Campagne interne: Sabine et Bastien répondent aux question du blog!

Publié le par Section socialiste de Sciences-Po

Dans le cadre de la campagne interne à la section, pour déterminer qui de Sabine Dobry ou de Bastien Taloc deviendra secrétaire de section, les deux candidats ont accepté de répondre, par mail à quatre questions sur l'organisation de la section, le calendrier de l'année, la motivation autour de Ségolène Royal, et leur volonté de devenir secrétaire de section. Ils ont joué le jeu tous les deux.

Il faut noter, dans cette interview qu'ils n'ont eu en aucun cas les réponses de l'autre lorsqu'ils m'ont envoyé le mail contenant leurs visions de la section. Donc l'ordre de réponse pour chaque question n'a aucun intérêt. Pour déterminer cet ordre, j'ai appliqué l'ordre alphabétique.

1)             Si tu es élu(e) secrétaire, comment sera organisée la section?

             Sabine Dobry :

Je supprimerais la CA, et mettrais en place un bureau. En effet, une commission administrative est une structure correspondant à de grosses sections ; pour les questions administratives à notre échelle, secrétaire et trésorier suffisent. 

Par contre, afin d’avoir une bonne répartition des taches et une coordination efficace entre les différentes activités de la section, je propose une extension du bureau au delà du secrétaire et du trésorier, à sept ou huit personnes. Chacune d’elle aurait un rôle défini (responsable internet, journal, communication avec les autres sections…), et devrais venir faire un compte rendu de son activité lors d’une réunion hebdomadaire du bureau ; les problèmes rencontrés par chacun pourraient ainsi faire l’objet d’une délibération commune.

Enfin, d’autres personnes pourront aussi avoir des responsabilités, en tant que responsable d’une commission, ou de l’organisation d’une conférence par exemple.

              Bastien Taloc

 

C’est une question essentielle. Il ne faudrait pas certes effrayer les nouveaux adhérents par des considérations centrées sur les procédures et les structures. C’est un élément qui met souvent mal à l’aise les nouveaux adhérents : la sensation de moins « peser » dans une section que ceux qui sont habitués des procédures. C’est une sensation que moi aussi j’ai éprouvée lorsque j’ai commencé à militer.

Alors quelle organisation ? Je veux que notre organisation reflète notre volonté de transparence. Pour cela, il faut que, lorsqu’il y a un désaccord sur les règles de fonctionnement de la section, il existe une instance qui soit une sorte de « Parlement de la section » (même s’il faut rester modeste dans les comparaisons…). Ce Parlement, il existe déjà : c’est la CA, dont Adrien avait souhaité la création.

D’autres pensent que le bureau pourrait la remplacer et qu’il faut donc supprimer la CA.

Je ne suis pas d’accord. Le bureau, à mon sens, comme l’indique le libellé des fonctions de ses membres, doit s’occuper, autour du secrétaire, de l’organisation pratique. La CA, elle, doit statuer sur les questions de règles. C’est tout à fait différent.

Lorsqu’il y a un problème, le secrétaire ou un de ses membres, ou bien encore un militant doit pouvoir saisir la CA.

En disant cela, nous définirons déjà mieux le rôle de la CA, sorte de « Parlement de la section » dont l’avis devra être respecté. Le secrétaire ne pourra pas passer en force et devra agir en transparence. Tout cela est très important.

Mais il faudra renouveler la composition de la CA car celle-ci s’est faite sur des bases qui commencent à dater…

Je proposerai, si je suis élu, lors d’une AG qui se tiendra très rapidement après l’élection, que les sièges de la CA soient renouvelés par la tenue d’une élection. Je proposerai une élection très simple avec des tickets « titulaire + suppléant ».

Et je souhaite une chose : qu’une grande partie des candidats soient de nouveaux adhérents. Je ne veux pas qu’il soient intimidés parce qu’ils auraient « moins d’expérience ». Je les inviterai donc à intégrer la CA pour trouver un équilibre intéressant entre les nouveaux militants et les militants « plus chevronnés ». Il s’agit de combattre le sentiment que l’on peut avoir lorsque l’on commence à adhérer (voir ce que je disais au début).

Donc, en deux mots : ouverture vers les nouveaux adhérents et transparence !

