Projet contre projet décentralisation

Publié le par Section socialiste de Sciences-Po

Notre comparaison des projets politiques qui seront présentés devant les Français en 2007 continue. Nous avons défini un rythme d'un thème par semaine, rythme qui s'accélérera probablement avec la campagne électorale.

Aujourd'hui nous vous proposons un comparatif sur la thématique de la décentralisation. Vous pouvez le consulter en cliquant ici.

En lisant les tableaux et la synthèse qui vous est proposée, vous verrez que le thème de la décentralisation est logiquement absent du programme du Front National, statolâtre et partisan d'une conception très centraliste. De leur côté les collectifs antilibéraux proposent des pistes qui paraissent bien peu précises.

L'UMP propose une "continuité tranquille" avec la période Raffarinesque, s'en tenant à la situation problématique engendrée par l'acte II et ne formulant aucune proposition ambitieuse. Le parti majoritaire semble bien embarrassé par le sujet, conscient probablement des échecs des gouvernements sur ce sujet depuis 2002, mais forcé à ne pas désavouer JP Raffarin, récent partisan de Nicolas Sarkozy...

Enfin vous verrez que le Parti Socialiste propose un nouvel âge de la décentralisation, thème cher à la candidate Ségolène Royal (et à la section de Sciences Po !). Ses propositions apportent des réponses à l’ensemble des dimensions de la décentralisation. Dévoyée et désormais mal perçue dans l’opinion, la décentralisation doit retrouver les faveurs des Français. Artisan de la rupture qu’ont constituée les lois Defferre, le PS est ainsi la seule formation à proposer les changements qui s’avèrent indispensables aujourd’hui pour consolider le cadre de la décentralisation et opérer d’éventuels futurs transferts de compétences.

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Bruno Lamothe 20/01/2007 21:58

A lire d'urgence le texte de Laurent Fabius sur la démocratie locale et les dégâts causés par les réformes Rafarin :
"Quand la démocratie territoriale retrouve l’inspiration d’une vraie décentralisation"
http://www.changer-le-ps.com/article-5320165.html

Bastien 20/01/2007 18:57

Par rapport aux propositions de l'UDF (qui ont désormais vocation à figurer dans nos comparatifs puisque le projet semble définitif), je suis d'accord sur les propositions institutionnelles, elles me semblent aller dans le bon sens.
En revanche, je doute bcp de l'utilité d'élire le Président du CR au suffrage universel. La réforme du mode de scrutin régional intervenue en 2003 a déjà introduit une "présidentialisation de fait" du scrutin. Nous l'avons vu en 2004 par exemple en IDF où les 3 principaux partis avaient chacun 1 leader bien identifiable (en tout cas physiquement, après sur les idées...Copé et Santini c'était comme on dit, bonnet blanc et blanc bonnet)
Si cette proposition vise (comme je le suppose) à renforcer la visibilité des exécutifs locaux, je pense que ce n'est pas la meilleure réponse.

Bastien 20/01/2007 17:14

Yuca,
Je t'invite à lire la contribution de notre section au projet socialiste, écrite l'an dernier et qui répond à pas mal de points que tu soulèves. Elle est accessible sur le blog !
 

Yuca de Taillefer 19/01/2007 20:59

Il est dommage de voir que des sciences po UDF, PS voir UMP s'intéressent si peu à la France et aux Français et au fait régional et au fait territorial.
Il faut aujourd'hui dépasser le cadre de la centralisation de la décision afin de faire vivre les territoires de France et de les responsabiliser. il faut une régionalisation démocratique de la France pour (enfin !) rentrer dans l'Europe de XXIème siècle et combler nos retards : A la jonction d'une double légitimité municipale et nationale en Europe, se met en place une régionalisation démocratique, auquel la France ne peut outrepasser, sinon de rester en marge de l'Histoire.Combien de fois nos concitoyens pestent contre un Etat tout puissant en théorie, mais bien impuissant dans les faits et paraissant très éloigné du quotidien et des aspirations de nos concitoyens.Et quels légitimités démocratiques peuvent avoir des actions publiques territorialisées décidées par quelques experts-technocratiques par le centralisme gouvernemental (et donc sans concertation des citoyens) ? Quand au contenu des décisions politiques, comment peut-on les considérées comme étant l'émergeance d'une démocrtie participative, puisque celle-ci n'existe pas dans les faits, et n'est pour l'instant qu'un outil de médiatisation de parti politique !Pour gagner en dynamisme et en animation,  le territoire institutionnel régional doit devenir une arène politique, un lieu d'actions collectives, de débats et de définition d'enjeux et surtout d'actions.Que cela soit dans le secteur économique et d'attractivité territoriale ou dans les différents secteurs de l'action publique (éducation, santé, services sociaux, etc.), est-ce que un Etat centralisé doit seul décider au risque que les acteurs actifs régionaux ne "désertent" devant tant d'esprit de supériorité ?  : cela met en perspective la question du déficit démocratique de l'action publique, c'est-à-dire celle de la responsabilité politique devant des collectivités les plus directement concernées.La décentralisation politique qui a essayé de s'amorcer dans notre pays était erronée dès le départ : elle était vide de sens, elle n'était pas généreuse, elle n'était qu'un moyen pour l'Etat central de se débarasser de ses problèmes sans donner les moyens de l'émergence du fait régional et de sa responsibilisation : pas de sens, pas de confiance, il est normal que la "décentralisation" tel qu'elle fut "vendue" soit un échec presque patent, la politique ne peut résider que dans les faux-semblant, même si des bases intéressantes furent jetées.Pour repartir du bon pied, on ne peut faire l'économie d'une réflexion sérieuse sur la répartition des responsabilités et des compétences entre les divers échellons territoriaux. Or, une telle réflexion pose dans toute son ampleur la question de la démocratie dans la gestion de l'administration publique.
L'État central, qui dans sa grandeur, tente de tout définir, de tout coordonner, finit par intégrer la division des intérêts et n'arrivent même plus à coordonner lui-même : car le monde d'aujourd'hui nécessite réactivité, dialogue, concertation... ce que l'Etat n'arrive pas à faire tout seul : le probleme n'est pas ici partisan, il est politique, de noble politique me permettrais-je d'ajouter.
La régionalisation sera-t-elle mise en place et sera-t-elle un progrès de la citoyenneté, comme acquis démocratique, un progrès de réactivité économique retrouvant efficacité et de renouveau sociétal pour, entre autre, réduire l'inégalité des compétences et de l'expertise ?
C'est à chacun de nous d'y réfléchir, et même si nos valeurs, nos sensibilités diffèrent, tâchons de ne pas trop nous enfermer dans nos chapelles partisanes.
Les citoyens ne sont pas réductibles aux rôles de clients ou de consommateurs, du moins dans un régime démocratique. Le défi actuel de la construction régionale concerne la place du citoyen dans un système en mutation. La relation entre citoyens et élus demeure la base de la démocratie, qui rend possible la participation et le contrôle démocratique. C'est au prix de cette médiation politique que peut se construire une région comme espace public citoyen.
C'était ma contribution au débat, plaidoyer pour l'échellon régional.
Yua de Taillefer.de l'Etoile de Normandie.

Adrienne 15/01/2007 17:02

Merci Adrien ! :-) 
Désolée pour cette surcharge de travail.