme le transport ou l’agriculture. Il est nécessaire pour une Europe de progrès de se donner des objectifs ambitieux sur des enjeux aussi majeurs. Par exemple, le PSE propose de plaider au sommet de l’ONU pour une réduction de 30% des gaz à effet de serre d’ici à 2020, tout en procédant aux transferts de technologie et aux investissements nécessaires pour permettre aux pays en voie de développement d’accéder au développement durable le plus vite possible. Le PSE propose de faire de l’UE le fer de lance dans la bataille contre le changement climatique.

Proposition n° 37 : Pour un alignement vers le haut des droits aux congés parentaux.

Droit de la femme, droit à l’éducation… Le PSE propose une vraie égalité des sexes, par exemple au travers d’une Charte Européenne des Droits de la Femme. Rappelons que cette proposition est également valable pour le congé paternité puisqu’il est prouvé que des congés parentaux égalitaires réduit considérablement les discriminations à l’embauche. Le PSE propose une Europe de l’égalité hommes/femmes.

People first !

Hugo C.

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Hugo C 25/05/2009 14:08

Cher Sylvain,

Je vois où tu veux en venir, et tu te doutes que je ne suis pas d'accord avec toi.

D'abord sur le fonctionnemnt démocratique du PS. On est d'accord sur l'absurdité d'un parti qui se déchire pour quelques voix de différences pour des vedettes. Mais il est idiot de dire que tous le dirigeants sont des hypocrites qui se valent, et je te renvoie à tes propres paradoxes : une fois on nous fait le reproche d'avoir des leaders tous également jaunes, et de l'autre de ne pas avoir deux personnalités sur la même ligne. Rien que sur le parti, on a vu au dernier congrès un VRAI débat sur ce que devait être le PS : un parti de militant (Aubry) ? Ou un parti de masse (Royal).
Sur la démocratie participative, je ne crois pas, TRES honnêtement que le PS ait à plaider coupable. As-tu participé aux campagnes participatives de la campagne présidentielle ? Si non, je t'invite à participer à une de nos AG, où tu verras qu'on est bien loin de l'image que renvoient les médias et dont il faut, évidemment, se méfier.

Sur une gauche progressiste, désolé de radoter mais ça va bientôt faire 10 ans que la gauche n'est plus au pouvoir et pour quoi TOUTE la gauche se bat-elle aujourd'hui ? Pour des avancées semblables à la CMU, aux 35 heures. Et puisque, je ne suis pas sans te le rappeler nous sommes plus au pouvoir au niveau national, quid du niveau local ? Je suis sûr que d'une façon ou d'une autre tu peux être fier de tes élus socialistes, pour leur gestion de l'eau dans les communes ou dans les régions au hasard pur s'être substitués au gouvernement de droite dans la protection des salariés contre les délocalisations ou pour la gratuité de l'éducation...

Hugo C 25/05/2009 13:52

Cher jcvb,

Merci de prendre en considération l'article écrit plus haut, et même remarque qu'à Sharky : merci de faire des attaques PRECISES sur le programme. Il est question d'un SMIC européen. Qui peut affirmer qu'un SMIC européen est un programme DE DROITE ?

Je suis honnête. Je viens de lire le programme du FdG. Que de banalités, de platitudes. De belles déclarations de principes, et sur lesquelles d'ailleurs, je suis d'accord. Il est dit : "Il faut changer d'Europe !" Merci du courage politique ! Mais COMMENT ?
La vérité, c'est que le FdG comme la gauche du FdG ne veut pas du pouvoir. Et, pardon, mais je suis vraiment LAS des partis politiques qui ne veulent pas le pouvoir, parce que non seulement ils n'adhèrent pas à l'idée que la société se réforme pour le progrès (ce qui n'est rien d'autre qu'un petit différend idéologique plus tout jeune), mais en plus parce qu'ils EMPÊCHENT les partis de pouvoir d'y accéder. Il n'y a qu'à voir comment Besancenot et Melanchon non seulement nous tapent dessus (on avait l'habitude...) mais se tapent dessus entre eux.
Désolé mais je trouve le comportement de la gauche de la gauche DEPLORABLE. Elle se bat et se déchire pour des miettes électorales et des fausses querelles idéologiques. Mais pendant ce temps QUI est au pouvoir ? LA DROITE. Qui trinque ? Les smicards, les rmistes, les chômeurs, les ouvriers, les employés, les services publics...

