Le parti socialiste ne peut plus se leurrer et prétendre ignorer la crise qui le secoue

Publié le par Section socialiste de Sciences-Po

 
Analyse au lendemain de l’élection européenne du 7 juin 2009.

« C’est une claque méritée. Nos électeurs n’en peuvent plus d’attendre l’évolution et la transformation en profondeur du Parti socialiste, englué dans ses querelles, son immobilisme et son enfermement sur lui-même. Ce n’est pourtant pas une victoire pour l’UMP. Isolée dans sa forteresse à 28 %, sans alliés, sans soutiens autres qu’elle-même. D’ailleurs, le total des voix de gauche est largement supérieur à celui des voix de droite, montrant que si la gauche se transforme et s’unit, elle sera en mesure de proposer une alternative au pays et de faire basculer l’histoire. Je vais désormais m’attacher à construire le nouveau parti de toutes les gauches, rejetant dans le passé obscur les querelles de pouvoir au sein du Parti socialiste et les divisions inutiles d’une gauche qui a une autre vision de la société et du monde à défendre. Les grandes élections primaires populaires ouvertes à toute la gauche pour désigner le leader à l’élection présidentielle qui affrontera Nicolas Sarkozy est la première étape à faire accepter au Parti socialiste. Ces primaires auxquelles tous les français devront être associés nous aideront à restructurer notre relation avec les français et retrouver le goût de l’écoute d’une France qui a besoin plus que jamais d’une gauche moderne et créative. »
Arnaud MONTEBOURG

Malheureusement ce n'est pas des présidentielles qui sont en droite ligne à l'échéance 2010 et j'aimerais bien que l'on s'en souvienne. Les régions, bastions incontestés de la gauche, nous échapperont-elles pour causes de luttes intestines et perte de crédibilité?

Alors on dira ce que l'on voudra, les verts ne tiennent que sur Cohn-Bendit, ils ont tablé sur le "capital sympathie", ils ont sensibilisé les gens avec la projection de Home Vendredi sur France 2 et au Champ de Mars… mais Europe écologie ne nous devance pas qu'en Île de France, et le PS ne dépasse les 19%  sur aucune circonscription. Le parti est en crise, il n'a pas de crédibilité et surtout pas à gauche. Les résultats du Parti socialiste sont loin derrière ce que l’on pouvait croire, et ils résultent du fait que le parti n’a pas su mobiliser, il n’a pas su se faire meneur de file d’un mouvement européen fort. Malgré le Manifesto à 27, malgré la plateforme écologique, le message n’est pas passé, les électeurs n’ont trouvé dans le PS que mots creux et thèmes franco-français. Face à cela l’UMP sort grand vainqueur d’élections qui auraient du le sanctionner pour sa participation à l’Europe libérale du PPE  et à son manque de réactivité dans la crise. Mais entre silence médiatique, éparpillement de la gauche et désintérêt affiché des français pour ces élections, le mouvement présidentiel affiche un score au-delà de toute attente et une jubilation de grand vainqueur. Pourtant, comme le dit Arnaud Montebourg, la droite n’est pas en mesure de rassembler tous les français dans l’état actuel des choses. Mais avec les divisions à gauche et au sein du PS, l’UMP reste et s’affirme comme le premier parti français, le seul capable d’obtenir une assise citoyenne et des résultats électoraux lui permettant de gouverner.

