Même si l'avenir s'appelle Ségolène...

Publié le par Jean-Michel Charles

J’ai été déçu. Et j’ai peur. Sincèrement, j’ai jusqu’à maintenant douté de la capacité de notre candidate à concevoir un système de pensée cohérent. Douté de voir autre chose que de la provocation creuse. Douté de mon engagement, tellement Mme Royal me semblait aux antipodes de ma conception de l’éthique politique. Et je doute encore…

Mais quelque chose d’imperceptible est en train de faire chavirer la gauche réformiste, et ce quelque chose me fascine. J’ai tout à coup l’impression que l’image absolument ringarde qui lui collait à la peau (et accessoirement à celle de nos éléphants préférés) vient d’être balayé. Cette image tellement destructrice qu’elle a fait refleurir l’extrême gauche et qu’elle a poussé le prolétariat du tertiaire dans les bras de l’extrême droite.

Cette image, honnie de suffisance et d’indécent misérabilisme, est en train de changer.

Si je suis de gauche, c’est parce que je veux un parti de proximité, de compréhension, de respect et de tolérance. Certes, nous n’avons pas « le monopole du cœur », et qu’importe ! Nous avons celui de l’espoir ! Qui, et même à l’UMP, croit sincèrement que Nicolas Sarkozy nous mènerait vers des jours meilleurs ? Qui, et surtout à la LCR, croit concrètement qu’il peut apporter du bien être à notre société ? Qui, enfin, à la droite de la droite, a d’autres solutions que la haine ?

Le PS, c’est le seul parti qui défend la société dans son ensemble et sur tous les sujets. C’est le seul qui peut désamorcer les conflits que la droite est en train d’envenimer. Alors cela me fait mal de voir à quoi peut ressembler l’image d’un parti pourtant si pur dans ses idéaux.

Alors, si Mme Royal peut bousculer les vieux mythes de la gauche, et bien c’est tant mieux, et ce n’est pas la moindre des qualités. Je soutiendrai notre candidate non pas par dépit, mais parce l’avenir de la gauche m’enthousiasme.

 Mais par pitié, et je m’adresse là surtout à ceux qui soutiennent fortement la candidate, méfiez-vous ! Nous avons tous à y perdre, si l’on rejette, dans l’emballement, ce qui fait la crédibilité du PS : sa compétence et son réalisme.  

Que notre candidate garde ses marottes et ses phrases chocs, grand bien lui fasse ! Mais je commencerai à me poser des questions sur mon engagement socialiste si elle a la faiblesse de s’enfoncer encore une fois dans les marécages de la démocratie d’opinion. 

                                                                                           Jean-Michel Charles

Publié dans Point de vue militant

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Clara 10/12/2006 22:19

Coucou les amis!Bravo pour ce blog, bel espace de discussion.
Bonne nouvelle aujourd'hui avec le ralliement du Che à la Pythie du Poitou.J'ai bien aimé sa justification:" C'est en toute conscience que je me suis porté candidat,C'est en toute conscience que je me retire"!Inimitable notre cher Jean-Pierrre...En tout cas, Monsieur Royal, Guimauve le Conquérant pour les intimes, aura quand même réussi à rassembler PRG et MRC sous une même bannière, et nous pouvons être fiers de notre Premier Secrétaire!C'est un bon départ vers la route victorieuse qui s'ouvre à nous.

olivier 09/12/2006 22:21

Le problème de Ségolène Royal est d'abord celui du PS. Un parti sclérosé qui refuse obstinément de regarder la france et par là le monde tel qu'il est. C'est simple en fait, ce serait faire en sorte de sortir les français de l'assistance, du chomage, du faible pouvoir d'achat et des déficits publics sans compter éviter les problèmes sociétaux qui pointent de plus en plus à l'horizon.
Ce n'est pas en jouant sur la compassion sans action, la bien-pensance mielleuse et la redistribution à tout va en promettant plus d'impôts (qui pése essentiellement sur la classe moyenne captive -du territoire- et d'ores et déjà révoltées) qu'on sortira les français de l'ornière dans laquelle ils se sont mis comme des grands avec leurs choix politique.
Quand dans dix ans, si les réformes ne sont pas terminées, les actifs français refuseront de payer les charges de la sécurité sociale (comme les directives européennes l'autorise déjà) et des retraites, c'est évident que le programme du PS s'il est appliqué y sera pour quelque chose.

Etienne 01/12/2006 10:30

Ségolène communiste? On peut ne pas l'apprécier, mais là, c'est quand même pousser le bouchon très très loin.
En tant que social-démocrate, je crois que, même si ce n'était pas la candidate que nous soutenions aux primaires, Ségolène peut incarner cette gauche neuve qui fait les réformes. En tout cas, ne la jugeons pas sur son futur bilan: Laissons-lui sa chance!

jean 30/11/2006 02:21

Saloperie de communisme déguisé (ça c'est le cri de l'émotion pardonnez-moi). Infichu de faire sa propre réforme. A la traîne par rapport au autres grands partis de gauche européens. Quand est-ce que le parti socialiste va-t-il enfin accepter sa réforme sociale-démocrate? et ouvertement j'entend!

Adrien 28/11/2006 12:22

Ségolène Royal a été officiellement investie dimanche. C'était son premier discours de candidate officielle, devant les délégués du parti. Elle n'allait pas faire une énumération des mesures du projet socialiste qu'elle estime particulièrement importante. Car elle a un projet, qui est celui qui a été construit et voté par l'ensemble du Parti. Dimanche, elle a fait un discours de mobilisation de son parti et du PRG autour de sa candidature, qui est axé autour de sa vision de la France, de sa vision de sa candidature.
A partir de maintenant elle va mettre en place une équipe de campagne, qui sera relayée par le PS, et qui devra mettre l'accent sur les propositions que nous défendons. Et comme vous le dites, il faudra que ce soit dans un langage compréhensible, sans prendre pour autant les citoyens pour des cons (contrairement à ce que font les journalistes et publicitaires ... :) ).
Ségolène Royal fait l'objet de l'attention des médias, mais c'est parce qu'elle est la première candidate importante à être investie. Ce sera bientôt le tour de Nico Sarko, et ce sera tout autant énervant ...