Hugo C 25/05/2009 13:39

Cher Sharky,

Nous trouvons un terrain d'entente sur la météo. Mais puisque je sens une petite pointe d'ironie dans tes propos, je t'invite à nous agresser sur des points PRECIS du programme, que tu pourras retrouver en intégralité sur le site du PSE.

Et quant à la situation du Parti Socialiste, je pense que tu te voiles la face. Tu oublies plusieurs siècles d'histoire, et l'on peut même se restreindre à quelques décennies, pour réduire le débat à "vous êtes naïfs, je suis sage, j'ai raison et je ne désespère pas que vous votiez sagement d'ici quelques années". Au passage, pareillement merci pour la rhétorique clichée "gauche communiste dans l'opposition et de droite au pouvoir".

Les lieux communs ont souvent un fond de vérité, Sharky. Note bien que je suis pas au NPA ou la CGT; pourtant je suis assez fier de voir la gauche du PS se mobiliser chaque fois que des acquis sont mis en question. Oui mais, QUI a créé ces acquis ? Ne serait-ce pas en partie le grand méchant Jospin, Jospin l'ultra libéral dont toi et Eric Zemmour nous dressez en permanence le tableau à longueur de bla-bla ? Prétends moi une seconde que les 35 heures sont une idée de droite. Je veux bien admettre l'impopularité, tout ce que tu veux, et que les socs ont pas gagné les élections, et pour tout dire Jospin n'est pas tellement ma tasse de thé (entendons-nous, il reste socialiste), mais DE GRACE Sharky, de grâce, range l'argument lepéniste des blancs bonnets et bonnets blancs.
Et ne nie pas non plus des différences idélogiques fondamentales. L'importance de la collectivité, l'idée que toute société juste ne peut se construire sans la redistribution, l'émancipation de l'individu qui ne peut se faire que dans un cadre d'égalité... Tout ceci, désolé de te le dire, sont de l'ordre de l'idéologie. Et je ne suis pas de ceux qui pensent du mal de ce mot, au contraire du discours démagogique de Sarkozy qui nous prétend vouloir détruire les idéologies...

Sharky 21/05/2009 22:59

Le PS est mort avec Mitterand, non pas dans les idées qui n'étaient déjà plus là s'il en a jamais eu (ce que je ne pense pas finalement car il n'existe rien entre le capitalisme et le communisme pour faire court), mais par faute de "Virtu".
En fait le PS n'a jamais eu d'idée sauf à piocher un coup à Gauche dans l'opposition et "pratiquer" à Droite quand elle était au pouvoir.

Le PS est sorti de l'histoire par la force du poignet d'un seul homme et vit encore sur ses cendres mais les braises s'éteignent sans qu'aucun cacique ne puisse refaire ce coup de "Jarnac" (auquel s'essaye Bayrou et peut être réussira-t'il un jour).

Les Européennes symbolisent bien le PS aujourd'hui, un panier de crabes qui vendraient père et mère pour bénéficier d'un substanciel fromage qui rentre bien dans leur plan de carrière. Ce sont majoritairement des fonctionnaires qui ont touché feu le caviar de cette gauche monarchique révolue.

Leurs relais caution dont vous faites partie, jeune élite intellectuelle encore fraiche et naive votera dans moins de 10 ans à Droite une fois la fraicheur et la naiveté envolées, sauf les quelques d'entre vous qui toucheront le jackpot en intégrant une carrière de politicien professionnel. A votre tour vous dépenserez toute votre énergie à courir les fromages mis à disposition en utilisant la manipulable et aveugle caution jeunes qui elle y croit encore tout en ne manquant pas d'énergie.