Si le PS ne prend pas mesure de son échec et ne cherche pas à transcender les clivages internes et les luttes intestines qui le secoue et en fond pour tous les français, sympathisants comme autres citoyens, un parti moribond et dépassé qui s’entête à se regarder le nombril et à ne pas régler les luttes d’influences en son sein, il n’y aura pour le Parti ni le moyen de convaincre aux régionales, ni celui d’être prêt pour les présidentielles et les législatives à présenter un visage neuf et réunit. Un PS convainquant serait unifié et crédible pour porter d’un seul poids un programme socialiste fort, ancré à gauche, et se réclamant de ses valeurs comme l’environnement (que nous défendons de toute façon), les réformes sociales (éducation, recherche, santé, que la droite abandonne systématiquement), défendant une Europe des services publiques (au contraire de l’Europe actuelle). Mais surtout ne se leurrant pas sur les vrais enjeux. Le traité de Lisbonne, bien que les Parlementaires français se soient abstenus de le voter pour ne pas remplacer la voix injustement effacée du peuple français (ce que l’on ne répète pas assez), entrera vraisemblablement en vigueur à la fin de l’année. Plutôt que de brasser du vent, acceptons ce cadre et trouvons des manières de mettre en avant les valeurs socialistes au sein de cette nouvelle Europe. Il faudra appréhender des années sans Commissaires français (rotation des Commissaires avec 18 Commissaires pour 27 pays), de nombreuses années sans Présidence française du Conseil de l’UE (aucune prévue d’ici 2020), il faudra surtout appréhender la toute puissance des libéraux et partis de centre-droit européens au Parlement pour cette législature.

Mais la défaite du Parti Socialiste français n’a d’égale que celle de ses voisins. Perdant à 27 avec un programme commun en grande partie, les partis socialistes européens se doivent de se retrouver, nationalement et à l’échelle de l’Union Européenne, pour s’assurer que la reconstruction du parti, des partis, se fait sur des bases communes. Au besoin, les idéaux de l’internationale socialiste dont nous faisons toujours partie ([…] de tous les pays unissez vous !) pourraient nous porter vers une vision plus cosmopolite du monde.

Malgré la défaite cuisante, la fin du monde n’est pas pour demain. Cependant si le parti ne se relève pas persuadé qu’il faut rénover, venir à bout des clivages et prêts à prendre une nouvelle ligne partisane et à se rapprocher des militants et sympathisants pour comprendre ce qui a échoué dans la mobilisation des soutiens pour cette élections, les élections à venir ne seront que des échos du tremblement de terre qui nous a (devrait nous avoir !) ébranlé dimanche. Les électeurs de gauche sont là, les programmes aussi et surtout les opportunités de les porter et de les soutenir. Reste à se reprendre et se reformer avant de partir en campagne à nouveau, car rien ne sert de montrer les dents lorsqu’on est édentés… 

Lucile C.

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Les Bisounours en folie 12/06/2009 10:36

FDESOUCHE dans la presse occupée

Sur Le Post et Yahoo.fr :

La première vidéo se répand pourtant comme une traînée de poudre, car plusieurs internautes parviennent à le récupérer et le republient sans autorisation sur le site de partage. Et cette fois-ci, l’extrait est visible publiquement, et “embeddable” sur les blogs et autres sites. Parmi eux, un site d’extrême droite, FDesouche.com, qui appelle les internautes à diffuser l’extrait le plus rapidement possible. (…)

Mais il y aura toujours des gens pour sortir une phrase de son contexte ou un extrait vidéo de son montage original.(source)

Sur Arrêt sur Images, à propos de la vidéo de Cohn-Bendit :

Vidéo-buzz de Cohn-Bendit, suite. Un extrait de l’émission “Apostrophes” de 1982, posté sur Dailymotion par différents internautes, a été remplacé par les responsables de la plateforme par le montage plus “équilibré” que nous avons fabriqué hier.

L’extrait d’”Apostrophes” avait été copié sans autorisation par certains internautes après sa publication dans un article d’@si sur Daniel Cohn-Bendit et les accusations de pédophilie. (…)

Ce remplacement ne concerne que deux des copies de la vidéo d’@si circulant sur Dailymotion. Comment l’extrait d’ “Apostrophes” a-t-il circulé sur le web ? L’une des clés de sa diffusion massive peut être sa reprise par l’influent site d’extrême droite Fdesouche.

Interrogé par @si sur le sujet des “remplacements” de vidéos, Dailymotion n’a pas donné suite.

