L'UMP donnera les signatures à Le Pen

Publié le par Section socialiste de Sciences-Po

Aujourd'hui, Bernard Accoyer, président du groupe UMP à l'Assemblée Nationale a déclaré ne pas être hostile à ce que des élus de droite donnent à Le Pen des parrainages, dans le cadre des 500 signatures de maires nécessaires pour pouvoir postuler à la présidence de la République.

D'un côté, cela empêchera Le Pen de se nourrir de la théorie du complot, comme il y a 5 ans, concernant les signatures. Cela permettra aussi à quelqu'un qui représente 1/5e de la population d'être présent à cette élection, ce qui est démocratique.

En même temps, cela permettra à quelqu'un qui a tenu des propos plus que dangereux, sur la 2nd Guerre mondiale d'être présent.

 

En tout cas, cette politique de l'UMP tranche avec celle du PS. Hollande a en effet ouvertement demandé à ce que les élus socialistes ne donnent leurs parrainages à personne d'autre qu'au candidat socialiste.

 

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Adrien 14/11/2006 09:55

- Villiers est xénophobe : assimiler les musulmans à des islamistes, dire que les mosquées islamistes ont envahi Roissy, voir en celui qui est différent ou étranger un danger, c'est la définition exacte de la peur de l'autre, la xénophobie.
- je maintiens mon commentaire N°4. Pour moi, aujourd'hui, une partie de l'UMP, au niveau national, contribue par ses idées à favoriser l'extrême droite. Je pense bien sûr à des gens comme Sarkozy ou Devedjian, qui déculpabilisent le rejet de l'autre, la stigmatisation. Un seul exemple. J'ai fait les vendanges avec 6 mecs qui avaient la quarantaine et qui étaient électeurs FN. Ils en sont arrivés en discutant à dire que pour "virer les Arabes" il faudrait leur "foutre un coup de fusil". Devant mon indignation, ils m'ont répondu : "ben Sarko il dit pareil avec son karcher." Le résultat c'est qu'ils ne voteront pas Sarkozy, ils voteront Le Pen, mais ils ne poseront même plus la question de savoir si c'est dangeureux ou pas.
Je trouve donc incroyable qu'on vienne nous faire la leçon. Ceci étant je reconnais qu'au niveau national l'UMP n'a passé aucun pacte avec le FN et que les alliances électorales explicites ou tacites se font au niveau local (régions en 1998, ...)

blog (blague?) à part 13/11/2006 15:33

Si j'ai rappelé les démissions de la gauche et des socialistes face à l'extrême-droite, c'est en réponse à ton commentaire n°4, dont le "c'est quand même incroyable" sous-entendait que la droite avait bien plus soutenu le FN que la gauche. Je reconnais que citer le cas de Pétain était un élargissement du champ du débat, hors du cas du FN; mais il suivait celui que tu venais toi-même de faire en évoquant Villiers. En faisant cela, ce n'était déjà plus du positionnement par rapport au FN que tu parlais, mais de celui par rapport à la droite extrême. Tu vois que je suis donc loin d'être parti seul dans mon "délire parano"... Je vois avec plaisir que tu me rejoins par la suite: la gauche a bien apporté, avec Mitterrand, une aide substantielle au FN. Dont acte. Le début de ton commentaire n°4 n'est donc plus valide, si? En tout cas, sois "honnête" avec ce que je dis: jamais je n'ai accusé Mitterrand d'avoir "créé" le FN, ni de l'avoir fait se développer. J'ai simplement dit qu'il l'avait amené à l'Assemblée, avec 32 députés, ce qui n'est pas rien. C'est indéniablement un ...coup de pouce, que tu reconnais d'ailleurs. Ne déforme donc pas ce que j'ai dit, puisqu'on arrive à se mettre d'accord! Enfin, je te sais gré de préciser un peu ta pensée quant à Villiers. Maintenant que c'est plus clair, je suis en gros d'accord avec ce que tu dis. Quoiqu'on pourrait ergoter sur le fait qu''il soit ou non raciste et xénophobe (suffit pas de prôner l'immigration zéro pour ça), personnellement je ne le pense pas; il force bien le trait du nationalisme, dirons-nous! Et tu reconnais toi-même que c'est une certaine droite locale, minoritaire, qui s'allie avec les élus de le Pen et Villiers. Alors, pourquoi jeter l'anathème sur l'UMP, voire la droite entière, comme tu le faisais au début? C'est comme ça qu'on arrive à débattre interminablement...

Adrien 13/11/2006 14:05

Reprenons depuis le début :
 
 personne sur ce blog n’a critiqué la décision de l’UMP de ne pas empêcher ses élus de parrainer Le Pen. L’absence de Le Pen lors de l’élection législative provoquerait de graves tensions, tout le monde est d’accord là-dessus. C’est toi qui est parti tout seul dans un délire parano, en nous accusant d’avoir voté les pleins pouvoirs à Pétain.

