SPD et die Linke: petite réflexion sur les raisons d'un divorce outre-Rhin

Publié le par Section socialiste de Sciences-Po

A la veille des élections législatives allemandes le SPD qui avait recueilli 41% des voix en 1998 et s'était hissé à la tête d'une coalition rouge-verte - pour reprendre le "jargon" allemand - est aujourd'hui crédité de 25% des intentions de vote tandis que die Linke pourrait rallier 10% du corps électoral soit autant que les Verts.  Le SPD, pourtant mal en point, a déjà annoncé qu'une alliance avec die Linke était exclue.
 
S'il nous faudra attendre le 27 septembre pour connaître la composition de la prochaine coalition - et d'ici là bien des choses peuvent se produire c'est tout l'intérêt de la politique! - , un débat de fond se pose d'ores et déjà quant aux causes de la rupture entre le SPD et die Linke.

La cause la plus souvent rapportée s'énonce en deux mots: Hartz IV et plus généralement les réformes "Hartz" qui renvoient à l'ensemble des politiques mises en oeuvre à partir de 2003 par le gouvernement Schröder en vue de réformer ou plutôt de flexibiliser le marché du travail avec, au coeur de ces réformes, la réduction du montant comme de la durée des indemnités de chômage en vue d' "inciter le retour à l'emploi" : on ne connaît que trop bien l'idéologie sous-jacente au discours visant à responsabiliser les chômeurs...
 
Vécues comme une trahison par les électeurs du SPD issus des classes populaires ainsi que par les syndicats, ces réformes inciteront ces derniers à se reporter sur les Verts mais surtout sur die Linke qui a véritablement placé les travailleurs au coeur de son discours et s'est toujours opposée à Hartz IV.

 


Il sera donc indispensable, également dans une perspective comparative avec la France, de voir comment, au lendemain du 27 septembre, le SPD gérera ce désavoeu d'une large partie des travailleurs allemands...
En recentrant ses propositions à gauche comme l'actuel programme semble le dessiner via la volonté d'instaurer un salaire minimum?  En réactivant le dialogue avec les syndicats très puissants outre-Rhin?
Plus largement la nécessité de renouer le dialogue avec des travailleurs de plus en plus fragilisés apparaît comme une nécessité pour le SPD.


Sans aller jusqu'à voir dans la fracture entre die Linke et le SPD une sorte de miroir des divisions de la gauche en France, il sera très intéressant d'analyser les positions respectives du SPD, de die Linke (et des Verts!) au lendemain des élections et de voir, malgré les spécificités propres à chaque système, quels enseignements la gauche française pourra tirer de cette nouvelle configuration.
 
A voir donc.
 
ML

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