Pas de patron, pas de programme, pas d'idées, des compétiteurs et des partis bien meilleurs et charismatiques à Gauche comme à Droite, ça sent le paté. D'ici à ce que MSR se présente seule dans son coin en 2012 et c'est ce qu'elle fera car elle n'a plus rien à perdre, vous nous ferez encore rire avant de mourir.

Sylvain 21/05/2009 12:14

Au vu des politiques menées de concert par le PSE et le PS, on peut douter fortement de l'orientation "socialiste" d'un parti qui, dès 1983 ( et parfois bien avant pour certains intellectuels et politiciens) s'est converti au libéralisme avec son tombereau de privatisations, de déréglementations, et à la gestion d'institutions profondément anti-démocratiques. Souvenez vous de "Vive la crise", des louanges chantées par Delors et ses confrères pour la "guerre économique".
Les décisions prises à l'échelle européenne sont étroitement liées à celles prises dans le cadre hexagonal, et la myriade de privatisations entreprises par le gouvernement de la Gauche plurielle ( mieux que la droite!), la signatures de traités profondément anti-sociaux ( Bologne par exemple, sans parler de la directive Bolkenstein soutenue par le PSE et les Verts au Parlement européen) participent d'une même politique de casse sociale, au service des capitalistes. D'ailleurs, l'ERT et l'UNICE sont deux des principaux groupes d'influence ( ou lobbys) patronaux qui siègent à Bruxelles sous l'appellation de "groupes de consultation" et dont émanent les grandes lignes politiques de l'UE. D'autre part, le PS s'est bien accommodé de toutes les institutions qui étaient et sont aujourd'hui encore profondément anti-démocratique: celles de la Vè République et celles de l'UE.
Si le PS se cabre aujourd'hui contre une gauche qui n'a pas abandonné la question sociale, qui est une gauche de transformation sociale et pour qui une démocratie ne peut être que si elle est sociale et participative ( processus ascendant), c'est parce que justement le PS n'a plus que l'étiquette "Gauche" dont il se pare pour pouvoir faire oublier ses politiques de droite, non progressistes des dernières décennies. Il est tout à fait cocasse de voir les dirigeants "socialistes", girouettes de carnaval, faire volteface après avoir prêché au nom de la modernité le dogme libéral. A gauche de l'UMP, le PS l'est encore, bien que les frontières se brouillent, mais à gauche en tant que parti progressiste, démocratique et socialiste ( comme l'entendait quelqu'un comme Jaurès, par exemple) , aucunement.

le fonctionnement interne du PS est à l'image de la pseudo-démocratie que l'on nous propose: des personnes spécialistes de la politiques, vedettes, prosélytes du discours technocratique et des shows à l'américaine, défilent à la tribune, car compétents, dans l'ivresse des aspirations carriéristes. Tout cela dans un rapport descendant où la politique est affaire de compétence et non la "chose publique"partagée par tous. Que chacun puisse participer, s'informer, contrôler son avenir et la vie de sa société, voilà une ébauche de démocratie sociale. Qu'on ne vienne pas nous traiter, mes camarades du NPA et moi-même, d'utopistes car à chaque fois que le PS et la "gauche institutionnelle" a eu l'occasion d'amorcer une politique d'émancipation et de transformation sociale par les réformes, elle a mené des politiques de régression sociale détestables, abandonnant les classes populaires, les ouvriers au premier chef, et laissant la question "nationale" chasser la question sociale. Je n'étais pas à la LCR, mes parents avaient toujours voté socialistes, avalant toutes les couleuvres libérales. Désormais, retrouvant dans le NPA une véritable alternative de gauche, socialiste et écosocialiste, ils s'apprêtent à voter pour les listes NPA. La reconstruction de la gauche progressiste, anticapitaliste et antiproductiviste (ou écosocialiste) se fait désormais à la gauche du PS. Que le PS assume son bilan, que ses dirigeants cessent de détourner notre attention des questions sociales et populaires en tirant à boulets rouges sur une gauche progressiste et anticapitaliste que le PS n'incarne plus depuis belle lurette ( et davantage encore après le référendum de 2005). Le bal des hypocrites et les méthodes calomnieuses employées récemment par un militant du PS sont regrettables, mais édifiantes.