2)                 Peux-tu dès maintenant donner un calendrier, que tu mettras en oeuvre si tu es élu(e) comportant les grandes dates (et les grands axes) pour la section, de fin novembre à fin juin.

Sabine Dobry

L’activité principale de notre année sera bien entendu la campagne. Dès que possible (dès que du matériel sera disponible à la fédération), nous iront coller des affiches, distribuer des tracts… pour les présidentielles aussi bien que pour les législatives, en partenariat avec les sections avoisinantes (et donc en dehors de Sciences Po). A Sciences Po même, il faudra se remettre rapidement à tenir des tables, afin d’avoir une réelle visibilité à l’intérieur de Sciences Po. Cela permettra de tenir les étudiants informés de l’activité de notre section, en leur distribuant notre journal par exemple (le prochain numéro sera mis en route juste après l’élection).

Un deuxième volet de l’activité de la section sera l’organisation d’une ou deux commissions de réflexion, axées sur des thèmes précis choisis par la section. Par ailleurs, les étudiants intéressés pourront aller suivre les activités de la commission de la Sorbonne (sur l’immigration et l’intégration) et de l’ENS (sur l’éducation). Ce qui se fera dans ses diverses commissions aura pour suite des débats en réunion de section ; ainsi que, pour les commissions de Sciences Po, l’organisation de conférences proposées à tous les étudiants de l’IEP (celles-ci se tiendraient vers février mars).

Enfin, un troisième volet d’action serait l’extension des sections universitaires : il ne s’agit par pour nous d’aller monter d’autres sections, mais de trouver des étudiants de diverses universités qui seraient motivés pour le faire, et de les faire profiter de l’expérience que nous avons déjà pu avoir en montant notre propre section.

Pour ce qui est de la vie interne de la section, je propose la tenue d’une réunion de section toutes les deux semaines. Chacune se déroulerait de la façon suivante : un point campagne, un débat sur les actualités, un débat plus approfondi en se basant sur des documents préalablement envoyés à toute la section par une de nos commissions de réflexion ou par un rapporteur d’une commission d’une autre section universitaire ou d’une commission fédérale. Nous essayerons aussi d’organiser le plus souvent possible, la semaine où il n’y a pas la réunion de section, des formations destinées à nos militants, ayant des thèmes aussi divers que « comment bien mener la campagne », « histoire du PS », ou « la fiscalité française ». Ces formations pourraient être faites en partenariat avec les autres sections universitaires, et pourraient, selon le thème abordé, faire appel à des intervenants extérieurs, aussi bien qu’à des membres de la section.

Dernier point : il faudra penser, dans les dernières semaines de l’année, à l’élection du secrétaire et au renouvellement du bureau, afin de ne pas se trouver pris de court comme ce fut le cas cette année.

 

            Bastien Taloc

         

         Une chose est sûre, ce calendrier sera chargé mais nous le tiendrons ! Comme je l’ai dit d’abord, nous tiendrons une AG pour renouveler la CA et bien clarifier les choses. Cette AG aura lieu début décembre. Objectif : qu’avant les vacances de Noël, nous ayons une nouvelle CA.

         Très rapidement arrivera la campagne et notre calendrier dépendra de celui défini au niveau national. Pour les législatives, j’inviterai les militants à rejoindre, s’ils sont motivés, l’équipe de campagne de Laurence Girard, notre candidate. Cette équipe est en cours de constitution. J’en ferai partie.

         Nous devrons notamment, si j’ai bien compris l’intervention de Ségolène Royal lundi soir, apporter des compléments au projet avant janvier-février 2007. Et c’est déjà demain ! Si c’est ce qui est voulu, il faudra commencer à définir un thème de contribution dès l’AG où il sera question de la CA. Et ensuite, il faudra le travailler (ça va sans dire) pour produire quelque chose fin janvier ou début février. Notre section devra être présente à ce rendez-vous.

         En parallèle, le calendrier de notre section comportera plusieurs échéances liées à l’organisation de conférences avec les autres organisations à Sciences-Po.  