 


 
Oui Mitterrand, en introduisant la proportionnelle a permis au FN de siéger à l’Assemblée Nationale. Je ne le conteste pas, et il l’a probablement fait pour affaiblir la droite. Comme je suis honnête, j’aimerais que tu le sois aussi, et que tu reconnaisses que si le FN est né et s’est développé, ce n’est pas uniquement parce qu’un horrible Président socialo-communiste a introduit la proportionnelle.
Aujourd’hui j’estime que le scrutin uninominal par circonscriptions fait le jeu du FN. Il rend légitime le discours de Le Pen sur l’UMPS, et le fait passer pour la victime du système. Aussi la proposition du PS de réintroduire une dose de proportionnelle dans l’élection des députés me paraît intéressante.

 Ne pas critiquer ouvertement et clairement les propos xénophobes et racistes du Président du MPF, penser toujours à le ménager plutôt qu’à l’attaquer (alors qu’il vous crache à la gueule), passer avec lui un pacte tacite en Vendée, c’est faire le jeu deu Président du MPF, en lui donnant une image d’homme fréquentable. Même si l’histoire ne commence pas en 2006, aujourd’hui Le Pen = Villiers (tu as vu, j’ai bien retenu la leçon ; d’un autre côté cela m’est assez égal d’écorcher le nom de ce connard. Ca doit être un réflexe républicain, un regret de n’avoir pas coupé toutes les particules).

 

Je ne néglige pas l’électorat du FN et du MPF. J’habite dans le Vaucluse, je suis né à Orange (mes grands parents y habitent et votent Bompard), dans ma ville l’extrême droite est régulièrement à 40%, donc je connais très bien les motivations des électeurs d’extrême droite. La première urgence c’est de lutter contre les causes sociales de ce vote. Mais cela ne m’empêche pas de dénoncer les 2 merdes qui sont à la tête de ces partis. Ce que j'ai pu constater c'est que la droite locale a peu de scrupules à fréquenter l'extrême droite. Puisque je suis stagiaire au CG, j'ai pu observer que certains élus (par ailleurs députés et proches d'un certain NS) n'hésitent pas à soutenir les positions de Bompard. Oui c'est une minorité, oui les UDF et les centristes de l'UMP refusent de manger à cette soupe, mais c'est une réalité qu'il ne faut pas nier.

blog (blague?) à part 13/11/2006 09:15

J'ai cité les exemples de Pétain et de la SFIO non pour vous en accuser personnellement, mais pour rappeler que si certains à droite envisagent de donner des signatures à le Pen ou des circos à Villiers, il n''y a pas à pousser des cris de vierge effarouchée: on est habitué à voir pire depuis déjà longtemps, et surtout à gauche. Notamment (et je note avec amusement que tu ne réponds jamais à celle-là!) l'introduction de la proportionnelle par Mitterrand. Cela fit rentrer 32 députés FN à l'Assemblée. Alors ne venez pas nous parler des signatures, par pitié!!Pour celles-ci, il s'agit simplement d'éviter qu'une personnalité qui pèse potentiellement 20% de l'électorat soit absente de l'élection. C'est un problème démocratique, non idéologique. Nous ne faisons pas le jeu de Villiers. Lui donner des circos dans un département (je te l'offre) où il fait du bon boulot de terrain est autre chose que légitimer un certain discours. D'ailleurs, je maintiens qu'une ressemblance de discours ne suffit pas pour dire que Villiers=le Pen. Le monde n'est pas né en 2006, cher ami. Au fait, j'hésitais à le dire de peur de faire arrogant, mais puisqu'on n'a pas tant de préventions au sujet des conseils régionaux et départementaux... :On ne dit pas "De Villiers", mais "Villiers". En français, on ne met la particule (avec un d minuscule, exception pour De Gaulle, noblesse belge) qu'après "monsieur", "madame", un titre; ou  pour les noms d'une syllabe ou commençant par une voyelle phonétique. Ca n'est pas du snobisme, c'est de la politesse ("je ne sais pas si tu seras capable de faire la différence"): on n'écorche pas un nom et on s'efforce d'écrire correctement, même sur un blog. Enfin, dans le genre rejet de l'autre, on peut aussi éviter d'ostraciser deux hommes politiques, ce qui conduit à négliger complètement tous leurs électeurs. Mais c'est vrai que tous ces ouvriers sont assez bêtes pour avoir quitté le PS pour aller au FN; ils ne vous méritent pas.

Adrien 10/11/2006 14:04

Non mais là je crois rêver. Est ce que tu peux honnêtement nous accuser d'avoir donné les pleins pouvoirs à Pétain alors que nous sommes nés dans les années 80 ? Je ne crois pas.
Est ce qu'on peut t'accuser d'être dans un parti qui, aujourd'hui, fait le jeu de De Villiers ? Je le crois.
De Villiers n'est pas président du conseil régional, mais général (je ne sais pas si tu seras capable de faire la différence, mais bon). Et il a exactement le même discours que Le Pen. D'ailleurs le maire d'Orange, Jacques Bompard, qui était FN, a rejoint De Villiers, et continue ses attaques racistes et xénophobes.
Il y a d'autres manières d'aborder l'insécurité que celles employées par Sarkozy, qui contribue à légitimer le rejet de l'autre.