Fonctionnaires, on vous aime!

Publié le par Thomas Ernoult pour la Section socialiste de Sciences-Po

Quelques 77% des Français ont une “assez bonne” (64%) ou une “très bonne” (13%) opinion de la fonction publique selon un sondage CSA pour la Fédération Syndicale Unitaire.

 

Travailler dans la Fonction publique est “un privilège” pour 59% des sondés (39% ne le pensent pas, 2% ne se prononcent pas), mais aussi “un engagement” pour 72% des personnes interrogées (26% sont contre cette idée, 2% nsp). 69% estiment que c’est “une situation professionnelle comme les autres” (pas pour 30% des sondés, 1% nsp).

Les valeurs de la Fonction publique sont “assez bien défendues” ou “très bien défendues” par le personnel, selon 60% des sondés. 38% les estiment au contraire “très mal ou assez mal” défendues.

67% des personnes interrogées pensent par ailleurs que les métiers de la Fonction publique sont “plutôt dévalorisés” (32% pensent le contraire). 57% estiment qu’ils “n’ont pas les moyens d’accomplir leur mission” (40% estiment le contraire). Parmi les mots ou adjectifs “correspondant bien” à la Fonction publique, 71% évoquent la “laïcité“, 69% “la compétence“, 69% la “présence sur tout le territoire“, et 68% “le dévouement des agents“. “La qualité” est citée par 61% des sondés, devant “la disponibilité des agents” (58%), la modernité et l’efficacité (55%). Par contre, “la garantie de l’égalité de traitement” des usagers n’est évoquée que par 48% des personnes interrogées (49% estimant que le mot ne correspond pas), et “la productivité” que par 43% des sondés (contre 52% qui ne le pensent pas).

Concernant l’égalité de traitement, Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, s’est dit “surpris” du décalage entre le ressenti des Français et ce que pensent les fonctionnaires (64% d’entre eux estiment que la garantie de l’égalité de traitement correspond bien à la Fonction publique). “C’est une valeur centrale pour les fonctionnaires, toutes nos revendications tournent autour de ça, mais ce sondage nous dit ‘vous êtes mauvais’” sur le sujet de l’égalité de traitement des usagers, a-t-il remarqué. Enfin, les Français estiment à 63% que la Fonction publique est bien défendue par les syndicats. La CFDT bénéficie de l’image la plus positive (53% de bonne image, contre 31% qui pensent le contraire), devant FO (50% de bonne image, 35% de mauvaise) et la CGT (50% de bonne, contre 40%). Arrivent ensuite Sud (23% contre 30%, 47% nsp), la FSU (21% contre 30%, 49% nsp) et l’UNSA (20% contre 25%, 55% nsp). Le sondage a été réalisé les 21 et 22 novembre par téléphone, auprès d’un échantillon représentatif de 952 personnes de 18 ans et plus, d’après la méthode des quotas.

Ce sondage devrait donc remettre un peu de baume sur le coeur de nos fonctionnaires, eux qui se sentent souvent stigmatisés et remis injustement en cause. 

Les questions que nous devons nous poser sont aujourd’hui:

Quels redéploiements humains peut-on opérer sans perdre en qualité de service?

Dans quelle mesure le non-remplacement de fonctionnaires (en excluant  ici le corps enseignant) partant à la retraite peut dégrader les conditions de travail et les conditions de réception du public?

À l’heure d’internet et du “tout-à-distance”, peux t’on envisager une rationalisation des pratiques bureaucratiques en misant sur la technologie pour assouplir l’appareil administratif?

Ces questions là ne doivent pas être écartées au seul prétexte qu'elles seraient douloureuses à résoudre. C'est, au contraire, en ayant les idées au clair sur ce sujet que nous pourrons nous opposer efficacement face à la droite, durant la campagne. À vos commentaires, donc!

Thomas Ernoult

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Néel 17/10/2007 23:57

Faute d'un article spécifique sur la question des retraites (et faute du courage nécessaire pour en écrire un à cette heure en anticipant de difficiles déplacements demain), je me permets un doute, une question :

la greve va-t-elle etre si suivie qu'on le dit ?

Il ne s'agit pas, ici, de rentrer dans des questions de légitimité de la réforme, ou de pénibilité pour les usagers qui vont subir la greve. Ni de disserter sur la pseudo positio "ouverte" du gouvernement, pour qui tout est égociale tant qu'on arrive au résultat qu'il veut (notamment la retraite à 40 ans). Ni de rappeler aux detracteurs de ces systemes que rien ne leur interdisati de rentrer dans la fonction publique ou parapublique, et que s'ils n'en ont pas fait le choix ils doivent savoir qu'il existe d'autres criteres d'atractivité dans le privé...

Il s'agi juste de savoir si les tribunes, articles, pettites phrases qu'on entend ne sont pas la pour, apres-demain, permettre a notre PDLR et/ou ses ministres et/ou certains medias de monter au créneau en jouant sur l'air du "ah, en fait la greve n'a pas été absolue, c'est donc une victoire pour notre politique, etc"

la réforme des retraites est un enjeu majeur, qui souffre mal l'instrumentalisation, a droite comme a gauche, au niveau politique comme au niveau syndical (salariés, mais aussi, dans un autre sens, employeurs). La justice, l'équité aussi.

Plutot que l'age, critere "facile", simpliste, c'est d'autres éléments qui devrainet etre pris en compte. La pénibilité du travial, notamment. Que ce soit dans le public ou dans le privé. Que ce seoit la pénibilité physique (TMS, maladies pro, etc), morale (stress, harcelement...), ou autre (cf absence de perspectives d'avenir, etc). Que ce soit pour les cadres, les OS ou les agriculteurs, les employés de bureau ou les travailleurs du BTP.

Ceci impliquerait une réflexion complexe, un travail de longue haleine, loin de remplir les besoins d'affichage du gouvernement. Dommage pour les salaraiés du public et du privé, mais aussi pour les chomeurs (partager le travail et reduire la penibilté?). Dommage pour les usagers des transport en commun, mais aussi pour l'économie. Dommage pour l'image de la France.

Dommage, quoi. Et en plus, tout ca sera instrumentalisé, des deux cotés...

Jean-François Giunti 14/12/2006 15:34

Question difficile pour les socialistes dont les fonctionnaires font partie de l'électorat traditionnel. Il est dès lors délicat de parler de performance, d'indicateurs de résultat etc. sans faire sauter au plafond les syndicats. Mais la réforme est nécessaire faute de quoi les libéraux s'empresseront de tout privatiser. Le développement des Maisons des Services Publics va dans le bon sens, mais cela ne suffit pas. Le courage politique est en effet indispensable sur ce sujet. En France, le système majoritaire permet la stabilité gouvernementale, mais malgré une écrasante majorité au Parlement l'UMP n'a pas la légitimité pour faire de grandes réformes. C'est un des symptômes de la fameuse "crise de la représentativité" (je sais c'est tarte à la crème). Ségo ou Sarko y changeront-ils quelque chose? Cela doit-il passer par une orientation plus "populiste" ( mot à prendre avec des pincettes)?

Adrien 14/12/2006 12:06

Redéploiement qui serait tout à fait possible sans perte de qualité de service : passage de l'IRPP déclaratif à l'IRPP prélevé à la source, couplé à la CSG. C'est dans le projet socialiste. Et les agents qui ne sont pas aux finances peuvent être à l'éducation, à l'emploi, ou au développement économique... On peut profiter de départs massifs à la retraite pour opérer ces changements, qui nécessitent un courage politique important.
Ca nécessite un débat important.