Mondialisation et compétitivité : l’UMP en lice pour le « Grand Prix du baratin »

Publié le par Section socialiste de Sciences-Po

 Il est d’usage de moquer l’étudiant de Sciences-Po pour sa capacité à tromper son interlocuteur en bavardant sur une question sans y répondre clairement.

Que cette réputation soit fondée ou non, c’est non sans talent que l’UMP a prouvé sa parfaite maîtrise de cet art difficile, hier soir, lors d’un débat sur la compétitivité de la France et de l’Europe.

Pendant près d’une heure et demie, le débat tant annoncé a tourné à l’autocélébration du rayonnement et des potentialités de la France en matière d’investissement à l’étranger. La question de la compétitivité de l’économie française a pendant ce temps occupé une place très marginale. Des sujets essentiels tels que la recherche, la fiscalité ou le cadre juridique des activités économiques ont été occultés au profit de l’exposition d’une longue collection d’anecdotes.

 

Pour le plaisir, ces digressions et ces anecdotes croustillantes se sont parfois doublées de quelques saillies drolatiques telles que « les flux ça va et ça vient », « votre vie bouge » ou encore le très surprenant et grivois « il est parti en Chine avec la b... et le couteau ». Non, ce n’est pas une contrepétrie...

 

Trêve de mauvais esprit. Plus sérieusement, il était saisissant dans ce débat, outre l’évitement des questions fondamentales, qu’à aucun moment n’aient été interrogées les raisons de la perception négative de la mondialisation. Sur ce point, les considérations se sont limitées, comme souvent, à souligner la nécessité de convaincre l’opinion des bienfaits des évolutions à l’œuvre aujourd’hui.

 

Il aurait été bien utile de se consacrer à un débat sur la stratégie que la France et l’Europe doivent adopter aujourd’hui, sur les facteurs de compétitivité et d’attractivité à privilégier ainsi que sur le rapport et l’articulation entre compétitivité et cohésion sociale. Les réponses à ces questions ne procèdent bien sûr d’aucune évidence mais elles méritent mieux que des discours superficiels ou des circonvolutions anecdotiques comme ce fut le cas hier soir

 

Espérons qu’à défaut d’avoir eu ce débat hier soir nous pourrons l’avoir avec l’UMP non pas la prochaine fois mais maintenant, à la suite de ce post !

PS: Pour tous ceux qui veulent réfléchir sur les questions de fiscalité et de protection sociale, vous pouvez lire la réflexion du PS Sciences Po sur ce sujet, en cliquant ici.

 

Commenter cet article

Adrien 24/01/2007 14:09

L'UMP nous demande : où sont vos conférences ?Mais je ne crois pas qu'une section d'un parti politique ait vocation à organiser des conférences, qui se voudraient "non partisanes". Ca c'est le boulot de Sciences Po, et des associations ...Le boulot d'un parti c'est d'élaborer des propositions (et nous mettons en place des ateliers, des débats, ...) et de faire campagne (et nous organiserons sans doute une présentation de notre travail de longue haleine "projet contre projet", tout comme nous participons à des distributions, à Sciences Po ou ailleurs)

Etienne 23/01/2007 21:05

Pour compléter le message de Thomas, je t'informe que notre journal sera disponible jeudi ou vendredi, que la conférence sur les prisons se tiendra bientôt, et te rappelle que toutes les vulgarités ont été tenues par votre invité. Quant on ose critiquer Ségolène Royal sur sa bravitude, parce qu'elle abime la langue française, on applique les mêmes principes à ses invités.
Ensuite, il me semble que l'on a été suffisamment clairs dans nos discussions à Sciences Po, sur votre blog, ou à la fin de cette article, pour vous faire comprendre que nous étions prêts à débattre avec vous des sujets qui auraient normalement du être abordés au cours de cette conférence, et qui ne l'ont pas été. J'espère que vous ne refusez pas le débat.

Thomas E. 23/01/2007 20:42

Bruno, comme je te l'ai dit ce matin, la seule critique que nous pouvons faire est la suivante: il nous a semblé que cette conférence - même d'une heure et demi seulement - aurait pu aborder autre chose que de vastes anecdotes, racontées sur le ton badin de la conversation mondaine. Cela aurait pu être possible de le faire dans le couloir mais 1 heure et demi de généralités vaso-dilatatrices et de conseils de voyage, c'est même un peu long... Avec la compétitivité qui est la nôtre, nous aurions pu -même en temps limité- parler dans le détail de fiscalité, de la position des firmes françaises sur les marchés mondiaux, de leurs forces, de leurs faiblesses, de coût du travail, des efforts à faire en matière d'éducation et de recherche... Voilà les sujets intéressants. C'est vrai que vos articles étaient intéressants mais la conférence est pour moi tombée dans le blablatage (un peu grossier de la part de M. Colasse). Quant aux conférences prochainement organisées par le PS SCPO, nous t'invitons d'ores et déjà au grand débat participatif sur le système carcéral qui culminera très prochainementd tout un travail en amont, nous te signalons aussi que tu étais invité au débat participatif du 13 janvier dernier sur la démocratie et ses institutions. Tu seras le bienvenu et tu noteras tout de même que nous avions fait le déplacement pour votre conférence.

bruno 23/01/2007 17:48

Franchement, je suis vraiment dégouté de voir la fatuité idiote de vos réactions... Du cassage gratuit, l'art pour l'art du mauvais esprit...On en avait un peu parlé, à la sortie. Comme je vous l'avais dit (et allons-y, répétons-nous), une conférence, c'est pas évident à gérer, et tous les sujets ne peuvent pas être abordés en une heure et demie. Au moins, nous avons le mérite d'essayer de faire une conférence, support un peu plus vivant qu'un PDF pour susciter le débat! Où sont-elles, vos conférences? Où est votre journal? (je ne parle pas du tract de 4 pages que l'on a vu faire une timide apparition en Péniche hier). Etienne, je t'avais déjà dit que l'arrogance et la fierté, c'était différent. Une fois pour toutes, ça pourrait te faire du bien d'apprendre à distinguer, à nuancer. Thomas, en quoi le compte-rendu d'une conférence, sur un blog, devrait-il être "profond"? Et tu as du passer à côté des articles quotidiens que nous avons posté pour préparer la conférence. Curieux, on n'a vu aucun commentaire de votre part sur ceux-là. Bref, je suis un peu énervé, et on le serait à moins, de voir un ce triste amas de mauvaise foi fumante entassée dans les colonnes de ce blog, qui nous avait habitué à mieux.

Etienne 23/01/2007 15:55

Je te conseille de télécharger l'étude du PS Sciences Po sur fiscalité et protection sociale. Tu ne pourras pas dire ensuite qu'il n'y a pas de fond.