Je veux aussi que nous nous affranchissions des logiques de la campagne électorale pour réfléchir et construire des idées nouvelles. Outre la participation au travail de réflexion avec les autres sections (le Forum universitaire Jean Jaurès : ça ne s’invente pas…), nous devrons créer des groupes de travail, à l’initiative de quelques militants, s’ils le désirent et sur un thème qui leur tient à cœur.

Je ne serai pas seulement spectateur : j’inciterai vivement un militant qui veut se lancer à le faire en y joignant des sympathisants s’il le souhaite. Ces groupes produiront jusqu’en juin des synthèses ou des contributions. Pourquoi ne pas réfléchir à certaines propositions phares du projet pour proposer des pistes de mises en œuvre une fois la gauche au pouvoir par exemple ?

Cette année sera chargée et je suis convaincu que les volontés et la motivation de chacun nous permettront de répondre « présents » à tous ces rendez-vous ! 

 

3)                 Plusieurs camarades de section, déçus par la nomination de Ségolène Royal, ont plus ou moins annoncé qu'ils ne s'impliqueraient plus autant au PS. Comment vas-tu faire, toi qui a soutenu un autre candidat à l'investiture, pour convaincre les militants de se mobiliser autour de notre candidate, si tu es élu(e) ?

       Sabine Dobry

Les enjeux de cette année sont très clairs : la gauche doit gagner, aux présidentielles et aux législatives ; la section Sciences Po doit encore se construire, trouver son mode de fonctionnement et ce qu’elle veut apporter au Parti Socialiste.

Nous devrons faire campagne pour Ségolène Royal. Or on sait bien que notre section était loin d’être unanime en faveur de cette candidate… pourtant il n’est venu à l’idée de personne de quitter le parti depuis que Ségolène Royal a été élue candidate. Pourquoi ? Parce que nous sommes tous conscients de l’enjeu que représente l’élection présidentielle de 2007, nous sommes tous conscients que si ça n’est pas Royal alors ça sera Sarko. Si nous avons tous un jour décidé d’adhérer au PS, c’est que notre conscience politique est plutôt développée, et c’est pour cette même raison que je nous crois chacun d’entre nous capable de mettre de coté ses petits désaccords avec la candidate socialiste pour se mettre tous d’accord sur de plus grands enjeux.

Se rassembler pour la victoire des socialistes, cela ne signifie pas que nous devrons tous défendre les idées de Royal avec lesquelles nous serions éventuellement en désaccord. Le rassemblement socialiste, cela signifie d’abord le rassemblement derrière une certaine vision de la France. Cette vision, nous la défendrons en faisant la campagne de Ségolène Royal, en faisant la campagne pour les législatives, en assurant au PS une vie au delà des échéances électorales. Cela fait beaucoup d’activités pour une section et une année, et chacun sera libre de choisir ses priorités au sein de la section.

 

Bastien Taloc

        Je comprends, moi même qui ait soutenu activement DSK (ce n’est un secret pour personne !) la déception qui est celle des lendemains d’échéances. Mais il faut dépasser cette « gueule de bois ». Lorsque je vois le projet de l’UMP (et je ne pense pas qu’à Nicolas Sarkozy), je pense que ce n’est rien d’autre qu’un renoncement aux valeurs de la gauche et de la République, à ce qu’est la France. Et face à ce renoncement, je n’hésiterai pas un seul instant à soutenir notre candidate et à m’impliquer.

      Ce que nous voulons c’est la victoire de la gauche.

      Je pense que rares seront ceux qui ne feront pas ce choix. Ce que je veux dire aux militants, comme j’ai pu le dire aux membres du comité de soutien à DSK dans notre section après l’annonce des résultats, c’est que, d’une part, nous devons être derrière notre candidate mais que, d’autre part, nous pourrons tous poursuivre notre engagement par la réflexion de fond au sein du PS et de la section. L’un n’exclut pas l’autre.

Comment ? En poursuivant la réflexion sur une voie sociale-démocrate pour les uns ou plus à gauche pour les autres.

Être « orphelin » de son « mentor », ça n’exclut pas de continuer la réflexion sur les solutions de fond selon ses propres convictions. Tout ne s’arrête pas et heureusement !

Soutenir Ségolène est donc une nécessité qui doit s’accompagner d’une poursuite de la réflexion selon l’orientation à laquelle on aspire.