Daniel Schneidermann explique dans une chronique “L’indésirable deuxième vie” qu’a connue une vidéo mise en ligne sur notre site. A relire aussi, notre série d’enquêtes sur l’extrême droite sur le web, où il est question du site Fdesouche : “La fachosphère, à l’assaut du net“.
source

Dans Ouest-France :

Le visage d’Omar Ba est incroyablement mobile. En une fraction de seconde, il varie du rire enthousiaste à la fermeté de celui d’un homme qui veut convaincre : « J’ai vu trop d’Africains mourir pour un Eldorado qui n’existe pas ! C’est ma responsabilité d’ancien clandestin de le dire. » Plus sérieux, encore : « Je sais que mon message peut être récupéré par des nationalistes. Mais ce n’est pas à eux que je m’adresse. »

« Trop tard ! », c’est déjà fait, commente goguenard, un Internaute de Français de souche. Ce site Internet, où discutent de pseudo-nouveaux idéologues d’extrême droite, a publié une chronique sur le dernier ouvrage du Sénégalais. Omar Ba ignore ces provocations. Il est sévère avec tous les politiciens : les dirigeants africains qu’il accuse d’avoir laissé le sujet de l’immigration aux Européens, les élus de l’Union européenne et leur Pacte signé en octobre qui contient « des clauses inacceptables. »
source

Dans la revue Politis (revue tendance gauche blabla) :

Quelques années plus tard, en juin 2009, un autre penseur de gros niveau, du nom de Manuel Valls (et la caravane passe), que la droite sarkozique aime d’un amour sincère, « parcourant les allées d’une brocante à Evry, et équipé d’un micro-cravate », juge que l’endroit, où d’arrogant(e)s passant(e)s exhibent un épiderme outrageusement foncé, donne de sa bonne ville une « image » un peu dégradante : « Belle image de la ville d’Evry… Tu me mets quelques Blancs, quelques Whites, quelques Blancos »…

Glisse-t-il, sous les applaudissements nourris de l’extrême droite, que ravit tant d’iconoclasme.
source

Sharky 12/06/2009 08:53

... suite, c'est parti trop vite!

Vous vous persuadez qu'avec seulement 28%, l'UMP est à la rue, que tout le reste est en votre faveur, mais vous êtes seulement à moins de 17%!
avec des néo partis tout neufs qui vous talonnent, sans votre logistique.
D'un point de vue stratégique vous vous persuadez que tous ces braves citoyens voteraient pour vous plutôt que blanc ou UMP, belle erreur.
Encore votre arrogance qui exaspère tous les partis (et les votants ou abstentionnistes) à votre gauche et à votre droite et qui vous ont laissé tombé, dépités et écoeurés de votre tambouille.
Les citoyens de l'ultra gauche et les classes pop ne votent pour vous qu'en minorité, du bout des doigts ou par gros dépit.
Ceux à votre droite du Centre mou se répartissent égalitairement.
Votre voeux pieux de rassembler ce que vous appelez toutes les Gauches est une chimère, vous leur avez déjà bien mis profond et ils n'ont plus envie d'y regouter. Ils s'en sortent particulièrement bien sans vous et n'ont pas besoin de votre condescendance ou de vos larmoiements, c'est vous qui avez besoin d'eux.

Ensuite comment imaginer rassembler de l'ultra gauche avec du Centre mou? c'est comparer des skate boards et des carottes. Les premiers vous haissent presque autant que l'UMP et préfèreront sans doute s'abstenir et les seconds ne s'associeront jamais avec les premiers. L'équation d'une victoire devient impossible de même que vos additions à 2 balles.
De plus, partis comme vous êtes et comme vous continuez avec votre sempiternel on reprend les mêmes et on promet qu'on change tout ne marche plus auprès des français qui ont trouvé durablement d'autres alternatives et ne sont pas prêt d'y remettre le petit doigt. Vous êtes devenu un vieux parti, depassé, sans idée qui ne sert que les intérêts de quelques uns et ça les français l'ont bien intégré maintenant et faire machine arrière avec les mêmes ingrédients ne marche plus.
Vous comptez en fait, comme Jean Claude Dux, conclure sur un malentendu. Sauf qu'en 2012, comme en 2002, c'est sans doute votre petit parti qui servira peut être à faire élire un autre.

Sharky 12/06/2009 08:31

Le PS croit aux mirages encore. Ce qui est drole à chaque fois maintenant, c'est que malgré des branlées de plus en plus fortes aux élections, vous êtes toujours dans le concept des "non victoires".