Voilà ce que je veux dire aux militants. Et la meilleure solution pour les convaincre, c’est de leur montrer que la section est un cadre propice à cette réflexion et ce débat interne (cf. ce que j’ai dit plus haut).

4)                 Pourquoi toi en 2006 ?

Sabine Dobry

Comme je l’ai déjà signalé dans ma profession de foi, je vois deux bonnes raisons de me choisir comme secrétaire de section.

Tout d’abord le fait que je sois en deuxième année assure d’une part ma présence régulière au sein de Sciences Po puisque j’ai une vingtaine d’heures de cours là bas. D’autre part, ceux qui sont déjà passés par là savent bien que nous ne sommes pas écrasés par la charge de travail, ce qui me laisse donc pas mal de temps pour me consacrer à la section.

Ensuite, j’exerce les activités de secrétaire depuis maintenant deux mois, ce qui m’a permis d’être déjà familiarisée avec cette tache. Or celle-ci n’est pas mince, et nécessite un certain temps d’adaptation avant de parvenir à être réellement efficace et à bien connaître tous les ressorts du fonctionnement d’une section ; je l’ai moi-même vécu. Ce qui signifie maintenant que si je suis élue en tant que secrétaire, la section n’aura pas à subir cette période pendant laquelle l’efficacité n’est pas maximale, cette période pendant laquelle le secrétaire doit trouver ses repaires avant que ses compétences ne profitent pleinement à la section.

 

 

Bastien Taloc

 

        Cette question se prête à une réponse relevant de l’égocentrisme sarkozien…Très sérieusement, j’ai contribué avec Adrien à la création de cette section. Lorsque nous l’avons créée, lors d’une toute première réunion, je me rappelle très bien des vertus que devait avoir la section : ouverture, transparence, modernisation du PS… Je suis personnellement très attaché à ces éléments et je les défendrai parce que c’est ce qui a motivé mon adhésion : moderniser notre parti et l’ouvrir. Il faut sortir du temps où, à demi-mots, des responsables du PS se contentaient presque de la faiblesse des effectifs militants.

             Je veux donner envie de venir frapper à notre porte et de rentrer ensuite (si possible).

Je ne crois pas que l’élection d’un nouveau secrétaire, différent du secrétaire par intérim serait source de déstabilisation ou de rupture dans l’organisation comme j’ai pu le lire. L’organisation, je ne veux pas la bouleverser. Une preuve : je suis celui qui propose le maintien de la CA quand d’autres veulent la supprimer.

L’organisation est une chose (notre secrétaire par intérim s’en est bien occupé). Mais je veux aller plus loin, je veux dynamiser notre section sur le plan de la réflexion et du débat. Ce doit être un « laboratoire d’idées (si possible nouvelles) » par le biais de débats, du blog et de groupes de travail.

Je suis déterminé à m’engager pleinement et à être très présent dans la section. Je me sens capable de relever ces défis. Je compte mettre mon expérience (au MJS, au PS et au sein du club de réflexion A gauche, en Europe) au service de la section.

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Camarade 23/11/2006 08:13

Ce sont de vrais primaires internes ! Les règles démocratiques envahissent tous les échelons du PS, un signe de changement ? intéressant en tout cas.

tom 23/11/2006 01:48

Je crois qu'il y a un peu méprise sur cette histoire de CA... Les statuts impposent de toute façon l'élection d'un organe, qui s'appele Commission Administrative ou bien Bureau... Donc je ne pense pas trahir les propos de Sabine en disant qu'il n'est nullement question de supproimer quoi que ce soit. Il s'agit simplement, comme les statuts le permettent, de faire en sort qu'au sein de cet organe, chacun ait un rôle bien défini, permettant de faire fonctionner correctement la section. Je pense en effet que c'est tout à fait nécessaire
Quand au "parlement de la section", il me semble qu'en cas de difficultés, ledit bureau pourra tout à fait assister le/la secrétaire, et de toute façon, on n'est pas non plus 500 dans cette section, donc je crois que pour le coup la démocratie directe peut avoir ses vertus... L'organe le plus légitime pour prendre les grandes décisions concernant la section, c'est l'AG...

Diego 23/11/2006 00:42

Super interview, bien réalisée !On sait pour qui voter maintenant !